Table des matières
Remerciements 3
Page d'avertissement 4
Résumé 5
Introduction 8
Partie 1 - Cadre théorique 13
1.1 Qu'est-ce que le luxe digitalisé ? 13
1.1.1 Luxe et digital : Redéfinition du Luxe 13
1.1.2 L'image de marque du Luxe dans le marketing digital 14
1.1.3 Pour quelle typologie de clients ? 16
1.1.4 Les stratégies de communication digitale du Luxe
17
1.2 Luxe digitalisé, risque ou opportunité ? 18
1.2.1 Apports du digital au secteur du Luxe 18
1.2.2 Enjeux du digital au secteur du Luxe 19
1.3 Les nouvelles aides à la vente et à l'achat
(NAVA) sont-elles transposables au Luxe ?20
1.3.1 La réalité augmentée ou
réalité virtuelle 20
1.3.2 Les agents virtuels 21
1.4 Questions de recherche 22
Partie 2 - Méthodologie 23
2.1 Le choix de la méthodologie de recherche 23
2.2 Le guide d'entretien 24
2.3 Qualification de l'échantillon 25
2.3.1 Sélection de l'échantillon 25
2.3.2 Description de l'échantillon 25
2.4 Les modalités de l'entretien qualitatif 27
2.5 Collecte des résultats 28
Partie 3 - Résultats 29
3.1 Résultats de l'étude qualitative 29
3.1.1 Consommation sur le marché du Luxe 29
3.1.2 Achats de produits de Luxe sur Internet 35
3.1.3 Avis à l'égard des NAVA 38
3.1.4 Proposition d'amélioration des e-shops de Luxe 44
Annexes 46
1. Bibliographie 46
2. Guide d'entretien qualitatif 48
3. Retranscription des entretiens 52
7
4. Matrice des profils et des verbatim 79
4.1 Matrice des profils 79
4.2 Matrice des verbatim 80
Introduction
« Au seuil du IIIe millénaire, le luxe va trouver
un concurrent : l'industrie de la communication, à la fois celle du
savoir éternel et aussi du numérique. Au luxe de choisir sa place
entre ces deux pôles : celui du clinquant, celui de
l'authenticité. » 1 (Castarède J., 2014)
Le luxe, mot emprunté du Latin luxus, «
excès, débauche », puis « faste », se
définie comme un « raffinement qui procède du faste et du
confort dans les manières de vivre »2. Le mot luxe sera
également définit par Angy Geerts comme une « image de
rareté et de sélectivité »3, ce qui
l'oppose directement au secteur de la grande consommation.
Aussi, selon Marc Ferrière le Vayer, une industrie du
luxe se caractérise par six points que sont « une
appréhension nécessairement internationale de tous les aspects du
management ; des produits de qualité ; une image forte et
cohérente, souvent à connotation culturelle proche de l'art de
vivre ; une accessibilité en termes de prix au grand public ; une
créativité sans cesse renouvelée ; et une distribution
parfaitement choisie, contrôlée et gérée » (Les
dossiers du Comité Colbert, 1989)4.
D'après Angy Geert, au sein de l'industrie du luxe,
« la part d'immatériel est immense et l'univers créé
est primordial »5 (Bechtold, 1991). Le secteur du luxe
développe donc cette dite part d'immatériel via les
différents leviers de communication mis à sa disposition. En
d'autres termes, les maisons de Luxe doivent effectuer des choix
stratégiques en matière de marketing, car « les marques de
luxe doivent mettre en avant une image élitiste avec notamment un choix
de communication sélective (Allérès, 1991, 1997 ;
Chevalier et al., 2008), protégeant leur sélectivité et
leur permettant de rester discrètes »6 (Geerts et al.,
2014).
Ici, les auteurs mettent en lumière le fait que la
communication sur le secteur du luxe est particulière et propre à
ce marché : Par exemple, « l'expérience vécue en
boutique est
1 Castarède J., (2004), Le luxe,
«Que sais-je ?», Presses Universitaires de France, Paris.
2 Dictionnaire de l'Académie Française,
1986
3 Geerts A., Veg-Sala N., (2014), Le luxe et
Internet : évolutions d'un paradoxe, Revue Management et
Avenir, n°71, 99, pp. 111-128
4 Ferrière le Vayer, M., (2007), Des
métiers d'art à l'industrie du luxe en France ou la victoire du
marketing sur la création, Entreprises et histoire, n° 46,
pp. 157-176
5 Geerts A., Veg-Sala N., (2014), Le luxe et
Internet : évolutions d'un paradoxe, Revue Management et
Avenir, n°71, 99, pp. 111-128
6 Geerts A., Veg-Sala N., (2014), Le luxe et
Internet : évolutions d'un paradoxe, Revue Management et
Avenir, n°71, 99, pp. 111-128
9
essentielle (Atwal et Williams, 2009), tout comme
l'émotion et le sensoriel »7. Selon Veg-Sala et Geerts,
« les boutiques se situent toujours dans les avenues prestigieuses des
capitales, les prix sont rarement affichés afin de faire appel au
personnel de vente très qualifié. »8
Cette thèse de la communication propre au luxe est
bouleversée par les maisons de luxe, elles-mêmes, qui font parfois
le choix d'un marketing de masse. En effet, Mauboussin a fait le choix
d'afficher le prix de ses produits sur l'une de ses campagnes publicitaires :
« Vous connaissez la fameuse équation du marketing « faire
connaître, faire aimer, faire acheter » ? [É] L'affichage des
prix, c'est bien évidemment pour « faire acheter ». J'estime
que la femme que je cible [É] a le droit de connaître le prix d'un
objet sans avoir besoin de venir chez moi. Afficher les prix, cela
réduit sa crainte de venir et cela lui donne la possibilité de
venir essayer et de goûter ainsi à la création artistique.
» 9(Nemark, 2014). Face à ces libertés que
prennent les marques de luxe en matière de communication, on pourrait
donc légitimer d'autant plus leur présence sur le net.
Avec l'arrivée d'Internet dans les années 90 et
son déploiement très rapide, les leviers de communication
évoluent et se transforment : on ajoute désormais le digital aux
outils de communication déjà utilisés sur le secteur du
luxe, que sont la publicité classique (usage des médias,
affichage) et le CRM (nous n'emploierons pas le terme de Marketing direct, peu
approprié dans le cadre des produits hautement sélectifs).
Pourtant, lors de l'apparition d'internet en 1994, les maisons de luxe sont
réticentes face à son utilisation. En effet, « elles
redoutent une perte de contrôle, une dilution de leurs valeurs
d'exclusivité et de rareté. Cette hésitation est
renforcée par les recherches des années 1990 qui avaient
essentiellement pointé du doigt les risques de l'utilisation d'Internet
dans le luxe (Nyeck et Houde, 1996 ; Nyeck et Roux, 1997)
».10
Selon Veg-Vala et Geerts, « le marché du luxe
prône la sélectivité. L'objectif de communication des
marques de luxe est de contrôler leur image de rareté et de
choisir les supports en adéquation avec cette vision. Internet,
défini comme un média de masse, ne semble donc pas un outil
cohérent avec l'univers du luxe. Cependant, depuis quelques
années, toutes les marques de ce secteur ont leur propre site Internet
et vont même parfois jusqu'à
7 Geerts, A, & Veg-Sala, N 2014, `Le luxe et
Internet : évolutions d'un paradoxe. (French), Revue Management et
Avenir, 71, 99 111-128
8 Geerts A., Veg-Sala N., (2011), Gestion de la
cohérence des récits des marques de luxe sur internet :
étude sémiotique et analyse comparée des secteurs de la
maroquinerie et de la joaillerie, Revue Française Du Marketing,
n°233, pp. 5-26
9 Delécolle T., Parguel B., (2010), L'adoption
d'un Marketing de masse dans le secteur du Luxe, Décisions
Marketing, n°59, pp. 79-82
10 Geerts A., Veg-Sala N., (2014), Le luxe et
Internet : évolutions d'un paradoxe, Revue Management et
Avenir, n°71, 99, pp. 111-128
10
ouvrir des boutiques en ligne. » 11 Face à ce
paradoxe entre Luxe et Internet, on en déduit que doivent exister des
techniques précises, une marche à suivre pour insérer les
marques de luxe sur la toile.
Dans une situation où le discours marketing du moment
est de proposer au client une offre globale, de quelle manière les
maisons de luxe vont-elle pouvoir proposer ce « package » sur
internet ? D'après Marc Ferrière le Vayer, « il n'y a plus
désormais d'orfèvre, de porcelainier ou de cristallier : c'est le
triomphe de l'éclectisme. »12
Au moment du positionnement du projet, plusieurs travaux ont
été mis en perspective afin de dégager un manque dans la
connaissance existence. Plusieurs chercheurs ont tenté d'obtenir des
réponses quant à l'évolution du secteur du luxe, d'autres
concernant le perfectionnement des outils de communication sur Internet.
Au regard des travaux effectués sur le luxe, on
découvre un marché en pleine internationalisation : Les grandes
Maisons françaises ne produisent plus pour la population locale mais
s'intéressent davantage aux besoins/gouts de leur clientèle
internationale, à forte dominante asiatique et orientale.
Lorsqu'on s'attarde sur la communication des marques de luxe,
les avis des auteurs divergent : Selon certains, cette communication doit
être à la fois efficace et transparente de par le standing que
doivent conserver les grandes Maisons. Selon d'autres, les marques de luxe
empruntent les techniques de marketing de masse pour certaines de leurs
campagnes sans pour autant entacher leur image.
Internet, au-delà de sa fonction de distribution, est
également un outil très puissant en matière de
communication. Les grandes entreprises sont les premières à
exploiter toutes les ressources que propose le digital : à la fois
communication et distribution. Nous savons au préalable que le luxe est
rare, exclusif, et que donc ce secteur n'a « logiquement » pas sa
place sur Internet. Mais dans un monde où le Net est au coeur de toutes
nos activités, le luxe n'a surement pas d'autre choix que de s'adapter
à cet outil de masse. Notre questionnement portera donc sur la
manière dont les marques de luxe tirent leur épingle du jeu, dans
une conjoncture où Internet a une place majeure en matière de
consommation mais surtout de communication.
11 Geerts A., Veg-Sala N., (2011), Gestion de la
cohérence des récits des marques de luxe sur internet :
étude sémiotique et analyse comparée des secteurs de la
maroquinerie et de la joaillerie, Revue Française Du Marketing,
n°233, pp. 5-26
12 Ferrière le Vayer, M., (2007), Des
métiers d'art à l'industrie du luxe en France ou la victoire du
marketing sur la création, Entreprises et histoire, n° 46,
pp. 157-176
11
Nous en venons de ce fait à la problématique
d'étude suivante : Comment les nouvelles aides à la vente et
à l'achat (NAVA) peuvent contribuer à accroître
l'efficacité des stratégies de communication de Luxe ?
Afin de répondre à cette problématique,
nous nous sommes fixés des objectifs de recherche. En effet, divers
terrains et théories ont été pertinents d'explorer :
l'industrie du luxe, la révolution digitale et les outils de
e-communication utilisés dans le secteur du Luxe.
Les principales contributions de l'article viennent des
revues/articles suivants :
- Le Luxe par Jean Castarède dans Que
sais-je13 permettra une première analyse en profondeur
des spécificités de l'industrie du luxe. Plus largement, cet
ouvrage donne une vision très complète sur le luxe.
- L'ouvrage Luxe et Innovation, nouvelles perspectives
économiques dans Innovations14 serait un
premier angle de recherche, d'une part car il se consacre à l'industrie
du Luxe, d'autre part car il applique l'innovation à ce secteur.
- Gestion de la cohérence des récits des
marques de luxe sur internet : étude sémiotique et analyse
comparée des secteurs de la maroquinerie et de la joaillerie par
Angy Geerts et Nathalie Veg-Sala nous informera sur l'usage d'internet par les
marques de luxe.
- La conduite du changement pour et avec les technologies
digitales dans Question(s) de Management15 par D.
Autissier, K.J. et al. permettra l'exploration de la révolution
digitale, et donc une meilleure appréhension du terrain à
investiguer.
- Le luxe et Internet : évolutions d'un
paradoxe16 par Angy Geerts et Nathalie Veg-Sala
met en lumière l'évolution entre le luxe et l'outil
internet, initialement opposés.
- Atmosphère des sites web marchands et
réactions des internautes17 par JF Lemoine nous
éclairera sur les bonnes pratiques des marques à adopter sur le
net.
- Les métamorphoses du luxe vues
d'Europe18, de Jean-Claude Daumas et Marc de Ferrière le
Vayer, rend compte des mutations importantes qu'a subi le secteur du Luxe.
13 Castarède J., (2004), Le luxe, «Que
sais-je ?», Presses Universitaires de France, Paris.
14 Ravix J. T., (2013), Éditorial,
Innovations, n°41, pp. 5-7
15 Autissier D., Johnson K.J., Moutot JM., (2014), La
conduite du changement pour et avec les technologies digitales, Question(s)
de management, n° 7, pp. 79-89
16 Geerts A., Veg-Sala N., (2014), Le luxe et
Internet : évolutions d'un paradoxe, Revue Management et
Avenir, n°71, 99, pp. 111-128
17 Lemoine JF., (2008), Atmosphères des sites
web marchands et réactions des internautes, Revue française
du Marketing, n°217 - 2/5, pp. 43-61
18 Daumas JC., FerrieÌre le Vayer
M., (2007), Les métamorphoses du luxe vues d'Europe, Entreprises et
histoire, n° 46, pp. 6-16
12
Notre réflexion s'articule autour de trois axes, qui
nous permettront de répondre dans une première mesure à la
problématique posée, et de dégager par la suite plusieurs
questions de recherches. Nous nous intéresserons en premier lieu au
véritable sens du Luxe digitalisé, en redéfinissant le
luxe, l'image de marque du luxe au sein du Marketing digital, la typologie de
client et les stratégies de communication digitale du Luxe. Nous
présenterons par la suite les risques et opportunités du luxe
digitalisé, en mettant en avant les apports du digital au secteur du
Luxe mais également ses enjeux. Enfin, nous nous demanderons si les
nouvelles aides à la vente et à l'achat (NAVA) sont transposables
au Luxe, en nous interessant précisemment aux outils que sont la
réalité augmentée et l'agent virtuel.
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