anaphylactique à la pénicilline.
Mr MC, non connu allergique à la
pénicilline, consulte dans un hôpital régional pour une
symptomatologie grippale. Un traitement à base de pénicilline
injectable lui est prescrit par le médecin traitant. Environ trente
minutes après l'injection intramusculaire faite par l'infirmier, le
patient développe un choc anaphylactique et décède.
L'autopsie médico-légale n'a pas révélé de
pathologie organique pouvant expliquer la mort.

Les jugements :
v' En 1ère instance :
Les héritiers de MC ont porté plainte
contre le médecin et le MSP.
Le 23/10/93, le tribunal de 1ère
instance retient la responsabilité de l'hôpital public sur la base
de l'art 84 du COC, et accorde aux héritiers : 3000D de préjudice
moral pour l'épouse et 1500D de préjudice moral pour chacun des 7
enfants.
v' En appel :
Le chef du contentieux de l'Etat en personne de MSP, fait
appel le 12 mai 1995 auprès du Tribunal Administratif, précisant
que :
· Toutes les mesures d'urgences ont
été prises par le personnel médical pour réanimer
la victime.
· Le choc anaphylactique est un accident qui ne
peut pas être prévenu par des tests préliminaires
d'allergie puisque ces derniers sont euxmêmes dangereux, excluant ainsi
toute responsabilité de la part de l'hôpital public.
En octobre 1996, le Tribunal Administratif, après
avoir rejeté tout fondement sur le COC, applique le DB de 1888, et
décide ce qui suit :
« L'hôpital public doit apporter une preuve
démontrant que tous les soins urgents ont été
effectués pour sauver le patient. L'administration n'ayant pas
apporté cette preuve, la responsabilité de l'Etat est retenue...
»
Le Tribunal Administratif retient ainsi une faute de
service, par défaut d'avoir prodigué des soins urgents
nécessaires.

Cette partie est consacrée à la discussion
des affaires (résultats de recherche), avec leurs aspects, en mettant
l'accent sur les causes probables des complications à l'origine des
plaintes.
En effet, toute affaire est attachée à un
manque à l'obligation de l'infirmier, ce manque touche par obligation
une étape de la réalisation de l'acte (IM).
Dans toutes les affaires, une condamnation pour un
manquement aux obligations, lors de l'injection IM, a été retenue
par le tribunal. Les phases où ce manquement auraient eu lieu peuvent
être résumées en une :

Mauvaise préparation psychologique d'un enfant
à l'injection IM. Faute d'asepsie
Erreur médicamenteuse
Méconnaissance de propriété du
produit à injecter
Faute de repérage de quadrant
d'injection
Faute de surveillance
Cette partie se devise en deux sous-parties : la
première comprend l'aspect médical du
manquement commis dans les quatre affaires, l'autre
traite le volet légal.
I. L'aspect médical :
1. Mauvaise préparation psychologique d'un
enfant à
l'acte :
A. La relation soignant-soigné :
La relation soignant-soigné, se simplifie dans la
notion d'interaction entre deux personnes se trouvant dans une situation de
soins chaque fois renouvelée pour ce qu'elle offre d'inconnu, de
complexe et d'imprévisibilité. Elle est le fondement de la prise
en charge globale du patient.
La relation induit une notion de rencontre. Elle se fait
dans le cadre institutionnel étranger au soigné, mais qui pour le
soignant est son lieu de travail dans lequel il possède ses propres
repères
La relation soignant-soigné ne peut avoir lieu
que si le soignant prend en compte la dimension d'accueil du patient, et pas
seulement l'aspect technique du soin. Elle ne peut avoir lieu sans cette
rencontre entre les deux. [2]
B. Particularités de relation du soignant
avec un enfant :
Pour l'enfant, cette relation est très
particulière et nécessite une prise en charge d'ordre
psychologique.
En effet à la recherche de la différence
entre la relation en pédiatrie et dans les autres services, une question
est posée à 32 infirmiers exerçant dans des services de
pédiatrie, dans le cadre d'un mémoire de fin d'étude
infirmier de Fraj Ben Slama: « en quoi la relation en pédiatrie
est-elle différente des autre services ? »
L'enquête a conclu à une relation en
pédiatrie différente des autres services pour des multiples
raisons :
o L'enfant ne comprend pas toujours l'utilité des
soins.
o Il faut longuement expliquer, rassurer et prendre en
compte la douleur de l'enfant.
o La relation est plus maternante, demande plus de temps
et elle est plus innocente.
o L'enfant est plus ouvert, plus spontané,
insoucieux et tendre. [2]
Pour ces raisons un apprentissage de comportement de
l'enfant, ses conduites et ses réactions doit être exigé
chez le soignant.
En effet, il faut faire comprendre à l'enfant que
les soins sont une nécessité afin d'éviter les conduites
agressives et les agitations, réactions fréquentes chez l'enfant
à l'âge jeune, devant ce qui est inconnu, spécialement que
l'étude de Fraj Ben Slama a prouvé que les éléments
qui font obstacle à la relation soignant-soigné sont dus en
grande partie, à la peur des enfants devant la présence des
personnes étrangères, les soins douloureux et
répétés, et principalement, l'agressivité des
gestes des soins et parfois des soignants eux-mêmes.
Loin d'être un exécuteur des actes
techniques, l'infirmier doit posséder d'autres qualités tel que
le pouvoir de communication afin de réaliser ses actes sans
complications surtout si les soins sont destinés à un
enfant.
Avant tout soin proposé à l'enfant, il faut
bien communiquer avec lui, lui expliquer, selon ses capacités à
comprendre (adapter notre langage à son vocabulaire, ses connaissances,
son âge car l'enfant a peur de langage étrangère), puisque
il est bien connu que « la communication est la première
étape à aborder avec un enfant pour instaurer la confiance »
Fraj Ben Slama(2008).
De ce fait, le rôle du soignant qui se met en
relation avec l'enfant est multiple :
> L'accueil : c'est accepter l'autre avec ce qu'il a
de spécifique, de particulier, d'unique. C'est savoir l'accompagner dans
son parcours. Ce n'est pas un don, c'est une compétence
professionnelle.
> Concilier les soins techniques et relationnels :
instaurer un climat de confiance avec l'enfant et se faire des parents, des
partenaires de soins.
> Reconnaitre l'enfant : en tant que sujet et non pas
en tant qu'objet de soins.
> Satisfaire le besoin de communiquer : de l'enfant
quelque soit son âge ou ses capacités de compréhension.
[2]
Or, malgré que cette relation semble
être établie dans notre quatrième affaire, l'enfant
était très agité, et cette agitation serait due à
une mauvaise préparation psychologique de l'enfant à l'acte de
soins. La crainte des douleurs de l'injection n'est pas le seul facteur puisque
l'enfant a eu des injections précédentes.
2. Faute
d'asepsie :
Tout acte réalisé dans le but
d'améliorer l'état de santé du patient nécessite
une préoccupation de l'exécutant de cette technique dans le but
de ne plus mettre la santé du patient en danger.
L'asepsie rigoureuse est une condition à
respecter dans la réalisation de toute technique particulièrement
les actes qui comportent une effraction cutanée, porte d'entrée
pour les germes opportunistes (cathéter, prise des
prélèvements sanguins, toute sorte d'injection).
La survenue d'un abcès après une injection
en IM, soulève souvent la question du manque du respect des
règles d'asepsie au cours de la réalisation de
l'injection.
Cependant, le mémoire de fin d'étude de
Mdaini Monia, concernant l'évaluation des compétences et des
connaissances des paramédicaux au sujet de la pratique de l'injection en
IM, avait conclu à une négligence des règles d'asepsie :
100% des soignants (16 paramédicaux), n'enlèvent pas les
bracelets, les bijoux, les bagues qui peuvent Etre un moyen de transmission des
infections ; 75% négligent la protection de la seringue ; 62.5% des
soignants ne se lavent pas les mains d'une façon hygiénique. Il
n'ya pas de respect des règles d'asepsie au cours de la manipulation du
matériel stérile dans 100% des cas. La désinfection de
site de l'injection n'est pas faite convenablement dans 68.75% des
cas.
La négligence des précautions d'asepsie,
fait preuve d'exposition des patients à des risques
septiques.
L'abcès qui se définie comme étant
une collection purulente contenue dans une cavité
néoformée. L'abcès infectieux doit Etre suspecté
devant :

La présence de pus lors de l'évacuation
spontanée.
Ou la présence d'une collection fluctuante
à la palpation avec au moyen un ou deux signes d'inflammation
localisée (érythème, douleur ou chaleur au toucher du site
d'injection).

L'abcès infectieux peut apparaitre au bout d'une
semaine ou plus. Il peut Etre provoqué par : Utilisation d'une aiguille
ou d'une seringue non stérile.
Une mauvaise technique d'injection.
L'injection en dehors du muscle. [16]
Il faut se rappeler toujours que, le praticien est
appelé à réaliser ses actes dans les conditions d'une
asepsie rigoureuse, durant la préparation, la manipulation du
matériels utilisés, et au cours de l'administration
médicamenteuse pour garantir la sécurité du patient contre
les germes ambiants.
Chaque fois qu'un abcès septique survient dans
les suites d'une injection IM, l'hypothèse d'une faute septique est
fortement suspectée.
3. Méconnaissance des
propriétés du Produit à injecter:
A l'évidence, toute conséquence, qui suit
une injection médicamenteuse n'est pas forcement due à une faute
infirmière mais peut Etre due à une réaction physique
à la substance injectée,

ou parfois à une mauvaise résorption du
médicament surtout s'il s'agit de plusieurs injections faites au
même site.
Le produit injecté joue alors un rôle
primordial dans l'apparition des problèmes suite à son
introduction dans le corps du patient.
Le médicament est un produit très
complexe, longuement étudié avant d'être mis sur le
marché : malgré cela il n'en demeure pas moins que ce
médicament prouve parfois des effets indésirables notables.
[3]
o Produit et abcès stérile
:
L'abcès au site d'injection est une collection
d'une substance localisée au niveau du tissu mou du site d'injection. Il
a des étiologies infectieuses.
Or, l'abcès stérile (ou amicrobien) de
type inflammatoire est une réaction d'hypersensibilité
retardée provoquée par un ou plusieurs ingrédients de
produit injecté, ce qui peut probablement expliquer la survenue d'un
abcès dans la 1ère affaire (injection du
KENACORT).
En effet, pour désigner un abcès
stérile on doit connaitre qu'il se caractérise par l'absence
d'étiologie infectieuse lors d'un prélèvement
bactériologique de la substance aspiré du site d'injection.
L'abcès stérile typique n'est pas accompagné de
fièvre ou d'adénopathies régionales.

Dans le cas ou le prélèvement n'a pas
été fait, l'abcès stérile doit être
suspecté devant : L'absence de pus lors de l'évacuation
spontanée ou après un drainage chirurgical.

La présence d'une collection fluctuante à
la palpation avec l'absence ou la présence d'au moins un signe
d'inflammation localisée au site d'injection. L'absence
d'amélioration provoquée par un traitement antibiotique.
[16]
o Produit et paralysie sciatique :
Le produit injecté peut également jouer
un rôle dans la survenue d'une paralysie sciatique.
Les atteintes tardives de nerf sciatique sont
attribuables au temps mis par le produit pour atteindre le nerf. Dans ce cas,
le site d'injection est supposé être plus éloigné du
nerf. Barennes et al. Ont rapporté que 27% des patients ont eu une
symptomatologie immédiate. Pour Gentili et al, les lésions
nerveuses, constatées environ 30 minutes après l'injection, sont
imputables à la toxicité du produit injecté. Certes, la
variabilité entre les délais observés et rapportés
dans la littérature pourrait également s'expliquer par
l'attentisme varié des sujets atteints à relater ces signes
dès leur apparition. [7]
Donc les paralysies suites à l'injection peuvent
être dues à une faute de reperage du site d'injection, mais
peuvent aussi être dues au medicament s'il presente une toxicite
tissulaire importante.
4. Erreur médicamenteuse:
Les erreurs medicamenteuses sont malheureusement assez
frequentes. Elles sont definies en tant qu'un fait, une situation, un ecart
à un standard de pratique. Elles sont susceptibles de provoquer un
dommage ou un evènement indesirable medicamenteux chez le patient. Ces
erreurs peuvent être de nature à engager la responsabilite du
soignant. Le risque zero, malgre
les precautions qui peuvent être mises en oeuvre,
n'existe pas. [9]
En effet, l'utilisation des medicaments comporte
toujours un risque iatrogène qui peut relever d'erreurs de prescription,
de preparation et reconstitution ou d'administration. C'est un problème
de sante publique que medecins, pharmaciens et soignants doivent prendre en
compte et tenter d'attenuer au maximum les risques.
Le memoire de Mdaini Monia, cite precedemment avait
montre que 75% des infirmiers questionnes ne verifient pas la date de
peremption du medicament, du serum et des seringues, ce qui expose d'avantage
les patients à developper des infections au site de l'injection et
ça peut expliquer le manquement à l'obligation dans la
première affaire de notre travail.
D'après les recommandations de la SFAR sous titre
de « prevention des erreurs medicamenteuses», quelques resultats plus
evidents sont annonces:
> Les erreurs relatives aux seringues et ampoules
revèlent essentiellement dans 62% des cas d'une confusion de specialite
et dans 11%, d'une erreur de concentration du medicament.
> Lors de confusion de specialites, l'erreur survient
dans 55% des cas au moment de l'administration (erreur de seringue), et dans
45% pendant la reconstruction (erreur de specialite, erreur d'etiquetage).
[9]
On note differents types d'erreurs qui peuvent être
classes selon le moment de la realisation de l'intervention, de la prescription
au suivi therapeutique.
Il peut s'agir de :
> Erreurs de preparation et de reconstitution
:
q Dilution et reconstitution incorrectes (nature et
volume du solvant), melange de produits incompatibles, utilisation d'un produit
perime ou degrade.
q Erreur de preparation des seringues.
U Inattention à la concentration des
médicaments.
U Préparation du traitement dont la dilution ou la
reconstitution est incorrecte, c-
à-d la dilution du médicament de la voie
injectable avec une quantité du solvant inférieur ou
supérieur à la normale.
> Erreurs d'administration :
o Les erreurs de lecture et d'interprétation de
l'étiquetage
o Les erreurs de lecture et d'interprétation de
l'ordonnance.
o Les erreurs de manipulation.
> Erreurs de la technique d'administration :
utilisation d'un matériel parfois non stérile. Ces erreurs
peuvent être à l'origine d'un abcès septique qui peut
être une hypothèse à
soulever dans la première affaire.
> Erreurs de suivi thérapeutique :
o Le manque de temps. [8, 9]
o La méconnaissance des conditions de suivi
thérapeutique
Le bon exemple de ce type d'erreur est retrouvé
dans la 4ème affaire où il ya eu un manque de
surveillance après administration de pénicilline en IM, ce qui
avait retardé la prise en charge du patient. Dans la même affaire,
il faut ajouter la manque de prévision d'un plateau technique
d'intervention en cas d'administration de médicament
réputé allergène.

5. Faute de repérage du quadrant
d'injection :
L'administration dans l'organisme des médicaments
par voie intramusculaire, dans le quadrant supéro-externe de la fesse,
est en principe inoffensive pour le nerf sciatique. Pourtant les injections
intramusculaires sont incriminées dans la survenue des paralysies
sciatiques.
Sur le plan anatomique, que l'injection soit faite dans
la partie haute ou basse du quart supéro-externe de la fesse, elle ne
constitue pas un risque de traumatisme du tronc sciatique. Pour induire la
paralysie sciatique, il faudrait que l'injection soit faite dans la partie
inférointerne de la fesse. La lésion nerveuse peut se
découler de 3 mécanismes :
Le produit est injecté à
l'intérieur même du nerf. Son action caustique agit directement
sur les fibres nerveuses.
Le produit est injecté à proximité
immédiate du nerf. Il se produit une neurapraxie (lésion nerveuse
sans dégénérescence des fibres
périphériques, responsable d'une paralysie transitoire), qui peut
être prolongée par la constitution d'un névrome (les
tumeurs constituées de cellules et de fibres nerveuses aussi
que
les tumeurs qui se developpent dans un nerf), ou des
brides fibreuses pouvant etranger les fibres nerveuses.
Il peut s'agir enfin d'une embolie de l'artère
nourricière du nerf grand sciatique. Que l'injection soit de topographie
incorrecte ou que la taille de l'aiguille et la profondeur de l'injection
soient demesurees pour les fesses, le produit est porte au contact, sinon
à l'interieur des faisceaux du nerf sciatique ou de ses troncs plexuels
d'origine. [3]
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