B - LE RENFORCEMENT TARDIF DES CAPACITES DU PERSONNELS
DES EQUIPES DE PROJET
Il nous a été donné de constater
au cours de nos investigations sur la mise en oeuvre du PFTT que, la question
du renforcement des capacités n'a pas été un
préalable ou une conditionnalité du démarrage du projet.
On comprend donc pourquoi il est prévu que l'emprunteur procède
au recrutement d'un spécialiste en passation des marchés au tout
début du projet, comme si sa seule présence parmi la
majorité du personnel ne maitrisant pas les procédures suffirait
à baliser le chemin du succès.
Quand on connait le coût de
rémunération d'un spécialiste recruté dans le cadre
du contrat à durée déterminé (CDD), dans un projet,
on voudrait croire qu'une formation de mise à niveau des agents publics
serait moins couteuse à l'emprunteur et pourrait contribuer à
réaliser des économies sur l'enveloppe du financement. En leur
qualité d'agent permanent dans l'administration, les connaissances
acquises pourraient encore profiter à l'Etat dans d'autres projets
à l'avenir plus tôt que de s'attacher les services d'un
spécialiste temporaire qui coûte très souvent quatre ou
cinq fois plus cher que la rémunération du
fonctionnaire.
Au lieu donc de commencer par le renforcement des
capacités, les bailleurs de fonds ont prescrit pour le démarrage
du projet le recrutement d'un spécialiste en passation des
marchés financés par le partenaire financier. Ce n'est qu'en
cours de projet et dans le cadre du budget alloué au plan de formation
que les personnels affectés dans les équipes projet ont pu
accéder aux stages, ateliers et séminaires de renforcement des
capacités.
En tenant compte des retards dans le démarrage
des activités pour des raisons de satisfaction des
conditionnalités du bailleur, il se trouve qu'une période assez
importante s'est écoulée après le lancement du projet,
sans que personne n'ait bénéficié d'un renforcement de
capacité. Comme le souligne certains auteurs sur la problématique
du développement en Afrique, les problèmes de gestion des projets
(...) dans les pays en développement sont nombreux, qui expliquent le
taux d'échec élevé des projets de développement
(Rondinelli, 1976; Youker, 1992 et 1999). La conception de ces projets pose
d'énormes difficultés et fait l'objet de
critique77.
Nonobstant ces critiques que l'on formule à
l'endroit des bailleurs de fonds pour le rôle joué dans
l'émergence du projet et l'élaboration des procédures, il
ne faut pas perdre de vue les nombreux obstacles à caractère
endogène auxquels est confrontée la mise en oeuvre du
77 Lavagnon A.IKA : « La gestion des
projets d'aide au développement : historique, bilan et perspective
», 2005. Revue : Perspective Afrique Vol. 1, no. 2, 2005,
143.
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projet de développement en Afrique en
général, et celui qui porte sur la facilitation du transport et
du transit en zone CEMAC en particulier.
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