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Essai sur la Politique budgétaire en RDC( Télécharger le fichier original )par Pierre Anicet Ngalamulume Katubadi Université de Kinshasa - Licence en économie monétaire 2008 |
Elles sont considérables et se déclinent en contraintes internes et externes.1. Les contraintes internesLes dilemmes de la politique budgétaire découlent de son utilisation comme instrument de politique économique pour atteindre des objectifs. Le dilemme inflation/chômage est l'un des plus célèbres des dilemmes en économie qui a été révélé à la suite des travaux de l'économiste britannique Philips en 1958. En effet, il est établi que toute poursuite de l'un des deux objectifs (inflation ou chômage) se fait au détriment de l'autre. C'est ainsi que le déficit budgétaire en poursuivant le plein-emploi, conduirait à une hausse des salaires sur le marché du travail, et donc à une hausse des prix, pour que se rétablissent les profits de l'entreprise. Même si cette allégation a perdu de sa verve par la suite avec le phénomène de stagflation observée dans les années 70, depuis le début des années 90, la liaison inflation-chômage semble correspondre à la logique de Philips.A cela nous ajoutons les contraintes des capacités de production, les contraintes de financement de la protection sociale.2. Les contraintes d'ordre externesSouvent plus nombreuses et plus fortes que les contraintes internes, du fait de la mondialisation et de l'interdépendance des économies nationales.Les politiques de relance de l'activité sont souvent utilisées pour favoriser la croissance économique. Ces politiques visent à assurer un soutien à la consommation et/ou à l'investissement. L'instrument de prédilection est alors la politique budgétaire. Mais, ces politiques se heurtent malheureusement à la hausse des importations (équipement), préjudiciable à l'équilibre extérieur. Les effets de la croissance sur l'équilibre extérieur dépendent de l'élasticité des importations par rapport au PIB. De plus, si l'activité est restreinte chez les principaux partenaires commerciaux du pays, la croissance de la production nationale aura toutes les difficultés à trouver des débouchés extérieurs.La «contrainte extérieure» se manifeste uniquement si : Ø la stabilité du taux de change est un objectif ; Ø La compétitivité est faible dans les secteurs concurrencés ; Ø La dépendance pour certaines importations est difficile à réduire. (10(*)) Si les pouvoirs publics veulent respecter leur engagement de stabilité du taux de change ils doivent adopter une politique intérieure permettant la correction du déficit. On peut illustrer ces difficultés avec l'exemple du plan de relance de l'économie française mis en place en 1981 et 1982 lors de l'arrivée de la gauche au pouvoir. Ce plan Mauroy - Delors est abandonné par le
troisième gouvernement de Pierre Mauroy (du 22 mars 1983 au 17 juillet
1984). Le même Premier ministre et le même Ministre de
l'économie sont chargés de mettre en oeuvre une nouvelle
politique. L'abandon des politiques d'inspiration keynésienne. Le choix de nouveaux objectifs poursuivis par d'autres méthodes. Cette rupture est faite à partir d'un double constat : Ø En régime de change fixe la politique monétaire est contrainte par le respect de la stabilité des taux de change, c'est la relation exprimée par le triangle d'incompatibilité de Mundell. Ø Une politique de relance budgétaire peut entraîner une crise de l'investissement si la part des profits dans le partage de la valeur ajoutée est insuffisante, c'est l'adoption du précepte qualifié de théorème de Schmidt suivant lequel : « les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain donc les emplois d'après-demain ». * 10 OCDE (1999), l'ampleur et le rôle des stabilisateurs budgétaires autonomes, perspectives économiques de l'OCDE décembre 1999. P. 75 |
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