Participation des populations au processus d'élaboration et de mise en Å“uvre du plan de développement de la commune de Dogbo( Télécharger le fichier original )par François ZINSOU Université d'Abomey-Calavi ( Bénin) - Maà®trise 2007 |
2.2- FACTEURS SOCIOCULTURELSLes facteurs socioculturels seront abordés en trois points identifiés comme obstacles : l'analphabétisme, le poids de la chefferie, la question de fils de terroir. 2.2.1. L'analphabétismeComme dans la plupart des régions du Bénin, la commune de Dogbo est caractérisée par un fort taux d'analphabétisme. En effet, plus de 70 pour cent de la population est analphabète26(*), donc ne sachant ni lire ni écrire. En effet, au cours des ateliers de diagnostic d'élaboration du PDC, les échanges qui ont eu lieu dans la langue maternelle ont été transcrits en français. Malgré l'organisation de trois ateliers (atelier paysan, atelier cadre, atelier synthèse), le problème d'accessibilité intellectuelle du document de PDC par les populations demeure. Ainsi beaucoup d'interviewés analphabètes ne savent ou ne connaissent pas le PDC de Dogbo. D'ailleurs le concept n'ayant pas un correspond direct dans la langue du milieu (adja) amène à une explication qui malheureusement n'a pu permettre aux gens de se souvenir de cet outil qu'est le PDC. d'où des réponses telles que: · Le PDC est un parti politique · Le PDC un document des politiciens. · Le PDC est un document qui sert à la mise en oeuvre de la démocratie au Bénin · Le PDC est un document pour bénéficier des appuis des bailleurs de fonds pour la commune · C'est un document du maire et des conseillers communaux · C'est un document de la décentralisation dans lequel il est écrit ce que nos élus et les projets vont nous faire dans les villages. On peut donc retenir par là une méconnaissance de l'outil communal de développement. Cette difficulté n'est pas que conceptuelle, elle est remarquable aussi au niveau du contenu du PDC et de la démarche de son exécution. Mais l'analphabétisme n'est pas le seul facteur relevé comme obstacle à la participation des acteurs à la mise en oeuvre du PDC. Il y a aussi le poids de l'autorité locale. 2.1.2 Le poids de l'autorité localeDans la culture Adja Tado le respect voué à l'autorité a été un fait dans le rapport entre citoyen et autorité. Cette relation a été toujours entretenue jusqu'à la période récente des sous-préfets. Elle est encore renforcée avec les maires et chefs d'arrondissements. Ce qui crée des écarts entre les décideurs et les citoyens. Les uns qui sont les représentants légaux disent que leurs déclarations et décisions émanent de la volonté du peuple qui les a élus. Ainsi ils bénéficient de la légitimité de la part de leur population. On peut comprendre par là que sous le regard de l'autorité locale de la commune de Dogbo, des citoyens se refusent d'user de leur droit de participation à la prise de décision, surtout si la proposition doit contrarier avec celle de l'autorité locale. Ce constat qui se ressent dans la mise en oeuvre du PDC est accentué par la question de fils de terroir. * 26 Source: Dans le RGPH3, Tome 3, Analyse socio culturelles et économiques, , P.108, Cotonou 2003 le taux d'alphabétisme dans le Couffo est de 27,6% |
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