WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Comment un manager peut-il motiver ses équipes en période de crie ? le cas des hôtels français de taille moyenne


par Agathe Amblard
IAE de Lyon - Master Management Hôtellerie-Restauration-Tourisme 2021
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

3. Les théories interactionnistes intégrant l'environnement externe

Nous allons étudier une approche qui cherche davantage à intégrer l'environnement de travail d'un individu afin d'étudier le processus de motivation.

3.1 Le modèle relationnel de la motivation de Joseph Nuttin

Le directeur du Centre de recherche sur la motivation de l'Université de Louvain, Joseph Nuttin, a élaboré une théorie du comportement sur la motivation. Cette théorie est basée sur un système d'interaction entre l'individu et l'environnement. Pour ce chercheur, le comportement de chaque être humain est élaboré sur le besoin d'entrer en relation avec son milieu et de produire un changement sur son environnement ou sur le cours des événements. Il cherche donc à s'affirmer, à se développer et agir sur le monde en modulant son besoin de développement personnel. Le changement qu'un individu peut opérer est à l'origine d'un plaisir de causalité. Donc si aucun changement ne peut procurer de plaisir à l'individu une certaine démotivation peut survenir.

Le bon fonctionnement de l'équilibre individuel qui répond à un besoin d'auto-développement revient à la capacité d'un individu à transformer ses besoins en buts. Pour que ce processus de transformation soit efficace il faut qu'il soit vu par l'individu comme une ligne ascendante de développement. Chaque personne développe sa hiérarchie propre de buts pour une concrétisation cognitive de ses besoins, c'est pourquoi il est nécessaire de connaître cette hiérarchisation afin de savoir comment réussir à utiliser les talents de l'individu de façon proactive qui apporte une valeur ajoutée pour l'entreprise et pour le développement de l'individu.

Pour qu'un individu effectue ce processus d'auto-développement il faut passer par deux étapes : l'imitation du modèle et l'autonomisation du sujet par rapport au modèle. Donc l'être humain cherche à se développer par un modèle de référence et ensuite dans ce modèle en y changeant certains codes, il se sent obligé de l'améliorer.

Le problème est de devoir travailler pour le projet de quelqu'un d'autre car il faut donc un contexte de motivation extrinsèque qui peut donc générer un conflit motivationnel car le projet à exécuter peut-être totalement différent du projet personnel du travailleur. L'individu a besoin de s'approprier son travail car ce dernier devient alors un prolongement de lui-même.

Ensuite, il y a un besoin important de quête de sens. Nuttin nous explique que l'être humain éprouve le besoin de comprendre le sens de son existence et cette compréhension passe par le travail. Alors si la différence entre ce qu'il dit et ce qu'il fait est importante, il aura besoin de se justifier, de se construire une conception globale de la réalité, et d'évaluer la pertinence des buts poursuivis.

Joseph Nuttin distingue deux types de motivation : la «motivation égocentriste» avec une recherche de compétition et d'affirmation personnelle et la «motivation altruiste» qui a pour but de profiter à autrui. Il y existe trois facteurs de développement de l'un de ces types de motivation (NUTTIN, 1996) :

· Le besoin de stimulation (avec à la clé une reconnaissance sociale)

· Le besoin de structuration (permet d'inscrire un projet dans le temps et dans une stratégie globale)

· Le besoin de progression (avec une perspective d'évolution positive)

Pour cet auteur, la motivation est basée sur le changement de l'environnement par l'individu, afin que ce dernier évolue et influence de ce même environnement qui l'a formé.

3.2 L'impact du groupe sur l'individu

Du fait d'être intégré dans une organisation, dans un groupe, les individus vont devoir se confronter à la compétition. Nous savons donc que chaque individu a ses propres besoins et désirs en entrant dans une entreprise et ses besoins doivent correspondre avec l'organisme d'accueil. Cependant, en confrontant ses désirs à

ceux des autres individus de la société ces derniers peuvent être modifiés à cause de la pression sociale. Par exemple, si le groupe est porté sur des besoins de reconnaissance et que le nouveau venu n'est a priori pas porté sur ce même besoin, alors ce dernier sera influencé par le groupe et ses valeurs auront tendance à évoluer dans le sens du groupe. Ce qui est appelé le désir triangulaire ou le désir mimétique (GIRARD, 1961) Cela fonctionne pour les aspirations et les évolutions dans l'entreprise. Si une personne clé et influente vise une poste spécifique, ses collaborateurs qui la respectent et l'envient vont eux aussi vouloir le même poste qu'elle. C'est pourquoi certains postes sont très valorisés car très convoités, et non pas parce que les missions proposées intéressent les personnes concernées.

Ce fait permet aux managers de valoriser certains postes en les attribuant à des hauts potentiels et par la suite avoir des candidatures de qualité pour ce même poste. Il s'agit du renforcement positif (théorie behavioriste qui explique que les individus vont adopter certains comportements pour obtenir une récompense car ils savent qu'ils seront récompensés automatiquement).

Les managers peuvent également utiliser cette théorie du désir triangulaire pour créer de la compétition entre les collaborateurs. En effet le sentiment de compétition peut amener un individu à se dépasser, comme le démontrent les compétitions sportives au cours desquelles les sportifs cherchent à dépasser les records.

Nous venons de voir l'impact de la comparaison inter individuelle, nous allons donc étudier à présent l'impact de l'appartenance à un groupe sur la motivation individuelle.

Grâce à l'effet de foule un individu qui est moyennement motivé peut se retrouver énergisé par l'enthousiasme du groupe et ainsi augmenter son niveau de motivation. Cette augmentation de motivation peut être également due au plaisir de pouvoir participer à un projet collectif. L'effet inverse est vrai aussi : si un individu est très motivé mais se retrouve dans un environnement où les collaborateurs ne le sont pas, le premier individu va rapidement se démotiver car il aura l'impression d'être seul à porter le projet.

Ces explications permettent d'expliquer la théorie à deux facteurs de Schachter qui démontre le lien entre la cohésion de groupe et l'adhésion des individus aux normes de production. La théorie des deux facteurs démontre que lorsque la cohésion de

groupe est grande et que les normes de production sont respectées, les résultats sont excellents. Alors que lorsque la cohésion de groupe est faible mais que les individus respectent les normes, la productivité reste bonne. Mais si la cohésion est faible et que les personnes ne respectent pas les normes, la productivité est basse. Tandis que lorsque la cohésion est forte pour refuser la norme de production, les managers se retrouvent en cas de crise car le management d'équipe devient impossible. Donc il n'est pas toujours dans l'intérêt des managers d'avoir des équipes cohésives sauf si ces dernières respectent les normes imposées en entreprise.

De plus, coopérer avec quelqu'un ne dépend pas de la tâche à réaliser mais aussi de l'image de la personne avec qui l'individu travaille ainsi que de l'image qu'il souhaite refléter à son collaborateur. Si une tâche n'est pas forcément motivante mais qu'en face l'individu avec qui on doit collaborer semble compétent, on peut se motiver pour réaliser le projet donné.

Cependant, je pense qu'il est également possible pour certaines personnalités d'être motivées par le fait de travailler avec quelqu'un qui peut être récalcitrant ou pas assez compétent car l'individu va être motivé par le défi à relever, c'est à dire motiver l'autre personne et en menant à bien le projet.

Ce que nous pouvons en conclure est qu'il n'est pas possible de prédire la motivation globale d'un groupe par la motivation individuelle. En effet, le regard de l'autre est important et peut provoquer des effets contradictoires. Il faut donc prendre en compte chaque personnalité mais aussi l'interaction collective afin de pouvoir gérer des équipes.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Il faut répondre au mal par la rectitude, au bien par le bien."   Confucius