Section 2. Etudes empiriques
Plusieurs études empiriques ont été
menées dans le cadre de notre travail, parmi lesquelles nous retenons
:
Moshe S., (1988) montre que l'expansion économique et
les modifications structurelles résultent d'un processus à long
terme. En effet, on ne passe pas instantanément d'une économie
à faible productivité, essentiellement rurale, à une
économie à forte productivité, urbanisée et
industrielle. Au cours de ce processus graduel, la productivité augmente
dans la plupart des secteurs de l'économie et, dans le même temps,
le centre de gravité passe des unités à
productivité faible aux unités à productivité plus
importante.
Il est donc essentiel de distinguer les agrégats pour
analyser le développement en se plaçant, toutefois, dans le cadre
de l'ensemble de l'économie d'un pays. Le développement est
l'ensemble interdépendant des processus de transformation structurelle
de longue haleine qui accompagnent la croissance (politiques structurelles).
L'une des caractéristiques de la croissance économique moderne
dans les pays développés est le taux de croissance
élevé du produit global et du produit par habitant.
Rougier E. et Piveteau A. (2012), qui démontrent que si
le développement économique correspond à un processus
cumulatif de long terme, l'émergence renvoie à un moment
particulier de la dynamique économique qui correspond à
l'affirmation d'une séquence de croissance significative
débouchant sur une croissance soutenue et longue. Le
concept de développement économique ne renvoie pas à un
temps particulier, fini, mais à un processus permanent de changement
auquel restent confrontés même les pays les plus
développés.
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Pour les auteurs, l'émergence décrit quant
à elle une rupture, une séquence historique et identifiable de
sortie du piège du sous-développement. L'émergence
économique doit être analysée comme un processus
indéterminée, non linéaire et non homogène,
provoquant des ruptures et recelant des blocages dont l'ampleur est
spécifique et identifiés. Mais si les pays émergents ont
tous une croissance économique soutenue et relativement stable. Seules
certains d'entre eux sont des marchés
financiers émergents. Tous ne sont pas de puissances
exportatrices.
Dans ces approches de l'émergence, les
caractéristiques macroéconomiques favorables ne sont jamais loin
de prescriptions standards. La vitesse avec laquelle les grands pays
émergents comme
l'inde et la chine sortent de la pauvreté, accèdent
à la croissance et à la compétitivité
internationale et
convergent vers la frontière technologique dans certains
secteur, est tout simplement inédite dans
l'histoire économique. La taille de ces
économies et leurs relations intenses avec les autres économiques
en développement finissent par créer les conditions d'une
perturbation de l'économie mondiale, elle aussi inédite
susceptible de remettre en question les modèle linéaire du
développement économique et du rattrapage de la théorie
standard. (Rougier E. et Piveteau A., 2012)
Hay F. et Shi Y., (2005) analysent à travers leur
étude, la montée en puissance et les prouesses
de l'économie chinoise. Les auteurs notent que la chine
est un pays bien particulier qui n'a pas son égal
dans le monde avec ses performances des deux dernières
décennies, avec son régime économique
imprégné de capitalisme et de communisme, et habitants, leurs
modes de vie et leurs manières de
penser et de traiter les affaires. C'est actuellement un
partenaire productif et commercial incontournable pour des nombreux pays. Il
reste encore bien des avancées à faire en chine pour qu'elle
puisse rivaliser avec les grandes puissances économiques actuelles.
Cependant, ce n'est plus la nation pauvre et isolée
d'il y a trente ans ; depuis, l'économie du pays s'est largement ouverte
sur l'extérieur, la décentralisation et la réforme du
secteur public ont été engagés, et, d'une manière
générale, les progrès économique chinois ont
été exponentiels, avec une
croissance qui a atteint des niveaux inédits. Peu de
pays ont connu un essor aussi fulgurant en aussi peu de temps et il apparait
que les potentialités chinoises de développement pour les
années qui viennent sont énormes, car le pays a de nombreux
atouts à valoriser, son marché est en plein essor et les
ambitions de ses dirigeants et de ses habitants sont à certains
égards sans limites.
Abdelmalki L., Benoit M. et Gbakou P., (2012) de leurs
côtés ont rédigé une étude pour savoir si
la stabilité macroéconomique conditionnait
l'impact des IDE sur la croissance économique et l'émergence de
PED ; en se basant dans le cadre d'une approche comparative, se
référant à trois grandes régions : l'Afrique,
l'Amérique latine et caraïbes et l'Asie. Selon l'auteur, Un tel
choix se justifie
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par la variété des espaces retenus qui permet de
décliner l'impact des IDE sur la croissance économique pour
chacune de zone isolement, mais aussi d'emblée pour ces trois zones
considérées comme un ensemble.
Les résultats obtenus à travers cette
étude montrent que les flux nets d'IDE ont un effet positif dans les
économies des pays africains et celles de pays de l'Amérique
latine et caraïbes. L'inflation n'affecte négativement la
croissance que dans les pays africains. Même si les flux d'IDE influent
positivement sur la croissance de ces derniers pays, il existe un effet de
seuil de l'inflation pour ces pays. Les pays et les zones qui ont
privilégié la stratégie de l'ouverture ont
été pour beaucoup d'entre eux, rétribués par un
afflux d'IDE et après l'accélération de la croissance et
du processus d'émergence.
Pour Mbaloula M. (2011), les économies
émergentes révèlent d'une expérience dans le cadre
de ce processus du développement économique, mais cette
expérience ne constitue pas une fin, mais une
étape. Il s'agit d'un phénomène de prise de
conscience pour les pays en développement qui sont
appelés à progresser sur le sentier de la
croissance économique ou de la recherche de la puissance
économique dans le cadre de l'économie mondiale. Surtout que les
économies émergentes de la fin du 20ème siècle
s'inscrivent dans la continuité des expériences capitalistes
classiques.
Pour les PED, il y a lieu de ne pas oublier les objectifs de
réduction de la pauvreté et des inégalités
sociales, et particulièrement, les réalisations du
développement humain correspondant à la satisfaction des besoins
fondamentaux des populations, l'éducation, et la santé. D'un
point de vue analytique, il apparait de façon nette que les
économies émergentes présentent une réalité
hétérodoxe, car difficile à classer de façon
unanime. Néanmoins, la montée en puissance économique des
pays émergents leur confèrent un rôle accru dans la
fixation des priorités mondiales. D'un point de vu de la mondialisation
également, les pays émergents impriment une dynamique
économique nouvelle réduisant le pouvoir de la triade (USA,
Europe et le Japon) au profit d'autres zones économiques.
Aboma P. (2014), souligne que derrière les prouesses
économiques de l'Afrique ces dernières décennies, on note
aussi la persistance d'une instabilité chronique. Beaucoup d'Etat
africains, y compris ceux occupant le podium du succès
économique, sont encore incapable d'assurer la mission fondamentale
autour de laquelle se structure l'Etat, en l'occurrence la
sécurité et la préservation des citoyens contre la
violence. Très peu d'Etats africains ont en effet pu objectiver une
vision transcendante de l'Etat et la construction d'institutions fortes et
inclusives au détriment du népotisme, du clientélisme, de
la corruption ou du favoritisme.
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Ainsi, une zone d'ombre demeure, une inquiétude
persiste et amène à plus de réserve quant au concept
largement répandu d'émergence de l'Afrique. De fait
l'incapacité actuelle des entités politique africaines à
créer des Etats véritables capables des répondre aux
défis de la sécurité et de la stabilité politique
de longue durée donnent malheureusement des raisons de tempérer
cet élan d'optimisme, voire de douter du concept même
d'émergence en Afrique.
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