Sommaire
I. Créer un patrimoine nouveau 13
A. Naissance d'un projet 13
B. La rencontre de deux ambitions 21
C. Une architecture porte-drapeau ' 27
II. Instrumentaliser la culture ' 36
A. Un consensus politique 36
B. Les scientifiques à l'ouvrage 40
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1. Un musée sans collections ? ou comment
perpétuer l'idée du Centre Georges
Pompidou. 40
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2. Rester conventionnel avec Chefs-d'oeuvre ? '
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3. La difficile question des publics
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III.
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Les résultats
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A.
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Médiatiser l'événement
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1. Une campagne électorale pour un lieu culturel '
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2. L'utilisation des Nouvelles Technologies de l'Information
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et
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de
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la
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Communication (NTIC)
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B.
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Des retombées économiques directes et indirectes
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1. Une fréquentation phénoménale
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2. Une économie indirecte
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C.
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La ville carte-postale, effacer les stéréotypes
pour en recréer d'autres
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Introduction
Lors de notre recherche en Master 11, nous avions
effectué un travail de longue haleine cherchant à savoir au
travers de l'exemple de Nancy et de ses grands rendez-vous, si la culture (dans
un sens assez élargi)2 pouvait être un biais
intéressant pour une collectivité territoriale aussi importante
qu'une municipalité. On en retirait l'idée que la culture jouait
un rôle au sein d'une politique globale. En s'insérant dans une
politique événementielle, Nancy a su, grâce à la
culture, instaurer un consensus autour du phénomène culturel, en
créant du lien social, grâce à une dynamique touristique
impliquant des flux économiques. Le patrimoine possédait une
certaine aura créant une dynamique sociale. Les retombées
économiques étaient envisagées sur du court terme mais des
incidences symboliques s'avéraient plus pérennes.
L'événement, émanant souvent du politique mais toujours
établi par des professionnels, devenait un temps fort pour le
musée s'inscrivant dans sa logique d'imprescriptibilité. Il nous
semble intéressant, de reprendre ces éléments et de
poursuivre cette entreprise avec Metz, qui se trouve dans une aire
géographiquement proche (47 km). Cette ville, vient d'accueillir
l'arrivée du Centre Pompidou-Metz, inauguré publiquement le 11
mai 2010. Notre sujet cette année est plus spécifique, car il se
restreint au patrimoine et aux musées. Il s'agit en effet des
éléments culturels qui avaient été
étudiés en grande partie dans notre travail de l'an passé,
que nous avions généralisé sous le terme de « culture
». Nous aurions souhaité en premier lieu, mener une étude
comparative, qui nous a finalement paru trop colossale pour être
menée.
Dans un contexte de concurrence de plus en plus âpre
entre les villes, chacune d'entre elles cherche à véhiculer une
image positive pour attirer des investisseurs et des nouveaux habitants. C'est
dans cette optique que nous nous inscrivons en cherchant à trouver les
objectifs qui ont poussé Metz à faire un tel pari avec le Centre
Georges Pompidou.
1 La culture ; opportunité politique,
économique, touristique et sociale au service des villes ? Exemple de la
ville de Nancy et ses grands rendez-vous.
2 Nous avions retenu la définition
adoptée par l'UNESCO à Mexico en 1982 : « l'ensemble des
traits distinctifs spirituel et matériels, intellectuels et affectifs
qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle
englobe outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits
fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les
traditions et les croyances ».
On souhaite présenter en préambule un bref
condensé de l'histoire messine, afin de remettre en contexte
l'arrivée du Centre Pompidou-Metz. Aucun territoire n'étant
neutre, iinous paraît judicieux d'avoir un premier recul
historique.
Les premières installations humaines sur le site de
Metz sont attestées vers 3500 avant J.C. La période romaine
favorise un essor fondé sur le commerce mais aussi sur des fonctions
administratives et cultuelles. La prospérité est, notamment,
soulignée par la construction de thermes et d'un des plus grands
amphithéâtres de l'Empire. Metz devient en 561 la résidence
des rois d'Austrasie. La cité est une capitale artistique, avec des
ateliers de calligraphie et d'enluminure, des écoles de chant, mais
aussi un important foyer de vie spirituelle. Après l'éclatement
de l'empire de Charlemagne, la cité dépend théoriquement
du Saint Empire Romain Germanique. Elle est gouvernée par des
évêques qui exercent des droits souverains. En fait, Metz
bénéficie d'une véritable indépendance tout au long
du Moyen-age. En 1234, les bourgeois s'émancipent de la tutelle de
l'évêque. Metz se constitue en ville libre avec à sa
tête un maître échevin choisi parmi les Paraiges,
association des familles patriciennes si puissantes et si riches qu'elles
prêtent couramment aux ducs de Lorraine (localisés à
Nancy), et même aux rois de France ou à l'Empereur. Peuplée
d'environ 30 000 habitants, Metz n'a que très peu de villes concurrentes
proches. Elle vit de ses activités de tannerie et de draperie, du
commerce du vin et du sel, de l'élevage de chevaux, de l'échange
d'objets luxueux (tissus précieux, épices) et de la vente
d'armures. Changeurs et banquiers toscans ou lombards investissent les rues
pour en faire une place financière européenne. Metz devient une
ville française mais son rattachement n'est officiellement reconnu qu'au
traité de Westphalie (1648). Metz renforce alors sa fonction militaire
avec l'établissement d'une vaste citadelle à partir de 1561. La
fonction militaire et administrative semble s'imposer dans la vie de la
cité. A l'issue de plusieurs batailles en 1870, Metz est livrée
au Reich. L'annexion provoque le départ de nombreux habitants. Metz
conserve cependant un rôle militaire essentiel avec une garnison
d'environ 20 000 hommes, ce qui nécessite la construction de 22
casernes. Elle redevient française en 1918. Metz est de nouveau
annexée et libérée pendant la seconde guerre mondiale.
Après la guerre, Metz retrouve sa tradition commerçante avec un
centre-ville dynamique. Dans les années 1970, elle devient capitale de
Région. Parallèlement, la municipalité décide de
ré-urbaniser le centre et de créer de nombreux espaces verts,
sous l'impulsion de Jean-Marie Pelt. Elle se dote de nouveaux services tant
avec le technopôle qu'avec son
université et les grandes écoles (ENIM,
SUPELEC...). Elle bénéficie de la construction européenne
avec des relations franco-allemandes et franco-luxembourgeoises
privilégiées. Metz compte aujourd'hui 125 000 habitants
3et son agglomération 230 000.4 Metz, on le
constate est historiquement, une ville à l'âme commerçante
et prospère plus qu'une ville de tradition culturelle. Sans renforcer la
querelle « Nancy-Metz », éloignant les deux villes depuis
l'après-guerre pour de multiples raisons, il n'est pas vain d'admettre
que Nancy se revendique comme la capitale artistique et culturelle de la
Lorraine, par antériorité, grâce à la
présence au Moyen-âge des Ducs de Lorraine.
Nous souhaitons poser quelques jalons en revenant sur une
chronologie linéaire5 , objective car factuelle, de la
décision d'implantation du Centre Georges Pompidou à Metz. Au fil
de notre étude, nous y reviendrons. Il s'agira ici de trouver des
repères importants, que nous jugeons nécessaires d'avoir à
l'esprit et qui pourront servir de vade-mecum.
9 janvier 2003 : Annonce par le Centre
Pompidou et la Ville de Metz, en accord avec le ministère de la Culture
et de la Communication, de la première décentralisation d'une
institution culturelle nationale en France : le Centre Pompidou-Metz,
institution soeur du Centre Pompidou, réalisée en partenariat
avec les collectivités territoriales.
Mars 2003 : Lancement du concours international
d'architecture.
15 décembre 2003 : Shigeru Ban (Tokyo),
Jean de Gastines (Paris) et Philip Gumuchdjian (Londres) sont lauréats
du concours international d'architecture.
Septembre 2005 : Obtention du permis de
construire. 2006-2009 : Chantier de construction.
· Juin 2006 : Ouverture de la Maison du
Projet, structure temporaire située aux abords du chantier,
conçue par les architectes du Centre Pompidou-Metz, Shigeru
3
http://www.insee.fr/fr/ppp/basesdedonnees/recensement/populationslegales/commune.asp?annee=2008&dep
com=57463 , Recensement de la population 2008.
4
http://www.metzmetropole.fr/site/institution_intercomm01.php
5
http://www.centrepompidou-metz.fr/les-grandes-etapes
A ce titre, nous nous excusons auprès du lecteur de faire un
récapitulatif événementiel un peu rébarbatif, au
sens où - comme le définissent Louis-Marie Morfaux et Jean
Lefranc- « la conception de l'histoire se réduit à un simple
récit des faits dans leur filiation sérielle en s'interdisant
toute recherche des causes ou toute interprétation d'ensemble.
Ban et Jean de Gastines. Elle informera le public sur le projet
culturel et architectural du Centre Pompidou-Metz jusqu'en octobre 2009.
· 7 novembre 2006 : Pose de la
première pierre du Centre Pompidou-Metz.
· 28 décembre 2007 : Signature
de la convention préparatoire d'association entre le Centre Pompidou et
le Centre Pompidou-Metz, avec la Communauté d'agglomération de
Metz-Métropole.
· 15 mai-4 octobre 2009 :
Constellation, manifestation de préfiguration du Centre
Pompidou-Metz : plus de 300 000 visites en cinq mois sur dix-neuf lieux
d'exposition, à Metz et en Lorraine.
10 novembre 2009 : Signature du protocole
d'accord par Bernard Niquet, Préfet de la Région Lorraine et de
la Moselle et Alain Seban, président du Centre Pompidou ; Jean-Pierre
Masseret, président de la Région Lorraine, Philippe Leroy,
président du Conseil Général de Moselle, Jean-Luc Bohl,
président de Metz Métropole, Dominique Gros, Maire de Metz. Le
protocole d'accord détermine les aspects statutaires, budgétaires
et de gouvernance du Centre Pompidou-Metz, constitué en
Établissement Public de Coopération Culturelle (EPCC) dont les
membres sont Metz Métropole (40 communes), la Région Lorraine, la
Ville de Metz, le Centre Georges Pompidou et l'État.
11 mai 2010 : Inauguration officielle du Centre
Pompidou-Metz, par le président de la République.
12-16 mai 2010 : Ouverture au public en offrant
cinq jours d'accès gratuit et de festivités. Le Centre
Pompidou-Metz comprend :
- 5 020m2 de surface d'exposition, dont 3 galeries de
1150m2 d'exposition chacune, - Une grande nef de 1200
m2,
- Un auditorium de 144 places,
- Un studio de création de 196 places,
- Un café « Le 333 »6,
- Un restaurant « La voile blanche »,
6 Rappelant ainsi la distance kilométrique qui
sépare Metz de Paris.
- Une librairie-boutique.7
Administrativement, les collectivités territoriales
ont fait le choix du statut d'Etablissement Public de Coopération
Culturelle. Ce statut8 permet de garantir à la fois
l'autonomie des choix scientifiques et culturels de la nouvelle institution,
l'engagement et le contrôle des collectivités territoriales, qui
en assument le financement et la proximité avec le Centre Pompidou
vis-à-vis de quoi le Centre Pompidou-Metz aura le statut d'organisme
associé. Le Centre Pompidou et l'État détiennent ensemble
le tiers des sièges au conseil d'administration du Centre Pompidou-Metz.
Les autres sièges sont répartis entre Metz Métropole, la
Région Lorraine et la Ville de Metz. Le président du Conseil
Général de la Moselle participe au conseil d'administration en
tant que personnalité qualifiée.
Le conseil d'administration est présidé par Alain
Seban, président du Centre Pompidou. Le président de Metz
Métropole, Jean-Luc Bohl, en est le vice-président.
Le directeur du Centre Pompidou-Metz est Laurent Le Bon,
conservateur en chef au Musée national d'art moderne. Le directeur du
Centre Pompidou-Metz jouit, conformément aux règles
régissant le fonctionnement des EPCC, d'une large autonomie en
matière culturelle et scientifique. Conformément au Code
général des collectivités territoriales, il est
nommé par le président de l'EPCC sur proposition du conseil
d'administration statuant à la majorité des deux-tiers.
Le conseil d'administration de l'EPCC est composé de 26
membres, répartis comme-suit :
- Etat et Centre Georges Pompidou : 8 sièges ;
- Personnalité qualifiée désignée
par le président du Centre Pompidou : 1 siège ; - Metz
Métropole : 7 sièges ;
- Région Lorraine : 5 sièges ;
- Ville de Metz : 1 siège ;
- M. le Maire de Metz : 1 siège ;
- Représentants du personnel : 1 siège.
7 Alimenté par la librairie Flammarion.
8
http://www.centrepompidou-metz.fr/leppc
Il est à noter que l'association de préfiguration
du Centre Pompidou-Metz était constituée en association de droit
mosellan.9
Par ce statut, les collectivités partenaires prennent
en charge intégralement le budget de fonctionnement du Centre
Pompidou-Metz évalué pour la première année
à 10 millions d'euros en dépenses, dont :
- 4,6 millions d'euros versés par Metz
Métropole,
- 4 millions d'euros par la Région Lorraine,
- 400 000 euros par la Ville de Metz
- 1 million d'euros d'autofinancement,
- Le Conseil Général de la Moselle s'engage
à étudier annuellement une convention de partenariat avec le
Centre Pompidou-Metz.
Enfin, le projet culturel du Centre Pompidou-Metz repose sur
quatre priorités10 :
- Faire découvrir la création artistique sous
toutes ses formes,
- Donner des clés de lecture de l'histoire de l'art
depuis 1905,
- Emouvoir et inviter le spectateur à appréhender
le monde par le biais artistique, - Elargir la fréquentation à de
nouveaux publics.
On essaiera de savoir, au fil de notre recherche, si, au
travers de l'exemple messin, le patrimoine et les musées peuvent servir
d'opportunités politiques, culturelles, économiques, touristiques
aux villes ?
C'est dans ces circonstances que l'on cherchera à
comprendre pourquoi une ville investit (et quel est l'intérêt
d'investir) dans un patrimoine nouveau, porté par une architecture
innovante et peu conventionnelle. On se demandera si la ville ne cherche pas
à faire fi de son passé militaire et sidérurgique en se
créant une nouvelle identité. Par cet aspect assimilable à
une marque ou à un label culturel, que valorise-t-on ? Une collection
nationale ou la rénovation et la régénération d'une
ville ? Prête-t-on attention au patrimoine déjà existant ?
Il s'agit également de penser la question de la
décentralisation.
9 En effet, la Moselle bénéficie encore
d'un régime juridique particulier suite à l'annexion allemande de
1870.
10
http://www.centrepompidou-metz.fr/la-vocation-du-cpm
En outre, il nous semble pertinent de savoir les moyens que
la ville de Metz s'est donné. S'agit-il d'une volonté politique
à visée électorale pour les élus en donnant
à Metz une image attractive ? Peut-on parler d'opportunité, au
sens positif du terme11, politique ? Dans quelle mesure le projet
d'implantation d'un nouveau musée à Metz12, alors que
la ville a déjà un « potentiel » patrimonial, implique
les collectivités territoriales ? Comment y parvient-on ? De quelle aura
médiatique, Metz a-t-elle bénéficié ? Dans quelle
mesure le numérique est utilisé pour conforter la présence
du Centre Pompidou-Metz ? S'il est questions des moyens, il est
également question de fins en s'interrogeant sur les retombées
tant sur le plan économique que symbolique. L'arrivée d'un
établissement culturel en région est-elle un moyen d'attraction
économique et touristique ? On veillera toutefois à ne pas se
méprendre avec des chiffres trop flous, tout en sachant qu'il s'agit de
la première année d'ouverture du Centre Pompidou-Metz.
Enfin, on cherchera à comprendre comment une
volonté politique affirmée parvient à un consensus,
outrepassant les partis politiques et s'il est fait mention d'une
liberté quelconque vis-à-vis des scientifiques du musée.
Quels regards portent les scientifiques en s'interrogeant sur cette forme
hybride revitalisée d'un musée ? Comment les professionnels
envisagent-ils la présentation de l'art contemporain ? Comment est prise
en compte la question des publics ?
Au cours de notre recherche, on s'est essentiellement
appuyés sur des entretiens avec des acteurs importants du projet. Nous
avons rencontré, le directeur du Centre Pompidou-Metz, Laurent Le Bon,
directeur du Centre Pompidou-Metz dont la vie du Centre dépend à
présent ; l'ancien maire de Metz, à l'initiative de la
décision d'implantation du Centre Pompidou à Metz. Nous voulions
interroger le maire actuel de Metz, Dominique Gros, dont l'emploi du temps ne
nous permettait pas de nous recevoir mais qui nous a fait la grâce de
faire rencontrer son adjoint à la culture, Antoine Fonté.
Rencontrer ces acteurs était pour nous une façon importante
d'aborder notre sujet, beaucoup plus pertinente nous semble t'il, que de rester
sur des paroles et récits rapportés. Notre analyse dépend
en effet, de cette matière riche.
11 On définit ainsi l'opportunité
par une occasion ou circonstance favorable, qui convient à la situation
du moment. Par opportunisme, on entend, le comportement d'une personne qui agit
en fonction des circonstances et sait favorablement exploiter les occasions.
12 Les musées de la Cour d'or (qui regroupent
en fait, trois types de musées : musée d'archéologie,
musée de beaux-arts et le musée d'architecture) existent depuis
1839.
Pour commencer, on s'interrogera sur la volonté de
création d'un patrimoine nouveau. On reviendra tout d'abord sur les
prémices du projet avec une mise en perspective des acteurs qui ont
été parties prenantes. On analysera ensuite la rencontre des
collectivités territoriales opérées avec un
établissement national avant d'étudier l'opération
architecturale, créatrice de ce nouveau patrimoine.
En poursuivant, on cherchera à savoir si la culture
sert de prétexte. On observera d'emblée l'accord politique qui
s'est produit avant de s'intéresser au travail scientifique des
professionnels. On souhaite sonder le concept de musée pour savoir s'il
s'agit à Metz d'une coquille vide et comment il est
procédé au prolongement de l'idée du Centre Georges
Pompidou. Après avoir cherché le fonctionnement de ce nouvel
« objet » culturel, on analysera l'exposition inaugurale avant de se
concentrer sur la question des publics.
En dernier lieu, on examinera les résultats et leurs
causalités. On étudiera la médiatisation de
l'événement obtenue grâce aux médias et aux nouveaux
outils qui l'encouragent. On portera un intérét aux
retombées économique, en s'attachant à la
fréquentation du lieu et aux faits qu'il induit. Enfin, on observera les
effets en termes d'image.
Toutes ces questions, nous souhaitons les poser dans un
état d'esprit critique face à l'effervescence et l'engouement
qu'ont généré le projet, puis l'ouverture du Centre
Pompidou-Metz, en veillant à rester le plus partiale possible au regard
de l'euphorie politique et journalistique qui ont été rendus.
Nous gardons à l'esprit la formule d'Italo Calvino13 :
« Personne ne sait mieux que toi, sage Kublai, qu'il ne
faut jamais confondre la ville avec le discours qui la décrit.
»
et tenterons de faire au mieux pour garder un certain esprit
critique.
Cette interrogation nous apparaît importante quant
à notre avenir professionnel, que nous souhaitons effectuer dans ce
domaine. Il nous semble légitime qu'à l'avenir nous soyons
capables de distancier le théorique face aux réalités du
terrain tout en restant dans un juste équilibre.
13 Italo Calvino, Les villes invisibles,
Points, 1984, p.75.
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