INTRODUCTION
Depuis la fin des années 1990, l'agriculture biologique
(AB) a connu un important développement en France et représentait
en 2019, 8.5% de la surface agricole (Agence Bio, 2020). Le Massif central qui
englobe 4 régions (voir annexe) est une des plus grandes zones
françaises d'élevage avec 85% du territoire qui est
consacré à l'élevage d'herbivores dont 38% des
exploitations orientées en bovins viande, 20% en bovins lait et 16% en
ovins/caprins. Dans le Massif central, la prairie, permanente ou temporaire,
les landes et parcours sont autant de surfaces agricoles riches de leur
biodiversité, économes en eau et structurantes pour les paysages
que l'élevage biologique pourrait contribuer à protéger,
tout en participant au maintien de l'emploi. Au niveau national comme au niveau
du Massif central, les différentes filières de l'AB
(céréales, légumes, lait, viande) se structurent lentement
et souvent avec des difficultés (Schieb-Bienfait et Sylvander, 2004). Le
développement de l'élevage biologique dans le Massif passe par la
fourniture de références technico-économiques
réactualisées sur les systèmes de production biologiques.
Ces références permettent en effet de mieux caractériser
ces systèmes et les éléments clés expliquant leur
durabilité, leur capacité à valoriser les ressources
naturelles, leur adaptation face aux aléas (économiques,
climatiques) et leurs atouts pour le développement durable des
territoires. Ces connaissances permettront d'améliorer la
productivité des systèmes et donc améliorer la
compétitivité des filières d'élevage biologique du
Massif (Latruffe, 2010).
L'objectif de ce travail est triple : Faire l'analyse
technico-économique globale des exploitations d'élevage en
agriculture biologiques du Massif Central dans un premier temps, dans un second
temps évaluer les gains de productivité, leur formation et
répartition au sein des acteurs et dans un troisième temps,
évaluer les déterminants de gains de productivité des
filières d'élevage de ruminants agroécologiques du Massif
Central. Nous avons privilégié une approche statistique
exploratoire pour analyser la variabilité des exploitations dans leur
structure et fonctionnement, avant, par l'application de la méthode des
surplus, de comprendre la formation et la répartition des gains de
productivité, afin, par l'application de méthodes
économétriques de déterminer les éléments
qui permettent d'obtenir de bons résultats économiques. En effet,
notre étude porte sur 58 exploitations agricoles d'élevage de
ruminants en agriculture biologique, localisées dans le massif central
où les systèmes d'élevage sont divers, mais dans leur
très grande majorité, des systèmes d'élevages
extensifs de ruminants fondés sur les prairies, les landes et les
parcours qui caractérisent l'agriculture du Massif Central. La
présente étude apporte ainsi une contribution originale sur des
données en élevage biologique dans le massif central.
Après avoir présenté une synthèse
bibliographique sur l'élevage en agriculture biologique, et les mesures
de la productivité en économie, nous décrivons les
données utilisées et la méthodologie adoptée. Nous
exposerons ensuite les résultats concernant la variabilité des
exploitations, la formation et la répartition du surplus de
productivité global des facteurs de production et les
déterminants de gains de productivité en production biologique
avant d'apporter des éléments de discussion et de conclusion.
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I. ANALYSE BIBLIOGRAPHIQUE ET PROBLEMATIQUE DE
RECHERCHE
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