E.1.4 Dynamique du carbone des plantations :
La dynamique du carbone des plantations de Djirnda part d'un
scénario de production de biomasse nulle à celui d'une grande
productivité de matière végétale et par
conséquent d'une grande capacité de séquestration de
carbone atmosphérique. Cependant, la dynamique du carbone des
plantations de Djirnda est tributaire de leur productivité
végétale, de leur âge, de leur superficie et des conditions
du milieu. L'analyse de la variation des séquestrations de carbone des
plantations de Djirnda révèle qu'elle évolue de
manière exponentielle avec l'âge et cela, avec des
prévisions d'une séquestration totale de 1,420E13
tonnes pour l'ensemble des plantations d'écartement 25/25, contre une
séquestration totale de 8,293E09 tonnes au niveau des
plantations d'écartement 50/50 à trente (30) ans d'âge. En
outre, l'engouement des femmes de Djirnda à poursuivre les campagnes de
reboisement jusqu'au remplissage totale des tannes humides de la zone
présage un bon avenir pour la séquestration de carbone qui
contribuerait pour sa part à la réduction des changements
climatiques. En plus, le degré d'organisation des populations de Djirnda
notamment celle des femmes réunies dans l'AFTRM et leur grande
dépendance aux ressources halieutiques et aux produits de mangrove
65
apparaîtrait comme des critères de
prédisposition du village à accueillir des projets MDP. Ces
critères de prédisposition des populations de Djirnda à
accueillir les projets MDP ne sont pas contraires aux deux principales
conditions d'éligibilité définies par le UNFCCC à
savoir : la réduction des GES par rapport au scénario de base et
l'éligibilité du pays hôte (le Sénégal) en
temps que pays en développement ayant ratifié la convention.
E.2 LES RESULTATS DU SITE DE SANGHAKO
E.2.1 Etat des plantations :
Les plantations de Sanghako sont localisées à
environ 1km au SW du village dans une tanne et
s'étendant sur une superficie totale de 0,14 ha. Elles sont
constituées d'une seule espèce de palétuviers : le
Rhizophora sp. Leur réalisation remonte
à 1999 et 2000 dans le cadre d'un projet de l'UICN de formation et
renforcement de capacité des populations locales en ostréiculture
et en apiculture. Ces plantations correspondent à la première
campagne de reboisement de mangrove de l'UICN dans la RBDS et sont
marquées par un manque de technicité en termes du choix des
propagules et des types de substrats favorables au développement de la
mangrove, mais aussi le choix de la période favorable à la
réalisation des reboisements.
Au plan de survie, les reliques de plants morts trouvés
un peu partout dans les plantations surtout dans celle de 2000
témoignent d'une mortalité considérable. Les
densités (voir tableau N° 15) varient de faible à
très faible avec des valeurs (23.333 pieds/ha en 1999 et 6.000 pieds/ha
en 2000) très au dessous de la densité théorique minimale
d'une plantation réalisée avec un écartement de 50/50 qui
est de 40.000 pieds/ha. Cette densité théorique est tirée
de l'extrapolation à l'hectare de l'hypothèse qu'une placette de
1m2 dans une plantation d'écartement 50/50 contient au
minimum quatre (04) plants s'il n y a pas eu de mortalité. Cette faible
densité s'expliquerait par une imbrication des causes de la
mortalité comme la faible régénération naturelle,
l'attaque des crabes, des insectes et la péjoration climatique. La
dynamique spatiale est pour sa part régressive car en plus de la
mortalité non négligeable, aucune action visant à
poursuivre le reboisement ne s'était entreprise dans le village
jusqu'à ce jour.
Cependant, quelques caractéristiques symboles d'une
bonne adaptation aux conditions du milieu sont notées au niveau de la
plantation de 1999 entre autres la présence des ruches d'abeilles, des
fleurs, propagules et racines échasses ainsi que la haute taille (HT
moyenne supérieure à 2.42 m) des sujets. Ceci témoignerait
d'une certaine adaptation de la plantation
aux conditions de la station malgré l'effet néfaste
du déficit hydrique que connaît la zone depuis quelques
décennies.
Le taux d'humidité (voir le tableau N° 14) varie
d'une partie des plantes à une autre, elle est plus élevée
au niveau des feuilles mais n'atteignant pas 200% avec des moyennes de 131.86%
pour la plantation de 1999 et de 70.85% pour celle de 2000. Au niveau des
branches les taux d'humidité tournent autour d'une moyenne de 66.75%
(1999) et de 52.74% (2000) pas très loin de celle des troncs (fûts
et racines échasses) qui est de 64.34% (1999) et de 53.27% (2000).
Cependant, les coefficients de pondération (voir tableau N° 14
ci-dessous) varient inversement aux taux d'humidité, ils sont plus
faibles au niveau des feuilles que des branches et troncs (fûts et
racines échasses). En outre, la proportionnalité entre la
biomasse fraîche et la biomasse sèche a fait que les parties des
plantes à fort taux d'humidité présentent de faible
biomasse sèche et donc séquestrent moins à l'exemple des
feuilles.
Tableau 14 : taux d'humidit é moyen et coefficient
de pond ération moyen (Sanghako).
Année
|
Taux d'humidité moy. par partie des plantes
Ho(%)
|
Coefficient de pondération moy./partie des
plantes.
|
feuillages
|
Branches
|
Troncs
|
Feuillages
|
Branches
|
Troncs
|
1999
|
131,859
|
66,752
|
64,340
|
0,433
|
0,615
|
0,615
|
2000
|
118,095
|
90,278
|
88,782
|
0,307
|
0,523
|
0,534
|

Figure 48 : Ligne de transect (plantation 2000). Figure
49 : Ligne de transect (plantation 1999).
67 Tableau 15 : R écapitulatif des donn ées
caractéristiques de l' état des plantations
(Sanghako).
Année
|
Nbre ind. observés
|
Ecartement (cm)
|
DB (cm)
|
DmH (cm)
|
HT (m)
|
Densité (pieds/ha)
|
Recrus naturels
|
Superficie (ha)
|
1999
|
07
|
N.I14
|
[0,2 ; 2,8]
|
[1,1 ;
|
1,7]
|
[2,18
|
; 2,64]
|
23.333
|
0
|
0,12
|
2000
|
03
|
N.I
|
[1,2 ; 2,6]
|
[0,9 ;
|
1,8]
|
[1,22
|
; 1,73]
|
6.000
|
0
|
0,02
|
Total
|
|
|
0,14
|
|