I.1.2 - LE MODELE
Les débats nés autour de certains concepts
économiques ont toujours été le reflet de la division de
la théorie économique issue des différentes écoles
de pensée. La contestation ou l'adhésion à une
théorie résulte de la définition et du contenu que chaque
auteur donne à un concept.
I.1.2.1 - JUSTIFICATION DU CHOIX DE LA MESURE DE LA
CROISSANCE
ECONOMIQUE
De manière générale, la variable que l'on a
coutume d'employer pour la mesure de la croissance est le taux de croissance du
PIB réel qui se calcule de la façon suivante :
Taux de croissance du PIB=DPIB par tête/ PIB par
tête

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Relation Banque-Entreprise et croissance économique
au Cameroun
Mais KING et LEVINE (1992,1993) affinent l'analyse en ajoutant
à ce calcul du taux de croissance du PIB une autre formule qui est :
Taux de croissance du PIB= INV x EFF*
Avec :
INV= investissement brut domestique
EFF*= DPIB par tête d'investissement domestique
Afin de tenir compte de la dépréciation du capital,
KING et LEVINE définissent
EFF* :
0,1(1 - INV)
EFF= EFF* + INV
Ce qui revient donc à : EFF = DPIB par tête/ D du
stock de capital
Mais dans ce travail, seul le PIB est retenu comme indicateur
de la croissance économique ; il se définit comme l'ensemble des
biens et services produits sur le territoire national quelque soit la
nationalité des producteurs.
Ce PIB se calcule de plusieurs manières à savoir
:
V' Selon l'optique de la production ou optique de la
valeur ajoutée dans laquelle il est l'agrégat des valeurs
ajoutées des différentes branches de l'économie:
PIB = Somme des VA + Droits de Douanes + Impôts indirects -
Subventions
V' Selon l'optique de l'utilisation ou optique de
dépense dans laquelle le PIB est l'équivalent des multiples
usages de la richesse nationale. C'est l'ensemble des différents emplois
qui sont faits de la richesse nationale d'un pays :
PIB = Consommation des ménages + Dépenses
gouvernementales + Investissements privés + Exportations -
Importations
V' Selon l'optique du revenu dans laquelle le PIB est
le cumul des différents revenus tirés par les différentes
catégories d'agents économiques résidents, en raison de
leurs multiples activités :

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Relation Banque-Entreprise et croissance économique
au Cameroun
PIB = Revenu des matières premières + Revenu de
la main d'oeuvre (salaires) + Revenu du capital (intérêts,
dividendes) + Revenu des entreprises (bénéfices)
I.1.2.2 - JUSTIFICATION DU CHOIX DE LA MESURE DE
L'INTERMEDIATION
FINANCIERE
y' Les crédits accordés au secteur privé
: ces crédits soit à court ; à moyen ou à long
terme sont de manières générales orientées vers les
investissements productifs qui sont le moteur principal d'une économie
en pleine expansion, d'où l'importance de cet indicateur. D'après
A. JOSEPH (2000), dans un contexte de faible régulation, les
crédits peuvent être orientés vers des investissements peu
productifs. Par exemple, les signes de corrélation entre la part des
crédits destinés au secteur privé et la croissance
économique est négative en Amérique Latine sur la
période de 1970-1980. Dans ce sous-continent en raison de la
libéralisation financière effectuée sans encadrement
adéquat, la plupart des crédits ont servi à financer des
investissements peu productifs (De GREGORIO et GUIDOTTI, 1995).
y' La masse monétaire (M2) . cet indicateur
comprend M1 et la quasi-monnaie. Cette quasi-monnaie désigne l'ensemble
des actifs financiers qui peuvent être facilement transformés en
monnaie c'est-à-dire en billets de Banque Centrale, en pièces ou
en monnaies scripturales. Dans la plupart des pays en développement,
tout comme au Cameroun la quasi-monnaie est désignée par les
dépôts à terme et d'épargne ; on y retrouve : tous
les comptes sur livret (livrets bancaires, livrets des caisses
d'épargne)
y' Le taux d'intérêts (Ti) ou taux
débiteur maximum qui comprend le taux d'intervention de la BEAC plus la
marge bancaire.
La justification du choix des variables ayant
été donnée, il convient maintenant de passer à
l'étape de la construction du modèle et à sa
vérification empirique.
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