CHAPITRE I : Cadre théorique et approche
méthodologique
Ce chapitre présente le cadre théorique et la
démarche méthodologique qui ont permis d'aborder correctement le
sujet.
1.1. Problématique
Avec la mondialisation, le nombre de personnes qui vivent en
dehors de leurs pays d'origine a fortement augmenté au cours des
dernières décennies (Gauthier, 1996). En 2005, la commission
mondiale sur les migrations internationales estime qu'il y a sur la
planète, près de 200 millions de migrants soit 3 % de la
population mondiale. La trajectoire migratoire a souvent pour origine les pays
du Sud et comme destination les pays du Nord d'une part et entre les pays du
Sud d'autre part (PNUD, 2005). Dans cette dernière catégorie de
migration, on note les migrations nationales et sous régionales. La
principale raison des départs de ces migrants est non seulement l'espoir
de trouver de meilleures conditions de vie pour eux-mêmes mais
également pour leurs familles restées au pays et ou au village
car, dans de très nombreux cas, ils continueront de soutenir
financièrement ces dernières (Adépoju, 2002).
En Afrique sub-saharienne, où près de 50 % des
personnes gagnent moins d'un dollar par jour (PNUD, 2000), la migration de
travail est devenue un moyen de subsistance pour plusieurs familles. Selon Daum
(1998), la migration leur apparait comme la seule stratégie possible
d'autonomisation. Le pays d'accueil est alors davantage considéré
comme un espace de travail qu'un espace de résidence (Fall, 2003).
D'après des études socio-économiques
menées par le gouvernement béninois en 2002, les
catégories sociales les plus touchées par la pauvreté sont
les femmes et les artisans du monde rural, les agriculteurs sans terre et les
habitants des zones enclavées, les orphelins, les enfants
abandonnés, les filles mères, les enfants
déscolarisés ou employés comme domestique, les jeunes
déscolarisés ou sans emploi, les personnes handicapées ou
âgées sans soutien.
Dans ce dynamisme de pauvreté, l'habitat
béninois a toujours été mobile avec des départs et
des arrivées sans cesse (Gauthier, 1996). La population varie non
seulement par l'accroissement naturel, mais aussi par des mouvements
migratoires. Chaque jour, il y a des naissances et de changement de domicile
à la recherche d'un bien être. Pour contourner les
difficultés, les personnes naissantes choisissent les migrations comme
étant une solution salutaire.
Cependant, les migrations de population sont
d'actualité dans les pays du tiers monde et particulièrement dans
les zones rurales. De nombreux ruraux quittent leurs localités où
règnent la misère et le sous-emploi pour aller vivre dans les
grandes villes, dans les grandes agglomérations ou existent les
possibilités d'amélioration de leur condition de vie (Jeuda 111,
2001). Au Bénin et particulièrement dans les milieux ruraux
notamment l'arrondissement d'Ikpinlè, les populations migrent de
façon régulière des villes nationales, vers les pays de
l'Afrique Occidentale pour échapper à la misère. De la
même manière, d'autres populations qui, soit sont
confrontées à des difficultés d'ordre naturel et humain
dans leur communauté soit à des difficultés
socio-économiques et culturelles viennent en grand nombre dans
l'arrondissement pour s'y installer.
Ces mouvements de populations ne sont pas sans
conséquences. Ils affectent, d'une part, le développement de
l'arrondissement d'Ikpinlè et d'autre part, le mode de vie des
populations autochtones.
Cela amène à poser la question de savoir si les
mouvements migratoires dans l'arrondissement d'Ikpinlè constituent-ils
un frein au développement ?
Pour y apporter des éléments de réponse,
des hypothèses ont été formulées.
1.1.1. Hypothèses
- Il existe d'importants mouvements migratoires dans
l'arrondissement d'Ikpinlè.
- Il existe plusieurs facteurs qui suscitent les migrations
des populations dans l'arrondissement d'Ikpinlè.
- Les immigrants contribuent au développement
socio-économique de l'arrondissement d'Ikpinlè.
Pour vérifier ces hypothèses, des objectifs de
recherche ont été fixés.
1.1.2. Objectifs de recherche
L'objectif global de cette recherche est d'étudier les
impacts socio-économiques des mouvements migratoires dans
l'arrondissement d'Ikpinlè.
De manière spécifique, il s'agit de :
- identifer les types de migration des populations dans
l'arrondissement d'Ikpinlè ;
- identifier les causes fondamentales de ces migrations dans
l'arrondissement d'Ikpinlè ;
- analyser les impacts des migrations sur le
développement socio-économique de l'arrondissement.
Pour être plus explicite dans notre démarche, une
clarification de quelques concepts est nécessaire.
1.1.3. Clarification des concepts
La clarification des
concepts présente le sens des différents mots clés et
expressions utilisés dans le document en vue de leur
compréhension.
Migration
Selon George et Verger (2007), une migration est un ensemble
de déplacements ayant pour effet de transférer la
résidence des intéressés d'un certain lieu d'origine ou
lieu de départ à un certain lieu de destination ou lieu
d'arrivée. Levy et Lussault (2006), souligne que « l'emploi
scientifique du terme doit privilégier un sens restreint associant
nécessairement les paramètres principaux suivants : un
déplacement qui doit être marqué par le franchissement
d'une échelle d'espace, des acteurs du champ migratoire qui sont les
migrants et tous ceux qui assurent la possibilité de migrer (passeurs,
transporteurs, hôtes, employeurs), la résidence et l'habitat ainsi
que la vie quotidienne du migrant ».
Dans ce travail, la migration est l'ensemble des mouvements
(arrivée et départ) dans l'arrondissement d'Ikpinlè.
Immigration
Selon le nouveau Petit Robert de la langue française
(2009), « l'immigration consiste à l'entrée dans un pays de
personnes non autochtones qui viennent s'établir
généralement pour trouver un emploi ». Il s'applique aux
personnes à qui les autorités de l'immigration ont accordé
le droit de résider en permanence.
Cependant, dans la majorité des cas, les populations
n'attendent guère cette autorisation avant leur établissement.
Par conséquent, les immigrants sont classés selon la
période d'immigration dans le but de faire la distinction entre les
personnes arrivées récemment et celles y résidant depuis
un certain nombre d'années (Monde et développement cité
par Dossia, 2010). Dans le cadre de cette étude, l'immigration
désigne l'entrée et l'établissement temporaire ou
définitif des populations dans l'arrondissement d'Ikpinlè.
Impact
Le terme Impact est un terme général qui couvre
les implications aussi bien économiques, sociales, techniques, physiques
d'une activité ou d'un phénomène.
Les impacts socio-économiques sont synonymes d'effets
ou d'influences à la fois positives et négatives qu'engendrent
une activité ou un phénomène sur la vie sociale et
économique d'une communauté.
Dans le présent travail, il désigne l'ensemble
des répercussions des mouvements migratoires sur la vie sociale et
économique des populations dans l'arrondissement d'Ikpinlè.
1.1.4. Etat des connaissances
Les migrations de populations ont fait objet d'étude
dans plusieurs pays, plusieurs écoles et universités dans le
monde en général et en Afrique plus particulièrement au
Bénin.
Badie (2009), perçoit la migration comme un fait
social, un bien public mondial et estime que la migration peut être
accompagnée et transformée, dès lors qu'on joue en
même temps sur les conditions de sa production et de son
institutionnalisation. L'une et l'autre s'inscrivent dans un jeu
coopératif d'autant plus performant qu'il inclut tous les partenaires :
l'État d'origine, l'État d'accueil, les migrants eux-mêmes,
considérés comme acteurs sociaux transnationaux et
insérés dans leur propre environnement communautaire et familial.
Aussi, considère-t-il la migration comme un bien public mondial dans la
mesure où si, par exemple, l'Europe représente 32 % du PIB
mondial et seulement 6 % de la population du globe, elle devient
évidemment un pôle de migration. Si d'ici 2020, l'Italie perd 3
millions d'actifs et que le Nigeria en gagne 25 millions, le jeune
nigérian se trouvera exposé à une contrainte sociale
migratoire. Aujourd'hui, elles répondent de 56 % de la croissance
démographique des pays développés, et jusqu'à 89 %
de celle de l'Europe, gravement affectée par le vieillissement de sa
population.
Babou (1994), met en exergue la contribution des
immigrés sénégalais sur l'économie de leur pays
d'origine. Il rapporte que de mai 1993 date de l'ouverture de la branche
new-yorkaise de la Banque de l'Habitat du Sénégal (BHS) à
janvier 1994, elle a transféré environ 500 millions de F CFA vers
le Sénégal. De plus, de 909 clients au début de
l'année 1993, la banque comptait déjà en août 1994,
2500 clients. Le volume de transferts à cette période vers le
Sénégal culminait jusqu'à 43 millions de F CFA en une
journée. Durant les huit (08) premiers mois de l'année 1994, le
volume global des transferts était de 5,2 millions de dollars
américains soit plus de 02 milliards 700 millions de F CFA.
Lascoux (1994), estime que la connaissance des
phénomènes migratoires est imparfaite et les évaluations
chiffrées sont peu fiables et fait remarquer que l'observatoire des
migrations internationales de l'OCDE (Organisation de la Coopération et
du développement Economique) déplore périodiquement le
manque d'harmonisation des sources statistiques. Elle affirme que «le flou
qui préside aux débats sur les migrations internationales joue
sur la méconnaissance et entretient les fantasmes des opinions publiques
dans les pays d'accueil ». Parlant des flux migratoires, elle soutient
qu'ils soulignent les déséquilibres engendrés par le
développement inégal et par les écarts
considérables des évolutions démographiques. Elle
distingue trois types de migrations que sont les «migrations
pendulaires» qui conduisent les travailleurs à s'exiler quelques
mois pour un salaire décuplant leur revenu initial, et à revenir
chargés de biens de consommation dont la revente s'avère
lucrative. Les «migrations tournantes» qui se font à
l'échelle d'une région planétaire, d'un pays à
l'autre et au gré des événements. Les «migrations de
santé» qui se développent à la mesure des
progrès scientifiques des pays du nord et de la dégradation de la
situation sanitaire dans les pays du sud.
Igué (2008), analyse les migrations dans un contexte
national. L'ouvrage structuré en six chapitres allant de l'historique de
la migration béninoise à son impact socio-économique en
passant par les causes, donne l'appréciation quantitative et les
différentes formes d'organisation et d'insertion des Béninois
dans les pays d'accueil sans oublier les avantages que le Bénin tire en
retour. Il met l'accent sur les conditions d'émigration des
Béninois ainsi que leurs impacts dans les pays de départs que
dans les pays d'accueil.
Les facteurs justifiant l'immigration des étrangers au
Bénin sont multiples. Primo, la relance des activités
économiques dans les années 1990 en dépit de la
variabilité du taux de croissance économiques et des chocs
extérieurs que sont les crises énergétiques, alimentaires,
financière et économique. Secundo sur le plan politique, le
Bénin s'inscrit dans une perspective d'aspiration à l'état
de droit, la démocratie libérale et au rayonnement culturel. Le
maintien de façon permanente depuis 1990 d'un climat de paix et de
démocratie qui génère une confiance et incite les
étrangers à résider sur le territoire. Cette situation se
trouve renforcée par les crises politiques dans les pays voisins comme
le Togo et la Côte d'Ivoire en 2001. Tertio, l'hospitalité
béninoise, la porosité des frontières et le nombre
important des voies d'immigration, le brassage culturel et la difficulté
de différenciation des communautés linguistiques d'une
frontière à l'autre favorisent également les mouvements
d'immigrations. A cela s'ajoutent le nombre limité des agents de police
aux postes frontaliers et l'insuffisance des équipements de
contrôle aux frontières. D'après Igué 2008
cité par l'OIM, 2011.
Parmi les immigrants, ils existent ceux qui rentrent de
façon irrégulière sur le territoire national ou font
entrer des marchandises de manière frauduleuse. Ils empruntent les
routes d'immigration irrégulière; à l'est les principaux
axes d'immigration sont Idigny-Ilaro, Idigny-Ilesha, Idigny-Abéokuta,
Idiroko-Abéokuta, Kraké-Nigeria, Owodé-Nigeria,
Igolo-Nigeria. A l'ouest on peut citer les axes Pira-Togo,
Tchetti-Atakpamé, Hila-condji-Lomé Aplahoué-Togo. Au nord
les axes Doso-Malanville, Porga-Burkina-Faso (OIM, 2011).
Ce sont autant d'avis antérieurs sur les questions
migratoires qui nous ont éclairés sur les orientations à
donner à notre travail de recherche.
Pour conduire cette étude, une approche
méthodologique a été adoptée.
1.2. Approche Méthodologique
La démarche méthodologique présente les
matériels utilisés, les différentes méthodes
utilisées pour la collecte des données, leur traitement et
l'analyse des résultats.
1.2.1. Données
utilisées
Diverses données sont utilisées. Il s'agit
des :
- données démographiques obtenues à
l'INSAE, qui ont permis de caractériser l'évolution de la
population ;
- données d'occupation du sol de la ville
d'Ikpinlè qui ont permis de montrer la progression spatiale de 2002
à 2012 (INSAE).
- données climatologiques (hauteurs de pluie)
disponible à ASECNA qui ont permis d'apprécier la hauteur de
pluie dans l'arrondissement d'Ikpinlè ;
1.2.2. Données Collectées
La collecte de données a été faite en
deux phases.
- La recherche documentaire ;
- L'enquête de terrain.
1.2.2.1. Recherche documentaire
Au cours de cette phase, les parutions et les ouvrages qui ont
eu à aborder la problématique de la dynamique des mouvements
migratoires ont été consultés.
Le tableau I présente la synthèse de la
recherche documentaire.
Tableau I : la recherche
documentaire
Bibliothèques et centres
documentation
|
Nature des documents
|
Types d'informations recueillies
|
Centre de documentation de la FLASH
|
Mémoires et thèses
|
Migration de population, causes et conséquences
|
Bibliothèque centrale de l'UAC
|
Articles, rapports, livres, ouvrages généraux
|
Informations relatives à la méthodologie de
rédaction de mémoire de maîtrise, méthodologie de
recherche en science humaine, définition de termes et concepts
|
LEDUR
|
Rapports, livres, mémoires et thèses
|
Information générale et à
caractère méthodologique spécifique aux mouvements
migratoires au Bénin
|
INSAE
|
Articles, annuaires, fascicule, études et
publications
|
Statistiques agricoles, démographie
|
CeCPA
|
Rapports
|
Informations sur les activités
génératrices de revenus, apports des institutions aux
populations
|
Site Web de l'UNICEF, CRDI, Plan BENIN, Google...
|
Rapports, articles.
|
Méthodologie de recherche, en science humaine ;
stratégie de lutte contre les migrations clandestines.
|
Mairie d'Adja-Ouèrè
|
PDC Adja-Ouèrè
|
Informations générales liées à la
gestion des infrastructures sociocommunautaires, l'apport de la mairie aux
immigrés dans la commune d'Adja-ouère.
|
Source : Enquête de terrain
décembre, 2015
L'analyse du tableau I montre que plusieurs centres de
documentation ont été visités et plusieurs informations
ont été recueillies. Ces données sont
complétées par celles recueillies sur le terrain à travers
les enquêtes par questionnaire, les observations directes et les
entretiens.
1.2.2.2. Enquête de terrain
Ici, les entretiens sont réalisés avec des
personnes ressources identifiées et choisies en fonction de leur
degré d'implication dans les mouvements de la population de
l'arrondissement d'Ikpinlè.
Elle a permis de collecter de façon organisée
les informations. Un échantillonnage a été
élaboré à cet effet.
Ø Echantillonnage
L'échantillonnage a été
réalisé suivant les méthodes de choix aléatoire
et raisonné. Ainsi, sur choix raisonné, certains composants de la
population ont été choisis. Il s'agit des ménages, du
chef d'arrondissement, des chefs de village et des autorités en charges
des migrations. Pour quantifier ces groupes cibles, les critères
suivants ont été retenus :
· être un chef de ménage ou son
représentant ;
· être une autorité municipale dont les
activités se rapportent à la question des migrations.
La taille de l'échantillon est déterminée
par la formule suivante : T= M x F
Avec : T= la taille de
l'échantillon ;
M= l'effectif total des ménages du
village choisi (3075)
F= le taux de sondage fixé de
façon arbitraire à 5 %.
Avec : T= la taille de
l'échantillon ;
T = 3075 x 5/100 = 153,75 154 ménages
Au total, l'échantillon est composé de cent
cinquante quatre (154) ménages repartis dans les huit quartiers de
l'arrondissement d'Ikpinlè. Compte tenu des critères de
sélection des personnes interrogées, il a été
retenu d'enquêter 154 ménages dans les huit quartiers choisis. La
répartition de l'échantillon est présentée dans le
tableau II.
Tableau II: Récapitulatif des usagers
et ménages enquêtés dans l'arrondissement et quartier de
ville
Arrondissements
|
Villages
|
Nombres de ménages
|
Echantillon recherché
|
IKPINLE
|
Atan-Ewé
|
212
|
11
|
Atan-Ouignan
|
180
|
09
|
Fouditi
|
226
|
11
|
Igbo-Iroko
|
146
|
07
|
Ikpinlè
|
1417
|
71
|
Ilako
|
136
|
07
|
Igbo-Oro
|
154
|
08
|
Itabolarinwa
|
604
|
30
|
|
Total
|
3075
|
154
|
Source: INSAE, 2002 et enquête de
terrain, décembre 2015
L'examen du tableau montre que les villages d'Ikpinlè
et Itabolarinwa ont été plus visés à cause de leur
effectif. La taille de l'échantillon choisi est de 154 ménages
soit 5 % de l'ensemble des ménages de ces huit (08) villages. Pour
répartir les 154 ménages entre les huit villages, il a
été procédé à la multiplication du taux de
sondage par le nombre de ménages.
En plus de cet échantillon, d'autres catégories
de personnes ont été choisies, selon leur importance pour notre
travail. Ainsi, un guide d'entretien a été
adressé :
- au chef service chargé du suivi des populations
à Ikpinlè ;
- à huit (08) chefs des quartiers de ville ;
- aux immigrants résidents ;
- aux autochtones résidents ;
- aux responsables administratifs et des collectivités
locales de l'arrondissement d'Ikpinlè.
Plusieurs techniques et outils ont permis de collecter les
données.
v Techniques et outils de collecte
Ø Techniques de collecte
La réalisation des investigations en milieu
d'étude a nécessité l'utilisation de deux techniques de
collecte des données à savoir : enquêtes par
questionnaire et des entretiens.
· Enquête par questionnaire
Les questionnaires élaborés sur la base des
différentes thématiques de l'étude ont été
administrés aux ménages retenus dans notre étude. Ces
questionnaires ont permis d'avoir des éléments
d'appréciation sur les émigrés résidents et
immigrants résidents.
· Entretiens
L'entretien individuel est réalisé au moyen d'un
guide d'entretien avec les chefs des quartiers, les chefs de ménages des
autochtones et des immigrants résidents. Au cours de ces entretiens, les
questions liées aux activités socio-économiques, et aux
difficultés rencontrées ont été abordées.
· Observations directes
L'observation directe sur le terrain est faite à l'aide
d'une grille d'observation. Les visites exploratoires ont été
exécutées à plusieurs reprises sur le secteur
d'étude pour observer le mode d'occupation des espaces et de voir la
nature et l'état des infrastructures érigées. Elle a
permis d'analyser la manière dont les terres sont occupées et
d'appréhender les problèmes liés à la gestion des
terres sur la vie économique de la ville. Les autres phases de descente
sur le terrain ont renforcé lesdites observations.
Ø Outils et matériels de collecte
d'information
Pour les enquêtes de terrain, trois outils ont
été utilisés pour recueillir les informations. Il s'agit
de :
ü guide d'entretien utilisé pour recueillir les
informations auprès des autorités à divers niveaux ;
ü questionnaires pour obtenir des informations
spécifiques auprès des ménages
enquêtés ;
ü un appareil photo numérique pour la prise de
vues.
1.2.3. Traitement des données
Il consiste à un examen attentif et méthodique
des données afin d'apporter des réponses aux questions
posées par nos recherches. Dans le cadre de la présente
étude, il a été procédé au
dépouillement manuel des données collectées, ensuite au
traitement par des méthodes qualitatives et quantitatives.
Les logiciels Microsoft Word 2007 ont été
utilisés pour la saisie et le traitement des textes et Microsoft Excel
2007 pour la réalisation des graphes, courbes et diagrammes. Pour
comprendre le phénomène migratoire dans l'arrondissement
d'Ikpinlè, il est important de connaitre l'historique des migrants et
les facteurs justifiant l'immigration des populations.
1.2.4. Analyse des résultats
Facteurs internes
Facteurs
Externes
Forces
Opportunités
Menaces
Faiblesses
L'analyse qui a été faite dans notre
étude a permis de mettre en évidence une série
d'éléments qui sont à l'origine des mouvements migratoires
et qui contribue efficacement à la croissance et au développement
local. A cet effet, le modèle SWOT a été utilisé.
La démarche d'analyse des résultats est inscrite dans la logique
de ce modèle SWOT (Strengths, Weaknesses, Opportunities et Threats). La
figure 1 présente le modèle SWOT utilisé.
Figure 1 : Schéma du
modèle SWOT
La recherche est axée sur l'analyse des forces,
faiblesses, opportunités et menaces qui pèsent sur les mouvements
migratoires dans l'arrondissement d'Ikpinlè.
Cette approche méthodologique a permis d'obtenir des
résultats qui sont présentés dans les chapitres qui vont
suivre.
Chapitre II : Atouts et contraintes liés au
développement des mouvements migratoires dans l'arrondissement
d'Ikpinlè
Ce chapitre présente la situation géographique
de la zone d'étude, les facteurs physiques et humains liés aux
manifestations des mouvements migratoires dans l'arrondissement, les
différentes formes de migration à Ikpinlè et enfin, les
causes et ampleurs des migrations de populations dans cet arrondissement.
2.1. Cadre géographique
2.1.1. Facteurs physiques
2.1.1.1. Situation géographique de
l'arrondissement
Situé dans le bas-Bénin, plus
précisément dans le département du plateau,
l'arrondissement d'Ikpinlè fait partie intégrante de la commune
d'Adja-Ouèrè (figure 2). Il est localisé
géographiquement dans le Sud-Est du Bénin entre 6°27' et
6°39' de latitude nord et entre 2°43' et 2°53' de longitude est.
Administrativement, il est limité au Sud par la commune de
Sakété, au Nord Est par l'arrondissement d'Oko-Akaré,
à l'Ouest par l'arrondissement de Tatonnoukon et au Nord-Ouest par celui
d'Adja-Ouèrè. Il couvre une superficie de 98 km².
L'arrondissement urbain d'Ikpinlè compte huit (08) quartiers de ville
qui sont : Atan-Ewé, Atan-Ouignan, Fouditi Igbo-Iroko,
Ikpinlè, Ilako, Igbo-Oro, Itabolarinwa et compte 22.277 habitants
(INSAE, RGPH4 2013).
La figure 2 ci-dessous
présente la situation géographique et administrative de
l'arrondissement d'Ikpinlè dans la commune.
Arrondissement d'Ikpinlè

Figure 2: Situation géographique et administrative
d'Ikpinlè
2.1.1.2. Relief
L'ensemble de la commune d'Adja-Ouèrè se situe
sur le plateau de Pobè. Elle présente une surface subhorizontale
inclinée vers la commune de Pobè, éventrée par une
série de vallées entre l'arrondissement d'Ikpinlè et la
commune d'Adja-Ouèrè centre d'une part et l'arrondissement de
Tatonnoukon d'autre part. Généralement, ces vallées
à fond plat sont peu exploitées. (Mairie
Adja-ouèrè, 2008).
L'absence d'un relief accidenté est un atout certain
pour l'installation humaine. Ce relief contribue au développement de
l'arrondissement et la population vaque aux activités agricoles
à cause de la fertilité des sols.
Le climat et le réseau hydrographique du milieu sont
aussi des facteurs qui conditionnent l'implantation continue de la population
à Ikpinlè.
2.1.1.3. Sols
On rencontre dans la commune d'Adja-Ouèrè
plusieurs types de sols. Mais la quasi-totalité de l'arrondissement
d'Ikpinlè est occupée par les sols ferralitiques (Fatoumbi,
2008). Ces sols sont favorables à l'agriculture.
Sur le plan de leur utilisation en agriculture, ce sont
d'excellents supports culturaux. La meilleure façon de les exploiter est
l'implantation de cultures pérennes à enracinements profonds.
Ces sols suscitent chez les paysans l'engouement au travail et l'arrivée
des immigrants.
2.1.1.4. Végétation
La végétation à Ikpinlè est
fortement menacée par les actions anthropiques. Elle est composée
de savanes arborées et arbustives dans lesquelles on trouve quelques
îlots de forêts. Les espèces les plus dominantes sont :
Danielliaoliveri, Isoberliniadoka, Parkiabiglobosa, Vitellariaparadoxa,
Chlorophoraexcelsa, Detariummicrocarpus, Imperatacylindrica,
Adansoniadigitata, Mangiferaindica, Acacia Papaya, teckona grandis
(PDC Adja-Ouèrè, 2004). Les nombreux arbres de même que les
herbes qui composent cette végétation finissent toujours par se
transformer en déchets qui rendent insalubres l'environnement. Cette végétation permet à la
population d'acquérir des terres pour mener leurs activités. Cela
constitue un atout pour l'installation des populations d'autres
localités en quêtes de parcelles pour mener leurs
activités.
2.1.1.5. Climat et hydrographie
L'arrondissement d'Ikpinlè jouit d'un climat de type
subéquatorial semblable à celui de Pobè. Les
températures y sont élevées. Les maxima se situent en mars
(29°C) et les minima en août (24°C) (Adam et Boko, 1993).
L'amplitude thermique annuelle est faible, inférieure à 5°C,
alors que l'amplitude thermique journalière est supérieure
à 10°C. Quatre saisons se succèdent dans l'année. De
mars à juillet, c'est la grande saison des pluies et d'août
à début septembre, c'est la récession
pluviométrique avec une faible pluviosité. Elle est suivie de la
petite saison des pluies qui s'étale sur les mois de septembre et
d'octobre. De novembre à mars, c'est la grande saison sèche
caractérisée par l'absence des pluies. La pluviométrie
annuelle varie entre 1100 et 1200 mm (Mairie Adja-Ouèrè,
2011-2015). La pluviométrie moyenne calculée sur la
période 1961-2000 est d'environ 1117 mm/an (figure 3).

Figure 3:
Variations interannuelles des totaux pluviométriques entre 1961 et
2000
Source : ASECNA 2014, Station de
Pobè
La figure 3 ci-dessus présente
les variations interannuelles des totaux pluviométriques entre 1961 et
2000 à Ikpinlè et permet de constater que la localité est
marquée par une forte variabilité pluviométrique qui se
présente sous la forme d'une alternance d'années
déficitaires et excédentaires. Ces conditions climatiques
favorisent le développement des activités agricoles dans
l'arrondissement.

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