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Déterminants de la demande de monnaie en république de Guinée.


par Bruno Fagbon BILIVOGUI
Centre Ouest Africain de Formation et d'Etudes Bancaire - DESS en Banque et Finance 2017
  

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1.2 Le contexte économique de 1985 à 2009

Face à la dégradation de la situation économique au milieu des années 1980, un programme de réformes économiques et financières (PREF) a été lancé en 1984. L'objectif était de mettre en place une structure incitative favorable à la croissance économique par le biais de mesures d'ajustement capables de soutenir une économie de marché. Les réformes ainsi engagées ont bénéficié de plusieurs appuis et accords, dont, le prêt d'ajustement structurel de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International, et l'accord de rééchelonnement de la dette sous l'égide du Club de Paris en avril 1989.

Grâce au changement de politique économie, la situation économique s'est améliorée et a permis d'atteindre un taux moyen de croissance économique réelle de 6.3 % en 1988 dépassant celui de la croissance démographique. Le revenu par habitant était estimé à 450 US en 1989, ce qui catégorisait la Guinée dans la classe supérieure des pays à faible revenu.

En 1995, une deuxième série de réformes est engagée, portant sur l'environnement des affaires et a permis d'obtenir une situation macroéconomique améliorée et stable jusqu'en 1999. La Guinée enregistre une croissance économique réelle moyenne de 4.4%.

Cependant, l'année 2000 marquera le début de la crise sécuritaire suite à l'agression rebelle le long de la frontière guinéenne avec la Sierra Léone et le Libéria. La résolution cette crise a occasionné un dérapage budgetaire important et un relâchement de la politique monétaire. Le cadre économique se détériore davantage, se traduisant par une croissance économique réelle faible avoisinant 2.5%. Cette dégradation de la situation macroéconomique a provoqué l'arrêt des programmes avec le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale.

Toutefois, la croissance économique va suivre une tendance baissière et le pays va enregistrer sa première récession de -0.3% en 2009. Cette contre-performance résulte de la combinaison de plusieurs facteurs dont, l'absence de concours financiers, la gestion catastrophique du pouvoir militaire et les effets de la crise économique internationale. Le ralentissement de l'activité économique s'est traduit par une aggravation du déficit budgétaire de -8.9% du PIB et une détérioration du compte courant de -10% du PIB.

1.3 La situation économique de 2010 à 2016

Le Graphique 1, montre qu'au cours de la période 2010 à 2016, la Guinée a connu une situation économique très instable, caractérisée par une croissance volatile, une dégradation des finances publiques, une détérioration du compte courant conjuguée à une dépréciation de la monnaie nationale et, une instabilité des prix.

Les déterminants de la demande de monnaie en Guinée Page 6

Toutefois, le Gouvernement issu de l'élection présidentielle de 2010 a hérité d'une situation économique extrêmement difficile, caractérisée par une mauvaise gouvernance, une pauvreté élevée et croissante, des tensions sociales et ethniques. L'économie était structurellement peu diversifiée et dépendante de la performance du secteur minier qui représente 14.5% du PIB et fourni près de 90% des recettes d'exportations. L'agriculture représente 25% du PIB, l'industrie 41% et les services 34%.

Graphique 1 : Evolution des indicateurs macroéconomiques

-20

-40

40

20

0

2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016

croissance économique Solde budgetaire Solde courant inflation

Source : Calculs de l'auteur, base de données du FMI

En 2010, la croissance économique était faible, et en dessous de la moyenne des pays de l'Afrique subsaharienne. Une contreperformance qui s'est soldée par une aggravation du déficit budgétaire qui atteint -14.2% en 2010, imputable à l'augmentation sans précèdent, des dépenses militaires, de la masse salariale de la fonction publique ainsi que des investissements dans les secteurs non productifs tels que l'armée et la sécurité.

Les réformes engagées par le Gouvernement pour restaurer la discipline budgetaire à la sortie de la transition militaire, ont permis l'atteinte du point d'achèvement au titre de l'Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE). Ces réformes soutenues par la Banque Mondiale à travers le Programme d'Appui aux Réformes Economiques et Financiers (PARFE), ont favorisé la conclusion en mars 2012, d'un programme triennal avec le Fonds Monétaire International (FMI) au titre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC).

Cependant, avec le regain de la production agricole et la série de réformes structurelles engagées par le nouveau Gouvernement et le soutien des partenaires techniques et financiers, la Guinée enregistre une croissance de 3.9% en moyenne sur la période 2011-2013 contre seulement 0.8% sur la période 2009-2010. La consommation finale a été l'un des principaux soutiens à cette croissance économique avec une contribution moyenne de 10.6 points dont 5.6 points pour le privé. Les ménages ont consacré 99.2% de leurs dépenses de consommation finale aux produits primaires et manufacturiers, qui en grande partie sont importés. Les investissements ont représenté 20.4% du PIB en 2013, en dessous de celui du Sénégal (27.9%). Il faut aussi signaler que cette performance a été réalisée dans une situation d'inflation à deux chiffres résultant d'une maitrise insuffisante des politiques monétaire et budgetaire.

Par ailleurs, la chute de la valeur ajoutée du secteur minier suite au choc minier, aux tensions politiques ainsi qu'aux perturbations dans la fourniture d'électrique, a entrainé une baisse de la croissance économique de 3.8% en 2012 à 2.5% en 2013. Cette chute de la croissance économique s'est accompagnée par une baisse des recettes publiques. L'Etat pour contenir la baisse, réduit les dépenses publiques en particulier

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dans les secteurs prioritaires, ramenant le déficit budgetaire à -2.6% du PIB en 2013 contre -3.3% du PIB en 2012.

Dans la même lancée, l'inflation s'est établi à 11.9 % en 2013 et le franc guinéen a été stabilisé, grâce à la maitrise de la hausse de la masse monétaire à travers la manipulation des réserves obligatoires d'une part, et l'intervention de la Banque Centrale sur le marché interbancaire de change par le biais des réserves de change qui se sont réconfortées à 4 mois d'importations de biens et services entre 2012 et 2013 contre 0.7 mois deux ans auparavant. La situation du compte courant s'est détériorée du fait du déficit de la balance commerciale liée à la fois à la baisse des exportations et à la hausse tendancielle des importations, notamment des produits pétroliers.

L'année 2014, sera marquée par une crise sanitaire dont les conséquences ont été désastreuses pour l'économie guinéenne. La situation macroéconomique devient difficile, caractérisée par une croissance économique réelle quasiment nulle (0.1%), des difficultés dans le secteur minier et une aggravation du déficit budgetaire (9% du PIB) en 2015. Le déficit du compte courant se creuse suite à la baisse des exportations du secteur minier, contribuant ainsi à la baisse des réserves de change, qui reste en dessous de 3 mois d'importations de biens et services. Ce niveau bas des réserves de change engendre des pressions sur le franc guinéen qui s'est déprécié de près 10% par rapport au dollar USD. Néanmoins, le taux d'inflation reste en dessous de 10%.

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"Il faudrait pour le bonheur des états que les philosophes fussent roi ou que les rois fussent philosophes"   Platon