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La temporalité narrative dans le "crime parfait" d'Adama Amadé Siguire


par Jean Marie OUEDRAOGO
Université Pr Joseph Ki Zerbo de Ouagadougou - Master 2 2022
  

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IV.NOTION D'ORDRE TEMPOREL

Un récit quel qu'il soit recèle en général plusieurs types de relations temporelles que l'on peut répertorier sous trois parangons majeurs qui sont respectivement : relation d'ordre, relations de durée et relation de fréquence. Chacune de ces trois relations pèse fort sur l'univers romanesque et permet ainsi à l'histoire de rythmer son cours. Pour donner un sens beaucoup plus hermétique à son récit, l'auteur se permet de jouer sur ce facteur qui lui permet en retour d'en dresser une assise la plus solide qui soit à son récit.

Étudier l'ordre temporel d'un récit, résume Genette (1972 : 78), c'est confronter l'ordre de disposition des événements ou segments dans le discours narratif à l'ordre de succession de ces mêmes événements ou segments temporels dans l'histoire, en tant qu'il est explicitement indiqué par le récit lui-même, ou qu'on peut l'inférer de tel ou tel indice indirect. On pourrait penser que la tendance spontanée des conteurs et romanciers est de faire coïncider l'ordre des événements racontés et l'ordre de leur présentation narrative (récit synchrone, ou ab ovo). Or, c'est le contraire qui est vrai: la majorité des récits ne respectent pas l'ordre chronologique: ils sont anachroniques, soit qu'ils racontent avant (dans R) ce qui s'est passé après (dans H) - anticipation, ou prolepse; soit qu'ils racontent après (dans R) ce qui s'est passé avant (dans H) - rétrospection, ou analepse.

L'étude de l'ordre implique donc une confrontation de l'ordre de l'histoire (chronologique et irréversible) avec l'ordre adopté par le narrateur pour raconter cette même histoire. En d'autres termes, il s'agit de comparer la disposition des événements dans l'histoire référentielle et la disposition de ces mêmes évènements dans la narration.

On peut postuler que les événements narrés (histoire) suivent, à la manière du temps référentiel, un ordre impératif, un ordre chronologique. Le récit lui n'est pas soumis à la règle impérative de l'ordre du temps. Il peut commencer n'importe où et aller n'importe où.

1- Le récit peut être parfaitement chronologique, c'est-à-dire qu'il peut respecter l'ordre de l'histoire. Cas très rares (contes, mythes, etc.)

2- Le récit peut s'ouvrir sur la mort du personnage ou son adolescence ou son âge mûr avant de raconter, à la suite, sa naissance, sa vieillesse.

Les évènements peuvent coïncider. Il y a donc isochronie narrative. Lorsque le récit ne suit pas, à la manière de l'histoire référentielle, un ordre chronologique, on parle d'anachronies narratives queG. Genette (1972 :90) propose de définir de la manière suivante :

« Toute anachronie constitue par rapport au récit dans lequel elle s'insère - sur lequel elle se greffe - un récit temporellement second, subordonné aupremier. »

Elles sont de 2 sortes: l'anachronie rétrospective ou analepse (le retour en arrière ou flash-back) et l'anachronie prospective ou prolepse (l'anticipation):

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"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand