III- Présentation des Dadjo
a°) Histoire et Origine mythique
Ce peuple patrilinéaire et patriarcal, cultivateur de
mil, de sorgho, éleveurs de moutons et sédentaire, qui
connût des approximations d'approches longtemps discutées aussi
bien sur son origine que son existence.
En effet, l'histoire très controversée des
Dadjo du Tchad trouve sa source de départ dans la vallée du Nil
ou l'ancien soudan occidental ou Darfour, actuellement appelé Soudan,
jadis un pays aux paysages arides et aux peuples meurtris par la dictature des
hommes. Mystères, orgueils et cultes de la personnalité et de la
violence sont quelques uns des points qui pondérèrent ce peuple
dont il convient de se référer à l'origine mythique pour
apprécier son passé.
L'histoire des Dadjo est intimement au destin d'un chef
réputé tristement puissant, qui torturait et exécutait
ses sujets sans relâche et pour la moindre inadvertance. La trame de
l'histoire, par peur ou par omission ne rapporte la dénomination du
puissant guerrier du pays des savanes.
Et comme qui peut le plus, peut le moins, un jour, le
majestueux maître se fît mettre à l'épreuve par un de
ses sujets et pas n'importe lequel: une dame, une vieille femme aux âges
finissant vint près de lui et lui tint un langage de bravoure. Elle le
mit au défi et lui proposa de «monter une antilope, tetal, si
vraiment il était fort». A peine eût-elle fini ces mots que
celui-ci ordonna à ses sujets de lui capturer le maudit animal.
Ceux-ci ; dans la précipitation, exécutèrent et
attrapèrent cet animal aux pattes fuyant et à la peau de dain le
même jour où la décision eût été prise.
Entravée au pied d' un pilori, l'antilope se reposa
trois jours, histoire de s'abreuver et prendre du tonus, avant que le guide
suprême n'ordonna de monter dessus et ceci au grand dam de ses sujets qui
le regardèrent ébahis et dégingandés.
Aussitôt à bord de sa monture, le géant animal sursauta
dans le ciel puis rebondit, ensuite pris la poudre d'escampettes vers une
direction alors innommable et inconnue. Ces sujets, inquiets et surpris sur son
sort, le poursuivirent dans sa folle course. Dans leur lancée, ils (ses
sujets) trouvèrent et collectèrent des morceaux de haillons du
maître qui servaient d'indices de continuité et
d'investigation.
L'animal et le prestigieux roi tombèrent finalement
sous un arbre, morts de fatigue, de faim et de soif. Ils étaient presque
sans âme Ils étaient comme des morts. Ils étaient
réellement morts Ces sujets les trouvèrent et fixèrent
domicile sur ce lieu appelé Dar silla ou terre de message ou
littéralement « terre de paix ». Ils
annoncèrent la triste nouvelle aux fantassins (sujets) qui venaient pour
la même circonstance qui, à leur tour, s'arrêtèrent
et firent établir leur structure d'habitat.
Jus qu'aujourd'hui, ils pratiquent deux festivals annuels de
vénération au Kalge ou dieu en allumant des
Feux, mais aussi célèbre la récolte traditionnelle en
versant de l'eau et de la bierre sur les arbres et les pierres
sacrés.
Depuis ce jour là, les Dadjo ont établi
domicile dans les localités désormais tchadiennes de Banda, Eref,
Douziat, Abreche et Dar silla, localités qui eurent leur reconnaissance
historique suite aux conquêtes françaises et aux tracers des
frontières lors de l'exploration d'une et de la colonisation d'autre
part.
b°) Carte du Tchad

|