2.2.3.2 conséquences de
l'inflation
La préservation de la stabilité des prix par la
Banque Centrale se justi?e par les conséquences économiques et
sociales de l'in?ation, dont la plus directe est la perte du pouvoir d'achat
de la monnaie ou la diminution de la quantité de biens que l'on peut
acheter avec une somme donnée. L'inflation constitue un
prélèvement aveugle sur les ressources des ménages.
Elle est aveugle parce qu'elle ne tient pas compte de la
situation sociale des personnes qu'elle frappe. C'est sur les personnes qui
perçoivent des revenus ?xes qu'elle pèse le plus lourdement dans
la mesure où il leur est impossible, ou très dif?cile, d'obtenir
une revalorisation de leurs revenus.
Elle pèse également lourdement sur les
salariés dans la mesure où les augmentations de salaires ne
compensent souvent que partiellement, et toujours avec un décalage, les
hausses de prix. Il en est de même des détenteurs des obligations
à taux ?xe.
Par contre, elle ne frappe pas les catégories sociales
qui ont les moyens d'ajuster leurs revenus à la hausse des prix. Tel est
généralement le cas des membres des professions libérales
et des entrepreneurs individuels, notamment des commerçants. Dans
certains cas, l'in?ation leur permet même d'accroître
temporairement leurs revenus réels au détriment de ceux des
autres catégories sociales.
L'in?ation favorise donc un transfert de revenus de certaines
catégories sociales à d'autres, souvent plus favorisées.
Elle a les mêmes conséquences qu'un impôt injuste qui
frapperait d'autant plus fortement les citoyens qu'ils seraient placés
soit en dehors du processus de production (rentiers, retraités), soit
dans une position de subordination(salariés) qui ne leur permettrait pas
de se prémunir que très imparfaitement contre les hausses des
prix.
L'in?ation se traduit également par un transfert des
revenus des prêteurs vers les emprunteurs. Elle réduit les charges
des emprunteurs puisqu'ils payent des intérêts et remboursent les
emprunts qui leur ont été consentis avec une monnaie dont le
pouvoir d'achat est inférieur à celui qu'elle avait lorsqu'ils
ont emprunté.
Ainsi, l'in?ation décourage l'épargne des
ménages, ces derniers préférant acquérir des biens
(bijoux en or à titre d'exemple) plutôt que conserver de la
monnaie. Elle incite les ménages à effectuer des ``placements
sûrs'' dont la caractéristique principale est de leur permettre de
``sauver leur capital'' (achat de terrains, d'appartements, de pierres
précieuses, etc.). En?n, lorsque les ménages conservent
néanmoins une épargne, ils ne sont guère incités
à la placer à long terme et ce, au détriment de
l'entreprise.
L'insuf?sance de l'épargne des ménages peut
avoir des conséquences fâcheuses sur le volume des
investissements. Pour que le montant des investissements soit suf?sant, des
mécanismes compensateurs doivent alors intervenir :
§ épargne forcée dégagée par
l'etat qui doit augmenter les impôts pour en affecter une partie aux
investissements ;
§ marges béné?ciaires accrues pour les
entreprises qui augmentent ainsi leurs possibilités d'auto?nancement.
L'in?ation présente aussi de graves
inconvénients sur les échanges internationaux. Lorsque les prix
augmentent, la compétitivité des exportations est fortement
entamée pendant que les importations sont stimulées du fait du
décalage du niveau moyen de prix qui rend les productions
étrangères plus concurrentielles. Le déséquilibre
des échanges commerciaux trouve sa limite dans l'épuisement des
réserves de change du pays qui se trouve en situation in?ationniste.
En?n, une in?ation élevée et variable fausse les
jugements des agents tant privés que publics en matière
d'investissement, d'épargne et de production et conduit, à terme,
à un ralentissement, voir à un recul de la croissance
économique. En effet, l'in?ation accentue l'incertitude et crée
un environnement non favorable à l'activité économique.
Par ailleurs, elle oriente les agents économiques vers des
activités plus spéculatives que productives.
La Banque Centrale qui n'a de cesser de combattre l'in?ation
contribue ainsi très étroitement à la stabilité du
cadre macroéconomique, l'une des conditions d'une croissance durable,
nécessaire à l'amélioration du niveau de vie de la
population.
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