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Les politiques d'aménagement urbain à  Tchibanga. Quelle place pour les outils d'aménagement dans le contenu d'une leçon de géographie en classe de 1ère.


par Roland Régis Armel MOUSSAVOU
Ecole Normale Supérieure de Libreville Gabon - Master II 2019
  

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2. Des entretiens avec les principaux acteurs dans l'occupation de l'espace

Il s'agit ici de présenter la substance des entretiens que nous ont accordés le directeur provincial du cadastre et de l'urbanisme et celui du premier maire adjoint de la commune de Tchibanga.

2.1. Entretien avec le directeur provincial du cadastre et de l'urbanisme

Le 10 Janvier 2019, un entretien nous a été accordé par Monsieur LOLOS RAPONTCHOMBO, Directeur provincial du cadastre et de l'urbanisme

Au cours de cet entretien, ce dernier a tenu à répondre aux questions qui figuraient dans notre guide d'entretien tout en présentant le cadre dans lequel notre étude s'inscrivait.

Nous vous présentons ci-dessous ledit questionnaire ainsi que les réponses obtenues lors de notre entretien.

Question 1 : Votre service relève-t-il de l'Etat et/ou des collectivités locales et quelles sont vos missions ?

A cette première question, nous avons obtenu la réponse selon laquelle le service relève de l'Etat mais n'empêche que si la mairie sollicite notre expertise et les services de mon administration nous répondrons par l'affirmative car la mairie comme mon service dépendent du pouvoir central qui est l'Etat.

Les missions de mon service sont contenues dans un arrêté du ministère mais cela prendra du temps pour chercher. Mais de nos jours les missions de mon administration est plus dans la régularisation administrative des parcelles en tenant compte de l'existant. La direction ne dispose pas les moyens pour remplir à bien ses missions. Nous ne disposons pas de budget ni des moyens roulant digne du nom. En effet, la direction provinciale se débrouille comme elle peut avec ce

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vieux véhicule (photo 4) pour satisfaire les besoins des populations. Certains de mes géomètres mettent à la disposition de la direction leur parc informatique (ordinateurs, appareils photo etc.).

Question 2 : Quelles sont vos relations avec les autorités communales ?

Nous entretenons de très bonnes relations avec les autorités communales. A cet effet lors de la réalisation du PDL de la ville nous avons déjà viabilisé un espace pour la construction future du marché de Tchibanga car ce point avait été retenu par le projet TEPPEE. A ce sujet, je t'invite à rencontrer M. Daniel MAGANGA, il va plus t'entretenir sur la CN TIPPEE vu qu'il avait été un des pilotes de la rédaction du PDL de Tchibanga.

Question 3 : Quelles sont les procédures d'acquisition d'une parcelle dans la ville ?

Je vais juste de parler de la régulation foncière.

S'agissant de la régularisation foncière, il y a plusieurs les squatters qui saisissent

l'administration pour borner les parcelles. Et pour ce faire la démarche est la suivante :

- Une demande est adressée à la direction provinciale de l'urbanisme ,
·

- Un technicien (le géomètre) qui fait une reconnaissance, c'est-à-dire un état des lieux ,
·

- Dresse un plan de bornage ,
·

- Puis avis d'affichage (délais de 15 jours) ,
·

- Enfin un certificat est délivré au requérant.

Le montant de ces opérations est fonction non seulement de la superficie, de la proximité de la

route et de la zone.

Question 4 : Ces procédures sont-elles respectées par les populations ?

Jeune homme les procédures ne sont pas respectées par les populations et je ne l'ai en veux pas du tout. Pour qu'elles puissent être respectée nous devrions mettre à leur disposition des parcelles prêtes à la construction avec toutes les commodités qu'impose la vie en ville.

Question 5 : Les populations disposent-elles des parcelles prêtes à la construction ?

A la question de savoir si les populations disposaient des parcelles prêtes à la construction, il nous a été répondu oui et non c'est un peu contradictoire mon propos. En demandant plus

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d'explications il justifie cette ambiguïté en nous disant qu'il y'a des parcelles qui constituent la réserve foncière et que réserve foncière émanent de deux initiatives :

- L'une privée par un fils de la province dont l'identité nous pas été révélé ;

- L'autre par l'Etat, un lotissement réalisé par la société RAMEZ.

En effet, s'agissant de la première, un digne fils de la province dont je ne vais pas vous révélé le nom, nous avait apporté son aide non pas en disposant de l'argent mais du carburant, de l'huile et un bulldozer à la direction du cadastre et de l'urbanisme pour des opérations de terrassement et d'ouverture de nouvelles voies. C'est suite à ce bienfaiteur que ce service a mis à la disposition des parcelles bien tracées aux populations de la ville (Photo2).

Mais le comble c'est qu'il n'existe aucune servitude, il faut comprendre les voies et réseaux diverse (adduction d'eau, extension du réseau électrique), ce qui fait qu'il y a des propriétaires et que certaines maisons sont en constructions. Ce sont les raisons pour lesquelles je te disais que les populations ne disent pas de parcelles.

Photo 2: Exemple de plan de situation dans un lotissement

Source. Direction provinciale de l'habitat, de l'urbanisme et du cadre de vie de la Nyanga

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Somme toute, la participation des populations dans l'effort d'aménagement urbain peut être une solution envisageable et à adapter. Dans cet état de chose, nous pensons que l'aménagement urbain participatif et l'urbanisme participatif est la clef de la ville de Tchibanga. La recherche des nouveaux acteurs trouvent son fondement dans le souci d'améliorer le cadre et les conditions de vie des populations.

S'agissant de la deuxième initiative, c'est l'entreprise RAMEZ qui avait été sollicité par l'Etat pour la réalisation de deux projets de lotissements de chacun 20 hectares. A savoir à Mavoundi dans le 2em arrondissement et à Pola dans le 1er arrondissement. Ces travaux ont été préfinancés par l'entreprise. Mais suite aux besoins de renforcement des équipes lors de la construction des infrastructures pour l'organisation de la CAN de 2012 co-organisée par le Gabon et la Guinée Equatoriale, le projet fut stoppé et abandonné. Le projet n'a pas été poursuivi suite aux impayés de l'Etat gabonais et pourtant réalisé à plus de 80% celui de Pola dans le 1er arrondissement. Quant à celui de Mikoulengui au quartier Mavoundi dans le 2em arrondissement a été arrêté pour des raisons techniques suite à la mauvaise lecture et qu'il faut refaire de nouveaux levés topographiques.

Les services du cadastre et de l'urbanisme ne peuvent ne peuvent pas concéder lesdites parcelles aux populations requérantes suite à une absence de plans.

La société RAMEZ en remontant sur Libreville a emporté avec elle, les différents plans de ces deux lotissements qui couvrent une superficie totale de 40 hectares.

Carte 2: Lotissement de Mavoundi réalisé par RAMEZ en 2011

Lotissement de Mavoundi

Source. Direction provinciale de l'habitat, de l'urbanisme et du cadre de vie de la Nyanga

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Carte 3: Lotissement de Pola réalisé par RAMEZ en 2011

Lotissement de Pola

Source. Direction provinciale de l'habitat, de l'urbanisme et du cadre de vie de la Nyanga

Question 6 : La commune de Tchibanga dispose-t-elle d'un plan directeur d'aménagement et d'urbanisme ?

A cette question, Il en ressort que la ville de Tchibanga ne dispose pas de S.D.A.U. car cet outil émane des plus hautes autorités et que c'est un lourd dispositif et très couteux à mettre en place. Si il n'y a pas de SDAU donc il n'y a pas de P.O.S vu que c'est ce dernier qui accompagne le S.D.A.U. En France par exemple pour ne citer que ce pays vu que j'ai eu à faire mes années universitaires là-bas, ils ont vite compris que le caractère dynamique du phénomène d'urbanisation recommande de la souplesse dans la démarche conceptuelle. Le schéma de cohérence territoriale est un outil de conception et de mise en oeuvre d'une planification urbaine et de prospective. Il sert de cadre de référence aux différentes politiques publiques sectorielles dans notre cas urbain. Le SCOT remplace le Schéma directeur d'Aménagement Urbain (SDAU), c'est ainsi aussi que le SCOT va être Schéma Directeur quand la date je ne l'ai pas. C'est également le cas du Plan Local d'urbanisme, ancien Plan d'occupation des sols doit être, non pas conforme, mais plutôt compatible aux orientations du schéma de cohérence territoriale, ancien SDAU. Cette manière de faire tu es d'accord de constater avec moi qu'il existe une certaine flexibilité en France dans le domaine des politiques urbaines. Revenons à Tchibanga

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jusqu'à ce jour, la ville a été dotée dans les années 80 d'un seul document de planification urbaine qui est le Schéma préliminaire d'urbanisme. .

Ces propos corroborent ceux de F Allogho-Nkoghe qui selon lui, « le fait qu'un S.D.A.U soit à l'étude depuis plus de 4 ans sans être achevé est un anachronisme remarquable, puisqu'en France, pays qui a vraisemblablement servi de modèle pour la loi 3/81, ce genre de document d'urbanisme n'est plus élaboré. Il est remplacé par des « plans de structure » beaucoup plus sommaires24 ». Il ajoute en disant en disant que le Gabon se trouve donc ici aussi, en période de crise, avec de instruments juridiques inapplicables et excessivement couteux.

Question 7 : Quelle est l'utilité de ces deux outils (question 4 et 5) pour le développement de la ville de Tchibanga ?

Ces deux outils petit frère, s'inscrivent dans la planification urbaine qui est la méthode de prévision et d'organisation qui permet aux autorités publiques d'orienter et de maîtriser le développement urbain par l'élaboration et la mise en oeuvre de documents d'urbanisme. Elle s'exprime par ces deux schémas susmentionnés aux questions précédentes. Comme je te disais prudemment en France on ne parle plus de SDAU mais de schéma directeur.

En effet, les schémas directeurs sont des documents prévisionnels qui fixent les orientations fondamentales de l'organisation des territoires intéressés en tenant compte en principe des besoins de l'extension urbaine, de l'exercice des activités agricoles. Mais dans notre pays il n'existe pas que je te dise la vérité.

A la lumière de ce propos nous constatons que le gouvernement ne fait pas des politiques urbaines une priorité eu égard au paysage très désolant qu'offre les villes gabonaises dans sa généralité.

Question 8 : Avez-vous des zones loties et des zones qui sont en cours de lotissement dans la ville de Tchibanga ?

Petit frère je pense avoir déjà répondu je pourrai réitérer mon propos en disant qu'il y a des parcelles loties mais pour le moment nous n'avons pas d'opération de lotissement en cours. Toi-même tu situation économique dans laquelle le pays se trouve actuellement.

24 F. Allogho-Nkoghe, (2013) quartiers informels et politiques de la ville : les logiques d'aménagement à Libreville au Gabon, L'Harmattan, P 58.

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Question 9 : Dans vos opérations de lotissement réservez-vous des espaces verts et les aires de jeux ?

Comme je te disais précédemment, que nous sommes plus dans les opérations de régularisation foncière car ne disposant pas d'engin pour les travaux de terrassement et de viabilisation. Mais par contre lors de nos différentes opérations de régularisation, nous, nous arrangeons avec le bénéficiaire de laisser des emprises pour les voies futures.

A ce sujet, J.F Tribillon soulignait que « lorsque ces voies stratégiques n'existent pas, il faut les crées. Il convient à cet effet de réserver l'emprise de ces voies futures. L'expérience semble montrer que les collectivités publiques ne peuvent ne peuvent « tenir » longtemps de trop nombreux « couloirs ». La meilleure façon de préserver un couloir est, sans aucun doute, d'y ouvrir plus vite possible une piste même provisoire qui occupera matériellement et économiquement l'emprise25 ».

Ainsi, nous pouvons conclure à la suite du propos du Directeur provinciale de l'urbanisme et du cadastre, nous pouvons conclure que l'Etat accorde peut d'intérêt dans l'aménagement des espaces urbain qui ont pour mission d'améliorer le quotidien des populations qui y vivent.

M. Lolos Rapontchombo a pour ainsi dire répondu de manière quasi satisfaisante à nos préoccupations en rapport avec notre et sortons avec des documents techniques mis à notre disposition.

Photo 3: Bâtiment abritant la Direction Provinciale Photo 4: Equipe revenant d'une opération de

de l'Habitat de l'urbanisme et du cadre de vie régularisation foncière

Cliché : Moussavou, Janvier 2019 Cliché : Moussavou, Janvier 2019

25 J.F Tribillon (2008) : Manuel des procédés et procédure d'aménagement urbain à l'usage des municipalités africaines gestionnaires de villes moyennes. Afrique francophone, PDM, P 36.

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La photo 3 montre les services de la direction provinciale de l'habitat de l'urbanisme et du cadastre de Nyanga et la photo 4 présente les agents de retour d'une opération de régularisation foncière.

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"Piètre disciple, qui ne surpasse pas son maitre !"   Léonard de Vinci