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Risques sanitaires et environnementaux liés à  l'utilisation des pesticides et engrais chimiques dans la culture des légumes dans la commune de Seme-Podji.


par Marie Ange DEGUENON
Université d'Abomey-Calavi - Master en Gestion des Risques et Catastrophes 2019
  

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3.2.3. Stockage des pesticides et gestion des emballages

Normalement, les emballages vides de pesticides doivent être récupérés, recyclés si possible et utilisés par les industries pour de nouvelles productions de pesticides. Les maraîchers stockent généralement les pesticides dans leur chambre ou dans la brousse dans leur unité de production. Le stockage des pesticides dans les chambres pourrait être dangereux pour les enfants qui sont très vulnérables et qui peuvent les manipuler. Le stockage des pesticides et engrais chimiques en chambre est surtout lié aux mesures de précaution contre les tentatives de vol en l'absence de pièce pouvant servir de magasin. Beaucoup de maraîchers réutilisent les flacons vides pour se procurer à nouveau de petites quantités de pesticides puisqu'ils n'ont pas les moyens de se procurer des flacons d'un litre, c'est ce qui justifie aussi la présence de vendeurs détaillants qui vendent (1/8, 1/4, 1/2) du litre. D'autres abandonnent les emballages vides dans les limites des périmètres maraîchers, ce qui peut être dangereux pour les enfants qui peuvent les manipuler parce que certains maraîchers ont des enfants trop petits. Une minorité enterre les emballages vides, cette pratique est une menace pour les vers de terre et termites et aussi pour la nappe phréatique. D. Alfa, (2014), affirme que les plus importants sont la toxicité vis-à-vis de l'homme, l'atteinte à la biodiversité et le développement de la résistance des insectes. Ces comportements des maraîchers doivent être corrigés afin de protéger nos écosystèmes et notre état de santé.

Les pesticides stockés dans les magasins peuvent être à l'origine des cas d'intoxications accidentels. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il y a chaque année dans le monde un million d'empoisonnements graves par les pesticides, à l'origine d'environ 220.000 décès par an (Ouammi et al., 2009 ; Cherin et al., 2012).

3.2.4. les risques sanitaires et environnementaux des pesticides

Le souci d'une productivité élevée qui a conduit de nos jours à une agriculture conventionnelle qui utilise les engrais chimiques (Toé A, 2007) est lié aux quantités de pesticides utilisés par hectare et au nombre de traitements effectués élevés. Les volumes de solution de pesticides par hectare par traitement des cultures exotiques, le chou par exemple qui est de 45l/ha en 15 applications pendant 12 semaines est plus fort que celui de l'amaranthe qui est de 15l/ha en 5 applications pendant 12 semaines aussi (Houeyissan, 2006). Les travaux de Liliana, 2007 révèlent que pour les cultures sols et eaux souterraines sont exposés à des dosages massifs d'engrais chimiques qui modifient leur milieu et rendent l'eau non potable.

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D'après (Charbonnier E et al ,2015) ces pratiques culturales ont des conséquences sur les agriculteurs, les cultures, et les écosystèmes et les exposent à de nombreux risques. D'après les calculs des indices de risque pour la santé et l'environnement selon Ahouangninou, (2012) l'indice de risque sanitaire à Sèmè-kpodji s'élève à 24429,44 et nous expose à l'intoxication et à la pollution). Assogba k., (2007) a décelé des teneurs de résidus dépassant 0,5ug/g pour les organochlorés (DDT, Endrine, Heptachlore) dans les légumes au sud du Bénin. Les recherches de (Sousa-passos, 2006) suggèrent l'exposition humaine aux pesticides : un facteur de risques pour le suicide au Brésil. Une dizaine de différents types de cancer ont été découverts par (Samborn, 2004). Selon le professeur Jean-François Narbonne (2005), comment des produits faits pour tuer des organismes pourraient-ils être inoffensifs pour un autre organisme (l'homme)? Les études effectuées chez l'homme sur de nombreuses populations montrent un effet significatif des pesticides sur la santé : le système nerveux central, les maladies cognitives (mémoire, attention), les maladies dégénératives (parkinson, alzheimer), le cancer, la reproduction (stérilité, malformation). Les professionnels utilisateurs de pesticides sont 5 fois plus atteints par le parkinson et 2,4 fois par l'alzheimer. Effets significatifs aussi sur l'environnement, sur les opérateurs, sur les consommateurs.

Un exemple observé sur les légumes est l'association des formulations Acarius + Suncozeb, il se trouve que dans notre étude les pesticides ayant des risques sanitaires et environnementaux particulièrement élevés ont été utilisés sur les légumes le Cotofan (endosulfan), le Duel, l'Alphacal..., largement utilisé à Sèmè-Kpodji sont des produits destinés au coton mais qui se retrouvent sur le maraîchage. Ceux présentant les risques environnementaux les plus faibles sont les fongicides utilisés qu'en maraîchage. Ainsi nous devons beaucoup communiquer sur cela pour prévenir les risques.

En général, les différents indices sanitaires et environnementaux classent certains pesticides tels que le Tihan et l'endosulfan comme les plus dangereux pour la santé et l'environnement.

Exposition de la population générale

Bien que les exploitants maraîchers soient conscients de la toxicité des produits phytosanitaires, plusieurs d'entre eux ne prennent aucune mesure de protection avant de traiter les cultures. Ce comportement peut être à l'origine d'une exposition directe aux pesticides soit par les yeux, le nez ou même la peau. Il a été montré que le manque de matériel de protection corporelle accroît les risques d'intoxication qui, mineurs au début, peuvent

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devenir graves par bioaccumulation (De Jaeger et al., 2012). Des cas d'intoxications et maladies en milieux maraîchers ont été observés par Cissé (2003) au Sénégal et Derkaoui et al. (2011) au Maroc. Le fait de consommer l'eau des forages peut être aussi une source d'exposition indirecte aux résidus de pesticides (Bellec et Godard, 2002 ; Mottes, 2013). En effet, suite à la contamination des sols par les résidus de pesticides, ceux-ci peuvent s'infiltrer à travers le sol et contaminer les nappes d'eau souterraines.

Des traces de résidus d'insecticides ont été décelées dans les échantillons de feuilles de concombre, de célosie, de l'amaranthe, chou et aubergine...juste avant la récolte. Elles constituent un risque pour les consommateurs. Même si les analyses n'ont pas été sur des plantes déjà récoltées, les maraîchers pourraient au cas où viendrait un client, vendre ces légumes contaminés par des pesticides. Des teneurs résiduelles importantes décelées dans la grande morelle (4,75mg d'équivalent deltaméthrine /kg de feuille) ne fait qu'aggraver le risque d'intoxication alimentaire des pesticides (Ahouangninou, 2012).

Martin (2008) a décelé des traces de résidus d'insecticides dans les échantillons de feuilles de chou jeunes et avancés avec respectivement 0,05 et 0,67 équivalent deltaméthrine /kg de feuille dans deux périmètres maraîchers d' Agbanzinkpota au sud Bénin.

En particulier, il est difficile de mettre en évidence et d'évaluer quantitativement les effets d'un apport régulier de résidus de pesticides par la voie alimentaire. Il faut voir que, pour la plupart des pesticides, il n'a pas été possible d'établir une relation dose-effet (Houéyissan, 2006), il est remarquable de constater à quel point on manque de données provenant d'études sur l'homme.

En somme, cette recherche amène à formuler quelques suggestions allant dans le sens de la réduction de l'exposition aux pesticides, de la protection de l'environnement et de la préservation de la santé publique.

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"Un démenti, si pauvre qu'il soit, rassure les sots et déroute les incrédules"   Talleyrand