Le paludisme au cameroun: Connaissances et stratégies de lutte( Télécharger le fichier original )par Harcel NANA TOMEN Institut Sous-régional de Statistique et d'Economie Appliquée - Ingénieur d'Application de la Statistique 2008 |
RÉSUMÉAu Cameroun, le paludisme est reconnu comme un problème de Santé Publique et est placé au centre des préoccupations en matière de santé. En effet, cette maladie sévit dans les dix provinces du Cameroun, avec près de deux tiers de la population exposée1(*). L'objectif visé par la présente étude est d'étudier le niveau de connaissance des populations du Bassin Nyong-Sanaga en ce qui concerne le paludisme et de définir les différentes stratégies de lutte utilisées par ces derniers pour faire face à la maladie. Pour cela, nous avons utilisé les données de l'Enquête de Perception des Populations sur les Effets des Insectes vecteurs (EPPEIv) dans des villages infestés du Bassin Nyong-Sanaga au Cameroun, réalisée par l'ONG Yaounde Initiative Foundation en décembre 2006. Avant d'analyser les différentes stratégies de lutte utilisées par les populations du Bassin Nyong-Sanaga, nous avons étudié au préalable les caractéristiques socio-démographiques et environnementales des populations du Bassin Nyong-Sanaga. De nos analyses, il ressort que : la moyenne d'âge de la population étudiée est d'environ 48 ans. La grande majorité des enquêtés (92.9 %) ont au plus le Certificat d' Études Primaires et Élémentaires (CEPE) et environ 72.1 % des enquêtés exercent dans l'agro-pastorale, ce qui est certainement dû au fait que la plupart des villages de notre étude est située en zone rurale. ; plus de la moitié des enquêtés (57.1 %) estiment que leur habitation se trouve au plus à 1 km du fleuve le plus proche. La majorité des habitations où vivent les enquêtés n'ont pas de plafond (87.8 %) et très peu sont dotées d'électricité ; environ 97 % des enquêtés reconnaissent que le moustique est un insecte nuisible et dangereux pour l'homme. La majorité des enquêtés ayant affirmé connaître le moustique (95 %) savent que ce dernier est l'agent vecteur du paludisme et ils estiment que la présence des moustiques dans leur région est assez massive. D'où la nécessité d'une intervention rapide dans le cadre d'une lutte antivectorielle contre le paludisme ; sur l'ensemble des personnes enquêtées, environ 60 % ne dorment pas sous une moustiquaire car ils la trouvent coûteuse (62.5 % d'entre eux). Cela pourrait s'expliquer par le fait que la majorité des habitants du Bassin Nyong-Sanaga exerce dans l'agro-pastorale. De plus, la moustiquaire imprégnée est très peu connue par les habitants du Bassin Nyong-Sanaga (22.2 %) ; les populations n'hésitent pas à se rendre au centre de santé le plus rapproché lorsqu'ils sont malades (82 %) car ils sont conscients du danger que les moustiques peuvent provoquer. Cela est vraiment à encourager mais il y'a encore à parfaire car parmi les enquêtés se faisant traiter à l'hôpital, on dénombre environ 24 % qui font encore de l'automédication. * 1 MINSANTE/PNLP, 2006 |
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