L'agrobusiness: la clé de la convergence du taux de pression fiscale du Burkina Faso vers la norme communautaire( Télécharger le fichier original )par Evariste CONSIMBO ENAREF - Inspecteur des Impôts 2012 |
Paragraphe 2: L'agrobusiness : une notion polysémiqueL'agrobusiness n'est pas uniformément appréhendé à travers le monde. Dans ce paragraphe nous nous intéresserons à la perception burkinabé de l'agrobusiness; mais auparavant élucidons la vision occidentale. 1. La vision occidentaleLa conception quasi unanime en Occident distingue l'agrobusiness de l'agriculture. Selon cette conception, l'agriculture est intégrée dans un système appelé agrobusiness et ce dernier désigne l'ensemble des activités économiques liées à l'agriculture moderne et nécessaire à son fonctionnement. Ainsi, l'agrobusiness comprend d'abord les activités "d'amont"12(*) au service de l'agriculture, ensuite les activités "centrales"13(*), et enfin les activités "d'aval"14(*) qui transforment et commercialisent les denrées agricoles ».
2. La perception burkinabèDans le paysage burkinabé, il faut déterminer le contenu de l'agrobusiness, évoquer les limites de cette définition de même que les critères d'identification des agro businessmen. Avant tout, il faut aborder la naissance de l'agrobusiness. a. Naissance de l'agrobusiness au Burkina FasoL'agrobusiness n'est pas une tradition des pratiques culturales burkinabé. En effet, c'est seulement, à la fin des années 90, l'Etat Burkinabé a initié une politique d'incitation d'investissement dans la production agricole par des investisseurs privés. Cette politique consécutive aux déficits chroniques de la production agricole, visait à surmonter les insuffisances de l'agriculture familiale considérée comme peu performante, peu ouverte aux innovations et à la professionnalisation. A ce sujet, en juillet 2002, le ministre de l'Agriculture du Burkina Faso affirmait : « le secteur agricole du pays souffre d'un manque de professionnalisme terrible. Le paysannat, c'est bien beau, mais il lui faut une autre dimension, celle de l'entreprenariat agricole car on n'a jamais vu dans aucun pays, une agriculture émergée sans des professionnels, des gens qui viennent d'autres branches pour acquérir ou diffuser des connaissances et gagner leur vie (...) qui vont avoir des superficies plus grandes, employer même des ouvriers agricoles ». Depuis lors, de nombreux acteurs non ruraux, qualifiés d'agro businessmen ou de nouveaux acteurs, se sont engagés dans l'acquisition de terres en milieu rural. Toutefois, ces nouveaux investisseurs en milieu rural restent une nébuleuse très méconnue sur plusieurs plans. b. Définition de l'agrobusinessIl n'y a pas de définition à proprement dite de l'agrobusiness au Burkina Faso. Cependant, selon le rapport de synthèse préparatoire du "forum des nouveaux acteurs", sont qualifiés comme agro businessmen, "l'ensemble des producteurs provenant du monde des fonctionnaires, des salariés, des jeunes agriculteurs/trices et des opérateurs économiques dont l'activité est de générer un surplus important de production agricole commercialisable. En d'autres termes, ceux qui investissent ou qui cherchent des opportunités d'investissement dans le secteur agricole pour aller au-delà de l'autosuffisance alimentaire." (Ministère de l'Agriculture, 1999). Une telle définition de l'agrobusiness présente des limites. * 12 Secteur industriel (machines, engrais chimiques, pesticides...) ; Energie (carburant, électricité...) ; Services (ministère, banques, universités...) * 13 Agriculture proprement dite (productions végétales et animales) * 14 Transport, distribution, agro-industrie |
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