La contribution du mouvement olympique dans la lutte contre la discrimination en sport( Télécharger le fichier original )par Alain Clotaire FEZE Universite de Dschang - DESS en droits de l'Homme 2006 |
§ III : L'action des sportifsLes sportifs, organe du Mouvement olympique, ne sont pas restés inactifs. Lors des Jeux de Munich en 1936, l'Américain noir Jesse OWENS et l'Allemand LUZ LONG étaient ex-aequo dans l'épreuve de saut en longueur avec un bond de 7,87 mètres. LUZ LONG donna à Jesse, son adversaire, quelques conseils à propos de sa course d'élan, ce qui permit à ce dernier de remporter le concours avec un saut à 8,06 mètres. Les deux restèrent amis jusqu'à ce que la deuxième guerre mondiale les séparât, mais ne détruisit point leur amitié25(*). Que Jesse soit noir n'a en soi qu'une importance relative. Mais que son triomphe se situe à Berlin devant le maître d'une Allemagne bercée par les théories de la suprématie allemande et des races inférieures constitue le plus étonnant symbole que l'on puisse opposer aux spéculations du nazisme. Au cours de ces mêmes jeux, OWENS gagna quatre titres. HITLER, malgré l'opposition du protocole olympique, avait pour habitude de saluer les champions. Le jour où OWENS triompha, le Reich quitta précipitamment la tribune d'honneur. Les historiens olympiques pensent que c'était pour ne pas avoir à saluer le champion américain noir26(*). En 1968 aux JO de Mexico, les athlètes noirs américains arrivent derniers au village olympique. Ils portent sur le revers de leur veston ou sur leur chapeau un macaron portant l'inscription « Projet olympique pour les droits humains ». Il s'agissait là d'une protestation pacifique contre le racisme. En 2000 aux JO de Sydney en Australie, Kathy FREEMANN, championne olympique du 400m profite de cette occasion pour revendiquer la reconnaissance des droits des aborigènes, tribu dont elle fait partie. Plusieurs footballeurs se sont aussi engagés dans cette lutte. C'est le cas du joueur de l'équipe de France Thierry Henri qui a été fait ambassadeur UNICEF pour la paix, de Basile BOLI, ancien joueur de l'équipe de France, du footballeur mythique Pelé et de bien d'autres encore. Pour EDSON ARANTES DO NACSIMENTO (dit Pélé), « il n'existe aucun motif valable justifiant le racisme. Il ne s'agit en fait que l'ignorance, de préjugé, de peur de la différence. Le racisme est un acte de lâcheté et la lâcheté naît de la peur »27(*). Dans la même Revue, Lilian THURAM (joueur de l'équipe de France et de la Juventus de Turin en Italie) dit : Je suis persuadé que le mot race doit disparaître de nos vocabulaires car je pense que nous sommes de communauté différente mais sûrement pas de race différente car nous faisons tous partie de la race humaine. Toutes le stratégies entreprises par le Mouvement olympique ont contribué à la lutte contre la discrimination en sport. Néanmoins, nous pensons que des améliorations doivent être faites pour donner une meilleure orientation à ce combat. Chapitre IV : Avant de faire des propositions concrètes sur la manière par laquelle le Mouvement olympique peut améliorer sa politique (section I), nous présenterons les limites à la lutte contre la discrimination (section II). * 25 CIO, « Manuel d'administration sportive », Lausanne, S-O, 2001, p. 12 * 26 PARIENTE ® et LAGORGE (G), La fabuleuse histoire des JO, Nathan, Paris, 1982, p. 166. * 27 EDSON ARANTES DO NACSIMENTO (Pélé), « Un acte de lâcheté in Revue olympique » n° XXVI-31, Fév.-mars 2001, p. 4. |
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