Production durable du cacao en Côte d'Ivoire.( Télécharger le fichier original )par Sika Gautier ADOMON Université Jean Moulin Lyon 3 - DU 2014 |
CHAPITRE I : LES ETAPES DE LA VALORISATION DU TRAVAILDU PRODUCTEUR DE CACAOCe chapitre présente les étapes de la production durable du cacao selon son aspect environnemental et social. Il présente dans la section 1, la démarche d'une agriculture intensive qui respect l'environnement et la biodiversité par la pratique des techniques agronomiques et la reconstitution du couvert forestier ivoirien. Il aborde également la prise en compte de l'environnement social du producteur, à travers la section 2, par l'accroissement de ces ressources et l'amélioration de son niveau de vie. SECTION I : UNE AGRICULTURE INTENSIVECette section est divisée en deux paragraphes. Le premier paragraphe aborde les techniques agronomiques utilisées pour avoir une meilleure production sans détruire la forêt ; la régénération des vergers et l'utilisation rationnelle des engrais. Le second paragraphe, quant à lui, aborde la reconstitution du couvert forestier par la lutte contre les maladies du verger et le reboisement. I) LA PRATIQUE DES TECHNIQUES AGRONOMIQUESA) La régénération des vergersA contrario d'une agriculture extensive qui utilise plus de surfaces cultivées, l'agriculture intensive vise à utiliser peu d'espace et produit plus, à travers des techniques qui ne compromettent pas l'environnement et la biodiversité. Des études menées et en expérimentation34(*) montre bien que « les cacaoyers les plus anciens ne sont plus capables de produire autant. Plutôt que de les remplacer par de nouvelles variétés, aux qualités aromatiques moins riches, les cacaoculteurs de la filière durable donnent une seconde vie à ces arbres chargés d'histoire, à travers les techniques agronomiques ancestrales : la greffe et la bouture. Pas besoin de replanter ou d'agrandir les plantations, grâce aux greffons, les bons cacaoyers produisent en plus grande quantité, un cacao d'excellence ». Par ailleurs, le CNRA35(*), propose d'autres méthodes qui ne nécessitent pas l'augmentation de l'aire cultivée ; la réhabilitation (la remise en état d'un verger en dégradation) et la replantation (renouvellement d'un verger dégradé). Cette méthode contraste avec les techniques utilisées jusqu'alors. En effet, l'exploitation des champs de cacao en Côte d'Ivoire demeure encore caractérisée par des techniques extensives sur défriches forestières occasionnant la baisse de la fertilité des sols. Il en résulte de faibles rendements des exploitations agricoles (500 kg/ha pour le cacao) par rapport aux potentiels affichés par la recherche (2 à 3 tonnes à l'hectare pour le cacao)36(*). Le tableau 5 indique clairement l'utilisation abusive de l'espace forestier en Côte d'ivoire. En effet, de 250 000 ha de surfaces plantées en 1961, la surface plantée est passée à 4 000 000 ha, soit une croissance de plus de 93% en 43 ans. Tableau 5. Evolution des surfaces plantées en cacaoyers en Afrique de l'Ouest entre 1960 et 2004
Source : FAOStat, ICCO et estimations CIRAD d'après enquêtes (2003-2005) * 34 www.cemoi.fr; Leçon du Chocolat : découvrir le cacao durable, édition gourmande * 35 CNRA centre national de recherche agronomique * 36 KOUADIO JM et alii, rapport d'enquête sur la production et offre du cacao en Côte d'Ivoire, octobre 2002 |
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