Paragraphe 2 : Explication de l'efficacité
technique pure
Afin de déterminer les facteurs explicatifs de
l'efficacité technique pure, nous avons adopté textuellement la
même procédure que pour déterminer les facteurs explicatifs
de l'efficacité technique totale. Nous avons également
proposé la même sélection initiale de variables
explicatives pour bâtir le modèle.
Après sélection des variables finales parmi les
25 initiales (procédure backward), nous avons retenu 13 variables
explicatives. Elles sont : le niveau de trésorerie, le ratio
trésorerie sur total actif, le ratio fonds propres sur total
crédit, le total des crédits, le total des dépôts,
le taux de croissance des crédits, le taux de croissance des
dépôts, le coefficient de transformation, la nomination du nouveau
directeur général, le rapport défauts CBC sur
défauts du marché, et le rapport du volume de production de la
CBC sur le volume de production du marché.
Ces variables sont celles que le modèle
considère comme sélection optimale, qui
comporte les variables les moins corrélées entre elles et
qui expliquent au mieux le niveau d'efficacité technique
pure.
L'efficacité technique des banques et ses facteurs
explicatifs : application à la Commercial Bank - Cameroun
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Le modèle final estimé se présente dans le
logiciel R® comme suit :
lm(formula = score2 ~ donne$tresorerie +
donne$tresTactif + donne$Totalactif + donne$FPTotalcred + donne$TotalCred +
donne$Totaldep + donne$croiscred + donne$croisdep + donne$Coeftransf +
donne$nomDG + donne$DefCBDefm + donne$Tdefdefm +
donne$volcbcvm.
Le tableau suivant résume les résultats obtenus
:
Tableau 3 : Facteurs explicatifs de l'efficacité
technique pure
Variable
|
Coefficient
|
Erreur Standard t
|
Value Pr(>|t|)
|
Niveau de significativité
|
Constante
|
3.621e+00
|
9.121e+00 0.397
|
0.7051
|
|
Niveau de trésorerie
|
-8.428e-05
|
6.860e-05 -1.229
|
0.2652
|
|
Trésorerie/total actif
|
2.067e+01
|
1.744e+01 1.185
|
0.2808
|
|
Total actif
|
1.980e-05
|
1.790e-05 1.107
|
0.3109
|
|
FP/Total crédit
|
1.112e+00
|
8.025e-01 1.386
|
0.2150
|
|
Total crédits
|
8.685e-05
|
4.477e-05 1.940
|
0.1004
|
|
Total dépôts
|
-1.119e-04
|
4.566e-05 -2.452
|
0.0497
|
*
|
Taux de croissance des crédits
|
2.684e+00
|
1.076e+00 -2.494
|
0.0469
|
*
|
Taux de croissance des dépôts
|
8.891e-01
|
9.965e-01 0.892
|
0.4066
|
|
Coefficient de transformation
|
-1.545e+01
|
8.532e+00 -1.810
|
0.1202
|
|
Nouveau DG
|
1.924e-01
|
1.992e-01 0.966
|
0.3715
|
|
Défauts CBC/Défauts marché
|
-6.815e+01
|
2.533e+01 -2.690
|
0.0360
|
*
|
Taux de défaut CBC/TD Marché
|
-8.524e+00
|
3.142e+00 2.713
|
0.0350
|
*
|
Volume CBC/Volume marché
|
1.153e+02
|
3.898e+01 2.959
|
0.0253
|
*
|
Erreur résiduelle
|
0.08253 à 6 DDL
|
|
|
|
R2
|
0.8442
|
|
|
|
R2 ajusté
|
0.5067
|
|
|
|
F- Statistic
|
2.501 à 13 et 6 ddl
|
|
|
|
p-value
|
0.01338
|
|
|
|
Signif. codes: 0 `***' 0.001 `**' 0.01 `*' 0.05 `.' 0.1 `
' 1
Source : Auteur, résultats obtenus du logiciel statistique
R®
L'efficacité technique des banques et ses facteurs
explicatifs : application à la Commercial Bank - Cameroun
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Ce résultat fait ressortir un modèle globalement
significatif, avec une p-value de 0.013 < 0.05 ainsi qu'une statistique de
Fisher de 2.5. On distingue dans cette sélection finale 08 variables non
significatives et 05 variables significatives au seuil individuel de 5%.
- Les variables non significatives
Les variables qui s'avèrent non significatives à
5% sont le niveau de trésorerie, le rapport trésorerie/total
actif, le total des crédits, le taux de croissance des
dépôts, le coefficient de transformation et l'avènement du
nouveau directeur général. Définitivement, ces variables
n'influencent pas le niveau d'efficacité technique pure de la CBC.
Quant aux variables significatives, elles sont soit à
influence positive soit à influence négative : - Les
variables à influence négative
Le risque de défaut est
quantifié de plusieurs manières. Parmi les variables que nous
avons trouvées, deux d'entre elles se retrouvent significatives : le
rapport du volume des défauts de la CBC sur le volume de ceux du
marché, ainsi que le rapport du taux de défauts de la CBC sur le
taux de défauts du marché. Les coefficients obtenus sont
successivement -68.15 pour le premier et -8.524 pour le second. Toute chose
étant égale par ailleurs, une hausse de 1% de chacune de ces
variables entrainerait une diminution de 6815% de l'efficacité technique
pure pour la première et de 852% pour la seconde. Ceci exprime l'effet
dégradant qu'a le taux de défauts de la banque par rapport
à son environnement sur l'efficacité pure : plus la banque
accumule plus de créances non remboursées que les autres banques,
plus son niveau d'efficience pure se dégrade. Les travaux de Kamgna et
Dimou (2008 et 2009) ont suggéré que le risque de défaut,
entendu comme la proportion des créances douteuses dans le total des
crédits influence négativement l'efficacité technique.
Cette suggestion n'est pas exactement confirmée, vu que le taux de
créances douteuses dans nos travaux s'avère non significatif.
Seulement, nous pouvons affirmer que le risque de défaut de la banque
relatif à celui du marché influence négativement
l'efficacité technique pure.
L'efficacité technique des banques et ses facteurs
explicatifs : application à la Commercial Bank - Cameroun
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Le total des dépôts donne un
coefficient de -0.0001119. Ce coefficient négatif trahit une influence
négative du montant total des dépôts sur
l'efficacité technique pure. Toute chose étant égale par
ailleurs, une augmentation de 1% du total des dépôts
entraîne une baisse de 0.0119% de l'efficience pure. L'accentuation de la
collecte des dépôts a donc une influence négative sur
l'efficacité technique pure, dans la mesure où la transformation
des ressources ne suit pas efficacement le même rythme.
- Les variables à influence positive
Le taux de croissance des crédits
affiche ici un coefficient de +2.684. Son signe positif traduit un effet
mélioratif de la politique commerciale agressive sur l'efficacité
pure. En effet, le rythme élevé de croissance des crédits
est une des caractéristiques d'une politique commerciale forte
(développement de nouveaux produits d'engagements, canaux de
distribution multiples et innovants, qualité de service, taux
d'intérêt, etc.). Plus ces facteurs sont renforcés, plus le
nombre de demandeurs de crédits augmente et plus la banque est efficace
dans sa transformation. Une augmentation du coefficient de la variable «
taux de croissance des crédits » de 1% conduit, toute chose
étant égale par ailleurs, à une augmentation de
l'efficacité technique pure de 268.4%. Ce résultat confirme les
travaux de Dahmanne (2009), qui ont suggéré l'existence d'un lien
entre l'agressivité de la politique commerciale et l'efficacité
technique. En réalité, l'on pourrait aussi quantifier cette
agressivité par le taux de croissance du nombre d'agences ou par le taux
de croissance du nombre de clients (nombre de comptes ouverts). Nous nous
sommes limités à la croissance des crédits, vu que le
nombre d'agences n'a pas évolué à la CBC sur la
période, et que nous n'avons pas eu accès aux informations
exhaustives concernant l'évolution du nombre de comptes ouverts sur la
période.
Le rapport du volume de crédits et
dépôts de la CBC sur celui du marché affiche un
coefficient de +3.389. Comme nous l'avons vu avec l'efficience totale,
l'ampleur des volumes de production totaux de la CBC par rapport à
l'ensemble des banques du marché a un effet positif sur son
efficacité technique.
L'efficacité technique des banques et ses facteurs
explicatifs : application à la Commercial Bank - Cameroun
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A travers ce chapitre, nous avons essayé de
déterminer les facteurs explicatifs de l'efficacité technique
à l'aide du cas de la CBC. Pour ce faire, nous avons expliqué
successivement l'évolution de l'efficacité technique totale et
celle de l'efficacité technique pure. Nos hypothèses de
départ ne sont que partiellement confirmés, dans la mesure
où seuls le risque de défaut et le niveau de la trésorerie
ont des coefficients significatifs. Le niveau de fonds propres ne donne aucun
résultat probant. En outre, d'autres facteurs nouveaux par rapport
à ceux qui étaient connus dans la littérature apparaissent
significatifs. Il s'agit notamment du volume de production de la CBC par
rapport à celui du marché, mesurant l'échelle de
production relative de la banque.
Cette analyse des facteurs explicatifs de l'efficience est
légèrement biaisée, puisque l'efficience d'une banque est
déjà dépendante de celle des autres banques du même
échantillon. La performance des autres banques camerounaises est alors
le premier déterminant de la performance de la Commercial Bank -
Cameroun ainsi mesurée.
Aussi, l'explication de l'efficacité technique de la
CBC n'est pas achevée par nos travaux. En réalité, la
liste des facteurs possibles que nous avons dressée n'est pas
exhaustive. Elle se contente de regrouper la plupart des facteurs à
notre disposition au moment des travaux, et dans la limite de notre
imagination.
L'efficacité technique des banques et ses facteurs
explicatifs : application à la Commercial Bank - Cameroun
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