I.5.2.7. Conséquences.
Il n'existe pas une très grande
différence entre les conséquences et les manifestations du burn
out car il s'agit en effet d'un processus continu ; c'est pourquoi il
parait difficile de distinguer ces deux grands ensembles. Mais nous nous sommes
efforcés d'établir deux niveaux d'implication à
savoir : une implication individuelle et une implication
institutionnelle.
I.5.2.7.1. Implication
individuelle.
a- Sur le plan physique.
Nous avons ici l'ensemble des
éléments développé dans la symptomatologie
aspécifique mais nous insistons beaucoup plus sur l'étude des
troubles de sommeil et des troubles biologiques.
Ø Troubles de sommeil.
Les résultats d'une enquête menée
en 1999, sur l'implication du burn out au sommeil, révélaient
que les sujets exposés depuis plus de 6 mois avaient les tendances
suivantes : difficultés d'endormissement et de lever, réveil
matinal précoce, intermittentes au cours de la nuit ; traduisant
ainsi l'impact du burn out sur la durée de sommeil qui
semblerait être court. D'autres travaux mis sur pied en 2003
suggéraient qu'il existait une relation effet-dose, les troubles du
sommeil s'intensifiant d'un degré d'épuisement professionnel.
Mais une étude lituanienne démontrait le contraire en expliquant
par exemple que les médecins davantage touchés par l'affection
sont ceux qui dorment le plus ; c'est dans ce dilemme que le
questionnement de la qualité du sommeil fût posé illustrant
ici une hypersomnie avec clinophilie non loin de l'insomnie. Un autre aspect
révélé spontanément par les sujets affectés
fût la sensation de fatigue étant plus grande au réveil et
différente de celle que l'on n'éprouve temporairement et qui
disparait après une période de repos ; c'est une fatigue
chronique généralement caractérisée par une
augmentation des éveils, ou inversement une somnolence diurne ne
semblant pas s'améliorée le weekend contrairement à la
population générale.
Ø Troubles biologiques.
D'après une étude scientifique, un
risque relatif (RR) accru de développement d'une pathologie
cardio-vasculaire (RR = 3,1 pour les hommes et RR = 3,4 pour les femmes),
sous-tendu par un dysfonctionnement métabolique
(dérégulation de l'axe hypothalamique impliqué dans la
sécrétion de cortisol) entrainerait en effet une
augmentation du cholestérol total, du LDL et des triglycérides.
D'autres explorations physiopathologiques suggèrent l'association au
Burn-out d'un taux bas de BDNF (Brain Derived Neurotrophic Factor),
régulateur de la plasticité neuronale impliquée dans le
stress, d'un taux circulant accru des cytokines de l'inflammation, ou encore
d'une diminution du total de lymphocytes et des CD3/4/8 chez les
médecins par exemple dont l'accomplissement personnel est réduit.
Le cortisol reste jusqu'à présent la seule hormone
stéroïde capable de traverser facilement la barrière
hémato-encéphalique tout en atteignant le système nerveux
central en presque huit minutes, et ayant finalement la possibilité
d'engendrer des effets de stress ; mais une fois ces effets
prolongés (stress chronique), des modifications des capacités
d'adaptation et de contrôle de l'imprévisibilité pourraient
survenir.
b- Sur le plan psycho-affectif.
L'individu présente des comportements
variés caractéristiques au S.E.P à savoir :
Ø La mauvaise hygiène de vie qui est mis en
lumière ; c'est un fait que Susan Jackson a mis en évidence
lors d'une recherche menée auprès des médecins
français, et des groupes professionnels variés, tel les
dentistes, employés de services sociaux ou d'opérateurs de
transit urbain ; chez ces derniers, elle a découvert et
démontré le lien significatif entre l'épuisement
émotionnel et la consommation d'alcool ; plus
généralement, on trouve une diminution des ressources
psychologiques telles une chute de l'estime de soi, un état de
tristesse, un désespoir ou une anxiété.
Contrairement à Susan Jackson, Blake Ashforth (1989) montre
auprès des managers d'un service social que l'épuisement
émotionnel et la dépersonnalisation sont suivis d'un sentiment
d'impuissance. Des troubles cognitifs en font également
partie ;
Ø Les comorbidités à l'instar
des :
· Addictions : la consommation
d'alcool, de tabac et la prise de psychotropes, d'antidépresseurs
à visée anxiolytiques ou encore d'antalgiques en sont quelques
exemples ;
· L'anxiété et la
dépression : induits par une pression
professionnelle et une demande psychologique élevées ; ce
sont des facteurs prédictifs des troubles psychiques. Pour faire
davantage la distinction entre les différentes étapes du
processus de Burn-out, la notion de dépression ne doit pas être
confondu à celle du Burn-out car selon Brulhman, les
épuisés professionnels sont en mesure d'imaginer des
activités possibles à réaliser tandis que chez les
déprimés c'est tout le contraire ; c'est un continium
(Burn-out-dépression) ;
· Le suicide : c'est la forme extrême et
ultime de la dépression rencontré dans la majorité des cas
de Burn-out ; c'est pourquoi il est strictement nécessaire de
dispenser une prise en charge et d'accorder une importance capitale dans la
prévention de cette affection chez le personnel soignant.
c- Sur le plan social.
Nous avons :
Ø Au niveau de la vie
privée:
· les divorces : illustrés
par Christina Maslach qui fait comprendre que l'épuisement professionnel
du mari engendré par des menaces de restructuration et de
réduction d'effectifs, a un effet direct sur les tensions avec son
épouse, ce qui accroit les comportements et attitudes négatives
envers elle. Par ailleurs, le même auteur avec
· l'isolement : décrit par
Ayala Pines (1980), lors d'une étude menée sur quarante deux
couples, elle trouva que les individus atteints de burn -out tendent aussi
à s'isoler de leurs amis, et à se comporter de manière
professionnelle avec leurs enfants ;
· l'incompréhension et l'impuissance de
l'entourage ;
· Les tensions familiales accrues.
Ø Au niveau du travail : le
Syndrome d'épuisement professionnel contribue à augmenter
l'insatisfaction au travail et à diminuer l'engagement voire
même encourager le désertage de fonctions ; il contribue
aussi à la détérioration des relations entre
collègues, mais aussi avec les clients, élèves et
patients ; par exemple les médecins à
l'épuisement professionnel répondent moins aux questions des
patients, les négligent davantage (ils ne discutent pas des
différentes options de traitement par exemple), et commettent des
erreurs pouvant faire croire à un manque de connaissances ou
d'expérience. La dépersonnalisation ou le cynisme conduit
à la prise de décisions plus impersonnelles, voire
stigmatisantes ; car les patients en ce moment sont
considérés comme des numéros de chambre ou comme des
pathologies.
I.5.2.7.2. Implication sur la
pratique des soins.
Le burnout des soignants induit chez ces derniers
une baisse de la qualité des soins ; 115 internes en
médecine atteints de l'affection ont déclaré au cours
d'une étude, ressentir fournir des soins sous-optimaux qui se font
ressentir également par le patient. Une autre étude cette fois ci
américaine portant sur 820 infirmiers et 621 patients a
révélé que le burnout des infirmiers influe sur le niveau
de satisfaction des patients concernant la qualité des soins(absence
d'application du diagnostic infirmier, erreur de médication, etc). Il
est démontré par ailleurs que les conditions de travail des
soignants influent sur la mortalité des patients ; tel est le cas
d'une étude portée sur 26000 infirmiers européens parue en
2014, qui montre une augmentation de la mortalité des patients si la
charge de travail des infirmiers est plus importante (+ 7% de mortalité
pour chaque patient supplémentaire /infirmier). L'épuisement
professionnel engendre des conséquences dommageables pour la formation
sanitaire avec un phénomène de cercle vicieux ; c'est ainsi
qu'une augmentation des absentéismes du soignant entrainera sa moindre
implication, la rotation du personnel peut conduire à des effectifs
insuffisants, à une perte de collaborateurs compétents ;
l'augmentation de la charge de travail sera à l'origine d'un stress
supplémentaire.
I.5.2.8. Différentiel du
Burn-out.
Concepts proches
|
Burnout
|
Stress
|
Conséquence directe de stresseurs professionnels. Le
sens du travail n'est pas central.
|
Rôle important du sens du travail dans l'apparition du
syndrome.
|
Etre passager ou chronique.
|
Est à la conséquence d'une exposition à
un stress persistant de longue durée.
|
Peut toucher tout type de travailleur.
|
Touche avant tout les personnes qui accordent beaucoup
d'importance au travail.
|
N'est pas forcément accompagné d'attitudes
négatives envers autrui.
|
Attitudes et comportements négatifs envers les
collègues, clients, patients,... cynisme.
|
Le support social et les stratégies d'adaptation
peuvent être médiateurs entre le stress et le burnout (une grande
quantité de stress peut être modérée par le support
social : vie privée pour les femmes, vie professionnelle pour les
hommes)
|
|
Dépression
|
Epuisement émotionnel et humeur dysphorique
(anxiété, irritabilité,...)
|
Etendue à tous les aspects de la vie.
|
Lié spécifiquement au travail.
|
Caractérisée par une perte du goût des
choses et de la vie.
|
Conservation du goût des choses dans les aspects de la
vie autres que le travail.
|
Plus faible estime de soi, défaitisme, moins grande
vitalité.
|
Estime de soi et réalisme plus grands, vitalité
plus forte que pour la dépression.
|
Les antécédents de dépression peuvent
faciliter le burnout.
|
Le burnout peut s'aggraver en dépression.
|
Fibromyalgie
|
Liée à une longue exposition au stress
|
Douleurs musculo-squelettiques (de type rhumatismal
liées à des sensations de brûlure)
|
La douleur physique n'est pas un symptôme central.
|
Pas d'origine dans le travail.
|
Apparait dans le travail.
|
Fatigue chronique
|
Fatigue générale (ne s'arrêtant pas avec
le repos)
|
La fatigue émotionnelle est associée aux deux
autres composantes (dépersonnalisation et perte d'accomplissement).
|
Apparaît suite à une tension psychique ou un
stress de longue durée
|
Pas d'origine systématique dans le travail
|
Lié au travail.
|
Workaholisme
|
Les « workaholiques » passent
énormément de temps au travail, ils sont réticents
à se distancier ou se désengager de leur travail, et ils
fournissent un travail qui va au-delà de ce qui est attendu de leur
part, au point que la vie privée s'en trouve affectée.
|
Le burnout touche les personnes qui ont de fortes attentes
envers leur travail.
|
Importance du travail et du sens donné au travail pour
la personne.
|
Peut conduire au burnout car l'implication excessive dans le
travail peut épuiser les ressources.
|
L'épuisement propre au burnout est incompatible avec
une forte implication dans le travail (workaholisme).
|
Peut être un facteur de risque du burnout.
|
Pas forcément de lien entre les deux
phénomènes.
|
I.5.2.9. Prise en soin du Burn-out.
I.5.2.9.1. Prévention.
a- Prévention centrée sur
l'organisation.
D'après le Service de
Prévention et de Médecine de Travail des communautés
française et germanophone de Belgique (SPMT, 18.03.2013),
un conseiller en prévention/ médecin du travail (CP-MT),
est nécessaire par sa connaissance de l'entreprise / formation sanitaire
et des travailleurs, sa collaboration avec les différents intervenants,
ses visites des lieux de travail et ses consultations médicales ;
c'est un pivot de la prévention des risques psychosociaux. Il peut en
effet percevoir ou collecter des éléments qui pourraient avoir
des conséquences sur la santé physique et/ou mentale des
travailleurs ou d'un collectif (ex : conflits, surcharge de travail,
harcèlement....). Il peut également mettre en évidence
l'intérêt d'une démarche psychosociale menée en
collaboration avec le conseiller en prévention psychosocial (CP-psysoc)
et sensibiliser les partenaires de l'entreprise à une telle
démarche. A l'aide de certaines mesures de prévention et du
système dynamique de gestion des risques, l'employeur et plus largement
les acteurs de la prévention peuvent prévenir l'apparition du
burnout. Nous notons plusieurs éléments de prévention
à savoir :
· Réflexion sur l'organigramme et la clarification
des rôles et missions de chacun permettant de fixer des objectifs
réalistes, de lister les tâches prioritaires, etc. ;
· Diminution des exigences professionnelles par exemple,
en réduisant la charge de travail, en offrant un soutien administratif
ou logistique, en répartissant équitablement le travail,
etc. ;
· Promotion de l'équité, du respect et de
certaines valeurs, déontologie managériale à
privilégier ;
· Développement des ressources professionnelles
telles que l'autonomie, le soutien social des supérieurs et des
collègues, la participation à la prise de décision, etc.
de façon à permettre aux travailleurs de mieux faire face aux
contraintes de l'environnement ;
· Valorisation, reconnaissance du travail ;
· Mise à disposition d'une cellule interne
(personnes de confiance, etc.) ou externe (CP psysoc) visant l'accueil,
l'écoute, voire l'intervention.
b- Prévention centrée sur
l'individu.
Elle vise à l'aider à se connaitre ou
à apprendre à se connaitre, à rester à
l'écoute de son corps en repérant ses besoins et zones de
fragilité. Pour ce fait, certaines mesures sont proposées
à savoir :
Ø Clés applicables dans tous les
domaines de la vie :
· (Ré) devenir intime avec soi-même et
découvrir quelles sont nos aspirations profondes :
Se centrer sur soi. Refuser de temps en temps les contraintes.
Revoir son échelle de priorités (santé, famille, travail,
ascension sociale, amis, loisirs, repos/sommeil, etc.). La vie, ce n'est pas
que le travail.
· Faire l'examen de ses habitudes de vie :
Certaines habitudes peuvent contribuer au stress, comme une
grande consommation d'excitants (café, thé, sucre, alcool,
chocolat, boissons gazeuses). Privilégier un régime alimentaire
équilibré et une activité physique est primordiale.
L'exercice physique peut donner un bon coup de main pour prévenir ou
réduire le stress, tout en facilitant le sommeil. Se maintenir en bonne
santé physique a un effet positif sur la santé psychologique.
· Demeurer toujours attentif à ses sentiments
(s'écouter) :
Prendre garde aux attitudes négatives et au cynisme.
Maux de tête, susceptibilité, tendance à s'isoler ne sont
pas des signes anodins. Il faut être à l'écoute de son
corps et intervenir à temps.
· Faire des choses agréables :
S'accorder des moments de détente sans culpabiliser.
Par exemple, se retrouver entre amis, manger un bout à midi avec ses
collègues, lire un livre, se balader, aller au cinéma, prendre du
temps pour les loisirs, s'accorder des moments de détente seul ou
accompagné.
· Connaître ses limites et les communiquer aux
autres :
Si nécessaire, réajuster ses perceptions et ses
attentes.
· Rire : Le travail est une chose sérieuse et
rien n'empêche de rire. Il faut apprendre à relativiser et voir
les choses dans une perspective large.
Ø Techniques pour se préserver du
burnout au travail :
· Etablir un horaire :
- Consacrer le temps nécessaire au sommeil, au travail,
aux loisirs, à la famille et les contraintes et autres exigences
(tâches ménagères, etc.).
- Favoriser la spontanéité et la
flexibilité (adaptations possibles).
- Prévoir des périodes de repos par exemple,
pauses, temps de midi mais également sorties et loisirs après le
travail.
- Evaluer le temps nécessaire à chaque
tâche.
- Prêter attention à l'envahissement par la
technologie : le téléphone portable et internet peuvent
rendre les personnes accessibles 24 heures sur 24.
- Offrir des heures de disponibilité à son
employeur et tenter de s'y limiter s'avère adéquat.
· Planifier son travail :
- Partager son temps efficacement en définissant les
priorités.
- Prendre le temps de préciser l'objectif et
d'évaluer les divers moyens pour effectuer un travail avant de s'y
plonger.
- Aborder les tâches difficiles par étape.
- Privilégier la réalisation d'une tâche
à la fois : il vaut mieux se concentrer à fond sur une seule
chose, plutôt qu'à moitié sur plusieurs.
· Eviter le perfectionnisme : Essayer de ne pas
être parfait en tout et tout le temps. Nous pouvons être plus ou
moins efficaces selon les circonstances et il importe de ne pas se fixer des
objectifs inatteignables. Tout le monde commet des erreurs et le monde peut en
tirer des enseignements.
· Apprendre à dire NON, à
déléguer :
- Ne pas chercher à tout faire ni à satisfaire
tout le monde.
- S'affirmer et oser refuser.
- Ne pas reprendre constamment les tâches et les
problèmes des autres.
- Abandonner l'idée que si ce n'est pas moi qui le
fait, se sera mal fait et donc en osant déléguer.
· Ne pas hésiter à demander de l'aide
à des personnes différentes, internes et externes à
l'institution.
· Varier son travail et dans la mesure du
possible :
- Echanger certaines tâches avec un (e) collègue
dans la mesure du possible.
- Partager des choses et expériences entre
collègues.
- Envisager si possible de nouvelles fonctions, de sorte
à essayer de nouvelles expériences.
En outre les mesures de prise en charge qui
précèdent, Lazarus et Folkman (1984) ont proposé les
techniques de gestion de stress suivantes :
Ø Premièrement, nous avons celles qui sont
orientées vers les problèmes : qui consistent à
trouver des solutions à ceux-ci tout en les affrontant ; en se
questionnant sur leurs sources, en exprimant ses émotions propres et en
reconnaissant ses limites ;
Ø Deuxièmement, ce sont celles qui sont
orientées vers les émotions : qui consistent à
affronter le problème en agissant sur les émotions
dégagées, soit en les évacuant par le sport, la marche, ou
par d'autres hobbies, soit en les dédramatisant par des rires, ou en
donnant un sens à cette situation à travers des prières
religieuses et en se relaxant.
Par ailleurs, Briccafiori Aurélie et
Sautière Alix promotionnaires de 2011 à 2014 en soins infirmiers,
ont évoqué les stratégies de Coping comme moyen de prise
en charge du Burn-out dans leur revue de littérature du 27 juin 2014. Le
Coping selon R. Lazarus et R. Saunier (1978) , désigne
un ensemble d'efforts cognitifs et comportementaux destinés à
maitriser, réduire ou tolérer des demandes spécifiques
internes et/ou externes vécues par l'individu comme menaçant,
épuisant ou dépassant ses ressources et les différentes
stratégies proposées sont les suivantes :
Ø Selon Ablett et al.(2007) nous avons la
distance professionnelle: car le soignant manifeste le plus souvent une
attache singulière à ses patients et à leur famille que
se soit dans des moments de bonheur ou de malheur, cette attache perdure
même en dehors de son lieu de service ; pour se libérer donc
de ce cumul d'émotions, le soignant doit entreprendre une bonne distance
entre lui , son patient et sa famille ;
Ø Selon Di Tullio et al. (1999) nous avons la
prise en soin de soi : qui peut se faire soit par la relaxation, la
méditation, le partage des relations en dehors du travail, la pratique
d'un exercice physique ou soit par des loisirs ; cela permettra
également d'établir non seulement un équilibre
intérieur, mais également un équilibre entre la vie
privée et celle professionnelle ;
Ø Selon Payne (2001) nous avons
la résolution du problème au moyen de la
supervision : qui consiste à créer des
groupes de paroles pour la résolution des problèmes avec une
personne externe au service ; elle est appelée méthode de
supervision ;
Ø Nous avons également la pratique
réflexive, la foi, ainsi que la réinterprétation positive
qui reste pour le moment la méthode de Coping la plus
employée.
I.5.2.9.2. Traitement.
Le Burnout se trouve à la frontière
de plusieurs désordres psychosomatiques. Aussi, dans la pratique, les
personnes en burnout passent souvent de main en main, de traitement en
traitement et de contrôle en contrôle. Jusqu'au jour où,
soit la personne s'effondre mentalement et/ou physiquement, soit elle rencontre
un professionnel de la santé qui parvient à la sensibiliser et
à lui faire accepter de s'accorder une pause.
L'objectif du traitement est de retrouver sa
santé, de permettre la réintégration professionnelle et de
concevoir une manière d'accomplir son travail de façon
satisfaisante, sans s'épuiser.
Le traitement peut prendre plusieurs formes et les
approches peuvent être combinées. Parmi elles, nous
relevons :
· Le repos : il est essentiel puisque les
réserves d'énergie sont à plat chez les victimes
d'épuisement professionnel. Cependant, il est insuffisant pour
régler le problème et éviter les rechutes. En effet, le
repos ne guérit pas le burnout.
· Un accompagnement médical et si besoin, un
soutien médicamenteux de type antidépresseur ;
· Un suivi de type coaching ou thérapeutique
(cognitivo-comportementale, systémique) ou la participation à un
groupe thérapeutique ou d'entraide : il s'agit de découvrir
ce qui a mené à l'épuisement (causes) et de trouver des
solutions pour s'y attaquer. L'objectif est de mettre en oeuvre des
réels changements pour retrouver un sentiment de contrôle sur sa
vie. Ces changements peuvent porter sur le milieu de travail, sur le mode de
vie, sur le sens accordé au travail, etc.
· La participation à des formations dont les
thèmes pourraient être l'assertivité, apprendre à
déléguer, organisation et planification, gestion du stress, etc.
L'objectif commun de ces formations vise à aider le travailleur à
développer/renforcer ses capacités d'adaptation, à poser
ses limites, à se respecter.
· L'apprentissage à la relaxation pour aider le
travailleur à mieux gérer les situations sources de stress.
Les buts recherchés sont de permettre aux
personnes d'être plus attentives à elles et de mieux respecter
leurs besoins, mais également d'élargir leurs stratégies
de Coping et de les diversifier.
I.5.2.9.3. Réintégration
professionnelle.
Le CP-MT interviendra pour s'assurer de l'aptitude du
travailleur à la reprise de travail, laquelle pourrait s'effectuer avec
certaines recommandations : reprise progressive de travail avec
accompagnement éventuel de la ligne hiérarchique, mutation,
adaptation du poste de travail, etc.
De même, l'accompagnement du travailleur par le
CP psysoc peut s'avérer utile au moment de la
réintégration professionnelle. Ce dernier peut également
apporter son concours en conseillant la ligne hiérarchique par rapport
à la manière de gérer le retour et la
réintégration dans l'équipe du travailleur
concerné.
|