Diversification du portefeuille de crédits et rentabilité bancaire( Télécharger le fichier original )par André KADANDJI Université de Douala - diplôme d'études approfondies 2008 |
II 2 - l'explication de la rentabilité bancaire par les éléments de la marge d'intermédiation bancaireLa marge se définit comme un écart, une variation, une différence entre le prix de vente et un coût. Pour ce qui est de la marge d'intérêt, le prix de vente correspond aux intérêts reçus alors que le coût correspond aux intérêts versés. Donc la marge d'intérêt bancaire correspond au différentiel des intérêts reçus et versés. Les intérêts reçus sont la contrepartie des crédits distribués. Mansouri et Afroukh (2008) et Hayden et al (2006), montrent à travers leurs études l'impact positif des crédits bancaires sur la rentabilité des actifs, corroborant ainsi les prédictions de la théorie économique. Le renforcement de la politique de crédit élève les profits bancaires. Autrement dit, plus la banque octroie des crédits, plus les revenus augmentent et donc les profits (Mansouri et Afroukh, 2008). Néanmoins, la politique de crédit peut parfois entraver la profitabilité bancaire, en particulier lorsqu'une politique expansionniste de crédit est incompatible avec la stratégie poursuivie en matière de recherche de ressources financières (risque de transformation des échéances). Dès lors, le renforcement de la politique de crédit devrait être conduit en symbiose avec une stratégie efficiente de drainage de ressources additionnelles. En conséquence, la maîtrise de la politique de dépôts devrait normalement aider la banque à augmenter ses profits (Mansouri et Afroukh, 2008). Abreu et Mendes (2002), par exemple, estiment que la profitabilité et le ratio des emplois mesuré par le rapport crédits/dépôts entretiennent une relation positive, confirmant ainsi la complémentarité entre les politiques de crédits et de dépôts bancaires. La variable crédits bancaires retenue est mesurée par le rapport crédits sur total actifs. C'est-à-dire : Les crédits bancaires (crdactf) = crédits/total actifs Les politiques de crédits et de dépôts sont complémentaires, car la banque en jouant son rôle d'intermédiaire financier, collecte les dépôts auprès des agents économiques à capacité de financement pour distribuer des crédits aux agents économiques à besoin de financement. Les ressources les plus intéressantes sont les dépôts. Pour recueillir plus de dépôt, il faut multiplier les guichets et le personnel, et la banque peut espérer accroître la part de marché, mais cela comporte aussi des coûts. La théorie économique et les études empiriques existantes divergent souvent sur l'impact de facteurs organisationnels comme les frais d'exploitation sur la rentabilité des actifs. Alors que la théorie économique insiste sur l'effet négatif des frais d'exploitation bancaire sur la profitabilité, certaines études empiriques soutiennent plutôt que l'impact peut être positif dans la mesure où les frais d'exploitation boostent la productivité des banques et par là leur rentabilité (Mansouri et Afroukh, 2008) et, dans le souci de la maximisation du profit, les banques tendent à engager des dépenses d'exploitation additionnelles, justifiant ainsi la variation dans le même sens entre les frais bancaires généraux et la rentabilité des actifs. D'autres auteurs (Anghbazo 1997 ; Guru et al 2002)5(*) estiment que la réalisation de profits ne peut se faire sans engager des dépenses, mais les banques doivent éviter d'engager des dépenses oisives. Pour alléger la charge des guichets et donc leurs coûts, les banques poursuivent une automatisation de plus en plus poussée des opérations, notamment le retrait automatique. Cette recherche de ressources gratuites est à l'origine d'une concurrence très vive entre les banques. Souvent les frais d'exploitation sont mesurés par : Les charges d'exploitation bancaire (fgactf) = charges générales/total actifs De tout ce qui précède, on peut faire un tableau récapitulatif des déterminants organisationnels de la rentabilité bancaire. Tableau 1 : les déterminants managériaux de la rentabilité bancaire
Source : Mansouri et Afroukh (2008) Somme toute, cette section a, de prime abord, abordé les outils d'analyse de la gestion d'une banque, à savoir le bilan et le compte de résultat des banques, question de mieux cerner les indicateurs managériaux de mesure de la rentabilité bancaire. Ainsi, il est important d'analyser les indicateurs macroéconomiques et environnementaux de la rentabilité bancaire. * 5 Op cit |
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