Tableau N°9: Charge
d'occupation quotidienne aux activités domestiques :
Zone de résidence
|
HOMMES
|
FEMMES
|
Ratio temps H/ temps Femmes
|
Effectif
|
Zone urbaine
|
0.6h
|
3.7h
|
16.4 %
|
20
|
Zone rurale Sud
|
0.7h
|
13.5h
|
5.0%
|
15
|
Zone rurale Nord
|
2.6h
|
3.4h
|
77.8%
|
15
|
Ensemble du Mali
|
1.0h
|
7.2h
|
14.2%
|
50
|
Source : Etude d'Evaluation
Stratégique des enjeux en matière de genre au Mali,
2005.
De l'analyse du tableau, il ressort que les femmes du sud sont
les plus chargées car seules 5% des tâches domestiques sont
exercées par les hommes, les 95% sont prises en charges par les femmes.
Au nord par contre, 77,8% des tâches domestiques incombent aux hommes.
Dans cette répartition du travail domestique, on
constate un grand écart entre les ratio homme/femme du milieu rural par
rapport au milieu urbain ; les femmes rurales consacrent beaucoup plus temps
que les femmes urbaines aux travaux domestiques. Les femmes urbaines consacrent
moins de temps aux activités domestiques car elles recrutent des aides
ménagères ou « bonnes », ce qui leur permet de mener
d'autres activités génératrices de revenus.
D'après les résultats des enquêtes 123
réalisées auprès de 7 pays membres de l'UEMOA entre
2001-2002, dont Bamako, les femmes passent en moyenne 17 heures par semaine
à effectuer des activités domestiques quand les hommes se
contentent de huit fois moins (2 heures). Par ailleurs, ces enquêtes
mettent en évidence, un phénomène dit de la « double
journée des femmes actives » en milieu urbain qui passe plus de
temps que les inactives à se consacrer aux activités domestiques
(18h contre 16h). Ceci traduit le rôle social joué par les femmes
qui se partagent entre deux fonctions : la prise en charge de la reproduction
interne des unités familiales et une contribution importante au pouvoir
d'achat des ménages à travers l'exercice d'une activité
économique.
B- Le difficile accès
à la terre
a-Accès à la
terre selon le droit foncier moderne
Au Mali, c'est le Code Domanial et Foncier qui
détermine les conditions d'accès au foncier naturel (terre et
accessoires, eaux, formations végétales) et au foncier artificiel
(aménagements hydro agricoles).
Au niveau du foncier naturel, la femme rurale dispose donc de
tout un éventail d'instruments juridiques de droit moderne qui lui
garantit le droit de propriété. Toutefois, les populations
rurales continuent de privilégier les us et coutumes en la
matière.
Au niveau du foncier artificiel, l'accès à la
terre est reconnu à la femme sans discrimination alors que les
critères d'accès ne favorisent pas la femme. Le foncier
artificiel est constitué de périmètres
aménagés dont les principaux sont l'Office du Niger (ON) qui
fournit actuellement 50% de la production de riz du Mali, de l'Office du
périmètre réhabilité de Baguinéda (OPIB), de
l'Office Riz Ségou (ORS), de l'Office Riz Mopti (ORM), et des petits
périmètres irrigués villageois de Gao. Dans toutes ces
zones, les terres sont toujours immatriculées au nom de
l'Etat ; par contre, les modes d'exploitation de ces
aménagements ressortent de la réglementation propre à
chaque zone.
· Dans la zone de l'Office du Niger (ON), Ségou
:
La loi reconnaît à la femme rurale le droit
d'accès au foncier aménagé de l'Office du Niger sans
discrimination et établit une parité entre l'homme et la femme
pour ce qui concerne les voies d'accès. La substitution de l'indicateur
d'attribution à connotation discriminatoire "travailleur-homme" par
celui de "travailleur-actif" plus neutre a facilité l'intégration
des femmes dans ces périmètres. Même si les femmes, chefs
d'exploitation, ne représentent que 3% des effectifs en 2003.
· Sur les terres aménagées de l'Office du
Riz de Ségou (ORS), Ségou
L'ORS est un établissement public doté de
personnalité morale et d'autonomie financière. Il encadre 234
villages ; la propriété des terres revient à l'Etat.
L'accès à la terre est soumis à l'avis d'une commission
technique qui accorde la priorité aux femmes exploitantes sur place. Les
femmes ne souffrent d'aucune discrimination quant à l'accès aux
terres rizicoles tant à titre individuel qu'à titre collectif.
Sur l'ensemble de ces deux zones, la démarche
d'attribution est la même. Hommes et femmes ont les mêmes droits
à ce niveau. La formulation de la demande et le respect du cahier de
charge sont exigés pour les deux sexes.
· Dans la zone de l'Office du Riz de Mopti (ORM),
Mopti
Dans cette zone la population est à 98% rurale. Les
demandes de parcelles pour la culture du riz sont adressées
à l'Office Riz Mopti à travers les associations villageoises.
Pour être éligible, il faut être chef de famille ou chef
d'unité de production et avoir un degré d'équipement
conséquent ou des moyens financiers suffisants afin de mettre en valeur
la terre.
Ces critères seront difficiles à remplir par les
femmes dans la mesure où le statut de chef de ménage revient
à l'époux et qu'elles sont rarement propriétaires d'actifs
de production. De plus, à ces disparités s'ajoutent les normes
d'attribution des superficies qui octroient 0,30 ha à l'homme contre
0,21 ha à la femme éligible. La priorité est de fait
accordée aux hommes en tant que chef de famille.
· Sur les terres irriguées de l'office du
périmètre de Baguinéda
L'attribution de parcelles aux ruraux se fait dans les
mêmes conditions qu'à l'Office du Riz de Mopti où les
critères de chef de famille et de disponibilités d'actifs de
production sont appliqués.
Ainsi, malgré les textes officiels qui stipulent
l'égal accès à la terre sur le foncier artificiel, il faut
souligner que dans la pratique l'attribution est inégalitaire comme en
attestent les critères d'attribution dans les zones de l'ORM et de
l'OPIB. En réalité, la pression est le facteur
déterminant. En effet, chaque fois que les terres sont limitées,
la priorité est accordée à l'homme. Les propos recueillis
auprès de chefs d'exploitation illustrent bien cet état de
fait :
En fait, dans la catégorie des chefs de famille, seule
la femme veuve peut être considérée comme telle et cela en
cas d'inexistence ou d'absence d'un fils majeur. Pour les sites
aménagés pour la culture maraîchère, où les
femmes sont les principales productrices, les superficies, également
attribuées selon le critère de chef de famille,
représentent le double de celles attribuées aux femmes.
|