III.I.2 - LES REPROCHES DES PME AUX BANQUES
CAMEROUNAISES
Les PME reprochent aux banques leur excès de
bureaucratie et de formalisme dans la constitution des dossiers demande de
crédit d'investissement, l'exigence de nombreuses garanties, les
coûts de transactions élevés, une politique discriminatoire
de leur politique de crédit, le coût élevé du
crédit et enfin une tendance très poussée au financement
à court terme.
III.I.2.1 - L'EXCES DE BUREAUCRTIE ET DE FORMALISME
DANS LA CONSTITUTION
DES DOSSIERS DEMANDE DE CREDIT D'INVESTISSEMENT
Pour beaucoup de promoteurs des PME, la constitution d'un
dossier de demande d'un crédit d'investissement s'apparente à un
véritable calvaire, tout au moins quant on se réfère au
types et au nombre de documents généralement exigés par
les banques lorsqu'il s'agit d'un projet d'investissement. Bien plus, non
seulement le personnel des banques ne donnent pas aux promoteurs des PME les
informations à la constitution du dossier de demande de crédit en
une seule fois, mais surtout, ceux-ci sont soumis à plusieurs aller et
venir entre la banques et les différents services publics et
privés auprès desquels ils pourraient obtenir les documents
exigés par le banquier. Cet excès de bureaucratie et de
formalisme rallonge inutilement les délais de constitution d'un dossier
de demande de crédit d'investissement, avec parfois l'abandon de
certains promoteurs des PME qui ne supportent pas les tracasseries
administratives qui semblent être la règle au Cameroun.
Il ne s'agit pas ici pour les banques d'accorder un
crédit d'investissement sans un dossier qui sous-tend la demande de la
PME, comme cela se faisait avant la crise bancaire du

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Relation Banque-Entreprise et croissance économique
au Cameroun
milieu des années 8031 ; un tel comportement
des banques serait alors inadmissible, voire suicidaire pour elles. En fait il
est question ici pour les banques, de donner la bonne information aux
investisseurs, pour que la constitution des dossiers de demande de
crédit d'investissement soit empreinte de moins de bureaucratie et de
formalisme.
III.I.2.2 - L'EXIGENCE DES GARANTIES
Pour bénéficier d'un crédit
d'investissement, il faut que le projet à financer dégage une
certaine rentabilité. Mais la question qui se pose alors à ce
niveau de l'analyse, est celle de savoir si les banques peuvent se satisfaire
de ce seul critère. Dans les pays développés où la
relation banque-entreprise est une relation de confiance réciproque, il
est possible de répondre à cette question par l'affirmative. Par
contre, dans les PVD où le plus souvent c'est la méfiance voire
la suspicion sur lesquelles reposent la relation banque-entreprise, la
réponse est évidemment non ! En effet, dans ces pays même
si un projet d'investissement dégage une rentabilité
satisfaisante, la banque exigera toujours des garanties et elle
privilégiera surtout les garanties réelles (hypothèques
sur immeubles bâtis ou non) ; or les PME, surtout celles qui sont en
création et qui doivent louer un ou plusieurs locaux pour implanter
leurs installations, n'ont pas toujours la possibilité de produire une
garantie réelle. L'absence de garantie réelle constitue par
conséquent, un facteur explicatif des difficultés d'accès
des PME au financement bancaire [(NGO NTOMB (2008) et ]. En conséquence,
on ne peut pas condamner la banque d'exiger des garanties à son client
en contre partie du crédit qu'elle va lui accorder, étant
donné que celles-ci réduit le risque et surtout, dissuade le
client d'abuser de la confiance placée en lui. Bien plus, lorsqu'il
s'agit de financer les PME, les garanties sont encore plus nécessaire et
indispensables, car il s'agit-là d'un sous-secteur à grand
risque. Toutefois, il y a des limites dans la demande des garanties car
celles-ci ne doivent pas couvrir cinq cent fois le risque du banquier. Le cumul
des garanties peut se révéler anti économique parce
qu'immobilisateur de facteurs de production pendant toute la durée du
crédit.
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