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Connaissances, attitudes et pratiques des professionnels de santé sur la gestion des déchets hospitaliers.( Télécharger le fichier original )par Jean de Dieu NTIRENGANYA Universite Saint Joseph, Campus de Goma, RDC - Licence en santé publique 2009 |
INTRODUCTION GENERALE0.1. ETAT DE LA QUESTIONDans ce point, nous allons présenter quelques théories et résultats des études antérieures sur la gestion de déchets hospitaliers. Willy NZAMUYE a mené une étude sur la gestion des déchets hospitaliers auprès de 443 Formation sanitaires de la République du Rwanda en 2008 1(*)avec objectifs de: - Evaluer le niveau de gestion des déchets hospitaliers dans les formations sanitaires ; - Evaluer les activités de stockage de déchets hospitaliers selon la source; - Evaluer les activités de ramassage et de transport des déchets hospitaliers jusqu'à l'endroit de destruction; - Evaluer le niveau de connaissances des professionnels en matière de la gestion des déchets hospitaliers ; Il ressort de cette étude que 89,8% des formations sanitaires n'ont pas la capacité de gestion des déchets hospitaliers. Dans cette même étude, il apparaît que la majorité des professionnels et la population aux alentours des Fosa ont les chances plus élevées de développées les maladies nosocomiales suite à une mauvaise gestion des déchets hospitaliers; cela est affirmé dans toutes les 30 districts du pays: soit 100% des répondants de la province du nord, 83,4% de la ville de kigali, 91,2% de la province de l'est et 98% de la province de l'ouest. Au vue de ce résultat, Monsieur Willy NZAMUYE estime que toute les professionnels et la population est courant de méfait de la me gestion des déchets hospitaliers.
0.2 PROBLEMATIQUEDiverses publications et enquêtes ont montrés que les conditions actuelles d'élimination des déchets hospitaliers ne sont pas toujours satisfaites. Une manipulation et un transport multiplie ou ne prenant pas en considération certains paramètres scientifiques, ou bien leur mélange avec les déchets municipaux généraux, leurs dépôts sur les terrains en plein air, voir leur utilisation comme remblai ; ou encore fouille sans précaution dans des décharges sauvages, les déchets hospitaliers posent de très sérieux problèmes environnementaux et peuvent causer des dangers pour la santé des habitants en général1 Les déchets d'hôpitaux sont toxiques et contiennent des matières infectieuses et dangereuses. Dans nos hôpitaux nationaux, il n'est pas rare de constater que les déchets hospitaliers sont collectés et entassés dans un seul dépôt (souvent dans l'enceinte de l'établissement). Ces déchets ne sont pas souvent brûlés et fréquemment visités par les enfants, les chiffonniers et les animaux. Le manque d'infrastructure, la faute de recueil des données épidémiologiques systématiques, le faible niveau d'éducation font que l'hygiène hospitalière reste un problème de santé publique avec ses conséquences qui sont : les risques infectieux, la pollution atmosphérique, la dégradation de l'environnement par l'enfouissement et les risques chimiques par la manipulation de ces produits dangereux2(*). L'élimination sans précaution des déchets d'activité des soins est une source de danger pour la santé, les aiguilles et les seringues contaminés représentent un risque particulier, car si elles ne sont pas éliminées correctement, elles risquent d'être remises dans des emballages et recyclées donnant lieu à une réutilisation dangereuse. L'OMS estime qu'en 2004, des injections au moyen de seringues contaminées ont été responsable de : - 21 millions d'infections à virus de l'hépatite B soit 32% de toutes les nouvelles infections ; - 2 millions d'infections de l'hépatite C soit 40% de toutes les nouvelles infections ; - Au moins 260000 d'infections à VIH soit 5% de toutes les nouvelles infections. En 2002, dans les pays en voie de développement, autour d'une campagne de vaccination de masse contre la rougeole en Afrique de l'Ouest, 17 millions d'enfants ont été vaccinés, ce qui a généré près de 300 T de déchets de matériels d'injection. En l'absence d'installations adaptées, à l'échelle locale ou régionale un tel volume de déchets aurait été difficile à éliminer en toute sécurité. Les résultats de l'OMS en 20032(*), conduite dans les 22 pays en voie de développement a montré que la proportion des établissements de santé qui n'éliminent pas les déchets de soins est de 18 à 64%. Cette étude montre qu'en plus des risques pour la santé publique en l'absence d'une bonne gestion, le risque d'être infecté par le HBV, le HCV et le VIH après piqûre accidentelle avec une aiguille utilisée pour le patient infecté est respectivement de 30%, 1,8% et 0,3%. Au Maroc, les différents soins de santé génèrent quelque 38.000 T/an de déchets médicaux, les 12.000 T entre eux sont classés dangereux. Ce qui rend leur traitement beaucoup plus complexe que les autres déchets solides3(*). Au Rwanda, une enquête menée en juillet- Août 2004 sur 80 formations sanitaires du pays (59% publiques, 22% confessionnels, 19% privés) a montré que : Dans 80% des FOSA, il y avait 1 à 4 boîtes de sécurité ; Au moins une piqûre avec aiguilles usagées chez les agents de santé, a été reportée sur 6% des FOSA ; Dans 43% des FOSA, la présence d'aiguilles a été observée aux alentours des bâtiments et la gestion des déchets n'a été considérée que sur 38%. Ces résultats montrent clairement qu'il y a encore des faiblesses en matière de gestion des déchets médicaux et qu'il est urgent de mettre en oeuvre des stratégies visant l'amélioration de cette situation dans toutes les FOSA et à tous les niveaux4(*). A l'hôpital de Ruhengeri les résultats obtenus par l'étude de la GTZ en 2009 ont montre que : - L'hôpital ne possédait pas d'incinérateur moderne pouvant acquérir tous les déchets solides hospitaliers des 12 formations sanitaires ; - Les poubelles étaient insuffisantes et n'étaient pas munies de couvercles ; - La présence de déchets éparpillés (seringues, aiguilles, objets tranchants...) dans la cour et certains services de l'hôpital ; - Mauvaise gestion des eaux usées provenant des douches, toilettes et dans les services. Tableau n°1 : Comparaison de production des déchets hospitaliers par niveau de soins.
Source: www.moh.gov.rw; health facilities, 2009, p4 Au vu de ces données, il nous montre que la production des déchets hospitaliers dans le district de Musanze s'élevé à 48.675kg par mois si le taux d'occupation des lits est de 100% pour cela il est nécessaire que tout et chacun soit sensibilisé pour la protection de notre environnement de vie de peur que ce dernier ne connaisse une catastrophe si ces déchets ne sont pas gérés convenablement. Partant de cette problématique, nous nous sommes posé des questions suivantes : 1. Quel est le niveau de connaissance du personnel sur l'hygiène et assainissement du milieu hospitaliers au sein de l'hôpital de Ruhengeri? 2. Quelles sont les stratégies à mettre en place pour une bonne gestion efficace des déchets hospitaliers à l'hôpital de Ruhengeri? 3. Quelle est la capacité financière des matériaux et des équipements de l'hôpital Ruhengeri adéquat pour la collecte de déchets hospitaliers ? 4. Quelle l'attitude du personnel sur la gestion rationnelle des déchets hospitaliers dans l'hôpital de Ruhengeri ? * 1 WILLY NZAMUYE, CAP sur la Gestion des déchets hospitaliers dans les Fosa de la République du Rwanda, Maitrise en S.P , mémoire inédit, UNR-ESP/Rwanda, 2007-2008. * 1 Bernard Leroy, Traitement des déchets, 1997, p.45 2Rapport d'une réunion sur la gestion des déchets des hôpitaux, Copenhague, 1999 * 2 OMS, Gestion des déchets biomédicaux, Genève, 2003 * 3 T. AIZOUL, Gestion des déchets médicaux dans les villes de Ttouan, Rabat, 2002 * 4 LE PROJET NMIS-ISI, Sécurité des injections et GDM, Rwanda, 2006 |
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