II.2.4. Conséquences des AVC chez les adultes de
45 à 62 ans
Les conséquences d'un AVC sont très variées
et très variables. Tout dépend de la localisation et de
l'importance de la lésion, et bien sur de sa prise en charge et de la
rapidité de cette prise en charge. Que cela soit un AVC
ischémique (par un vaisseau bouché) ou un AVC hémorragique
(saignement dans le cerveau).
Un AVC peut toucher l'appareil moteur et provoquer une paralysie
d'un coté du corps : c'est l'hémiplégie. Un AVC peut
atteindre l'appareil sensoriel et provoquer des troubles du langage, de la
lecture, de l'écriture ou de la vision.
La plupart du temps, les lésions sont
hémisphériques. Cela signifie qu'elles ne touchent que l'un des
cotés du cerveau. Les symptômes se localisent sur le coté
opposé en créant des gènes, des problèmes bien
spécifiques.
Par exemple, si l'hémisphère gauche est
lésé, cela provoquera des troubles du langage, de
l'écriture, de l'orientation droite-gauche. Si, à l'inverse,
l'hémisphère droit est lésé, cela provoquera des
troubles de l'appréciation des distances, des troubles de l'orientation
et de l'attention.
En fonction de la gravité de la lésion, ces
symptômes peuvent constituer de véritables handicaps, paralysie,
démence, etc. Des conséquences qui seront d'autant plus en plus
graves et irréversibles (Nicolas Evrard, 2015).
II.2.5. Facteurs favorisant la survenue des AVC chez
les adultes de 45 à 62 ans
a. Facteurs non modifiables :
? Age
C'est un facteur de risque majeur. Apres 55ans, pour chaque
tranche d'âge de 10 ans, les taux d'AVC sont multipliés par 2
à la fois chez l'homme et la femme. Une personne âgée de
plus de 85ans a 4 fois plus de risque de présenter un AVC que la
population générale (Rusinaru,
2010).
La prévention primaire et secondaire est très
efficace même à un âge avancé, non seulement risque
sur l'AVC, mais aussi sur le risque de démence (Bejot, Neau Et
al, 2010).
? Sexe
L'homme est nettement plus exposé aux AVC que la femme
en période d'activité génitale, le niveau de risque de
cette dernière rejoint très progressivement celui de l'homme
plusieurs années âpres la ménopause (Melle
Mahikheira R. et Benichou I., op.cit).
? Antécédents familiaux et
hérédité
Une augmentation de l'incidence des accidents vasculaires
cérébraux dans les familles a longtemps été
notée. Des hommes dont les études antérieures ont
suggéré un risque accru pour les hommes dont les mères
sont morts d'AVC et les femmes qui avaient des antécédents
familiaux d'AVC.
Dans l'étude de Framingham une analyse de la
progéniture a révélé que les histoires à la
fois paternelle et maternelle ont été associées à
un risque accru d'AVC (Melle Mahikheira R. et Benichou I.,
op.cit).
b. Facteurs modifiables
? Hypertension artérielle (HTA)
L'hypertension artérielle est un facteur de risque
majeur, sinon le plus important, tant pour les AVC ischémiques que pour
les AVC hémorragiques. Un adulte sur trois en souffre. Elle multiplie le
risque d'infarctus cérébral par 4 et d'hémorragie par 10
si PAS (pression artérielle systolique) > 160mmhg et PAD (pression
artérielle diastolique) > 95mmhg. Pourtant, trop de patients ne sont
toujours pas conscients des risques d'une HTA et ou en négligent le
traitement (Rusinaru, 2010).
? Accident ischémique transitoire (AIT)
Le risque d'AVC âpres un AIT est très
élevé. Apres 24heures, le risque s'élève
déjà à 4-5%, et 25-50% des récidives se produisent
dans les deux premiers jours. L'AIT constitue une urgence médicale
(Slezak, Arnold et al, 2014).
? Diabète
Le diabète est défini par une glycémie
(taux de sucre dans le sang) =1,26g/l à jeun lors de deux mesures. Si le
diabète est mal contrôlé, l'excès de glucose dans le
sang peut endommager les parois des artères (Mansouri,
2012).
L'AVC et les maladies cardiovasculaires représentent
prés de 70% des causes de mortalité chez les patients
diabétiques. Dans la population des diabétiques de type 2, le
risque d'AVC augmente de deux à cinq fois, l'infarctus
cérébral survenant généralement à un
âge plus jeune par rapport aux patients non diabétiques
(Melle Mahikheira R. et Benichou I., op.cit).

19
? Dyslipidémie
La dyslipidémie est une anomalie qualitative ou
quantitative d'un ou de plusieurs lipides plasmatiques, elle concerne : le
cholestérol total (CT) et ses fractions, les triglycérides (TG),
HDL-cholestérol, LDL-cholestérol (Figaro santé,
2012).
Hyperlipidémie se réfère
spécifiquement à des niveaux élevés de
cholestérol total et de lipoprotéines de basse densité
(LDL), il est souvent appelé « mauvais cholestérol » en
raison de son rôle développement de
l'athérosclérose, ce qui peut conduire à la maladie
coronarienne et l'AVC ischémique (Morris, 2015).
? Cardiopathie
Certaines maladies du coeur comme les infarctus, les
lésions vasculaires et les cardiopathies emboligènes dont les
troubles du rythme (FA), pouvant être à l'origine d'un AVC. Les
personnes souffrant d'une FA ont 5 fois plus de risque de faire un AVC
ischémique (Blaise, 2016).
? Obésité
En médecine, l'obésité se définit
comme un excès de masse grasse entrainant des inconvénients pour
la santé. Le critère de référence pour identifier
une masse grasse est un indice de masse corporelle (IMC : rapport du poids en
kg sur le carré de la taille en mètre) supérieurs au seuil
de 30kg/m (Basdevant, 2011).
L'obésité accroit le risque d'AVC (fatal,
ischémique ou hémorragique), tant chez les sujets
âgés que chez les plus jeunes. Les élévations de
tension artérielle, de cholestérol et de glycémie,
favorisés par l'excès de poids, contribuent pour les trois quarts
à cet excès de risque. Chez les sujets en surcharge
pondérale ou obèses, le risque d'AVC augmente de 5% par
1kg/m2 d'IMC (Gibault, 2016).

20

21
? Sédentarité
Les personnes qui n'ont pas d'activité physique
régulière ont un risque d'AVC ischémique supérieur
de 25 à 30% à Celles qui en ont une et à l'inverse,
l'activité physique régulière maintient le coeur et la
circulation sanguine en forme (Bernichan 2016).
? Tabac
La fumée du tabac contient plus de 4000 produits
chimiques toxiques qui se déposent sur les poumons ou absorbés
dans la circulation sanguine. Certains de ces produits chimiques endommagent
les parois des vaisseaux sanguins, conduisant à
l'athérosclérose (rétrécissement et durcissement
des artères). Cela augmente le risque de formation de caillots sanguins
dans les artères du cerveau et le coeur. Le tabagisme augmente
également la viscosité du sang. Ceci augmente encore le risque de
formation de caillots sanguins (Stroke foundation-Australia,
2017)
? Alcool
L'alcoolisme chronique augmente progressivement le risque
au-delà de trois verres standard de vin par jour. En 2002, Christian
Lucas dans une étude réalisée en France avait
trouvé que l'alcool à petites doses, a un effet protecteur.
Cependant, le risque vasculaire cérébral augmente
exponentiellement avec les doses (Melle Mahikheira R.et Benichou I.,
op.cit).
c. Autres facteurs de risque
? La contraception orale
Elle multiplie le risque par 4 en cas de contraceptifs
fortement dosés en estrogènes, et par 2 en cas de dosage plus
faible, et il ne semble pas augmenter en cas de progestatifs. Le risque est
augmente chez les fumeuses sous contraceptifs et il diminue à
l'arrêt de la contraception (Chiali Benabadji, 2016).
+ Facteurs thrombogéniques
L'élévation plasmatique de l'homocysteine
constitue un facteur de risque d'accidents vasculaires, artériels et
veineux. Le seuil au-delà du quel on définit
l'hyperhomocysteinemie est variable suivant les laboratoires, le sexe et
l'âge des patients, de 12 à 30umd/l (Melle Maikheira et
Benichou I., op.cit).
+ Facteurs psychosociaux et environnementaux
Le stress, paramètre peu mis en évidence dans
les études épidémiologiques à cause des
difficultés d'évaluation, est toute fois évalué
à partir de plusieurs sortes d'événements et comportements
tels que le surmenage professionnel, les soucis personnels et les autres
changements de situation, pouvant être responsables de modifications
biologiques qui favorisent la maladie ischémique :
élévation de la pression artérielle, agrégation
plaquettaire (Melle Maikheira R. et Benichou I., op.cit).
|