1.2 La disponibilité en eau
L'eau constitue le second facteur limitant de cette
activité et sans doute le plus indispensable. La récession
pluviométrique dont le Sahel a été victime a eu
d'évidentes conséquences sur l'activité maraichère
avec le tarissement des mares et des marigots et le creusement de la nappe
phréatique. Ce repli de la nappe pose de sérieux problèmes
à son exploitation qui ne se réalise dès lors que par
l'utilisation de certaines techniques, en occurrence les motopompes et les
forages.
1.3 Les intrants
Dans les niayes les sols pauvres sont
généralement fréquents, les sols riches et propices aux
cultures maraîchères occupent un espace bien étroit que se
discutent les légumes et les arbres. Ceci évoque naturellement
une forte utilisation d'intrants pour compenser la pauvreté de certains
sols qui ne servent, à toute fin utiles, que de support matériel
aux cultures.
L'utilisation des semences améliorées, d'engrais
chimiques et de produits phytosanitaires fait partie des nouvelles pratiques
culturales du producteur pour faire face à ces conditions difficiles.
Mais il faut reconnaître que l'approvisionnement en intrants est
insuffisant. Dans toute notre zone d'étude on ne compte que quatre
magasins spécialisés : un à Diogo, un à Fas boye et
deux à Mboro.
Le recours aux engrais organiques qui constituait
naguère la base de l'enrichissement des sols a beaucoup
diminué36. L'approvisionnement en déchets organiques
(la volaille et le bétail) est rendu difficile, il faut parfois se
rendre jusqu'à Dakar pour en trouver.
L'engrais chimique est devenu malgré son cout
élevé la règle et concerne tous les producteurs que nous
avons interrogés, de Diogo à Mboro pas un seul ne fait exception.
Les produits phytosanitaires sont également abondamment utilisés
pour faire face aux parasites.
1.4 Les équipements
La pratique du maraîchage à Diogo et surtout
à Mboro est soutenue par un outillage assez archaïque à
l'exception de l'innovation que constituent les motopompes et les
pulvérisateurs. Le matériel agricole est marqué par sa
vétusté. Pour la majeure partie des exploitants, ce sont les
accessoires classiques du cultivateur africain qui sont utilisés : houe,
daba, coupe-coupe, pèle, râteaux, hache et à l'occasion
d'une parcelle bien plate sur le versant, les accessoires de traction animale
peuvent être pris en compte.
A Diogo, en raison de la difficulté d'accès aux
champs, le principal moyen utilisé pour le transport des personnes et
des produits demeure la charrette tandis qu'à Mboro la proximité
du marché résout en partie ce problème.
L'utilisation parfois systématique des motopompes
mérite un accent particulier, en raison de des effets néfastes
entraînant la dégradation des sols par érosion et un
épuisement des nappes phréatiques. Ce sont des engins capables de
pomper l'eau des nappes phréatiques grâce à un puits
traditionnel. L'eau ainsi tirée des puits est rejetée, à
travers un système de tuyaux, à la surface. A l'heure actuelle,
les motopompes constituent la principale technique d'irrigation des cultures
maraîchères en particulier à Diogo et Andal, leur puissance
permet d'atteindre tous les secteurs, du fond des cuvettes aux sommets. Ainsi
tous les compartiments sont maintenant à porté du système
d'irrigation. A Mboro étrangement et paradoxalement
36 -D'une part à cause de la transhumance du
bétail.
d'ailleurs37 les motopompes sont moins
fréquentes, l'arrosage traditionnel reste de mise même si tous les
producteurs formulent le souhait de s'équiper en motopompe.
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