Annexe 2 :
Jeremy Rifkin : "Une empathie nouvelle gagne
l'humanité"
LE MONDE MAGAZINE | 15.04.11
Chaque essai de Jeremy Rifkin, connu pour ses travaux de
prospectives à la tête de sa Fondation pour les tendances
économiques, déclenche débats et polémiques dans le
monde entier, jusque dans la classe politique, que ce soit aux Etats-Unis (il a
conseillé le président Bill Clinton) ou en Europe
(l'ex-président de la Commission européenne Romano Prodi a fait
appel à lui). S'il a été critiqué pour ses vues
utopistes et parfois catastrophistes, même ses adversaires reconnaissent
qu'il fournit une masse de données colossales à l'appui de ses
analyses.
Son premier essai, Beyond Beef (Au-delà du
boeuf, 1993), a d'abord été attaqué. Jeremy Rifkin y
dénonçait la boulimie américaine de viande,
l'arrivée de l'obésité, du milliard de boeufs, vaches,
veaux, moutons vivant en permanence sur la terre, occupant 20 % des terres
cultivées, dévorant un tiers des céréales
mondiales, contribuant à l'appauvrissement du tiers-monde et produisant
quantité de méthane à effet de serre. Depuis, ses vues ont
été corroborées par nombre d'enquêtes.
En 1995, dans La Fin du travail (La
Découverte), Jeremy Rifkin poursuit la réflexion ouverte par
l'économiste Georges Friedmann sur le "travail en miettes", et annonce
que la révolution technologique va mettre fin à un emploi stable
et protégé pour tous, comme au rêve d'une
société sans chômeurs.
Les solutions qu'il propose ont été très
critiquées, et parfois reprises par la gauche européenne : les 35
heures, les travaux d'intérêt général, le
renforcement des réseaux d'entraide sociale, le développement des
associations, etc.
En 1997, dans Le Siècle biotech (La
Découverte), il décrypte les avancées extraordinaires des
biotechnologies - thérapie génique, séquençage du
génome, prolongation de la vie - et les risques nouveaux qu'elles font
courir : risque de pollution irréversible par les OGM, confiscation
industrielle du patrimoine génétique, individus catalogués
par génotype, etc.
Dans L'Age de l'accès. La Révolution de la
nouvelle économie (La Découverte, 2000), il
réfléchit sur les conséquences sociales de l'Internet
à haut débit, l'extension mondiale de la sphère marchande,
la circulation accélérée des produits culturels, la
délocalisation du travail grâce à l'"accès" au
réseau mondial, et s'interroge : "Existe-t-il encore une
différence entre communication, communion et commerce ?"
Aujourd'hui, Jeremy Rifkin propose un nouveau livre
enquête, Une nouvelle conscience pour un monde en crise. Civilisation
de l'empathie (Les liens qui libèrent, 656 p., 29 euros), où
il explique que l'humanité sort de l'ère amorcée par la
révolution industrielle du XXe siècle, symbolisée par
notre dépendance à l'énergie nucléaire et fossile,
qui nous a menés à la crise écologique actuelle, et par la
remise en cause de ses modèles de croissance comme d'une conception
égoïste de l'individu.
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Pour commencer, qu'est-ce que vous inspire la tragédie
nucléaire au Japon?
Jeremy Rifkin : Fukushima sonne le glas d'une
époque. L'ère prométhéenne de l'humanité
s'achève, qui a débuté avec l'exploitation des
houillères, la construction des hauts-fourneaux et des locomotives,
quand nous promettions aux peuples la corne d'abondance et défions Dieu
lui-même, lui volant notre salut pour le réaliser par
nous-mêmes.
C'est ce rêve d'une humanité
libérée par l'industrialisation massive, l'exploitation
systématique des ressources terrestres, la manipulation de la
matière, perpétué avec le nucléaire et ses travaux
colossaux, ses spéculations d'ingénieurs et son pouvoir du
secret, qui s'effondre.
Cette catastrophe marque la fin du règne des
énergies dont l'accaparement a nourri les grands affrontements
géopolitiques du siècle dernier, autour de l'accès aux
gisements de charbon, pétrole, gaz naturel, uranium.
Des guerres coloniales et néo-coloniales ont
été livrées, des gouvernements destitués, des
dictatures soutenues ouvertement ou en coulisses, des pays pillés, de
nombreuses vies sacrifiées parce que les pays riches rivalisaient pour
sécuriser leur approvisionnement énergétique. Ils ont
accru considérablement leur niveau de vie, urbanisé la
planète et fondé des industries puissantes qui ont fini par
bouleverser les manières de vivre de tous.
Mais si, aujourd'hui, les pays du Sud accèdent à
une vie meilleure, nous mesurons les effets contre-productifs de la
révolution industrielle du XXe siècle. L'accident
nucléaire de Fukushima en est le dernier symbole dramatique.
La troisième grande révolution industrielle et
énergétique de l'humanité a déjà
commencé, elle se fonde sur le sentiment collectif que nous ne pouvons
plus continuer comme avant, s'appuie sur un nouveau sens de la
responsabilité écologique, faisant appel à des sources
d'énergie renouvelables, et se développe de façon
décentralisée : c'est ce que j'appelle la "politique de la
biosphère"...
Votre seconde réflexion ?
Nous assistons à une extraordinaire vague de
solidarité mondiale, comme nous en avions déjà connu pour
le tsunami de décembre 2004 ou le séisme d'Haïti en janvier
2010.
Un puissant sentiment d'inquiétude et d'altruisme
soulève des centaines de millions de personnes autour du monde. Ce sont
des exemples très forts de la nouvelle réalité empathique
qui gagne l'humanité. Aujourd'hui, un drame collectif, une catastrophe
écologique, un accident nucléaire touche chacun d'entre nous.
Nous partageons les souffrances des autres, nous nous rendons compte qu'elles
sont les nôtres, en nous identifiant à eux.
Comment comprendre une telle empathie ? D'abord, nous sommes
concernés par ces drames car nous savons qu'ils pourraient aussi bien
nous arriver, que ce qui affecte la biosphère là-bas nous
affectera bientôt ici. Nous sommes sortis de l'ère
égoïste de la fin du XXe siècle, nous nous découvrons
tous reliés, interdépendants, comme nous sommes tous
associés et menacés par les nuages de particules radioactives qui
se dispersent au-dessus du Japon.
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En même temps, comme l'analysait déjà le
sociologue canadien Marshall McLuhan, les réseaux de communication
(téléphone, médias électroniques) constituent
désormais un "village global", nous sommes connectés en
permanence aux autres .Le tissu électronique mondial en quelque sorte
"extériorise" notre système nerveux, déploie nos capteurs
sensoriels, nos capacités d'écoute tout autour du monde.
Vous voulez dire que l'empathie s'étend au rythme des
réseaux sociaux ?
Tous les parents du monde se sont émus devant l'image
de cette petite fille terrorisée, entourée d'hommes en
combinaison stérilisée, braquant un détecteur de
radioactivité sur elle. Une véritable agora électronique
se développe, qui permet à des millions de personnes de
réagir massivement.
Quand, en décembre 2004, les tsunamis meurtriers ont
balayé les côtes asiatiques et est-africaines, des milliers de
vidéos ont été tournées, puis mises en ligne. Un
blogueur d'Australie a réuni sur son site des dizaines de vidéos
amateurs et enregistré 682 366 visiteurs en moins de cinq jours.
Du jour au lendemain, des milliers de blogs ont tissé
un réseau d'entraide planétaire permettant de prévenir les
familles, de collecter les dons et de monter les missions de secours. La
même chose arrive aujourd'hui pour le Japon ou pour la Libye.
Quand les tanks de Kadhafi ont commencé
d'écraser la rébellion, le fait de voir ces hommes
désarmés, enfin libres, se faire bombarder nous a semblé
insoutenable. Nous nous disions que nous ne pouvions pas laisser faire cela.
C'est ce sentiment qui a prévalu jusque dans les institutions
internationales, quand l'ONU a autorisé une intervention.
Décrivez-nous cette civilisation de l'empathie que vous
annoncez...
Pour la première fois dans l'histoire du monde, nous
devons faire face à notre possible destruction, et ce n'est pas utopique
de dire que nous tendons vers une civilisation globale, gouvernée
collectivement, connectée en permanence, devant affronter des dangers
communs.
De fait, l'humanité se trouve déjà
insérée dans un tissu d'institutions politiques,
économiques, humanitaires, environnementales d'envergure
planétaire, les Nations unies bien sûr, dont on mesure aujourd'hui
l'importance morale dans la crise libyenne, mais encore la Banque mondiale,
l'Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire international,
l'Union européenne, l'Organisation mondiale de la santé,
l'Organisation météorologique mondiale, le Groupe d'experts
intergouvernemental sur l'évolution du climat , la Cour pénale
internationale et beaucoup d'autres...
Mais cette civilisation interdépendante, où
chaque pays apprend à s'écouter et développe des actions
d'entraide, se déploie à tous les niveaux de l'activité
humaine.
Au moment où je vous parle, 2 500 satellites tournent
autour de la Terre, scrutent les mouvements de troupes en Libye,
évaluent les dégâts écologiques, repèrent les
forêts incendiées, observent les conditions climatiques, font
circuler des milliards de documents électroniques pour des milliards de
personnes, facilitent les vols de 49 000 avions, aident des dizaines de
millions d'automobilistes à parvenir à destination, ou encore
surveillent les régimes dictatoriaux et les activités
terroristes.
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Mais cette mondialisation fait-elle une civilisation ?
A l'heure d'Internet et des réseaux sociaux, des
milliards de personnes s'informent, s'éduquent, découvrent
comment vivent leurs voisins, tandis que la quasi-totalité des
recherches scientifiques, des créations artistiques, des livres, du
matériel politique deviennent accessibles. La mondialisation, tant
décriée, est d'abord celle de l'accès à la
connaissance.
En même temps, le commerce mondial se développe,
les pays pauvres entrent dans le marché, présentent leurs
produits et déjà concurrencent l'Occident. N'oublions pas qu'un
commerce florissant va de pair avec des échanges pacifiques, et combien
la monnaie et les promesses de paiement reposent sur le postulat d'une
confiance collective solide entre anonymes.
Aujourd'hui, à chaque minute, des quantités
considérables de fruits, légumes, céréales, viandes
parviennent tous les jours, frais, comestibles, contrôlés, dans
les magasins du monde entier. Quant à la plupart des biens industriels,
automobiles, avions, machines-outils, ils se voient fabriqués avec des
milliers de pièces détachées et de composants construits
dans des pays parfois très éloignés.
Nous sommes à l'ère de l'objet mondial. Quoi
qu'en disent les derniers défenseurs du nationalisme, de l'autarcie
économique et du repli sur soi, responsables des affrontements sanglants
du XXe siècle, notre interconnexion est totale. Sans celle-ci, les
révolutions arabes n'auraient pas eu lieu, et personne ne les
soutiendrait...
Comment analysez-vous ces révolutions arabes ?
C'est 1848 au Moyen-Orient ! Les peuples secouent le joug de
leurs monarques dans tous ces pays, comme au XIXe siècle en Europe.
Grâce à Facebook, à Twitter, aux blogs, les gens apprennent
en direct ce qui arrive chez eux comme chez les voisins, ils découvrent
la répression et comment y échapper, ils assistent à la
chute des dictateurs, et les héros de leur révolution deviennent
des martyrs en une heure.
Ici encore, nous assistons à une propagation
généralisée de la passion, la révolte, des
idées démocratiques comme de l'empathie pour ceux qui se battent
et meurent. Ces populations entrent dans ce que j'ai appelé, en 2000,
l'"âge de l'accès", elles ne veulent plus végéter en
dehors de l'univers des réseaux, elles veulent profiter des informations
et des richesses de toutes sortes qu'il propose. Elles veulent participer
à la marche du monde, ne plus vivre enfermées sur leur
passé comme le voudraient les fondamentalistes...
En France, les diverses droites semblent surtout craindre que
ces révoltes amènent une vague massive d'immigrés...
Notre planète se mondialise
irrémédiablement ; or un monde cosmopolite et "multiculturel"
effraie beaucoup de gens, et génère des réactions
d'agressivité certainement peu altruistes. Cela d'autant plus que toutes
les grandes villes deviennent des lieux d'intense brassage social et
culturel.
L'année 2007 a marqué un moment de bascule dans
l'histoire humaine, semblable par son ampleur à l'avènement de
l'agriculture. Pour la première fois, la majorité de
l'humanité, 3,5 milliards de personnes, vit dans de vastes zones
urbaines, villes, banlieues, cités-dortoirs, capitales
régionales, mégapoles de plus de dix millions d'habitants.
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Nous sommes devenus un Homo urbanus, vivant en
contact permanent avec des populations d'origines diverses. Ce mouvement de
brassage est irrémédiable, et parfois difficile à vivre
pour les gens de
souche...
Des études sur les réactions de l'opinion
publique à ce nouveau "cosmopolitisme" ont été
menées par les équipes d'un sociologue américain, Ronald
Inglehart, dans 80 pays. La diversité apparaît toujours comme une
menace, analyse-t-il, quand la survie de la population d'accueil, ou d'une
partie d'entre elle, s'avère incertaine ou précaire.
Les étrangers sont alors perçus comme des intrus
qui risquent de priver les habitants de leur travail, de leur protection
sociale, même si la réalité n'est pas celle-là.
Inversement, dès lors que la vie quotidienne et
l'emploi ne posent plus problème, la diversité ethnique et
culturelle prend une valeur positive, elle est jugée stimulante.
Autrement dit, conclut Ronald Inglehart, "la sécurité
individuelle accroît l'empathie".
Faut-il en déduire que le nouvel altruisme cosmopolite
n'existe que chez les gens aisés ?
Dans les faits, il s'exprime dans les environnements urbains
du monde entier, évolue de génération en
génération, dépend pour beaucoup des politiques locales.
Je le vois bien dans ma propre ville, Washington, avec ses grandes banlieues de
Virginie et du Maryland.
En 1960, Washington comptait une importante population noire
et une riche communauté blanche, qui s'évitaient. Aujourd'hui,
des dizaines de milliers de personnes de toutes origines cohabitent et se
mélangent dans les quartiers. Les manières de vivre de chaque
communauté - nourriture, vêtements, musiques, etc. - ont
profondément transformé les rues, les magasins, la vie
culturelle.
Si les premiers venus ont tendance à rester
retranchés, leurs enfants et petits-enfants entretiennent des relations
beaucoup plus libres avec les autres jeunes. C'est ce qui se passe quand les
gens se côtoient quotidiennement à l'école, sur le terrain
de sport, les lieux de travail et dans la vie civique.
Peu à peu, et d'abord dans la jeunesse, le contact
régulier suscite ce que la sociologue Annick Germain appelle des
"cultures de l'hospitalité". Quand les enfants se tiennent par la main
pour traverser une rue, les élèves passent leur journée
ensemble, jouent au basket le soir en bas de chez eux, ils apprennent à
se connaître personnellement, à dépasser les
barrières culturelles.
Un géographe canadien a étudié comment
une vie cosmopolite se développe dans son quartier de Cedar Cottage,
à Vancouver. Des descendants d'anciennes vagues de migration du
Royaume-Uni, d'Europe centrale et du Moyen-Orient cohabitent avec des nouveaux
arrivants venus de Chine, Taïwan, d'Indonésie.
Il a observé que le jardinage joue un grand rôle
dans leur rapprochement. Une bonne partie des conversations de voisinage tourne
autour de l'échange de "tuyaux" sur l'entretien des potagers. En
important des semences de leur pays d'origine, les nouveaux migrants plantent
très concrètement leurs racines culturelles !
Aujourd'hui, Cedar Cottage est devenu un
écosystème "microcosmopolite" où l'on trouve des tomates
de Calabre, de la menthe du Vietnam, des bok choy de Chine et des fèves
du Portugal. Ce faisant, les habitants se parlent davantage, découvrent
l'histoire de chacun, si bien qu'une pensée plus altruiste se
développe...
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Cette civilisation de l'empathie a-t-elle un avenir ?
Je n'en vois pas d'autre. Depuis une vingtaine
d'années, une vision neuve de la nature humaine émerge de la
biologie et des sciences cognitives. Les dernières découvertes
des spécialistes du cerveau et de l'apprentissage chez l'enfant nous
obligent à revoir la vieille conception d'un être humain
naturellement agressif, égoïste, utilitariste.
Ces recherches montrent que nous sommes des animaux sociaux
qui supportons mal la souffrance des autres et la destruction de ce qui vit,
réagissons de concert, en vue de l'intérêt
général, quand nous sommes menacés.
Le retentissement mondial de la tragédie de Fukushima
nous le confirme, de même que la priorité donnée aux enjeux
humanitaires, écologiques et énergétiques dans tous les
agendas politiques, ou encore le succès extraordinaire des
réseaux sociaux de toutes sortes.
Voyez ces chercheurs de l'université d'Oxford, qui ont
convaincu 100 000 personnes, dans 150 pays, d'offrir chacun un temps
d'ordinateur pour affiner les modèles de prévision climatique.
Ils disposent désormais d'une puissance de calcul plusieurs fois
supérieure aux ordinateurs les plus rapides...
Les projets de ce type prolifèrent en milieu
scientifique, que ce soit pour rechercher des solutions éco-compatibles,
identifier de nouvelles structures protéiques, étudier les
nanotechnologies ou développer des médicaments.
Pourquoi tant de gens s'associent-ils à ces projets ?
L'"altruisme" est la motivation invoquée le plus souvent par les
crunchers, les "moulineurs de données", et cette conception
coopérative s'accroît. La "wiki économie", dont
Wikipédia reste l'exemple le plus connu, réunit des centaines de
milliers de contributeurs qui enrichissent tous les domaines de la connaissance
et la recherche, contribuent à créer des logiciels performants
comme Linux, etc.
L'Américaine prix Nobel d'économie 2009 Elinor
Ostrom nous a appris que seule la coopération des acteurs permet de
faire respecter des "biens communs" aussi importants que les ressources
maritimes d'un territoire ou ses terres fertiles. Quant au "pair-à-pair"
ou peering, qui fait circuler les innovations dans un collectif, il devient un
principe opératoire courant dans les associations humanitaires comme les
plus grandes entreprises.
Tous ces modèles économiques reposent sur un
postulat diamétralement opposé à la conception
libérale orthodoxe d'un homme agissant seulement par
intérêt individuel. Quand on lui en donne l'occasion et les
moyens, l'être humain se révèle toujours disposé
à collaborer avec les autres dès qu'il s'agit de contribuer
à l'intérêt général ou à
améliorer l'existence de tous.
Propos recueillis par Frédéric Joignot
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