5.2 Biomécanique de la vitesse - Implication
anatomique
La vitesse est basée sur des processus du
système neuromusculaire et la faculté inhérente à
la musculature de développer de la force, d'accomplir des actions
motrices dans un segment de temps situé en dessous des conditions
minimales données. Elle représente la faculté d'effectuer
des actions motrices dans un espace de temps minimal 34.
À l'arrêt, le centre de gravité du corps
se trouve à la verticale du polygone de sustentation, forme qui est
décrite par la forme que nos pieds dessinent. La marche de l'homme est
une activité motrice fondamentale. Elle peut être définie
comme la combinaison dans le temps et l'espace de mouvements plus ou moins
complexes des différents segments du corps qui aboutissent au
déplacement de l'individu sur un plan horizontal. Les différentes
phases de la foulée s'organisent de la façon suivante :
- flexion plantaire et dorsale de la cheville - flexion et
extension du genou
- flexion et extension de la hanche
Il faut être en mesure de maintenir un équilibre
dynamique lors des différents types d'appuis et de coordonner les
conditions de la propulsion en s'adaptant à chaque instant aux
contraintes de l'environnement extérieur. La course va se
différencier de la marche par la disparition de la phase de double
appuie lors du déplacement rapide. La course, avec l'absence du double
appui, est une succession de foulées bondissantes. La course peut
être caractérisée par une succession de
déséquilibres maîtrisés et rattrapés qui
permettent d'éviter la chute. Plus l'homme ira vite, plus l'action de
forces s'exerçant sur lui sera importante. Pour ajuster en permanence la
posture et maintenir cet équilibre lors de phase de propulsion,
différents muscles interviennent. Les ischio-jambiers par exemple sont
essentiel pour le blocage du genou, les extenseurs de la hanche, de la jambe et
le grand fessier sont les groupes musculaires principalement sollicités
dans la phase d'accélération initiale. En ce qui concerne
l'atteinte de la vitesse de course maximale, les muscles les plus
impliqués sont les ischio-jambiers, les adducteurs et le grand fessier.
Rappelant que le seul point de contact avec la surface terrestre est le pied,
ce dernier doit assurer le transfert d'énergie tout en permettant un
appui stable et fort.
FRESNEAU REDHA
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Tableau 1. Description des différentes phases de la
foulée (INSEP. Archives ouvertes)

FRESNEAU REDHA
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Tableau 2. Association des muscles et de leurs principales
actions lors de la course (issue de La nouvelle Bible de la
préparation physique, D. Reiss, P.Prévot. 2020).
Muscles
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Principales actions
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Grand droit de l'abdomen couplé aux obliques
internes et externes
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Maintien du bassin, éviter qu'il ne parte trop en
antéversion. Éviter une hyperlordose lombaire. Un manque de
gainage de mouvement limite logiquement la puissance de tout le membre
inférieur.
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Ilio-psoas
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Principaux releveurs de la cuisse
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Ischio-jambiers
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Permettent de bloquer le genou lorsque celui-ci est vers
l'avant et l'entraînement vers l'arrière. Capables de
l'extension du genou en synergie avec le quadriceps surtout au-dessus de
145°, ils travaillent le plus longtemps durant le sprint. Atteignant
200 % de la force volontaire, il ne faut pas s'étonner des nombreux
accidents qu'ils rencontrent.
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Grand fessier
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Principal extenseur de la cuisse lorsque celle-ci est vers
l'avant ; de par son action d'exorotation, à la pose du pied, il
stabilisera le bassin en évitant la rotation de ce dernier vers
l'intérieur. Action diminuée de ce dernier lorsque le pied
passe à la verticale du centre de gravité. En l'air, il a
tendance à entraîner la cuisse en abduction, les adducteurs
devront contrecarrer cette action.
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Quadriceps
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Ils évitent la chute du corps sur le sol : plus ils sont
puissants, plus l'athlète est stable, ce qui permet aux autres
muscles de s'exprimer et raccourcit le temps de contact au sol. Extenseur du
genou, ils propulsent durant l'accélération, mais s'amenuisent
durant la phase de vitesse maximale.
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Petits et moyens fessiers
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L'appui monopodal demande de stabiliser le bassin avec le
sprint, la tension est multipliée par 7. Moins les abducteurs sont
forts, plus l'expression des muscles moteurs est limitée.
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TFL
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Apporte une stabilité surtout si le grand fessier est
trop puissant.
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Adducteurs
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Permettent au membre inférieur de rester en ligne pour
compenser la mise en tension importante du grand fessier. À la fois le
fléchisseur du genou lorsqu'il est derrière et extenseur de ce
dernier lorsqu'il est vers l'avant, ils sont très sollicités et
se blessent souvent si l'on manque de préparation.
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Gastrocnémiens
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Derniers muscles à travailler avant que le pied ne
quitte le sol, ils ont un rôle important dans la performance.
Fléchisseurs plantaires, ils ont une sollicitation excentrique
permettant la restitution.
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FRESNEAU REDHA
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Les données ci-dessous obtenues sur les archives
ouvertes de l'INSEP. Le tableau présente les données de la
littérature relatant les niveaux et durées d'activité. Le
niveau d'activité est présenté à deux vitesses : 15
km/h et 21 km/h.
Tableau 3. Evolution des niveaux et durées
d'activité avec la vitesse

FVM = Force Volontaire Maximale, il s'agit du niveau
d'activation maximal recueilli en mode
isométrique. Ga = gastrocnémiens / TA =
Tibial antérieur / BF = Biceps Fémoral / RF = Droit
fémoral / VL = Vaste interne / GM = Grand fessier
Ce tableau permet de remarquer trois profils différents
:
Tout d'abord les muscles fortement activés (en % du
niveau d'activité enregistré à FVM) tel que Ga notamment ;
les muscles longuement activés (en % du cycle de la foulée) tel
que TA ; les muscles à la fois fortement et longuement sollicités
tel que BF. Les muscles les plus longuement activés, à savoir TA
et BF sont les muscles les plus riches en fibres de type I.
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