4.2. Les débats sur la gouvernance
énergétique
Plusieurs études ont été menées
dans le cadre de la gestion de l'électricité à travers le
monde. C'est ainsi que BERTEL E. et MOLINA P. (1993), présentent les
débats sur les stratégies énergétiques en
Amérique latine et les Caraïbes. En effet, ils prévoient le
développement de l'énergie nucléaire pour répondre
à la demande croissante d'électricité dans la
région au cours des prochaines années. Tandis que d'autres voient
des conséquences néfastes dans l'exploitation de cette source
d'énergie car pourrait engendrer la pollution de l'environnement et
plusieurs autres risques. C'est le cas par exemple de l'explosion de la
centrale nucléaire de Fukushima en 2011 en Chine. C'est dans cette
foulée que RAYMOND M8. (1993) pense « plutôt
qu'il faut développer l'énergie solaire surtout pour les pays
africains où la constante solaire avoisine 1000 watts au m2
à l'instant « T » sur la surface de la terre en (terme de
puissance lorsque le soleil brille) et 1400 watts dans quelques régions
du Sahara ». Pour cet auteur, l'Afrique reste le continent le plus
riche au monde en matière d'énergie. Pour cela le continent doit
nécessairement exploiter ce potentiel énergétique pour la
satisfaction de besoins de sa population. Ce qui s'avère
intéressant quand on sait que l'Afrique s'est engagé depuis un
certain dans le processus du développement durable. Cela permettrait de
préserver les ressources écologiques à travers le
développement des sources d'énergies non polluantes. Pour
POUZOLES (1995), la solution revient à la lutte contre le gaspillage, la
rationalisation des processus de fabrication et la substitution de
l'électricité aux énergies traditionnelles comme le
charbon minéral ou l'autoproduction à partir des
récupérations. Pour lui l'électricité doit
être gérée rationnellement sans qu'il y ait le moindre
gaspillage au niveau des unités industrielles. Ce qui permettrait selon
lui de répondre aux besoins de tous en matière
8 RAYMOND L. 1993_Le Monde et l'Afrique. Extrait des
Marchés Tropicaux, Septembre 1993. P.45
83
d'électricité. Cette étude est d'une
grande importance pour les pays du sud qui amorcent un processus
d'industrialisation.
Aujourd'hui, dans un souci de répondre aux besoins du
présent sans compromettre la capacité des
générations future à répondre au leurs, la
majorité des pays de la planète se reconnaissent dans cette
volonté de mise en oeuvre d'une politique visant l'exploitation des
sources d'énergie nouvelles. Ceci a des conséquences sur la
manière de concevoir la production d'énergie électrique et
son utilisation souligne le Conseil Economique et Social Régional
(2010). A cet effet, FRANÇOIS S. (2012) pense que la Banque Mondiale
doit s'engager à aider les pays africains à construire ou
à rénover les infrastructures énergétiques
existantes, tout en renforçant la gouvernance des compagnies
d'électricité. C'est ainsi que l'Energie De France (EDF) (2012),
prévoit le renforcement des potentiels hydrauliques et le
développement d'autres sources d'énergies renouvelables. Ce qui
est primordial dans un monde où le développement durable est
prôné par les politiques.
Cependant SECOUR S. (2012), pense que la problématique
de la gestion énergétique devrait être repensé en
donnant la priorité non pas à l'accès à
l'éclairage moderne, mais aussi aux sources d'énergie nouvelles.
A cet effet il prévoit la mise en valeur des énergies
photovoltaïques en vue de renforcer la création d'emplois, de
revenues et de la valeur ajoutées, qui demeurent des
éléments clés de la croissance économique et de
lutte contre la marginalisation. SECOUR à travers cet argumentaire se
réfère aux énergies renouvelables qui permettent de
réaliser des économies d'échelles. DOMINIQUE A. et al
(2014), affirment que l'Union Européenne (UE) doit assurer
l'approvisionnement en énergie de qualité et de quantité
suffisante, la préservation du pouvoir d'achat et la
compétitivité européenne ainsi que la lutte contre les
émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2030. Pour
cela EMILIE F. et al (2014), avaient étudié le réseau
électrique afin de mener une bonne politique
d'électricité. En effet, ils se sont intéressés au
fonctionnement actuel des réseaux électriques, de la production
jusqu'à la consommation en passant par le transport, puis étudier
sa mise en place, le fonctionnement et la portée des énergies
renouvelables avant d'écrire les limites ainsi que des pistes
alternatives pour une meilleure gestion de l'électricité. A cet
effet l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) affirme que la gestion devient
une obligation pour tous les pays, dans la mesure où la demande
énergétique mondiale augmenterait de 60% d'ici 2030, grâce
notamment au développement de l'industrialisation. C'est dans ce cadre
que BENJAMIN P. et al (2011), ont développé un outil de gestion
de l'énergie électrique. Cet outil permettra pour ces auteurs
d'améliorer le fonctionnement de plusieurs sources d'énergie au
sein d'un bâtiment. Cet outil se base sur la programmation
linéaire appliqué via
84
l'algorithme du simplexe. Ce dernier permet selon eux de
déterminer précisément lors d'une sollicitation de la
charge, quelle puissance doit être utilisée pour chacune des
sources dans l'optique de minimiser un coût économique.
Pour parvenir à harmoniser le secteur de
l'énergie en Côte d'Ivoire, DJEZOU W. B. (2009) pense qu'il faut
redynamiser le cadre institutionnel nécessaire dans le sens d'une
gestion plus globale du secteur plutôt qu'une gestion sectorielle. Il
ajoute aussi que les niveaux de responsabilités des différents
opérateurs devraient être clairement définis et
éviter que les fonctionnaires exerçant dans le secteur soient en
même temps operateurs. Cela pour une gestion objective du secteur de
l'énergie. C'est ainsi qu'il prévoit l'élaboration d'un
système de réglementation institutionnelle et tarifaire incitatif
et une redéfinition des politiques énergétiques et
environnementales englobant tous les sous-secteurs de l'énergie, et
particulièrement les sources d'énergies renouvelables. Il
encourage aussi la consolidation des actions communes en matière de
coopération énergétique et environnementale pour aboutir
à la création d'un marché régional de
l'énergie. Ce qui a poussé le gouvernement Camerounais à
élaborer un plan énergétique national d'après une
étude de HELIO INTERNATIONAL (2011). Ce plan a pour but de
préserver l'indépendance énergétique et le
développement des échanges extérieurs, de promouvoir
l'accès à l'énergie à un prix raisonnable et
compétitif, de maitriser l'énergie tout en préservant
l'environnement, d'améliorer l'efficacité du cadre juridique,
réglementaire, institutionnel et des mécanismes de financement du
secteur de l'énergie. Dans le même ordre d'idée, le groupe
de la BANQUE MONDIALE (2009), propose des stratégies
énergétiques afin de décanter un des principaux
défis de la plupart des pays en développement et d'assurer un
approvisionnement en électricité plus fiable et à la
hauteur des besoins, tout en permettant à l'ensemble de la population
d'avoir financièrement accès aux services
énergétique modernes. La politique de la Banque Mondiale est
d'assurer l'approvisionnement à un prix raisonnable de
l'électricité. Ce qui nécessite des financements pour
accroitre la base d'approvisionnement, réduire les pertes de transfert
et assurer une utilisation plus rationnelle de l'énergie que bon nombre
des pays ne sont pas parvenus à mobiliser jusqu'à présent.
Cette politique de la Banque Mondiale a été applaudie par
plusieurs chercheurs et a permis le développement des nouvelles
stratégies adopter par d'autres. ANDRIS P. (2012), pense qu'il faut
revoir les politiques énergétiques des pays en
développement pour permettre l'accès de tous aux sources
d'énergie durable. A travers cette étude il évoque le taux
d'électrification des régions de l'Afrique subsaharienne qui est
de 30 % et mentionne la participation de l'Union Européenne à
l'initiative des Nations Unis pour l'accès aux services
énergétiques modernes. Pour accroitre l'accès à
l'énergie, cet auteur
85
propose l'intégration à travers des grands
projets d'électrification de portées régionales et la
production diversifiée d'électricité d'origine
renouvelables. Dans le même ordre d'idée, JEAN PIERRE F. et col
(2009) pensent qu'il faut diversifier les sources d'alimentation
énergétique et surtout faire recourt aux sources d'énergie
renouvelable. Ce qui permettrait non seulement d'accroitre le taux
d'accès à travers la production décentralisée, mais
aussi de réduire l'impact de la production énergétique sur
l'écosystème à travers également l'utilisation de
ces sources d'énergies renouvelables. Cela va de pair avec la politique
de la BANQUE AFRICAINE DE DEVELEOPPEMENT et de la FAD (2012). Pour ces
institutions, la politique du secteur de l'énergie doit viser un double
objectif ; d'une part, appuyer les efforts des pays membre régionaux qui
visent à fournir à l'ensemble de leur population et au secteur de
production, l'accès aux infrastructures et aux services
énergétiques modernes, fiables et à un coût
abordable, de l'autre à aider ces pays à développer un
secteur de l'énergie durable au plan social, économique et
environnemental. Cela permettrait de réduire les
inégalités d'accès et le renforcement de la
compétitivité économique du continent qui enclenchera,
à son tour, une croissance économique plus rapide et un
développement social équitable.
L'analyse de ce qui précède montre que la
gestion de l'énergie consiste à orienter sa demande vers
l'utilisation de plusieurs sources d'énergie. Ainsi, pour une meilleure
gestion de l'énergie, l'analyse de cette rubrique montre que
l'unanimité est faite par les auteurs sur la diversification des sources
d'énergie. Mais, ces auteurs proposent surtout l'utilisation des sources
d'énergie renouvelable et cela dans le but d'accroitre l'accès
d'un plus grand nombre des populations aux sources d'énergie moderne,
à moindre coût et sans atteinte à l'environnement. Pour
mener à bien l'utilisation de ces sources d'énergie, certains ont
développé un outil de gestion énergétique. Cet
outil sert à améliorer le fonctionnement de plusieurs sources
d'énergie au sein d'un seul bâtiment. Cet outil se base sur une
approche mathématique qui permet de déterminer
précisément lors d'un appel en puissance, l'énergie que
doit émettre chaque source installée sur le bâtiment. Alors
que pour DJEZOU W. B. (2009) et HELIO INTERNATIONAL (2011), en Côte
d'Ivoire et au Cameroun, il est important de revoir le cadre juridique,
règlementaire et institutionnel de la politique
énergétique de ces pays afin de promouvoir les projets
d'électrification des portées régionales.
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