I.1.1.4. Formes cliniques
Plusieurs formes cliniques peuvent être décrites
notamment l'accès palustre simple, l'accès pernicieux au
paludisme grave, le neuropaludisme et le paludisme viscéral
évolutif.
L'accès palustre simple se caractérise par
de pics fébriles réguliers avec des frissons, des
céphalées, des fatigues, des nausées, des vomissements,
des diarrhées et des douleurs diffuses.
Le paludisme sévère : il s'agit d'une
symptomatologie qui ressemble à celle d'un accès palustre simple
mais plus sévère, et au frottis sanguin et à la goutte
épaisse, on distingue des formes asexuées de plasmodium
falciparum et on note au moins un des critères cliniques et
biologiques de gravité. Dans ces formes de paludisme
sévère, les atteintes organiques apparaissent avec un timing
variable après l'admission. On sait que les manifestations
cérébrales et l'atteinte rénale sont les plus
fréquentes dans les 48 premières heures de la présentation
alors que l'ARDS est souvent rare au début et la majorité des cas
d'ARDS qui surviennent après le 3ème jour de
l'admission.
Le neuropaludisme : il s'agit d'une atteinte du système
nerveux central qui s'associe à une défaillance
multiviscérale avec #177; syndrome de détresse respiratoire
aiguë, #177; collapsus, #177; insuffisance rénale aiguë dans
un contexte de comorbidité ou de décompensation d'une pathologie
sous-jacente. La mortalité est très importante. Il faut dans ce
contexte sévère exclure les méningites bactériennes
et les méningo-encéphalites par une ponction lombaire, la
fièvre typhoïde en réalisant des hémocultures, des
dengues sévères en réalisant des sérologies, des
septicémies à Bacille Gram négatifs en réalisant
des hémocultures, la leptospirose ictéro-hémorragique en
réalisant des sérologies et la ponction lombaire, des borrelioses
avec frottis sanguin et sérologie ponction lombaire, des risckettsiose
avec les sérologies, des viroses respiratoires de type grippe ou SARS ou
une hypoglycémie majeure. Des associations sont également
possibles avec d'autres pathologies d'où l'importance de
réaliser, de façon systématique, un frottis et une goutte
épaisse chez un patient qui revient des tropiques avec une fièvre
(Greenwood et al. 2005).
I.2 ASPECT THERAPEUTIC DU
PALUDISME
I.2.1 DIAGNOSTIC DU
PALUDISME
Devant toute fièvre au retour
des tropiques, le diagnostic de paludisme ou malaria doit être
évoqué. Plusieurs méthodes de diagnostic sont à
notre disposition, notamment les tests diagnostiques rapides (TDR) qui doivent
toujours faire l'objet d'une confirmation par un frottis sanguin ou une goutte
épaisse.
Le frottis sanguin et la goutte épaisse sont
le gold standard pour le diagnostic de la malaria (Greenwood et al. 2005). La
goutte épaisse détecte la présence ou non du parasite et
le frottis mince permet de voir la morphologie et faire le diagnostic
différentiel (permet d'établir la parasitémie et faire le
diagnostic de l'espèce plasmodiale).
Les tests de diagnostic rapide(TDR) qui sont basés sur
la détection d'histidine riche protéine 2 (HRP-2), du parasite
lactate déshydrogénase et de l'aldolase. Ces tests ont une
sensibilité entre 88 et 99% pour le plasmodiumfalciparum mais
ont une mauvaise sensibilité pour les autres plasmodiums
particulièrement le plasmodiumovale et le plasmodium
malariae. Ils doivent toujours être confirmés par un frottis
sanguin et une goutte épaisse. Il persiste particulièrement pour
ceux qui utilisent l'histidine riche protéine 2 plus de 43 jours
après le traitement (Kyabayinze et al. 2010).
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