1. Le fonctionnement de la MIDA
La MIDA devrait fonctionner sur le modèle de la Caisse
de Dépôt et de Consignation (CDC) en France ; c'est à dire
une organisation technique dédiée au financement des
activités agricoles. Le tableau suivant résume l'ensemble de
cette proposition :

Titre : Schéma organisationnel de la Mission de
développement agricole au Cameroun
MIDA
1. Financement Proj ets agricoles
2. Approche
contractuelle pluriannuelle
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Sources de financement
1. IPPTE
2. Partenaires au développement
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Organisation prof. des acheteurs
Financements et surveillance (agrément)
Coopératives de planteurs
Collecte des produits Commercialisation
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Etat et Org. de recherche
Contrôle qualité
Assistance technique
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Acheteurs Revente
Exportation
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Producteurs agricoles
Production
Protection de l'environnement
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NB : en ce qui concerne le financement des
activités des adhérents de l 'organisation professionnelle des
acheteurs, la MIDA devrait en phase de démarrage se limiter à un
financement des activités de revente nationale
Techniquement il s'agit par un financement assis sur les
ressources PPTE, de mettre sur pied un système d'octroie de
crédit aux agriculteurs avec un taux d'intérêt très
bas comparé à ceux pratiqué par le marché. Par il
serait question de regrouper en son sein des expertises en matières de
politiques économiques qui auront la mission de faire des études
de marché pour l'octroie des crédits aux activités
agricoles. Cet instrument permettrait de l'impératif de financement avec
les besoins d'accroissement de la production agricole nationale. Pour ce faire
il pourrait être établit un système de contractualisation
entre les bénéficiaires de crédits et la MIDA. La
contractualisation devrait comporter des objectifs de production et des
objectifs de protection de
l'environnement. Ces contrats devront être pluriannuels
mais avec une clause de révision annuelle pour éviter le laxisme
dans la gestion. Pour assurer la pleine efficacité du dispositif, la
MIDA devrait s'appuyer sur les organisations paysannes ou coopératives.
Celles ci constituées par arrondissement et département seront
organisées sur un mode électif. La garantie de l'adhésion
massive des paysans serait obtenue en fixant certaines conditions aux
activités des coopératives. Il devrait être fixée
comme condition que la vente des produits agricoles se ferait uniquement par le
biais des coopératives de planteurs. En contre partie celles-ci
passeront les contrats de financement en amont avec la MIDA après avoir
déterminer les besoins de financement des agriculteurs. Les
équipes de conseillers de la MIDA seront chargés en collaboration
avec les coopératives à l'échelon départementale de
déterminer les besoins de financement en termes d'accroissement des
plantations, de fourniture d'intrants et d'assistance technique. Ce n'est
qu'après cette étude que le contrat regroupant la MIDA, les
Coopératives de planteurs et l'Etat en tant que fournisseur de
l'assistance technique par le biais des instituts de recherche comme l'INRA. La
participation de l'Etat à ce niveau est justifié dans la mesure
où il perçoit des royalties sous forme de taxe pour le
contrôle et l'inspection à l'exportation. De ce fait il doit
être le garant de la qualité des produits agricole. Il donc
important que cette garantie soit assurée en amont par l'assistance
technique à la production. L'intervention des organismes de recherches
permettrait de faire la vulgarisation agricole dans un contexte alliant
à la fois les objectifs de production et les impératifs de
protection de l'environnement. Les coopératives agricoles devront
prendre en compte tous les aspects de l'agriculture camerounaise. Elles devront
intégrer en leur sein les deux composantes de l'agriculture camerounaise
à savoir : celle des cultures pérennes et celle des cultures
vivrières. Le but étant de concilier la contractualisation avec
les objectifs de diversification de l'offre agricole camerounaise. Cette
nouvelle orientation des coopératives permettrait par ailleurs
d'affronter le défi d'organisation de la filière de commerce
intérieur des produits vivriers. En ce moment c'est le règne de
l'anarchie dans le secteur de la vente des produits vivriers. Il n'existe aucun
contrôle de la qualité des produits proposés sur les
marchés nationaux. Les risques sanitaires pour les populations sont
très élevés. Le dispositif proposé par la MIDA
permettra donc de résorber incidemment cette question de l'organisation
du marché de revente des produits agricoles. L'obligation de passer par
les coopératives pour les activités d'achat et de revente
contribuera à créer un cadre formel pour le contrôle de
qualité des produits proposés à la consommation nationale
et même sous-régionale. Les coopératives seront
chargées de centraliser l'offre de produits agricoles au niveau du
département et de négocier avec les acquéreurs. Le
transport des lieux de récolte peut être assurer soit par les
coopératives soit par les acquéreurs. Cette facilité
pourra être un élément de négociation entre
coopératives et acquéreurs.
Pour permettre aux coopératives de fonctionner les
premiers contrats d'objectifs avec la MIDA devront inclure une dotation de
fonctionnement. Par la suite les coopératives devront parvenir à
un mode de fonctionnement autonome financé sur un système de
prélèvement sur recettes. Du point de vue juridique les
coopératives devront être des organismes privés. Toutefois
par souci de cohérence dans l'aménagement du territoire, elle
pourront être rattachées aux conseils communaux dans le cadre du
projet de décentralisation. Les missions de l'exécutif communal
à ce niveau seront d'organiser les élections pour le choix de
l'exécutif de la coopérative. La nouvelle cour des comptes pourra
se saisir du contrôle des comptes des dites coopératives. Les
coopératives auront la charge de la production, de la collecte, de la
commercialisation, de l'assistance technique aux adhérents. Le
système ainsi mis sur pied présente l'avantage d'organiser
à la fois les agriculteurs mais aussi les acheteurs. En effet le CICC
verrait ses activités élargies vers tous les autres secteurs
agricoles. Mais sa mission serait de gérer les agréments des
acheteurs des produits agricoles destinés à l'exportation ou
à la revente dans le marché national. Tout acquéreur ne
pourra exercer les activités d'intermédiaires qu'à la
présentation de l'agrément de l'ex CICC. Ceci permettra
d'éliminer les aventuriers, car le CICC aura pour mission de
vérifier que les acquéreurs disposent de fonds nécessaires
pour leurs activités. Pour ne pas évincer les petits
acquéreurs, le CICC pourra en collaboration avec la MIDA ou sur fonds
consentis par les organismes de coopération mettre des crédits
à la disposition des petits intermédiaires qui évoluent
dans le domaine des cultures vivrières. Une telle option est porteuse
d'intérêts car il existe un véritable marché sous
régional des produits vivriers mais par manque de financements, les
femmes qui opèrent dans ce secteur le font à leur risque et
périls. Il est ainsi difficile de pouvoir tirer tous les
bénéfices que les besoins alimentaires des pays voisins comme le
Gabon, la République Centrafricaine et la Guinée
équatoriale offrent à l'économie agricole camerounaise.
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