Chapitre III
Transactions de bloc, évaluation et
impact
sur les prix
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Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
Section 1 : L'impact de volume des transactions sur la
formation des prix
1.1 La relation entre le volume de transactions et les
variations de prix
Le volume de transaction est une variable dépend de
nombreux facteurs. Plusieurs recherches ont essayé de déterminer
les causes de son évolution dans le temps. Ainsi, l'étude des
prix des actifs sans être associée au volume des transactions ne
peut transmettre que de vagues informations sur l'activité
boursière du marché [Mahajan et Singh, 2009].
La littérature confirme que les prix des actifs varient
à la venue de nouvelles informations, et par conséquent, le
volume des transactions est considéré comme
l'élément essentiel de l'information qui donne la nouvelle
direction des prix. Dans ce sens, il est évident de dire que le volume
d'échange est un indicateur indispensable dans l'évolution du
marché. De même, le volume des transactions joue un rôle
essentiel dans l'incorporation de l'information sur le marché. Dans ce
cadre, [Harris et Raviv, 1993] affirment que le volume des transactions est
responsable de la transmission des informations concernant les variations des
prix et l'accord dans les attentes des investisseurs.
Au niveau empirique, plusieurs recherches ont
été consacrées pour expliquer la relation entre le volume
des transactions et la variation des prix des actifs. [ Duffee, 1992) ;
Gallant, Rossi et Tauchen, 1992 ; Campbell, Grossman et Wang, 1993 ; Hiemstra
et Jones, 1994] ont étudié les différentes relations entre
le volume de transaction et la variation des prix des titres. La plupart des
chercheurs trouvent que cette relation est généralement
linéaire. À son tour, [Karpoff, 1987] trouve que le volume de
transactions est corrélé positivement avec la variation absolue
des prix des titres cotées sur le marché américain (NYSE).
L'auteur ajoute que cette relation est significative que pour des larges
variations du prix.
[Martikainen, Puttonen, Luoma et Rothovius, 1994], dans une
étude sur la bourse de Helsinkii, et en utilisant le test de
causalité de Granger entre le volume des transactions et le retour des
titres cotées découvrent une relation positive et significative
entre le rendement des titres et le volume de transactions. Le même test
est utilisé par [Hiemstra et Jones, 1994] sur le NYSE, les
résultats de la recherche montrent qu'il existe une relation
significative entre le taux de rendement des actions et le pourcentage du
changement dans le volume de transactions, cette relation évolue dans le
sens rendement-volume. Les auteurs voient que la relation entre ces deux
variables peut être non linéaire. Pour ce fait, ils adoptent ainsi
un test de causa-
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Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
lité de Granger non linéaire et
découvrent par conséquence qu'il existe une relation non
linéaire bilatérale significative entre le volume de transactions
et le rendement des titres.
D'un autre côté, [Stickel et Verrecchia, 1994]
testent certaines hypothèses concernant la relation bilatérale
entre le volume de transaction et les prix des actifs, ils trouvent qu'une
augmentation de prix assistée par de faible volumes est
systématiquement va être suivie d'une baisse de prix. De plus les
variations de prix accompagnées par des volumes importants sont
susceptibles de ne pas changer et de continuer dans le même sens
c'est-à-dire qu'une augmentation de prix accompagnée par des
larges volumes est systématiquement va être suivie d'une hausse
des prix.
1. 2 La relation entre la volatilité et le volume
de transaction
La relation entre le volume de transaction et la
volatilité a été bien développée dans la
théorie de microstructure des marchés financiers, la
majorité des modèles développés, pour expliquer
cette relation, affirment que les transactions boursières sont
générées par l'asymétrie d'information et les
différences d'opinions.
La Littérature a exposé différentes
versions de la relation entre le volume des transactions et la
volatilité. En effet, [Girard et Biswas, 2007] développent deux
approches différentes pour expliquer les raisons de cette relation. La
première suppose que les différences dans les intentions et les
stratégies des investisseurs sont causées par des variations dans
le volume des transactions et la volatilité, et que ces
différences constituent les liens entre le volume et la
volatilité des rendements des titres. La deuxième suppose que la
manière dont l'information est incorporée sur le marché,
celle qui détermine le volume des transactions et la volatilité.
Cette seconde approche fondée sur la manière de diffusion de
l'information sur le marché, est la plus répandue. Elle est
formulée autour d'un certain nombre d'hypothèses notamment,
l'hypothèse de mélange de distribution (HMD) et
l'hypothèse d'arrivée séquentielle de l'information
(SIAH). 26
26 L'hypothèse de mélange de
distribution est soutenue par [Clark, 1973] et est également
attribuée à d'autres chercheurs comme [Epps, 1976 ; Tauchen et
Pitts, 1983 ; Harris, 1986 ; Lamoureux et Las-trapes, 1990 et Andersen, 1996].
Cette hypothèse suppose l'existence d'une relation positive entre le
volume des transactions et le rendement.
L'hypothèse d'arrivée séquentielle de
l'information (SIAH) est développé par [Copeland, 1976 ; Jennings
et al. , 1981] , elle suggère que la propagation de l'information est
asymétrique.
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Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
[Wang, 1994] développe un modèle
d'équilibre d'échanges des titres, dans lequel les investisseurs
sont hétérogènes en matière d'information, et ses
échanges sont rationnellement pour des raisons informationnelles ainsi
que non informationnelles. De ce fait, les échanges boursiers sont
toujours accompagnés par des variations temporaires et permanentes des
prix. À titre d'exemple, prenons le cas des investisseurs voulant vendre
leurs actions pour raison de rééquilibrer leurs portefeuilles,
après la vente effective des actions, les prix de ces derniers doivent
systématiquement diminuer pour pousser d'autres investisseurs à
acheter.
La présence d'une asymétrie informationnelle,
rend les investisseurs non informés des solliciteurs des prix moins
élevés lorsqu'ils négocient les investisseurs
informés dans le but de couvrir le risque de la sélection adverse
encouru par l'obtention d'une information personnelle. Par conséquence,
il est évident que le volume de transaction est positivement
corrélé avec la valeur absolue des variations des prix, et cette
corrélation augmente avec l'asymétrie informationnelle. Ce
modèle développé par Wang explique la relation entre le
volume et la volatilité en se basant principalement sur les types
d'investisseurs et la qualité de l'information.
Dans ce cadre, [Harris et Raviv, 1993] et [Sahlen, 1993] dans
leur modèle « d'opinion différente » supposent que les
investisseurs recueillent la même information mais se diffèrent
dans leurs interprétations, et chaque investisseur suppose la
validité de son jugement. Les auteurs supposent que les investisseurs
partent de la même croyance concernant les rendements des actifs, mais
dès que l'information est disponible, chacun tente de mettre à
jour ses opinions en se basant sur son propre modèle qui relie la
nouvelle information aux rendements des actifs.
De ce qui précède, on conclut que le cours des
actifs varie à l'arrivée de nouvelles informations sur le
marché. Donc, si le volume des transactions est attaché au
mouvement de l'information pénétrant dans le marché, une
relation entre la variation du prix et le volume sera évidente.
Plusieurs recherches ont sélectionné le volume comme un proxy
pour l'incorporation de l'information dans le prix de la transaction et ont
étudié la relation du volume avec le rendement pour
prévoir la réaction du marché. [Voir Gurgul et al. , 2005
; Joher Huson et al. , 2005 et Otavio et al. , 2006]
Plus récemment, [El-Ansary et Autre, 2012] dans une
recherche concernant les marchés des pays émergents et moins
développés d'Afrique, ont étudié la relation entre
la volatilité et le volume des transactions sur le marché
boursier égyptien. Les résultats ont montré qu'il
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Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
existe une relation positive entre le volume des transactions
et le rendement ainsi qu'une causalité bilatérale entre les deux
variables qui est plus significative pour cinq jours de période de
retard. Il s'induit que l'emploi des données historiques des rendements
en particulier de cinq jours de retard, permettent de prévoir le volume
des transactions et vice-versa. Ce qui soutient la preuve que les
marchés boursiers émergents sont inefficients en matière
d'information.
1.3 Impact des transactions de bloc sur la
volatilité
Un volume important pour des transactions de bloc cause
systématiquement des problèmes de liquidité au niveau du
marché, ces problèmes sont liés aux concessions des prix
accompagnant le bloc, ainsi que les conséquences post-transaction des
opérations de bloc. De ce fait, il est bien évident que les
transactions de bloc causent une augmentation significative de la
volatilité.
L'aptitude des investisseurs institutionnels de tenir des
informations privés ainsi que de manipuler les cours des actifs, fait
augmenter l'incertitude des autres investisseurs qui provoquent à leur
tour une augmentation de la volatilité suite à des
sélections adverses jusqu'à ce que les prix
récupèrent leur nouveau niveau d'équilibre.
En revanche, l'hypothèse de l'efficience des
marchés financiers, considèrent que les transactions de bloc
n'ont pas d'impacts sur la volatilité. Dans ce cadre, les prix des
actifs des actifs répondent brusquement à l'arrivée des
nouvelles informations avec la présence des faibles coûts des
transactions. Et même si celles-ci se retrouvent, les investisseurs
tentent à échanger les actifs en détention par un
substitut parfait et plus liquide.
Empiriquement, [Reilly et Wright, 1984] étudient la
relation entre les échanges de bloc et la volatilité des prix des
actions. Les auteurs, afin d'estimer cette relation, ont utilisé un
modèle de multi régression. La volatilité est
mesuré comme étant la valeur absolue du rendement des titres, les
auteurs affirment que les prix des actifs ont la possibilité
d'évoluer au long d'une séance afin de clôturer à un
prix relativement proche du prix d'ouverture ou même du cours de
clôture de la séance précédente, ce qui induit une
sous-estimation de la volatilité calculée dès le
début. Ainsi, une autre mesure pour la volatilité est mise en
évidence ; c'est le « Hi-Lo spread », définit comme
étant l'écart enregistré entre la cotation la plus
élevée et la plus faible de la journée. Ils montrent que
les échanges en bloc n'augmentent pas la volatilité des prix des
actifs. De même, la majorité des résultats acquis montrent
une
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Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
relation négative entre les deux variables
estimées. Ce résultat renforce l'idée que la participation
importante des investisseurs institutionnels fait progresser la
liquidité du marché.
Dans ce sens, [Spierdjik, 2004] ajoute que les transactions de
taille importante ont un effet persistant sur les prix des actifs et causent
l'augmentation de la volatilité de deux titres sur cinq. L'étude
montre que suite à une grande transaction, le « market maker »
corrige ses opinions ce qui conduit à un effet persistant sur les prix
des titres. L'effet des larges transactions sur les prix peut être
positif, cela est expliqué par le fait que la transaction de bloc fait
accroitre le risque de transactions informées.
Dans ce sens, [Ball et Finn, 1989] examinent les effets sur
les prix des échanges en bloc sur la bourse Australienne, les auteurs
montrent que les effets sur les prix des actions sont permanent et il n'ya
aucune possibilité au retour de prix, qui peut être
expliqué par une augmentation de la volatilité des prix suite aux
transactions de bloc. À son tour, [Holthausen et al. , 1990] montrent
qu'il n'y a aucun lien entre la volatilité du marché et la taille
de la transaction, ajoutant ainsi que la volatilité ne peut accompagner
l'opération pas plus de deux transaction après le bloc.
D'un autre coté, en travaillant sur des marché
développés ainsi que sur des marchés émergents, et
afin de déduire s'il ya une différence entre les
différents marchés en matière de volatilité,
[Chiyachantana et al. , 2006] examinent les changements temporaires dans la
volatilité pour les échanges des investisseurs institutionnels.
Les auteurs trouvent qu'il y a un manque de profondeur pour les marchés
émergents qui les empêche de faire face aux pressions
régulières d'achats et de vente. La volatilité au niveau
de ces marchés est provoquée généralement par
l'intervention des spéculateurs étrangers.
Méthodologiquement, les auteurs définissent la volatilité
par le carrée de la différence du logarithme des prix des actifs
pour deux séances de négociations successives.
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Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
Section 2 : L'impact des prix des transactions de bloc :
une revue de littérature
Plusieurs approches sont adoptées pour mesurer l'impact
des transactions de bloc sur les prix des actifs. La méthode
d'étude d'événement a été employée
dans la plupart des travaux antérieurs [voir Kraus et Stoll, 1972 ;
Holthausen et autres, 1987et Keim et Madhavan, 1996]. D'autres chercheurs ont
employé la méthodologie des séries temporelles,
spécifiquement les modèles ARCH et GARCH, pour étudier
l'évolution du prix par rapport au marché [voir Hasbrouck, 1991 ;
Dufour et Engle, 2000 ; Chan et Lakonishok, 1997 ; Domowitz et autres 2001,
Conrad et autres, 2001 et 2004]
Ainsi, malgré que dans la majorité des travaux
les modèles linéaires sont les plus utilisés, ça
n'empêche que certains papiers ont employés des modèles non
linéaires pour examiner l'impact prix pour les échanges de blocs
[voir, Hasbrouck, 1991, Hausman et autres 1992, Kempf et Korn, 1999]
En effet, afin d'expliquer l'impact des larges échanges
sur l'évolution des prix, [Chan et Lakonishok, 1993] synthétisent
trois interprétations principales qui ont été
examinés dans la littérature pour des variations de prix
provoqués par des transactions de bloc : le coût à court
terme de liquidité, une substitution imparfaite et l'effet de
l'information. Les coûts à court terme de liquidité se
résultent suite aux rencontres de l'offre et la demande à l'heure
de la transaction dont il peut avoir par la suite un prix susceptible
d'être provisoire. Ainsi, dans les marchés inefficients un actif
peut ne pas avoir instantanément un substitut parfait d'où
l'augmentation de la probabilité d'existence des anomalies
boursières. En fin le contenu informationnel des larges échange
impacte le prix de la transaction ainsi que son évolution après
le large échange.
Toutefois, les échanges de grande taille sont
supposés plus informatifs et éclairants pour les perspectives des
actions. [Madhavan et Cheng, 1997] dans leurs travaux confirment les
prédictions de [Seppi, 1990]. Ils étudient les transactions de
bloc acheminés sur les marchés upstairs et centraux pour les 30
titres composant l'indice « Dow Jones Industrial Average. », Ils
trouvent que les impacts de prix des grands échanges sont plus petits
sur le marché upstairs. Les auteurs confirment l'idée que le
marché de bloc est exploité particulièrement par des
agents qui peuvent signaler que leurs transactions sont non
informées.
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Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
Ainsi, il apparait que la différence de coûts
soit significativement faible pour un échange de taille moyenne dans
leur échantillon. Des résultats conformes sont fournis par [Smith
et al. , 2001, Booth et al. , 2002 et Bessembinder & Venkataraman, 2004]
respectivement sur le TSX, le Helsinki Stock Exchange et la Bourse de Paris.
Sur le plan empirique la littérature distingue deux
effets associés aux transactions de bloc: un effet a court terme ou
effet temporaire et un effet a plus long terme ou effet perma-nant. [Voir
scholes, 1972 ; Kraus et stoll, 1972 ; Holthausen, leftwich et Mayers, 1987 ;
hol-thausen, Leftwich et Mayers, 1990 et Frino et al. , 2007]
Trois théories ont été mises en
évidence pour l'explication de ces effets : une première
basée sur la liquidité relative des marchés, une seconde
basée sur l'inélasticité des courbes d'offre et de
demande, et une dernière qui s'appuie sur le contenu informationnel
privé des transactions de blocs.
Les coûts de la liquidité sont dans ce cas
responsables de l'effet temporaire. Les modèles développés
pour le cas d'un marché dirigé par les prix justifient ces
derniers en tant que compensation des couts de conservation et de recherche de
contrepartie que doit supporter un teneur de marché suite à la
tenue d'un large bloc. L'effet temporaire provoqué par ces coûts
peut en outre se perpétuer dans le cas où le teneur de
marché suit une stratégie de prix incitative. Ainsi
l'inélasticité des courbes de demande serait quant à elle
à l'origine de l'effet per-manant : un surplus d'offre ou de demande ne
trouve pas de contrepartie immédiate est par conséquence
responsable d'une pression durable sur les prix.
Pour la troisième hypothèse, [Kyle, 1985]
formalise le lien entre la liquidité d'un marché et le
degré d'asymétrie informationnel qui le caractérise. Dans
ce sens, [Easley et O'hara, 1987] trouvent que l'effet temporaire et l'effet
permanant peuvent être la conséquence de l'existence d'une
information privée exploitée par l'investisseur initiateur de
bloc. L'importance des effets temporaires s'élève avec les
volumes échangés ainsi de l'augmentation du risque de position
encouru par le teneur de marché.
Les impacts permanents sont plus importants pour les volumes
échangés de grandes tailles. Le rapport entre ces impacts et les
volumes échangés apparait moins clair pour les théories
basées sur l'asymétrie de l'information. Dans ce cadre, [Kyle,
1985 ; Admati et Pflei-derer, 1988] trouvent que le comportement
stratégique d'agents informés qui essayent de cacher leur
présence au marché pousse ces derniers à réduire la
taille de leurs transactions, à les
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Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
fractionner pour les étaler dans le temps ou à
les concentrer pendant des périodes de forte liquidité.
En fin, dans un contexte de finance comportementale, [Chan et
Lakonishok, 1995], dans une étude des transactions
exécutées par 37 investisseurs institutionnels réalisant
des larges échanges, montrent le caractère discriminant de la
personnalité de l'investisseur identifiée à travers la
volonté d'immédiateté exprimée pour l'explication
des impacts sur les prix.
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Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
Section 3 : Validation empirique de l'impact des
transactions de bloc sur les prix des actifs sur la BVMT
3.1 Présentation et historique de la
BVMT
La Bourse de Tunis est créée en 1969 par la loi
69-13 du 29 février 1969. La BVMT se présente comme une
société privée dont le capital est détenu par les
sociétés de bourse. La bourse a initialement très mal
débuté en raison des trois facteurs principaux : la
facilité d'accès aux crédits et différentes aides
de l'Etat pour les entreprises, une rémunération
intéressante des dépôts auprès des banques et une
fiscalité très pesante pour les investissements en bourse.
Cependant, certaines réformes ont été
mises en lieu pour rendre la BVMT plus actif et rentable en attirant plus
d'investisseurs locaux et étrangers. En conséquence depuis
novembre 1995, la Bourse a modifié son statut en application de la loi
n° 94-117 du 14 novembre 1994, réorganisant le marché
financier en séparant particulièrement les fonctions de
contrôle et de gestion du marché. Ainsi, la régulation et
le contrôle du marché ont été livrés au
Conseil du marché financier, alors que la gestion du marché est
assurée par la Bourse qui se transforme, à partir du 15 novembre
1995, en une société anonyme dont le capital est souscrit,
strictement par les intermédiaires en bourse.
En octobre 1996, la Bourse de Tunis a vécu une vraie
transformation technologique en introduisant un système de cotation
électronique (NSC) à la place du système de cotation sur
panneaux. Ce système a été développé par la
Bourse de Paris. Il est utilisé actuellement dans plusieurs bourses
développées et émergentes dans le monde. À la fin
de l'année 2007, l'industrie technique de la Bourse a été
encore une fois modernisée par la mise en place d'une nouvelle version
de cotation électronique développée par NYSE/EURONEXT
« V900 ». Par la suite, en octobre 2008, la plage horaire de cotation
a été pratiquement doublé dont en la faisant passer de 2
heures 40 minutes à 5 heures 10 minutes, produisant ainsi de nouvelles
opportunités d'investissement.
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Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
3.1.1 Le système de cotation
La négociation des titres cotés en bourse se
fait sur une base totalement informatisé. Ce système de cotation
informatique a été développé par la
société Atos-Euronext selon le modèle de marché
centralisé et dirigé par les ordres.
La négociation des titres à la Bourse de Tunis
se réalise quotidiennement du lundi au vendredi. Depuis Octobre 2008, la
Bourse de Tunis a prolongé la durée de la séance de
cotation de 2h pour passer à 5 h 10 mn. Les marchés sont
désormais accessibles de 9 h à 14 h 10 mn. Les ordres d'achat et
de vente passés par les intervenants sont conduits par le système
de cotation pour être confrontés en fonction du degré de
liquidité du titre selon deux modes : Les titres les moins liquides sont
cotés selon le mode du fixing et les titres les plus liquides sont
cotés en continu. Ainsi, les valeurs cotées dans le
système sont divisées en groupe. Chaque groupe de valeurs
obéit aux mêmes règles de cotation.
? La cotation par Fixing sur la BVMT
La confrontation des ordres pour les valeurs cotées en
fixing se déroule de la manière suivante : Une phase de
pré-ouverture, de 9h à 10h, Au cours de laquelle les ordres sont
enregistrés dans la base sans donner lieu à des transactions. Le
système détermine un cours théorique d'ouverture qui
correspond au cours théorique d'équilibre à un instant
donné.
L'ouverture par un fixing se débute à 10h, le
système calcule alors le cours d'équilibre qui constitue le cours
d'ouverture unique et sert à l'accomplissement concret des
transactions.
? La cotation en contenu sur la BVMT
La confrontation des ordres sur les titres cotés en
continu se fait comme suit : une phase de pré-ouverture de 9h à
10h, au cours de cette phase, les ordres sont saisis sans donner lieu à
des transactions. Le système ne fait qu'afficher un cours
théorique d'ouverture.
Ainsi, pendant l'ouverture du fixing à 10h, le
système détermine un cours d'ouverture unique qui sert à
la réalisation effective des transactions. Après l'ouverture et
au cours de la séance, en continu (de 10h à 14h) l'arrivé
d'un ordre dans le système peut dégager une transaction
instantanée dès lors qu'il existe une limite compatible du
côté opposé. Par la suite, une phase d'accumulation des
ordres de 14h à 14h05 est déclenchée, dans cette phase les
ordres sont saisis sans provoquer des transactions, Le système ne
fait
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Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
qu'afficher un cours théorique d'ouverture qui
constitue le cours théorique d'équilibre à un instant
donné. Un fixing de clôture à 14h05 : le système
détermine alors le cours d'équilibre qui sert à la
réalisation effective des transactions, c'est le cours de
clôture.27
3.2 La création d'un marché de bloc sur la
bourse de Tunis
L'inaptitude des marchés centralisés à
offrir des conditions d'exécution parfaite aux blocs de titres a
poussé la plupart des bourses à travers le monde à
créer un marché spécifique pour les échanges de
bloc pour soutenir la liquidité du marché central. Le
marché de bloc ou encore le marché « upstairs » parait
plus intéressant car les investisseurs qui échangent pour des
motifs de liquidité se trouvent plus doués d'échanger un
bloc sur le marché upstairs au lieu de conduire une séquence
d'ordres de petite taille sur le marché central.
La Bourse de Tunis a créé son marché de
bloc en 1997. Au début, pour pouvoir y accéder les
autorités de marché ont mis en place des conditions assez
restrictives. Le marché de bloc tunisien n'était
opérationnel qu'un quart d'heure après la clôture du
marché central. En plus, à un certain temps les autorités
de bourse refuse les échanges de bloc lorsque le carnet présente
une liquidité suffisante, c'est l'obligation de
désintéressement du carnet, qui prévoyait que l'initiateur
d'un bloc devait servir tous les ordres présents en carnet qui
proposaient une limite de prix comprise entre le prix de marché et le
prix négocié .Cette condition est supprimée par la
règlementation du 15 avril 2008.
3.2.1 Modalités de réalisation des
transactions au marché de bloc
Le Principe de l'exécution d'un ordre en dehors du
carnet d'ordres central requiert l'accord explicite du client. La
négociation qui en découle doit être déclarée
à la Bourse. Les transactions de bloc sont déclarées
à la Bourse en utilisant soit le module «Trading Confirmation
System -TCS», soit tout autre moyen mis en place par la Bourse. Ainsi, les
horaires de déclaration des transactions sur TCS sont fixés par
avis de la Bourse. Les échanges de bloc sont acceptés dans les
conditions suivantes de prix :
- Pour les titres négociées en continu, à
un cours égal au cours de clôture de la journée,
diminué ou augmenté d'une marge fixée ci-après.
27 La négociation au dernier cours se
déroule de 14h05 à 14h10 au cours de clôture. Dans cette
phase, les ordres passés dans le système seront
négociés au cours de clôture.
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Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
- Pour les valeurs négociées au fixing, à
un cours égal au cours de clôture de la journée,
diminué ou augmenté d'une marge fixée ci-après.
- Pour les droits de souscription, à n'importe quel
cours supérieur ou égal au cours de clôture de la
journée.
- Pour les titres de créance, à un cours
égal au cours de clôture de la journée, diminué ou
augmenté d'une marge de 0,5%.
Pour les valeurs négociées en continu, le cours
de clôture de la journée est celui issu du fixing de
clôture. En l'absence de cotation lors du fixing de clôture, le
dernier cours traité lors de la phase principale de négociation
en continu est considéré comme le cours de clôture. De
même en l'absence de cours coté au cours de la phase principale de
négociation en continu, le dernier cours coté sera le dernier
cours connu ajusté, le cas échéant, des opérations
sur titres (cours de référence de la journée de
négociation).
Pour les valeurs négociées au fixing, le cours
de clôture est celui issu du dernier fixing. Dans le cas où le
titre n'est pas coté lors du dernier fixing, le cours traité lors
du premier fixing est considéré comme le cours de clôture.
Il peut y arriver ainsi que le titre échangé n'a pas pu
être coté durant la journée de négociation, de ce
fait le cours de clôture est le dernier cours connu ajusté et
défini comme un cours de référence.
Il est à noter que sur la Bourse de Tunis, les
transactions de bloc (de gré à gré) sont autorisées
qu'à l'issue de la clôture de la séance de bourse. Ainsi,
la bourse peut limiter pour chaque phase, les valeurs éligibles à
la négociation de bloc. Dès qu'elle est saisie, une
déclaration avec contrepartie reçoit par TCS. Elle peut
être soit acceptée, soit refusée par la contrepartie. Si,
elle n'est pas confirmée par la contrepartie dans un délai de
quinze minutes, elle s'expire automatiquement. Aussi bien, une
déclaration peut être annulée par le déclarant,
avant sa confirmation par la contrepartie, et pour être valable, les
transactions de bloc doivent être déclarées à la
Bourse dans les conditions techniques et les délais fixés par
avis.28
28 Si deux intermédiaires en bourse sont
parties prenantes à l'opération, ils sont tenus de
procéder chacun, à la déclaration.
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Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
3.2.2 Evolution de la réglementation des
transactions de blocs sur la BVMT
Selon la réglementation en vigueur n'est
considérée comme transaction de bloc que celles
réalisées hors marché central et qui répond
à certaines conditions, en particulier en matière de taille
minimale.
Le tableau suivant nous récapitule les principales
évolutions des conditions relatives aux transactions de blocs en
matière de taille, de prix, de temps de réalisation et des
contraintes particulières.
Tableau 3.1 Evolution de la règlementation des
transactions de blocs sur la BVMT
|
Montant de la tran- saction
|
Horaire d'exécution de la transaction
|
Conditions sur le prix du bloc
|
Autres conditions
|
|
|
|
Pour les titres du continu, le prix est égal à la
meilleure
offre ou à la
|
Le cumul de l'offre ou de la demande à la clôture
doit être inférieur à la quanti-
|
|
|
A l'issue de la
|
meilleure
|
té de la
|
13-021997/
|
Supérieur à
|
séance de
|
demande ou à
|
transaction de
|
24-10-2000
|
100000 dinars
|
négociation
|
un prix situé entre ces deux limites. Ce prix est
diminué ou augmenté
d'une marge de 1,5%
|
bloc et pour les titres sur le continu, la quantité
traitée sur le marché doit représenter au moins 10% de la
taille du bloc
|
|
|
|
Pour les titres sur le continu, le prix est
égal
|
La valeur doit être transigée durant la
séance
|
25-10-2000
|
Fixé par la
|
|
à la meilleure
|
de bourse pour
|
/ 24 -09-
|
bourse et
|
|
offre ou
|
que la
|
2005
|
supérieur à
|
|
demande à la
|
transaction de
|
|
100000 dinars
|
|
clôture majoré
|
bloc soit
|
|
et à 50000 titres
|
|
ou minoré de 1,5%
|
possible
|
31-10-
|
|
|
Le prix est égal
|
|
2007 /15-
|
|
|
au cours de
|
|
04-
|
|
|
clôture de la
|
|
2008
|
|
|
journée diminué ou
augmenté d'une marge
|
|
|
|
|
Sont interdite les
transactions pour le compte
|
16-04-
|
|
|
variable en
|
d'OPCVM et
|
2008/01-06-
|
Supérieur à 100000
|
|
fonction du
|
les transactions
|
2008
|
dinars
|
|
montant minimal du bloc (1%, 5%, 10% pour les transactions
supérieures à 1,
|
entre les comptes gérés de clients et les comptes
des actionnaires des intermédiaires
|
Page 69
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
|
|
Avant
|
|
|
02-06-2008
|
|
l'ouverture de
|
5, 10 fois ce
|
|
/
|
|
la séance,
|
montant)
|
|
30-06-2008
|
|
durant la séance de négociation en continu et
à l'issue de la clôture
|
|
|
Depuis le
|
|
A l'issue de la
|
|
|
01-07-2008
|
|
séance de négociation
|
|
|
3.3 La collecte des données sur les transactions
de blocs à la clôture de la séance
La bourse de Tunis précise dans son bulletin quotidien
outre la date de la séance, le cours d'ouverture, le cours de
clôture, le cours le plus bas, le cours le plus haut, le volume
échangé ainsi que la capitalisation boursière quotidienne
et ce pour l'ensemble des valeurs cotées.
En plus des bulletins quotidiens, nous avons pu
récupérer l'historique de toutes les transactions de bloc
réalisées en « upstairs » pour la période qui
s'étale du 21 janvier 2003 jusqu'au 21 décembre 2012. Les
informations recueillies présente pour chaque échange de bloc, la
date, le code de l'instrument financier, l'intitulé du l'actif
concerné, le nombre des titres échangés ainsi que le cours
de l'échange. Nos données recueillies ne contiennent pas l'heure
précise de la transaction de bloc. Dans ce cadre, et en absence des
données intraday, il n'est pas possible de savoir à quelle heure
est eu l'échange de bloc. De ce fait notre travail se base sur des
données interday.
3.4 Description de l'échantillon
L'échantillon initial de notre étude est
composé de 408 blocs, sur une période de 10 ans à compter
de janvier 2003 et portant sur 41 titres sur la BVMT.
Le tableau 3.1 présente une répartition des
transactions de bloc par année et par mois. La fréquence des
transactions de bloc en upstairs sur la BVMT reste toujours négligeable
par rapport aux autres marchés développés, même
émergents. La moyenne des transactions par mois est de 3.39 (une moyenne
très faible). Les derniers mois de l'année paraissent les mois
les plus actifs au niveau des échanges en bloc. Les deux plus grandes
moyennes sont pour le mois de novembre et de décembre avec plus de 5 et
6 échanges de bloc respectivement pour ces deux mois. De plus, le nombre
des transactions de bloc va en augmentant d'une année à
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
autre (voir tableau 3.1). En 2003, la bourse a
enregistré seulement 20 échanges de bloc hors-carnet contre 64
échange en 2009 et 68 en 2010. Cette augmentation remarquable des
nombres des opérations de bloc sur le marché upstairs peut
être bien évidement le résultat de la suppression de
l'obligation de désintéressement du marché central pour
les échanges réalisés hors-carnet.29La figure
3.1 illustre l'évolution du volume moyen des échanges de bloc
réalisés hors-carnet par année. Les années 2008 et
2009 enregistrent les volumes les plus élevés des transactions de
bloc en upstairs pour la période de l'étude.
Les titres les plus échangés en bloc
appartiennent majoritairement au secteur financier (spécialement au
secteur bancaire). Les actions BIAT et BH sont les titres plus
échangés dans des opérations de bloc 44 et 34
échanges respectivement pour les deux actions. Le tableau 3.2 rapporte
la répartition des transactions de bloc réalisées
hors-carnet par titre et par année.
Tableau 3.2 Répartition des blocs par année
et par mois
Ce tableau rapporte le nombre des transactions de bloc
réalisées en hors-carnet sur la bourse de Tunis par année
et par mois sur la période de 21/01/203 jusqu'au 21/12/2012.
Répartition des blocs par année et par
mois
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Janvier Février Mars
Avril MAI juin
Juillet
AOUT
Septembre
|
2003
1
0
2 2 0 1 1
1
|
2004 1 1 1
1
2
3
5
4
|
2005
4
4
1
0
0
2
7
2
|
2006
3
1
3
4
6
5
3
1
|
2007
4
2
1
1
1
2
0
1
|
2008
0
1
1
3
5
2
3
6
|
2009
4
5
5
13
3
2
4
4
|
2010
2
0
7
7
2
4
4
0
|
2011 2012 Total
2 2
4 0
2 1
1 4
2 5
2 0
4 0
4 3
|
23
18
24 36 26 23
31 26
|
2,3
1,8
2,4
|
Total
20
27
26
37
38
58
64
68
37 32
407
29 Voir tableau 2.1 évolution de la
règlementation des transactions de blocs sur la BVMT
Moyenne
3,6 2,6 2,3 3,1
2,6 4,5 3,8 5,1 6,6
40,7
Page 70
Page 71
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
Tableau 3.2 Répartition des transactions de bloc
par titre et par année
Répartition des blocs par année et par
titre
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
valeur
|
total
|
|
2003
|
2004
|
2005
|
2006
|
2007
|
2008
|
2009
|
2010
|
2011
|
|
AIR Liq
|
|
3
|
|
|
1
|
|
|
|
|
|
|
2
|
Amen Bank
|
|
14
|
|
|
|
|
1
|
5
|
3
|
1
|
1
|
3
|
AMS
|
|
1
|
|
|
|
|
|
|
|
1
|
|
|
Artes
|
|
7
|
|
|
|
|
|
1
|
3
|
1
|
2
|
|
ASSAD
|
|
4
|
|
|
2
|
|
|
1
|
|
|
1
|
|
ASTREE
|
|
8
|
2
|
1
|
4
|
1
|
|
|
|
|
|
|
ATB
|
|
6
|
|
1
|
|
|
1
|
2
|
1
|
1
|
|
|
ATTIJARI
|
|
12
|
|
|
|
|
1
|
2
|
4
|
2
|
2
|
1
|
BH
|
|
34
|
2
|
2
|
2
|
11
|
2
|
6
|
4
|
2
|
2
|
1
|
BIAT
|
|
44
|
6
|
2
|
2
|
8
|
6
|
6
|
5
|
5
|
2
|
1
|
BNA
|
|
3
|
|
|
|
|
|
1
|
|
1
|
|
1
|
BS
|
|
6
|
|
|
6
|
|
|
|
|
|
|
|
BT
|
|
14
|
|
3
|
|
|
1
|
9
|
|
1
|
|
|
Carthag
|
|
19
|
|
|
|
|
|
|
|
9
|
9
|
1
|
CIL
|
|
9
|
|
|
|
3
|
1
|
|
|
4
|
|
1
|
EL Mazraa
|
|
1
|
|
|
|
|
|
1
|
|
|
|
|
ELWIFAK
|
|
5
|
|
|
|
1
|
1
|
1
|
1
|
1
|
|
|
ENNAKL
|
|
12
|
|
|
|
|
|
|
|
8
|
2
|
2
|
GENERAL
|
|
1
|
|
|
|
|
1
|
|
|
|
|
|
GIF
|
|
1
|
|
|
|
|
|
|
1
|
|
|
|
karthag
|
|
5
|
|
|
3
|
|
1
|
1
|
|
|
|
|
Magasin
|
|
14
|
|
3
|
|
1
|
|
1
|
4
|
1
|
1
|
3
|
Monoprix
|
|
3
|
1
|
|
|
|
1
|
|
|
|
|
1
|
poulina
|
|
30
|
|
|
|
|
|
7
|
5
|
10
|
2
|
6
|
SFBT
|
|
12
|
1
|
|
1
|
|
3
|
|
2
|
2
|
1
|
2
|
SIAMME
|
|
12
|
|
3
|
|
3
|
1
|
|
5
|
|
|
|
SITEX
|
|
1
|
|
|
|
|
|
|
1
|
|
|
|
SOMOCER
|
|
30
|
2
|
6
|
1
|
|
2
|
1
|
4
|
4
|
9
|
1
|
SOPAT
|
|
2
|
|
|
|
|
|
|
2
|
|
|
|
SOTETEL
|
|
1
|
|
|
|
|
|
|
1
|
|
|
|
SOTUVER
|
|
6
|
|
1
|
1
|
|
|
1
|
1
|
1
|
|
|
SPDIT-S
|
|
4
|
1
|
|
|
3
|
|
|
|
|
|
|
STAR
|
|
5
|
|
|
|
|
|
1
|
|
4
|
|
|
STB
|
|
6
|
3
|
|
|
2
|
|
1
|
|
|
|
|
STEQ
|
|
5
|
|
|
1
|
1
|
|
|
|
3
|
|
1
|
TELNET
|
|
1
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
TPR
|
|
15
|
|
|
|
|
8
|
3
|
2
|
|
|
|
TUNIS R
|
|
1
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
TUNISAIR
|
|
3
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Page 72
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
Figure 3.1 Evolution du volume moyen des échanges
de bloc hors-carnet par année

3.5 Méthodologie
Le marché de bloc tunisien est
caractérisé par l'exécution des échanges de
très grande taille qui sont irréalisables au niveau de carnet. En
effet, un nombre restreint des chercheurs ont examiné
spécifiquement le cas du marché tunisien.30De ce fait,
en actualisant les données de marché à l'aube des
dernières réglementations, nous examinons l'impact de ces
transactions sur le mouvement de prix au niveau du marché central.
L'impact sur les prix est décomposé en trois effets principaux
tel que l'effet temporaire, l'effet permanant et l'effet total.
3.5.1 Décomposition de l'impact prix des
transactions de bloc
Théoriquement, un échange de bloc est
effectué à un prix moins favorable pour l'initiateur qu'une
transaction de taille réduite car il doit prendre en
considération des reposi-tionnements en termes d'inventaire, des
coûts de recherche de contrepartie, des primes reliées
30 Voir Monia Antar Limem et Jilani Faouzi, (2012)
Page 73
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
à l'asymétrie d'information et du temps
préservé pour le marché afin d'absorber l'échange.
Ces différents impacts de distribution et de liquidité sont
qualifiés de court terme ou temporaires car ils n'affectent pas
durablement le prix des actifs. L'effet permanent fait référence
à un choc durable suite à une transaction de bloc.
Généralement, un bloc d'achat sera ainsi suivi
par une hausse des prix sans que ces derniers ne reviennent complètement
au niveau affiché avant la transaction du fait de l'incorporation des
nouvelles informations révélées par la
transaction.31
Le contenu informationnel du bloc se mesure en comparant les
changements d'équilibre associés à l'échange et
donc en calculant le rapport entre le prix d'équilibre du marché
ex-post, une fois les effets transitoires éliminés et le
marché stabilisé, et le prix d'équilibre ex-ante qui va
tenir compte des possibles fuites informationnelle concernant la
négociation du bloc.
Les effets temporaires sont les conséquences des effets
de distorsion de la liquidité et aux délais d'absorption de
l'échange par le marché vont, quant à eux, être
estimés en comparant le prix de la transaction de bloc, intégrant
les commissions implicites retenues par l'intermédiaire chargé de
l'opération dans le cas d'une transaction négociée sous la
forme d'un prix moins avantageux que celui en vigueur sur le marché, et
le prix en vigueur sur le marché une fois l'intégralité de
l'information contenue dans le bloc incorporée.
Ainsi, les calculs des prix d'équilibres
post-transaction et pré-transaction posent quelques problèmes.
[Burdett et O'Hara, 1987] montrent que les investisseurs contactés par
l'intermédiaire (chargé de la négociation de bloc), et qui
décident en fin de ne pas participer à l'opération peuvent
systématiquement exploiter de l'ensemble d'information contenu dans
l'échange. Les auteurs montrent que la déclaration du bloc n'a
aucun effet sur le prix.
[Booth, et al. , 2002] affirment qu'en cours de la
négociation de l'échange de bloc, des fuites informationnelles
s'intègre dans le prix pré-transactionnel. De ce fait ils
considèrent les logarithmes des trois prix suivant :????, ????-?? et
????+??. Ce sont les prix des transactions ayant lieu à l'instant
t, jéme transaction précédent celle de
l'instant t et de la séme transaction suivant celle
à l'instant t. Le choix des dates j et s dépend
particulièrement de l'étendu des fuites informationnelles avant
la réalisation du bloc et le temps réservé au
marché pour absorber
31 L'identification de l'incitateur de bloc est sujet
du paragraphe suivant
Page 74
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
l'échange. Dans ce cadre, [Booth et al, 2002]
choisissent de travailler avec j =5 et s=3 en
procédant à une analyse échange par échange.
Pour le présent travail, en absence des données
intraday, pour calculer les impacts des prix des transactions de bloc pour le
cas tunisien, nous devons suivre les auteurs qui ont travaillé sur des
données interday tel que, [Kiem et Madhavan, 1996 ; Ghysels et
Cherkaoui, 2003 ; Gottarado et Murgia, 2003 et Bill Hu, Christine Jiang et
Longzhen Fant, 2012] qui estiment les impacts sur les prix en utilisant les
cours de clôtures.
Les impacts des échanges de bloc seront estimés
comme indiqué ci-dessous :
Impact temporaire = Ln (????
????)
Impact permanant = Ln (????
????)
Impact total = Ln (????
????)
Avec ???? est le prix d'équilibre
pré-transaction, ???? est le prix de la transaction de bloc et ???? est
le prix d'équilibre post-transaction.
Le tableau 3.3 définit les différentes mesures
des impacts prix des échanges de bloc réalisés hors carnet
sur les prix des actifs. Il est à noter que dans certaines recherches
les impacts prix sont calculés autrement, quelques auteurs ont
employé le logarithme népérien de la différence
entre le prix de la transaction et les prix de référence avant et
après l'exécution de bloc. [Voir notamment Bessembinder et
Venkatarman, 2000 et Riva, 2000].
3.5.2 Détermination de l'initiateur de
bloc
Les travaux empiriques antérieurs ont constaté
une asymétrie au niveau des impacts prix des transactions de bloc entre
les blocs initiés par des acheteurs et ceux initiés par des
vendeurs. [Voir Aiteken et frino, 1996 et Bessembinder et Venkataraman, 2004].
Pour ce fait, il est indispensable de diviser l'échantillon afin de
neutraliser les impacts prix pour les blocs vendus et les blocs achetés.
Dans la suite, l'échantillon principal sera décomposé en
deux sous échantillons à savoir les blocs d'achats et les blocs
de ventes.
Page 75
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
Toutefois, plusieurs méthodes ont été
établies pour l'identification des initiateurs de blocs. La
littérature n'admet aucune règle certaine pour identifier le sens
d'un bloc exécuté sur le marché upstairs.
Dans ce cadre, [Booth et al. , 2002] utilisent la
méthode de « tick test » pour classifier les transactions de
blocs en blocs acheteurs et blocs vendeur. Les auteurs voient que les
transactions de bloc exécutées à un cours inférieur
au cours de clôture de la veille seront identifiées comme
étant des blocs vendeurs. D'un autre côté, si un
échange de bloc s'effectue à un cours favorable au cours de
clôture de la veille, il sera considéré comme un bloc
acheteur. Les blocs effectués à un cours égale au cours de
clôture de la veille seront retirés de l'échantillon. Une
autre méthode est utilisée par [Frino et al. , 2005 et Berkman et
al. , 2005]. Dans ce cadre, les échanges de bloc exécutés
au meilleur Ask sont supposés initiés par un acheteur et les
blocs échangés au meilleur Bid sont considérés
comme étant des blocs vendeur. [Martinez et al. , 2005] utilisent le
logarithme du tick test, les auteurs affirment que cette méthode permet
de consommer moins d'informations que les règles
précédentes. Dans notre travail, nous suivrons [Booth et al. ,
2002] en utilisant la méthode de tick test.
La figure 3.2 illustre d'une manière simplifiée
l'évolution du cours de titre « Tunisie leasing » avant et
après une transaction de bloc effectuée le 7/06/2004. En
appliquant la méthode de tick test pour identifier l'initiateur de bloc,
cet échange est considéré comme étant un bloc
acheteur puisque le cours de la veille (22.86 Dt) est inférieur au cours
de la transaction (23.5 Dt). Dans ce cas nous supposons que l'initiateur de
bloc payera une prime afin d'acquérir le bloc.
En effet, la négociation de cette transaction de bloc
(d'achat) a commencé lorsque le prix du titre au continu est égal
à 21.6 Dt. Durant la phase suivante, les fuites informationnelles
liées à la négociation de l'échange hors-carnet
provoquent déjà une réaction du marché, ce dernier
commençant à incorporer l'information au sein des prix
jusqu'à atteindre 22.86 Dt, une séance juste avant
l'exécution effective de la transaction. En fin, l'échange de
bloc est exécuté à 23.5 Dt. Ce cours conclu est
considéré comme étant un prix défavorable par
rapport aux conditions du marché car il incorpore les délais et
coûts des services d'exécution relatifs aux transactions
exécutées en upstairs.
Une fois l'échange de bloc effectué, le reste du
contenu informationnel lié à la transaction est incorporé
au prix du marché, bruité cependant par la volatilité
transitoire incombant à
Page 76
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
l'absorption du bloc et qui diminue progressivement
jusqu'à l'atteinte du prix d'équilibre (21.98 Dt). Dans ce simple
exemple, l'impact permanent se calcule en comparant les changements des prix en
vigueur sur le marché une fois ce dernier stabilisé : 21.98/21.6
= 1.017. L'impact temporaire se calcule en comparant le prix du bloc, qui
comprend les coûts liés aux problèmes de liquidité
temporaires, au nouvel prix d'équilibre incorporant les nouvelles
informations : 23.5/21.98 = 1.069. En fin, l'impact total mesure l'effet global
de marché du bloc dans son intégralité et les coûts
d'exécution implicites que celui-ci a dû supporter : 23.5/21.6 =
1.087
Figure 3.2 : Illustation de l'évolution des prix
d'un actif avant et aprés un échange de bloc
prix

21.6
21.98
23.54 23.5
23.5
22.86
Pt -20 Pt-6 Pt-3 Pt-1 Pb Pt+1 Pt+3 Pt+6 Pt+20
Avec : ???? le prix auquel la transaction de bloc a
été effectuée.
????-20,pt-6, pt-3,pt-1 sont les prix prélevés
du carnet avant la transaction de bloc, dans des laps de temps
déterminés prenant en compte les possibilités de fuites
liées au temps de mise en oeuvre de la transaction de bloc.
????+1, ????+3, ????+6, ????+20 sont les prix
prélevés du carnet après l'exécution de la
transaction
de bloc, dans des laps de temps permettant l'absorption de
l'échange par le marché et l'intégration définitive
des changements d'anticipations au sein des prix.
Page 77
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
Tableau 3.3 Détermination des impacts prix des
transactions de bloc
Le tableau ci-dessous définit les impacts des
transactions de bloc sur les prix des actifs. Les impacts prix sont
décomposés en des impacts temporaires, permanant et totaux.
Impacts temporaires = ???? (????
????)
|
???? ( ????
?? ) ???? ( ??? ??? ) ???? (??? ??? ) ???? (
????
?? )
????+?? ????+?? ????+?? ????+????
Impacts Permanents = ???? (????)
??
|
??
t+1 ???? (????+??
?? ??
?? ) ???? (????+?? ?? ) ???? ( ????+??
??
?? ) ???? (????+?? ?? )
????-?? ????-?? ????-?? ????-???? ??
t+3 ???? (????+??
?? ??
?? ) ???? (????+?? ?? ) ???? ( ????+??
??
?? ) ???? (????+?? ?? )
????-?? ????-?? ????-?? ????-???? ??
t+6 ???? (????+??
?? ??
?? ) ???? (????+?? ?? ) ???? ( ????+??
??
?? ) ???? (????+?? ?? )
????-?? ????-?? ????-?? ????-???? ??
t+20 ???? (????+????
?? ??
?? ) ???? (????+???? ?? ) ???? (????+????
??
?? ) ???? (????+???? ?? )
????-?? ????-?? ????-?? ????-????
Impact total = ???? (????)
????
|
???? ( ?????? ) ???? ( ??? ??? ) ???? ( ???
??? ) ???? ( ????
?? )
????-?? ????-?? ????-?? ????-????
Page 78
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
3.6 Interprétation des
résultats
Les résultats affichés dans les tableaux 3.4 et
3.5 montrent que l'impact total des échanges de bloc vendeurs est
globalement négatif et significatif ce qui implique que les prix des
actifs ayant des échanges de blocs vendeurs diminuent avant la
réalisation du bloc.
La diminution des cours commençait déjà
avant un mois de l'échange de bloc (vingt séance
boursières), une diminution progressive et significative juste avant la
réalisation du bloc peut être suite à des fuites
informationnelles concernant la transaction au cours de la négociation
en upstairs. La baisse des prix des titres échangés en bloc
poursuit significativement avec un retour des prix aussi significatif trois
séance après le bloc.
En revanche, l'impact permanant est positif et non
significatif. Ainsi, les effets temporaires sont globalement négatifs et
significatifs. Il s'apparait donc que les échanges de bloc vendeurs sont
accompagnés par une baisse temporaire des prix.
Concernant les blocs acheteurs, l'impact total est positif et
significatif. Ce résultat confirme l'hypothèse que les prix des
titres ayant des échanges de bloc acheteurs augmentent progressivement
avant la réalisation de la transaction. Ainsi, l'impact temporaire est
globalement positif et significatif. Les résultats montrent que l'effet
temporaire pour une séance juste après l'échange de bloc
est non significatif. C'est-à-dire qu'il n'y pas un retour
immédiat des prix une séance après l'échange de
bloc. En fin, l'impact permanant est globalement positif et significatif. Ce
dernier décrit l'augmentation progressive des prix vingt séances
avant la transaction de bloc.
Nos résultats montrent que les blocs acheteurs sont
accompagnés par des impacts permanents positifs et significatifs alors
que les blocs vendeurs donnent lieu à des impacts temporaires
négatifs et significatifs. L'hypothèse d'asymétrie entre
les blocs vendeurs et les blocs acheteurs est confirmé. Ces mêmes
résultats ont été trouvés par [Gemmil, 1996].
Ainsi, les impacts des prix sont plus élevés
pour les ventes de bloc que pour les achats de bloc. Résultats
similaires pour [Aitken et Frino, 1996 ; Eric Ghysels, Mouna Cherkaouiet, 2003
; Bessembinder et Venkataraman, 2004 et Bill Hu, Christine Jiang, et Longzhen
Fant, 201]. [Madhavan et Cheng, 1997, Barber et al. , 2009] contredirent ces
résultats.
Page 79
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
Tableau 3.4 Impacts temporaires et permanents des
échanges de blocs vendeurs réalisés hors
carnet
Ce tableau synthétise les moyennes des impacts prix des
échanges de bloc vendeurs acheminés en hors carnets sur la BVMT
du 21/01/2003 au 14/12/2012. Les t de student sont relatifs aux tests selon
lesquels les impacts prix seront nuls. *, **, *** désignent
respectivement les seuils de significa-tivité de 10%, 5% et 1%.
Impacts des blocs vendeur
T T-1 T-3 T-6 T-20
Impacts temporaires
T+1
|
-9,17
|
%
|
***
|
(-5,03)
|
T+3
|
-10,02
|
%
|
***
|
(-5,40)
|
T+6
|
-10,06
|
%
|
***
|
(-5,41)
|
T+20
|
-10,56%
|
***
|
(-5,48)
|
Impacts permanents
T+1 T+3 T+6
|
-0,23% (-0,67) 0,57 %** (2,32) 0,55%
|
2,10% (1) 2,94% (1,4) 2,92%
|
-0,18% (-0,11) 0,60% (0,43) 0,59%
|
2%*** (3,22) 2,81 %*** (4,16) 2,8 %***
|
|
(1,38)
|
(1,36)
|
(0,4)
|
(3,45)
|
T+20
|
1,07 % *
|
3,43%
|
1,11%
|
3,33 %***
|
|
(1.81)
|
(1.55)
|
(0.69)
|
(3.56)
|
Impacts totaux
|
|
|
|
|
|
-9,54%***
|
-7,49%**
|
-9,49%***
|
7,19%***
|
|
(-5,1)
|
(-2,54)
|
(-4,16)
|
(3,66)
|
Page 80
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
Tableau 3.5 Impacts temporaires et permanents des
échanges de blocs acheteurs réalisés
hors carnet
Ce tableau synthétise les moyennes des impacts prix des
échanges de bloc acheteurs acheminés en hors carnets sur la BVMT
du 29/09/2003 au 21/12/2012. Les t de student sont relatifs aux tests selon
lesquels les impacts prix seront nuls. *, **, *** désignent
respectivement les seuils de significa-tivité de 10%, 5% et 1%.
Impacts des blocs acheteurs
T T-1 T-3 T-6 T-20
Impacts temporaires
T+1
|
3,9
|
%
|
|
(0,36)
|
T+3
|
1,7
|
%
|
**
|
(2,32)
|
T+6
|
4,4
|
%
|
***
|
(4,46)
|
T+20 5,63 % ***(4,92)
Impacts permanents T+1
T+3
|
2,78 %***
(7,11)
3,66 % ***
(7,29)
|
3,84% *** (5,007) 4,31 % *** (5,57)
|
2,08% **
(2,18)
2,62 % **
(2,66)
|
3,4% *** (3,1) 3,87 % *** (3,55)
|
T+6
|
3,71 % ***
|
4,78 % ***
|
3,01 % ***
|
14,78% ***
|
|
(6,61)
|
(5,7)
|
(2,89)
|
(3,68)
|
T+20
|
4,39 % ***
|
5,44 % ***
|
3,34 %**
|
5,05 % ***
|
|
(4,78)
|
(4,76)
|
(4,63)
|
(4,48)
|
Impacts totaux
|
|
|
|
|
|
5,05 % ***
|
6,11 % ***
|
4,44 % ***
|
5,63 % ***
|
|
(7,05)
|
(6,59)
|
(4,46)
|
(4,92)
|
Page 81
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
Section 4 : Evaluation et contenu informationnel des
transactions de bloc
4.1 Asymétrie d'information, risque de la
sélection adverse
L'asymétrie d'information permet d'analyser les
comportements des intervenants sur le marché dans des situations
distinctes. Le plus clair du temps, on constate que sur un marché, un
des deux contreparties dispose d'une meilleure information, il en sait plus que
l'autre sur les conditions de l'échange (rendement de l'actif, valeur
fondamentale...). Ce qui contredit donc l'hypothèse de transparence des
marchés financiers en matière d'information dans le modèle
standard de concurrence pure et parfaite. Des investisseurs rationnels qui
maximisent leur utilité, sont par conséquent prêts à
procéder des comportements stratégiques et opportunistes qui
risquent d'exposer le fonctionnement efficace du marché.
En effet, l'asymétrie informationnelle se distingue par
deux situations différentes : d'une part l'anti-sélection,
appelée aussi sélection adverse, où le marché est
perturbée par le fait qu'une partie connaît mieux les
caractéristiques du l'actif échangé au moment de la
transaction et d'autre part, l'aléa moral qui est une situation dans
laquelle une des contreparties ne peut contrôler l'action de l'autre
partie ou bien n'a pas les moyens d'en évaluer l'opportunité.
La sélection adverse est le résultat d'un
problème d'asymétrie informationnelle qui se déclare au
moment de la transaction. Dans le cadre d'un marché dirigé par
les ordres, un ordre à cours limité a un risque d'être
apparié avec un ordre au marché soumis par un agent qui
possède une information privée sur la valeur fondamentale du
titre.
De même, un ordre à cours limité de vente
peut ainsi être exécuté par un agent ayant reçu une
bonne nouvelle peut influencer positivement le prix du titre. Par
conséquent, l'exécution d'un ordre de vente (d'achat) peut
signaler que son prix est sous-évalué
(surévalué).
Ainsi, l'impact de la sélection adverse augmente avec
la taille de l'échange, plus le volume de la transaction est important
plus la probabilité de la sélection adverse
s'élève. Chaque intervenant cherchera donc à minimiser le
risque de l'opération. De ce fait, un initiateur acheteur dans un large
échange payera une prime de bloc, par contre un vendeur de bloc est
contraint d'escompter la valeur de son bloc d'action.
Page 82
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
[Glosten et Milgrom, 1985] montrent que l'investisseur non
informé risque à tout moment d'effectuer des transactions avec
des investisseurs susceptibles d'être mieux informés que lui. Pour
ce fait, il fixe des prix plus ou moins élevés afin de maximiser
son profit qui n'est autre que la différence entre les gains
réalisés avec les agents non informés et les pertes
enregistrées dans ses échanges réalisés avec les
informés.
4.2 Le contenu informationnel des larges
échanges
En théorie, la principale hypothèse des
modèles qui expliquent le processus de formation des prix et des
quantités dans un contexte d'asymétrie d'information est que les
larges transactions transportent plus d'information privée.
Ainsi, les agents qui détiennent des informations
privées, sont conscients de la transparence de leurs ordres. Par
conséquent, ils prennent en considération, dans la constitution
de leurs ordres, le fait que ceux-ci peuvent révéler de
l'information. Un tel comportement définit comme stratégique de
la part des agents informés par [Kyle, 1985].
[Seppi, 1990] montre que la coexistence d'un marché
principal (downstairs market) et d'un marché de bloc (upstairs market)
est considérée comme étant un cas particulier de
marchés parallèles. L'auteur considère un jeu
multi-périodique à horizon bien déterminé où
participent quatre types d'agents neutres au risque.
Des « petits » agents non-informés qui
exécutent leurs ordres sur le marché downstairs (le marché
anonyme), un groupe de spécialistes est en concurrence sur le
marché principal, un groupe de teneurs de marché est en
concurrence sur un marché upstairs ; ces agents absorbent les
échanges de bloc à partir de leur propre stock. Finalement, un
investisseur institutionnel stratégique découvre sa
catégorie, informé ou non informé avant le début du
jeu et fait face au choix suivant : soumettre un bloc aux teneurs de
marché au temps 0 ou passer une série d'ordres sur le
marché central.
L'absence d'anonymat sur le marché de bloc permet de
faire respecter un contrat de la part de l'institutionnel à ne pas
traiter d'autres titres tant que le teneur de marché n'a pas
détourné sa position acquise dans l'échange de bloc, et
ceci via une pénalité appliquée en cas de non respect.
Page 83
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
D'un autre côté, Seppi démontre
l'existence de deux types d'équilibre : un équilibre
séparateur où l'institutionnel traite par blocs s'il doit
reconstituer son portefeuille et s'adresse au marché central s'il est
informé ; un autre équilibre partiellement non séparateur
peut avoir lieu, où un institutionnel non informé choisit le
marché upstairs, tandis qu'un informé adopte une stratégie
mixte entre le marché des upstairs et le marché downstairs.
Empiriquement, [Madhavan & Cheng, 1997] fournissent des
résultats qui soutiennent les travaux de [Seppi, 1990]. Les auteurs
examinent les échanges de blocs exécutés sur les
marchés upstairs et downstairs pour une trentaine de titres composant
l'indice Dow Jones. Ils trouvent que les effets de prix des larges transactions
sont plus faibles sur le marché des blocs. Ce résultat confirme
l'hypothèse que le marché upstairs est employé
particulièrement par des investisseurs qui peuvent signaler de
façon crédible que leurs échanges ne sont pas
informés. En ce sens plus la taille est grande plus
l'intermédiation upstairs est préconisée afin de diminuer
l'asymétrie informationnelle. Des résultats similaires sont
obtenus par [Smith et al. , 2001, Booth et al. , 2002 et Bessembinder &
Venkataraman , 2004] respectivement sur le TSX, le Helsinki Stock Exchange et
la Bourse de Paris.
[Grossman, 1992] s'est concentré sur le rôle
joué par le marché upstairs dans la réduction des couts et
des prix des transactions. L'auteur affirme que les brokers en upstairs ont
l'aptitude de dévoiler la demande non exprimée des grands
investisseurs. Ceci pousse ces derniers à acheminer leurs ordres sur le
marché de bloc afin de minimiser les couts prévues être
supportés par le marché central. De ce fait, l'initiateur d'un
bloc hors-carnet bénéficiera de la différence entre le
prix coté sur le marché de référence (le
marché central) et le prix de la transaction réalisée en
gré à gré (en upstairs).
4.3 Échanges de bloc et transparence des
marchés
Dans le contexte d'efficience des marchés financier, la
transparence du marché est expliquée par la diffusion
instantanée d'informations sur les transactions qui ont eu
lieu.32Or cette, définition ne traduit pas réellement
le vrai processus d'échange et de formation de prix. Dans ce cadre
certaines questions doivent être posées et réclamées
afin de qualifier un marché comme transparent ; quel est le prix et la
quantité des dernières transactions ou l'identité des
32 E. Fama (1970) « Un marché financier
est dit efficient si et seulement si l'ensemble des informations disponibles
concernant chaque actif financier coté sur ce marché est
immédiatement intégré dans le prix de cet actif »
Page 84
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
intervenants impliquées ? Y a-t-il un délai dans
la diffusion des échanges ? Les intervenants ont-ils connaissance des
meilleurs prix d'achat et de vente ? Connaissent-ils le volume d'actions qui
peuvent être traitées à ces prix? Peut-on introduire des
ordres avec quantité cachée ? L'information, va-t-elle
divulguée uniquement aux offreurs de liquidité, ou à tous
les intervenants sur le marché ? Les réponses des questions
précédentes nous confirme l'inaptitude d'avoir un marché
parfaitement transparent.
Théoriquement, tous les investisseurs intervenants sur
le marché devraient bénéficier de l'ensemble
d'informations (publiques et privées), en pratique ce n'est pas le cas,
notamment les informations peuvent être détenues par des agents
particuliers au détriment des autres. En effet, il existe deux moments
forts de transparence : la transparence pré-transactionnelle et la
transparence post-transactionnelle. Un marché bien transparent affiche
en temps réel la totalité des ordres exprimés en prix et
en quantité ainsi que l'identité des intervenants. Alors, faut-il
permettre de retarder la déclaration des transactions à
l'ensemble des participants ? Cette question s'applique particulièrement
aux transactions de bloc, qui sont le plus souvent exécutées sur
les marchés upstairs. Ainsi, l'importance de la taille de transaction et
donc pratiquement de l'information qu'elle contient justifie l'existence du
débat portant sur le délai de leur déclaration.
Les partisans d'une déclaration retardée
apprécient que ce délai incite les teneurs de marché
d'accepter plus facilement des transactions de bloc, car ils ont ainsi un lap
de temps avantagé pour éliminer leur position avant que
l'échange ne devient public. D'un autre coté, un marché
trop transparent se traduirait par des fourchettes de prix plus importantes
pour les larges transactions, et donc par une fuite de liquidité vers
les marchés moins transparents. Les opposants à la
déclaration retardée argumentent quant à eux que le
délai offre au teneur de marché un avantage informationnel trop
important vis-à-vis des contreparties.
4.4 Évaluation des transactions de bloc :
application sur les transactions de bloc
réalisées hors-carnets sur la
BVMT
Théoriquement un bloc initié par un acheteur est
majoré d'une prime correspondante à l'échange, cette
dernière est calculée sur la base de la différence entre
le prix de référence33 et
33 La littérature distingue plusieurs prix de
références, notamment le prix de clôture à la fin de
la séance, le prix moyen pondéré et le prix de
clôture de la séance précédente. Certains auteurs
utilisent les cours bid et ask. Voir Lee and Ready (1991) et Bill Hu, Christine
Jiang et Longzhen Fant (2012)
Page 85
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
le prix de la transaction. Au contraire les cours des blocs
vendeurs sont généralement escomptés par rapport aux prix
d'équilibres. [Bill Hu, Christine Jiang et Longzhen Fant, 2012] ont
examiné les déterminants de l'escompte (prime) des blocs
exécutés hors séance sur le marché chinois. Les
auteurs trouvent que la remise de bloc dépend particulièrement de
l'asymétrie de l'information et du rendement cumulé du
marché.
En se basant sur les travaux antérieurs, nous cherchons
à expliquer la différence de prix entre le cours de la
transaction et le cours d'équilibre juste avant le large
échange.
Empiriquement, [Chan et Lakonishok, 1995, Keim et Madhavan,
1996] trouvent que les prix des transactions de bloc sont négativement
corrélés avec la capitalisation boursière et positivement
corrélés avec la taille de l'échange. [ Domowitz et al. ,
2001] montrent que plus les prix de titre échangé sont volatiles
plus les coûts de la transaction sont élevés. Grossman
(1992) montrent que les échanges effectués par un même
intermédiaire bénéficiera d'une prime (remise) plus
importante.
[Chiyanchantana et al. , 2004 et saar, 2011] introduisent les
variables momentum du rendement du marché et celui du titre
échangé pour expliquer les prix des transactions de bloc. Nous
suivons par la suite la méthodologie de [Bill Hu, Christine Jiang, et
Longzhen Fant, 2012] afin d'estimer les déterminants de la remise
(prime) des blocs vendus (achetés) sur la bourse de Tunis.
4.4.1 Méthodologie
Afin d'examiner les déterminants de la remise (prime)
des blocs acheminés en hors-carnet sur la bouse de Tunis nous suivons la
méthodologie de [Bill Hu, Christine Jiang, et Longzhen Fant, 2012]
Les auteurs examinent les transactions de bloc
exécutés sur le marché chinois pendant la période
allant de 2003 à 2009.
Le modèle suivant est estimé :
D = a0 + a1 (capM) + a2 (volatilité) + a3 (trade
intentity) + a4 (indice) + a5 (rendement cumulé du marché) + a6
(rendement cumulé de la firme) + a7 ( intèrmédiation) + a8
(post) + E
Leurs résultats montrent que l'escompte de bloc
dépend principalement de la volatilité et du momentum du
rendement de marché. D'un autre côté, les auteurs trouvent
que pour les
Page 86
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
échanges réalisés par un même
intermédiaire la remise de bloc est significativement plus
élèves.
Ainsi, en prenant soin d'adapter le modèle au contexte
tunisien le modèle estimé dans notre travail est le suivant
:34
b = á0 + á1(capM) + á2(volatilité) +
á3 (trade intentity) + á4(indice) +
á5(rendement cumulé du marché) + á6(rendement
cumulé de la firme) + á7(post) + ?
Avec
D représente la différence entre le prix
d'équilibre et le prix de la transaction bloc, D = ????-????
????
où Pb et P?? sont respectivement le prix de la transaction
de bloc et le prix de clôture le jour de l'échange de bloc.
CapM : est la capitalisation boursière
quotidienne moyenne pendant vingt journées boursières avant
l'échange de bloc.
Volatilité : c'est la moyenne du Hi-Low spread
vingt journées boursières avant la réalisation de la
transaction de bloc.
Trade intentity : c'est le rapport du volume de la
transaction par rapport au volume global d'échange le jour de la
transaction de bloc.
L'indice : est 1 si le titre échangé
appartient à l'indice principal du marché, 0 si
non.35
Le momentum du rendement du marché : c'est le
rendement cumulatif pendant les cinq jours avant l'échange de bloc pour
le marché.
Le momentum du rendement du la firme : c'est le
rendement cumulatif pendant les cinq jours avant l'échange de bloc.
En fin, pour identifier s'il y a un changement significatif de la
remise (prime) de l'échange de bloc après le règlement de
15 avril 2008, nous incluons une variable dummy, qui est 1 si la date de la
transaction de bloc après le 15 avril 2008 et 0 si non.
La période de l'étude s'étale sur
l'intervalle allant de 3/02/2005 jusqu'au 21/12/2012.
34 La variable « intermédiation » est
éliminée du modèle puisque la bourse de Tunis ne diffuse
pas les codes identifiants des intermédiaires réalisant les
échanges de bloc. Bill Hu, Christine Jiang, et Long-zhen Fant, (2012)
ont l'attribué comme une variable dymmy, 1 si l'acheteur et le vendeur
utilisent des intermédiaires boursiers différentes, 0 s'ils
utilisent le même.
35 Pour le choix de l'indice, nous choisissons
l'indice bvmt pour les années 2006, 2007, 2008,2009 et l'indice tunindex
pour les années 2005, 2010,2011 et l'indice tunnidex20 pour
l'année 2012.
Page 87
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
Tableau 4.1 Caractéristiques des transactions de
bloc
Ce tableau rapporte les statistiques descriptives des
transactions de bloc réalisées sur la bourse de Tunis de
21/02/2005 au 14/12/2012. La remise (prime) de bloc est calculée comme
suit :
?? ?? = (?????????? - ????) / ???e , avec ?????????? est le prix
de la transaction de bloc et i = ?????? , ??????????????, ??h??, ?????? ou
??????. Les t de student sont relatifs aux tests selon lesquels les moyennes
seront nuls. *, **, *** désignent respectivement les seuils de
significativité de 10%, 5% et 1%.
Statistiques descriptives
|
N
Statistique
|
Minimum Statistique
|
Maximum Statistique
|
Moyenne
Statistique Erreur std
|
Ecart type Statistique
|
????????
|
200
|
-0,8672
|
-0,0001
|
-0,0577***
|
0,0077
|
0,1096
|
??????
|
200
|
-0,8678
|
0,1976
|
-0,0584***
|
0,0079
|
0,1130
|
??h??
|
196
|
-0,8678
|
-,0004
|
-0,0673***
|
0,0079
|
0,1117
|
??????
|
196
|
-0,8670
|
0,0227
|
-0,0498***
|
0,0080
|
0,1132
|
??????????????
|
199
|
-0,8138
|
0,1823
|
-0,0485***
|
0,0061
|
0,0862
|
Prix de bloc
|
200
|
1,30
|
344,2700
|
29,9679
|
3,2353
|
45,7550
|
Veille
|
199
|
1,39
|
383,0000
|
31,8449
|
3,5343
|
49,8579
|
Prix de clôture
|
200
|
1,39
|
382,5200
|
32,2366
|
3,5290
|
49,9077
|
Plus haut
|
200
|
0
|
382,5200
|
31,2700
|
3,5150
|
49,7109
|
Plus bas
|
200
|
0
|
382,5200
|
30,7963
|
3,4853
|
49,2904
|
Prix- moyen-pond
|
200
|
1,3610
|
382,5200
|
32,2329
|
3,5285
|
49,9005
|
Volume
|
200
|
103930
|
2,0168E8
|
5877485,0922
|
1242764,657
|
17575346,3
|
4.4.2 Analyses uni variées des déterminants
de la prime (remise) de bloc
Ainsi, pour procéder aux calculs des remises (primes)
des échanges de bloc des mesures différentes ont
été établies. Le tableau 4.1 rapporte les statistiques
descriptives des mesures des différences des prix des transactions de
bloc et les prix des références pris avant la réalisation
du large échange. Les prix de clôture, de ville, plus haut, plus
bas ainsi que les prix moyens pondéré sont utilisés dans
le calcul des remises (primes).
Les moyennes de différences des prix sont de - 5.77 %
et -5.84 % pour le prix moyen pondéré et le prix de clôture
respectivement. Les deux mesures sont négatives et significatives. De
plus, le prix moyen d'un échange de bloc est inférieur à
l'ensemble des prix affichés, ce qui implique que les larges
échanges de bloc sur la bourse de Tunis sont particulièrement des
blocs vendeurs.
Page 88
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
Il est à noter que la bourse de Tunis ne dévoile
pas les codes identifiants des intermédiaires effectuant des larges
échanges hors carnet. De ce fait il n'est pas possible
d'interpréter la remise (prime) des transactions de bloc sans savoir le
sens ou l'identité de l'initiateur (acheteur ou vendeur). Or nos
données recueillis ont suffisamment d'information pour classifier les
échanges de bloc entre acheteur et vendeurs. Par la suite, nous suivons
[Bill Hu , Christine Jiang, et Longzhen Fant, 2012 et Lee et ready, 1991] dans
la classification des transactions de bloc. Un échange de bloc est
classifié comme une remise (prime) si le prix de la transaction est
inférieur (supérieur) que le prix de clôture du titre le
jour de l'échange.
Tableau 4.2 Évaluation des transactions des blocs
(Analyses univariées) Panel A : prime des échanges de
bloc
|
N
|
Minimum
|
Maximum
|
Moyenne
|
Ecart type
|
prime
|
98
|
0,010
|
85,700
|
2,976***
|
12,373
|
capitalisation
|
90
|
465,590
|
16502,600
|
10735,404***
|
4126,241
|
firm momentum
|
97
|
-0,497
|
11,120
|
0,206
|
1,486
|
market momentum
|
98
|
-0,007
|
0,016
|
138,078
|
1366,898
|
volatilité
|
98
|
0,0000
|
2,458
|
0,322***
|
0,420
|
intensité
|
97
|
0,081
|
9,139
|
0,930***
|
0,869
|
N valide
|
89
|
|
|
|
|
Panel B : remise des échanges de bloc
|
|
|
|
|
N
|
Minimum
|
Maximum
|
Moyenne
|
Ecart type
|
escompte
|
202
|
-0,867
|
-0,0001
|
-0,06 ***
|
0,110
|
capitalisation
|
197
|
3839,880
|
38831,312
|
11128,193***
|
4786,291
|
firm momentum
|
196
|
-1,8301
|
0,590
|
0,007
|
0,149
|
market momentum
|
202
|
-0,012
|
0,0081
|
0,0008***
|
0,003
|
volatilité
|
202
|
0
|
4,88
|
0,507***
|
0,824
|
intensité
|
197
|
0,0115
|
18,434
|
0,977***
|
1,548
|
N valide
|
191
|
|
|
|
|
*,
**,
*** désignent respectivement les seuils de
significativité de 10%, 5% et 1%.
Le tableau 2 rapporte les analyses univariées des primes
(remises) des transactions de
bloc.
Les résultats montrent qu'en moyenne la prime sur bloc
est significativement plus élevée que l'escompte. De même,
les transactions de bloc vendeurs sont accompagnées par une
capitalisation boursière moyenne post-échange relativement plus
élevé que celles d'achats. La volatilité est significative
pour les deux panels, nous trouvons aussi que les titres des blocs vendeurs
sont plus volatiles avant la réalisation du large échange, ce qui
implique que les blocs
Page 89
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
vendeurs sont associés par une asymétrie
informationnelle plus élevé. Un résultat similaire aux
travaux de [Kyle, 1985 ; Easly et O'Hara, 1987 et Bill Hu, Christine Jiang, et
Longzhen Fant, 2012]
Ainsi, la variable momentum de la firme est non significatif
dans les deux panels. Concernant le momentum du marché, la variable est
significatif pour les blocs vendeurs et non significatifs pour les blocs
acheteurs. Le signe positif implique que la tendance du marché est
haussière avant la réalisation d'un échange de bloc
vendeur.
En fin, pour la variable intensité de l'échange,
elle est significative pour les deux panels. La taille des échanges de
bloc par rapport au volume total échangé durant la journée
est significative pour les achats ainsi que pour les ventes. Les mesures en
moyennes entre les deux panels sont assez proches. Plus la taille de
l'échange est élevé plus la prime de bloc est importante.
[Chan et Lakonishok, 1995, Keim et Madhavan, 1996] montrent que les coûts
de transactions pour les larges échanges sont positivement
corrélés avec la taille de l'échange.
4.4.3 Les déterminants de la remise (prime) des
transactions de bloc
Nous nous tournons pour la suite à l'analyse multi
variée de la remise (prime) des blocs. Le tableau 4.3 rapporte les
résultats de la régression suivante :
D = a0 + a1 (capM) + a2 (volatilité) + a3 (trade
intentity) + a4 (indice) + a5 (rendement cumulé du marché) + a6
(rendement cumulé de la firme) + a7 (post) + E
La matrice des variances-covariances des variables
explicatives de la prime de bloc montre une forte corrélation positive
entre le rendement cumulé du marché et la capitalisation
boursière, ainsi qu'une corrélation positive entre la
volatilité et la prime. Pour le panel B nous remarquons une forte
corrélation positive entre le règlement de 2008 et la
capitalisation boursière.
Le coefficient de la capitalisation boursière moyenne
du marché avant la réalisation du large échange est
négatif pour les primes et positif pour les remises des blocs, ce
dernier est assez petit, ce qui implique que cette variable n'a aucun impact
particulier sur l'évaluation de la transaction de bloc.
Concernant le rendement cumulé du titre, son
coefficient est négatif pour la prime et positif pour les remises. Bien
que les résultats ne soient pas significatifs au niveau conventionnel,
il semble que la prime est plus petite dans les périodes pessimistes du
marché et assez élevé dans les phases optimistes. Le cas
contraire pour les escomptes de bloc. Ces résultats sont similaires
à ceux de [Bill Hu, Christine Jiang et Longzhen Fant, 2012].
Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
Tableau 4.3 Déterminants de la prime
(remise) des transactions de bloc
Panel A: prime de bloc
(Constante) -1,279
-7,087
269,727
capitalisation -5,62E-05
volatilité 11,861***
intensité -0,639
indice 0,835
dummy reg 1,096
R-deux 0,143
Panel B: remise de bloc
(Constante) 0,054
capitalisation 4,17E-08
0,033
market 0,914
volatilité -0,004
intentité 0,003
indice 0,011
dummy reg 0,002
R-deux 0,005
Page 90
firm
momentum
market
momentum
firm
momentum
momentum
*** significatif au seuil de 1%
[Saar, 2001] souligne l'importance de l'historique de titre
enregistré juste avant la réalisation de l'échange dans la
détermination du prix de la transaction. Un large bloc est vendu lorsque
le momentum du marché est positif, de l'autre côté un large
achat dans des conditions optimistes est soumis à une prime d'achat plus
élevé.
Les deux variables muettes correspondant au règlement
du 15 avril 2008 et l'appartenance à l'indice du marché sont non
significatives pour les achats ainsi que pour les ventes, par contre les deux
coefficients sont positifs il semble que les remises et les primes sont plus
élevés après la règlementation du 15 avril 2008. De
plus les titres admis aux principaux indices du marché exigent une prime
(remise) assez élevé.
De même, l'intensité de l'échange
mesuré par le rapport entre le volume de l'échange de bloc et le
volume total du titre durant la séance le jour de la transaction est non
significative pour les deux panels, il n'y a pas un impact pour la taille de
l'échange dans l'évaluation de la large transaction.
En résumé, le modèle estimé pour
la prime de bloc acheteurs est expliquée principalement par la
volatilité du titre vingt séances avant l'échange de bloc.
Sur la bourse de Tunis les titres les plus volatiles sont les titres les plus
accompagnés par une asymétrie informationnelle d'où
l'augmentation de la sélection adverse, ceci fait augmenter la prime
d'achat d'un bloc d'action afin de minimiser le risque de la sélection
adverse. Quant à la remise de bloc le modèle est globalement non
significatif.
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Transactions de bloc, évaluation et impacts sur les
prix
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