Chapitre I : Contexte relatif aux ressources
halieutiques
Ce chapitre abordera la problématique du bilan de
l'évolution, de la situation des ressources halieutiques et du rythme de
l'exploitation de ces dernières. Dans cette section, nous faisons une
présentation sommaire de la ville de Nouadhibou et des ressources
halieutiques pour donner une idée de l'abondance et de la grande
variété des poissons mauritaniens. En ce qui concerne
l'aquaculture, elle en est qu'à l'expérimentation. Il y a des
tentatives qui ont échoué en raison d'une forte présence
de métaux lourds.
Au niveau des ressources halieutiques, nous aborderons les
ressources démersales, les Poissons et les espèces
pélagiques.
Une modification sur le code de pêche a
été faite en 2015. L'arrêté n°1724 fixe les
types de concessions, les espèces ciblées, les supports de droit
et les engins de pêches. Les types de concessions octroyés sur les
eaux mauritaniennes sont destinés aux régimes nationaux et
régimes internationaux ((UE, Russie, Ukraine, Chine,
Sénégal). En 2014 et 2015, les captures ont atteint 1 800 000
tonnes. Les flottes mauritaniennes restent faibles par rapport à celles
des étrangers (CSC, 2018).
1. Présentation de la ville de Nouadhibou
La ville de Nouadhibou a une superficie de 132 000 ha, la
superficie des terres est de 72 000 ha. La ville se situe au Nord-Ouest de la
Mauritanie. En 2013, la population était estimée à 150 000
habitants. Elle est la capitale économique de la Mauritanie, elle est
située sur la limite de la baie du Lévrier.
Le climat est très particulier car il est
caractérisé par une température assez stable (aux
alentours de 26° le jour), une pluviométrie quasi-inexistante et
une humidité relative généralement faible en raison des
vents dominants (Ghourbi, 2016).
La ville de Nouadhibou est dotée des infrastructures de
base telles port commercial, port de pêche, port pétrolier, port
minéralier, aéroport international, chemin de fer. Par ailleurs,
la ville de Nouadhibou se trouve sur la façade maritime, elle
présente des spécificités notoires par rapport à
l'ensemble des autres villes du pays. La ville a un statut très
privilégié pour les investissements nationaux ou
étrangers.
L'ouverture sur une zone économique exclusive nationale
(ZEE) a un potentiel actuel de capture d'environ 1 800 000 tonnes/an. La ville
de Nouadhibou représenterait environ 52 à 54 % de la production
totale de la pêche. Le port minéralier a été
créé à 10 kilomètres au sud (Cansado) pour
l'évacuation du minerai de fer de la S.N.I.M. (Société
nationale industrielle et minière) qui arrive par voie ferrée des
mines de Fdérik-Zouerate, à près de 700 kilomètres
au nord de Nouadhibou (gisements de la Kédia d'Idjil) (Ghourbi,2016).
La ville de Nouadhibou offre un brassage culturel qui permet
d'échanges enrichissants pour ceux qui y vivent, un lieu de
concentration de cadres et de compétences. Au cours des dernières
années, s'est produite une détérioration accrue de
l'environnement à Nouadhibou sous le double effet, les actions de
l'homme (rejets industriels, déchets solides et liquides, ...) et de la
nature (ensablement, perte de la biodiversité, ...).
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En effet, de par sa position géographique, la zone de
Nouadhibou abrite des écosystèmes vulnérables
particulièrement fragiles, exposés à des agressions et
menaces de toutes sortes.
Le site de Nouadhibou souffre d'une pénurie d'eaux
superficielles, le couvert végétal est inexistant, les sols sont
pauvres et la dynamique éolienne est encore active.
La ville est une presqu'île, confrontée, comme de
nombreuses villes en Mauritanie, au risque d'inondation. La Baie de Nouadhibou
est menacée par l'érosion maritime ainsi que de la montée
des eaux de mer qui détruit les rochers constituant la bande de
protection naturelle de la ville et des habitations.
carte 1 : Présentation de la ville de Nouadhibou

- Upwelling
La zone mauritanienne est caractérisée par l'un
des quatre écosystèmes d'upwelling.
L'upwelling, c'est la remontée d'eau profonde. C'est un
phénomène océanographique qui se produit lorsque de forts
vents marins, généralement des vents saisonniers, poussent l'eau
de surface des océans laissant ainsi un vide où peuvent remonter
les eaux de fond et avec elles une quantité importante de nutriments ou
bien de déchets. Les phénomènes de remontée d'eau
ont pour conséquence : une mer froide et riche en phytoplancton.
Concrètement pour les pêcheurs, la remontée d'eau se
traduit par une augmentation importante du nombre de poissons. En
Mauritanie, particulièrement à Nouadhibou,
l'upwelling se produit très près de la côte par vents
modérés et y est permanent. Dans la zone de Nouakchott, ce
phénomène n'est présent que neuf mois sur douze mois. Le
facteur responsable est la latitude. L'upwelling offre un merveilleux
champ d'observation pour une palette complète des situations
écologiques sur une zone relativement réduite.

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Figure 1: Schéma de formation d'un upwelling 2.
Les ressources halieutiques de la ZEE
Comme nous l'avons vu précédemment l'upwelling
confère à la zone nord de la Mauritanie et à la ville de
Nouadhibou en particulier, sa richesse en ressource halieutique. Au niveau de
cette richesse très diversifiée, nous trouvons des mulets, des
courbines, des thons et bonites, des requins et des raies, des
clupéidés (sardinelles, sardines, éthmalose etc.), de
l'anchois, des mérous, des soles, des céphalopodes et des
crustacés.
Nous avons classé les ressources halieutiques en deux
grands groupes : les ressources démersales et les ressources
pélagiques.
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