4.3.2.2 Le quartier pêcheur de Guet-Ndar

Figure 10. Vue de l'avenue Lamotte de
Guet-Ndar
D'une manière générale, l'habitat
à Guet-Ndar se caractérise par son exigüité et ses
fortes diversités. Les concessions sont entassés les unes sur les
autres et le manque d'espace explique en grande partie la disposition
anarchique des habitations. Les nouvelles constructions s'ajoutent au
patrimoine déjà existant, donnant ainsi aux concessions l'allure
de mosaïque dont les composantes sont de
structure et d'âge différents (construction
anciennes et récentes). Même les équipements communautaires
(école, santé...) se perdent dans cet ensemble compact et peu
différencié.
L'avenue Lamotte qui traverse le quartier sur 900m est la
deuxième artère accessible à la circulation automobile
après la route asphaltée, située à l'est du
quartier, entre le fleuve (boulevard fluvial) et les habitations.
Empruntées à la fois par les piétons, les calèches
et les véhicules, ces voies sont le lieu d'un encombrement continuel qui
rend la circulation très difficile.

Figure 11. Pirogues dans les rues de
Guet-Ndar
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Saturé, occupé dans ses moindres entités,
l'espace disponible pour rues et habitats est très limité puisque
dans sa plus grande largeur le cordon littoral qui porte le quartier ne
dépasse pas 250 mètres. Sur l'axe nord-sud se greffent onze rues
transversales qui relient la plage à la berge fluviale. Le plan du
faubourg est donc théoriquement orthogonal mais, l'habitat a envahi les
voies encombrées de pirogues réformées, de bétail
à l'attache, de filets et de linge mis à sécher.
Dans les conditions d'entassement de la population qui le
caractérisent,Guet-Ndar est non seulement très insalubre, mais il
étouffe. Faute d'espace, il a pendant longtemps absorbé
l'accroissement de sa population par densification interne dans chaque
concession. Mais depuis 1970 au moins, celle-ci a atteint ses limites ; il n'y
a plus de place disponible dans le quartier. Du côté de la mer, la
plage n'a cessé de rétrécir : sa largeur qui atteignait
150 à 200 mètres en 1856, n'avait plus qu'une cinquantaine de
mètres au début du vingtième siècle et, en 2003 une
vingtaine de mètres seulement (BONNARDEL, 1985). Lors des grandes
marées, il arrive que les vagues partent à l'assaut du quartier,
s'engouffrent dans les rues. Bloqué dans son site filiforme de cordon
dunaire et ce, dans toutes les directions, le faubourg s'agrandit difficilement
en hauteur, en raison des traditions des pêcheurs qui s'opposent
formellement à ce genre d'extension, sans compter la faiblesse des
moyens financiers et techniques. Le problème de la
déconcentration de Guet Ndar n'ayant pas été jusqu'ici
résolu, les concessions restent pressées les unes contre les
autres et surpeuplées.
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