INTRODUCTION
0.1. PROBLEMATIQUE
Le paludisme demeure un problème majeur de santé
publique dans le monde. C'est une parasitémie qui est la deuxième
cause de mortalité mondiale après le SIDA (21). En 2016, l'OMS a
estimé à 216 millions le nombre de cas de paludisme dans le
monde, soit 5 millions de cas de plus qu'en 2015.
Il est endémique dans la plupart des pays Africains
dont la République Démocratique du Congo(RDC), 2è pays
d'Afrique le plus touché par le paludisme après le Nigeria [3].
En 2017 ,25% des cas du paludisme au monde ont été
enregistré au Nigeria et 11% en RDC(OMS).
Dans la province de la Tshopo au Nord-Est de la RDC, il
représente 37% de cause de consultation, et cause 30% de
décès de toutes les pathologies. A Kisangani, chef-lieu de la
Province de la Tshopo, on a enregistré en 2010 119525 nouveaux cas de
paludisme qui ont causés 288 décès [4,5].
Cette maladie est due à un protozoaire, du genre
Plasmodium. Subdivisé en 4 principales espèces pathogènes
pour l'homme dont la plus répandue et la plus virulente en zone
tropicale et intertropicale est le Plasmodium falciparum [1,2]. Une
cinquième espèce fut retrouvée chez l'homme, il y a
quelques années le Plasmodium knwolesi [4]. L'infestation chez l'homme
se fait par la piqure d'un culicidae femelle du genre Anophèles.
Au-delà de la morbi-mortalité attribuée
au paludisme, cette maladie a un impact non négligeable sur le
développement socio-économique dans les zones endémiques,
en 2016 les financements attribués à la prévention et au
traitement du paludisme étaient estimés à 2,7 milliards de
dollars Américains, avec une contribution des gouvernements des pays
endémiques palustre atteignant 800 millions de dollars Américains
soit 31% du financement total (1).
2
Malgré ces lourds investissements dans la
prévention et traitement, le paludisme continue toujours à poser
un problème sérieux dans les zones endémiques
spécialement en Afrique subsaharienne,
Constituant ainsi un grand risque pour les enfants de moins de
5 ans, les immunodéprimés et les femmes enceintes. [5,7]
D'après l'OMS en 2014, La situation des gestantes est
tout à fait particulière, car l'infection palustre au cours de la
grossesse constitue un problème de santé majeur comportant des
risques considérables pour la mère, son foetus et le
nouveau-né.
Pour la mère, la grossesse affaiblit son
immunité et le rend plus sensible à l'infection paludique,
accroit le risque de la maladie, d'anémie sévère et de
mort. Pour l'enfant à naitre le paludisme maternel augmente le risque
d'avortement spontané, de mortinatalité, accouchement
prématuré et de faible poids de naissance [7].
Selon l'OMS en 2008, près de 25 millions de femmes
enceintes, dont 20% de primipares sont confrontées aux
conséquences du paludisme chaque année en Afrique subsahariennes
(WHO, 2004). Pour ces femmes, le paludisme est à la fois un danger pour
elles-mêmes et pour leurs bébés, avec environ 200000 morts
de nouveau-nés en raison de la présence du paludisme pendant la
grossesse.
Près de 11 millions de femmes enceintes exposées
à l'infection palustre ont donné naissance à quelques
87200 enfants présentant un faible poids à la naissance dans
l'Afrique subsaharienne (2) (OMS, 2018)
Cette même année la prévalence de
l'exposition à l'infection palustre durant la grossesse a
été plus forte dans les sous-régions Afrique de l'Ouest et
Afrique centrale (chacune avec 35%) ; suivie par la sous-région Afrique
de l'Est et Australe (20%).Près de 39% de cette prévalence a
été concentrée en RDC et au Nigeria.
Eu égard à ce qui précède, nous
avons jugé opportun de mener une étude sur les aspects
épidémiologiques et cliniques du paludisme chez la femme enceinte
afin d'évaluer la prévalence du
1
paludisme chez la femme enceinte, ses complications et sa
prise en charge dans la ville de Kisangani.
Ainsi plusieurs questions se posent :
? Quelle est la prévalence du paludisme et quel est le
profil des gestantes les plus touchées dans notre milieu ?
? Quelles sont les manifestations cliniques et les
complications les plus observées ?
? Quelle est l'efficacité de la prise en charge
appliquée ?
0.2. HYPOTHESES
La prévalence du Paludisme serait élevée
chez la femme enceinte dans notre milieu et il serait fréquent chez les
femmes mariées qui se trouveraient dans la tranche d'âge de 20-29
ans souvent à partir du 2è trimestre de la grossesse.
Les manifestations cliniques les plus observées
seraient céphalées, douleurs lombaires, asthénie physique
et vomissement, les complications les plus observées seraient la menace
d'avortement et menace d'accouchement prématuré.
La prise en charge du paludisme pendant la grossesse par la
quinine serait un traitement de choix.
0.3. OBJECTIFS
0.3.1. Objectif général
L'objectif général de cette étude est de
contribuer à la
réduction de survenue des complications du paludisme au
cours de la
grossesse
0.3.2. Objectifs spécifiques
Les objectifs spécifiques que poursuit cette étude
sont :
1. Déterminer la prévalence du paludisme chez les
gestantes
2. Déterminer le profil des gestantes plus
affectées
2
3. Déterminer les manifestations cliniques et les
complications les plus observées
4. Evaluer la prise en charge du paludisme chez les
gestantes
0.4. Intérêt du sujet
L'intérêt est d'informer la population, le
personnel médical et
paramédical de la manière dont sévit cette
maladie et des conséquences
qui en découlent chez les femmes enceintes afin de les
éviter.
0.5. SUBDIVISION DU TRAVAIL
Hormis l'introduction, le présent travail comporte quatre
chapitres
V' Le premier chapitre parlera des
généralités sur le paludisme
V' Le deuxième chapitre présentera le
matériel et la méthodologie du
travail ;
V' Le troisième fournira la présentation
et l'interprétation de nos
résultats ;
V' Le quatrième est réservé
à la discussion des résultats
V' Enfin, une conclusion et quelques suggestions
mettrons fin à ce
travail
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