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Le motif du retour au pays natal dans le roman de l'immigration: l'exemple de ces à¢mes chagrines de Leonora Miano et voici venir les rêveurs d'Imbolo Mbue


par Fabrice Lyonel NJIOTOUO NJAKOU
Université de Douala - Master 2 2019
  

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II. L'immigration comme expression d'une citoyenneté universelle

Nous sommes de plus en plus dans un contexte où il est clairement établi qu'aucun peuple ne peut s'en sortir sans l'autre, que la rupture des frontières constitue un élément fondamental pour la construction d'un vivre-ensemble sincère et durable. Miano et Mbue partagent ce point de vue. De leurs romans, une des autres visions qui en sort est celle du monde tel un village planétaire. Il n'est pas convenable qu'au XXIe siècle, le renforcement des frontières soit de mise. Pour ces auteures, voyager participe à l'expression d'une citoyenneté universelle dans la mesure où chacun devrait pouvoir se sentir chez-soi partout. Elles s'inscrivent d'une part en marge de l'immigration clandestine qu'elles dénoncent et déconseillent parce que participant à rabaisser l'homme et en marge du repli identitaire, d'autre part. Il faut savoir s'ouvrir aux autres, les comprendre, recevoir ce qu'ils ont de positif à nous offrir et leur donner en retour ce que nous possédons.

II.1 Non à l'insidieuse clandestine: être chez-soi partout

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Imbolo Mbue et Léonora Miano, à travers leurs oeuvres, déconseillent l'immigration clandestine. Si le but est de faire du monde un village planétaire de telle sorte que tout le monde se sente chez-soi partout où il va, alors il faut éradiquer le virus de la clandestinité car il place l'homme dans une posture de faiblesse et renforce les préjugés à son endroit.

II.1.1 Nature du départ ..../réaction face au retour

Pour mieux comprendre en quoi l'immigration clandestine constitue un handicap à l'expression d'une citoyenneté universelle, il est intéressant de voir la manière dont les départs des immigrés sont envisagés. Ces départs portent en eux les germes d'un conflit profond. Blaise Tsoualla nous renseigne que

Si la migration des étudiants africains en Occident pendant la période coloniale et dans les années d'indépendance est un mince filet fait des boursiers bénéficiant de l'attention des gouvernements respectifs, cette même migration est aujourd'hui une vague déferlante sans ressource et en quête de pitance (Tsoualla Op.cit., 266)

C'est justement à ce niveau que se pose le problème. Les départs sont devenus aujourd'hui des refuges pour des personnes aux abois à la recherche d'une énergie salvatrice. Dans ces conditions, il est évident que leur séjour ne se passe pas tel qu'ils le prévoient car ils sont dans l'illégalité. Le problème est que bon nombre de ces personnes arrivent de manière régulière (touristes ou étudiants) et se retrouvent dans la clandestinité une fois que leur visa a expiré. Jende arrive en Amérique en tant que touriste grâce à son cousin qui, lui, a déjà la nationalité américaine. Sauf que Jende savait en avance qu'il ne s'y rendait pas pour faire du tourisme. Il envisage de déposer une demande d'asile afin d'obtenir cette nationalité qui s'avère un impératif. Se trouvant dans l'impossibilité de l'obtenir, il ne peut que se retrouver dans la clandestinité qui sourit dans un premier temps.

Maxime, quant à lui, a rejoint l'Hexagone avec de nobles objectifs : mener des études. Seulement, il s'est fait berné car « on lui a vendu une fausse carte de séjour dans les murs de l'ambassade ». Maxime se retrouve donc dans une situation de clandestinité forcée. Tout porte à croire que jamais il ne l'avait envisagé. On peut donc émettre des réserves sur son cas. Ceux que Miano incrimine peuvent être qualifiés « d'ultra », des clandestins affirmés et assurés. On peut admettre que par l'entremise de certains facteurs le projet de départ ait été plombé ou mal assuré d'une part et, d'autre part, que ces immigrés ont été victimes d'une arnaque quelconque. Ce qu'il est difficile de comprendre et qui s'avère problématique, c'est que une fois sur le terrain, bien après avoir constaté que la réalité était très différente des représentations nourries en terre natale à propos de cet "eldorado», ils s'obstinent à demeurer dans ces lieux en

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choisissant de devenir clandestins pour toujours. Le narrateur nous décrit la vie sur le continent africain, montrant en quoi la volonté de ses habitants d'aller en Occident et de vouloir y demeurer à tous les prix relève de la mauvaise foi (CAC : 52) :

C'était cela la vie sur le continent: pas clinquante, mais pas humiliante non plus. Il n'avait manqué de rien sur le plan matériel et, s'il avait fallu renoncer à travailler au Nord, il n'aurait pas fait tout ce cinéma. Comme s'il n'y avait plus rien à attendre, rien à espérer des espaces subsahariens.

Miano dénonce cette manière des migrants de faire comme si en dehors du paradis perdu dans lequel ils vivent, il n'y avait plus un autre lieu propice à la vie. Cette attitude fait d'eux des personnes auxquelles on ne voue aucun respect, on ne saurait accorder la moindre considération.

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"Nous voulons explorer la bonté contrée énorme où tout se tait"   Appolinaire