1.1.3. Rationalisme versus relativisme culturel
Dans le domaine de l'anthropologie, deux grands courants
s'opposent lorsqu'on évoque les cultures humaines. Le relativisme
culturel considère que tout est « enculturé » et que
chaque culture humaine est fondamentalement différente. À
l'opposé, le rationalisme souligne l'aspect universel des
phénomènes culturels. Le juste milieu consiste peut-être
à considérer que certains concepts sont universels mais que la
signification qu'on leur donne peut varier d'une culture humaine à
l'autre. Le concept de « la famille » existe aussi bien pour un belge
que pour un congolais mais le congolais risque de donner à ce dernier un
sens beaucoup plus large et y inclure davantage de personnes.
1.1.4. L'identité culturelle
Pour Tison B., l'identité culturelle est la manière
dont « chaque individu intègre, de façon
synthétique, la pluralité des références
identificatoires qui sont liées à son histoire
»5. Chaque individu appartient en quelque sorte à
une culture d'origine dans laquelle il naît et se développe. Il
n'empêche, qu'à l'intérieur de sa culture d'origine,
l'individu peut développer des caractéristiques qui lui sont
propres et qui forme son identité culturelle.
Mes parents et moi sommes de culture occidentale.
Néanmoins ma culture n'est pas vraiment la même que celle de mes
parents.
1.1.5. L'interculturel
L'interculturel désigne les processus qui entrent en
jeu lorsque deux cultures entrent en contact.
Pour Tison B., « l'interculturel est un passage de
caractéristiques culturelles, identifiables ou non, qui se transmet par
le biais des relations humaines »6.
Clanet C. ajoute que l'interculturel s'établit «
dans une perspective de sauvegarde d'une relative identité
culturelle des partenaires en relation »7.
S'il est assez facile de modifier ou d'adapter nos habitudes de
langue ou de politesse, il est beaucoup plus difficile de changer nos valeurs
liées à notre tradition ou à notre religion. Je reviendrai
sur l'interculturel, plus loin, dans ce travail.
1.1. 6. L'ethnocentrisme
L'ethnocentrisme est inhérent à chaque être
humain. Chaque individu s'identifie à la culture à laquelle il
appartient et dont il a assimilé les valeurs. Il fait de sa culture son
modèle de référence. Le problème est que chaque
individu aura « tendance à rejeter, critiquer ou
dévaloriser ceux qui ne sont pas comme lui »8, ceux
qui n'appartiennent pas à sa culture. L'ethnocentrisme est un handicap
à la relation avec une personne d'une autre culture. L'essentiel est
d'en avoir conscience et de ne pas porter de jugement hâtif sur un
étranger.
5 TISON B., Op. Cit., p. 33.
6 TISON B., Op. Cit., p. 33.
7 CLANET C., cité par TISON B., OP. Cit.,
p.33.
8 RIVIERE C., Introduction à
l'anthropologie, Hachette, Paris, 2002, P. 13.
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