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Partir ou rester ? Intention d’émigration secondaire des migrants africains vivant en Belgique.par Josue Begu Mbolipay Université catholique de Louvain - Master 2 en Sciences de la population et du développement 2018 |
2.2.4 Migration secondaire africaine vers le Canada2.2.4.1 Ampleur et évolution des immigrations africaines au CanadaLe Canada est parmi les pays qui disposent de données statistiques fiables. Il organise de façon régulière un recensement tous les 5 ans21. Le tout dernier recensement date de 2016. Nous analysons dans les lignes qui suivent les microdonnées de quatre recensements disponibles, soit de 1981, 1991,2001 et 2011 (IPUMS, 2018). Contrairement aux Etats-Unis, le recensement Canadien ne collecte pas les données sur les pays de dernière résidence mais plutôt sur la province de dernière résidence d'il y a 1 an ou 5 ans en fonction du statut de migration correspondant à la période d'observation. Mais les données relatives aux pays de naissance, le statut à la naissance, l'âge, le sexe, l'état matrimonial, l'année d'immigration, etc. sont collectées. Figure 15. Evolution de la population immigrante au Canada de 1981 à 2011 Source : Auteur à partir des données IPUMS, 2018. L'analyse de ces microdonnées révèle qu'en termes de proportion, la population des immigrants au Canada représente près de 22,7% de l'ensemble de la population canadienne en 2011, soit une augmentation de plus de 6 % comparativement à la situation de 1981. La grande majorité de ces immigrants, personnes nés en dehors du sol canadien, sont originaires de l'Europe. En 1981, ils représentaient 66,7% de l'ensemble des immigrants au Canada. En 1991, les pays de l'Asie et de l'Amérique venaient en deuxième et troisième position représentant 24,87 et 16, 95% respectivement. La tendance récente, à partir de 2001 21 Statistics Canada: https://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/index-fra.cfm?MM=1. révèle que la proportion des Européens diminue au profit des immigrants d'origine asiatique. Ces derniers se classent en première position en 2011, représentant plus de deux immigrants sur cinq au Canada, soit 45,71%. Les immigrants africains sont faiblement représentés mais sont en progression. De moins de 3% en 1981, les immigrants africains représentent environ 7,3% de l'ensemble des immigrants au Canada en 2011 (fig. 16). La tendance étant à la hausse, le recensement de 2021 pourrait enregistrer une proportion des immigrants africains supérieure à 8% pendant que celle des Européens serait en baisse constante. Figure 16. Proportion des immigrants par origine et par année au Canada 39 Source : Auteur à partir des données IPUMS, 2018. En 2011, la proportion des hommes sur l'ensemble des immigrants africains s'évalue à 51%. Plus de sept sur dix (72%) d'entre eux étaient âgés de 20 à 59 ans. Cette forte proportion de la population active s'explique par le fait que la majorité des immigrants africains au Canada sont des migrants économiques. Pour ce qui est du statut matrimonial et de la période d'installation au Canada, les mariés représentaient à eux seuls plus de 55% de l'ensemble de la population des immigrants et près d'un immigrant sur deux, soit 48,25%, est arrivé après l'année 2000 (Tableau 7). L'augmentation de nombre des immigrants après les années 2000 pourrait avoir un lien étroit avec la sélectivité des migrants hyper-qualifiés et une grande ouverture aux migrations économiques de la population active. 40 Tableau 7. Caractéristiques sociodémographiques des immigrants africains au Canada en 2011
Source : Auteur à partir des données IPUMS, 2018. Comme pour les Etats-Unis, il était cohérent de s'interroger sur la part de migrants secondaires sur l'ensemble de la population des immigrants africains au Canada. Pour ce faire, les pays de dernière résidence des immigrants africains les 5 dernières années ayant précédé le recensement de 2011 s'avèrent important. Malheureusement, non seulement que la constitution de la base de données d'Ipums-Canada ne permet pas d'identifier spécifiquement les origines de ces immigrants africains, elle ne permet pas non plus de savoir dans quels pays ont résidé ces immigrants africains en dehors du Canada au cours de 12 mois ou 5 dernières années ayant précédé le recensement et encore moins de savoir si lesdits pays de dernière résidence étaient différents de leur pays de naissance. Ce qui s'explique par le fait que dans les données relatives à la mobilité au Canada, les pays de dernière résidence, quelle que soit la période d'observation, ne sont pas pris en compte et par conséquent ne sont pas collectés. Pour pallier à cette insuffisance, nous avons fait appel à la base de données de The DEMIG C (country-to-country).22 Cette base de données regroupe les données de 34 pays, dont le Canada, sur les flux des immigrants en fonction de trois principaux critères : Pays de naissance (Country of Born, COB en sigle); pays de citoyenneté (Country of Citizen, COC en sigle) et pays de dernière résidence (Country of last Residence, COR en sigle). La migration
41 secondaire africaine en général et de quelques pays africains (y compris de Maghreb) en particulier déduite de la différence des effectifs de flux des immigrants en fonction de leur pays de naissance et de leur pays de dernière résidence est développée dans la section suivante. |
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