Première partie
Chapitre I : Revue Bibliographique sur les eaux
souterraines
Composée de deux (2) atomes d'hydrogènes et d'un
atome d'oxygène, l'eau est indispensable à la vie de tout
être vivant et est le seul composé présent à
l'état naturel sous trois (3) phases : liquide, solide et
gazeux.
Le caractère banal de l'eau qui nous environne fait
parfois oublier que ce liquide qui nous est si familier s'avère en
réalité le fluide le plus indispensable à la vie.
L'histoire de l'eau se confond avec celle de l'humanité
et tout développement industriel s'est construit en partenariat avec
l'eau.
L'eau est partout et constitue la base de la vie. En effet,
les premières formes de vie se sont développées dans les
océans et, encore aujourd'hui plus de la moitié des
espèces animales et végétales vivent dans l'eau. Par
ailleurs comme toutes les autres composantes de l'environnement, l'eau ne peut
pas être considérée isolement. Dans le cas d'une
rivière, d'un fleuve, d'un océan et même d'un puits, son
état dépend en grande partie des activités humaines ayant
lieu sur le territoire environnant. [1]
1. Cycle de l'eau :
L'eau sous ses différents états
suit dans la nature un vaste cycle que résume le schéma
de la Figure 1.

· Les précipitations : la
vapeur d'eau atmosphérique se condense en nuages qui engendrent des
précipitations sous forme de pluie, de neige ou de grêle. Les
précipitations, qui constituent l'origine de presque toutes nos
réserves en eau douce, sont variables d'une région à une
autre suivant le climat et le relief qui sont des facteurs essentiels.
· Le ruissellement : parvenue sur
le sol, une partie des précipitations s'écoule à sa
surface vers le réseau hydrographique et les étendues d'eu libre
(lacs, mers), c'est le ruissellement de surface.
· L'infiltration : une partie des
précipitations pénètre dans le sol et le sous-sol
où elle alimente les eaux souterraines constituant le stock d'eau du sol
et les réserves des nappes aquifères.
· L'évapotranspiration :
c'est la somme des pertes par transformation de l'eau en vapeur. On distingue
deux (2) composantes : l'une constituée par le retour direct de
l'eau dans l'atmosphère (phénomène physique) et l'autre
constituée par la transpiration des plantes. [1]
2. Les maladies d'origine hydrique.
L'eau est indissociable de la vie et en particulier de celle
des populations humaines dont elle a influencé l'histoire et conditionne
le développement. Elle est aussi un des principaux vecteurs des
maladies, par l'intermédiaire des germes infectieux, et par voie de
conséquence de la mortalité humaine. Le risque microbiologique
est ainsi le paramètre à prendre en compte en matière
d'alimentation en eau potable. Il est d'ailleurs, après l'accès
à la ressource, un des principaux facteurs d'inégalité
« nord-sud ».
Les maladies d'origine hydrique sont des infections
essentiellement dues à des bactéries, des virus et des
protozoaires. Les plus anciennes infections connues sont les fièvres
typhoïdes, les dysenteries bacillaires et le cholera (Voir Tableau
N°1). Or de nos jours dans les pays en voie de
développement ces infections sont encore d'actualités et
constituent un problème de santé publique contrairement aux pays
développés. [2]
Tableau 1 : les principales maladies d'origine
hydrique et leurs agents pathogènes d'après C. Haslay et H.
Leclerc. 1993
Maladies
|
Agents
|
Origine bactérienne
|
Fièvres typhoïdes et paratyphoïdes
|
Salmonella typhi, salmonella paratyphi A et B
|
Dysenteries bacillaires
|
Shigella
|
Cholera
|
Vibrio cholérae
|
Gastro-entérites et diarrhées
|
Escherichia coli entérotoxinogène
|
Campilobacter jejuni /coli
|
Yersinia enterocolitia
|
Salmonella SP
|
Shigella SP
|
Legionella pneumophila
|
Origine virale
|
Hépatite A et E
|
Virus hépatite A et E
|
Poliomyélite
|
Virus poliomyélitique
|
Gastro-entérites aigues et diarrhées
|
Virus de Norwalk
|
Rotavirus
|
Astrovirus
|
Calicivirus
|
Coronavirus
|
Entérovirus
|
Adénovirus
|
Réovirus
|
Origine parasitaire
|
Dysenteries amibiennes
|
Entamoeba histolytica
|
Gastro-entérites
|
Giardia lamblia
|
Cryptosporidium
|
La notion d'indicateur.
Il est actuellement difficile de rechercher
systématiquement tous les germes pathogènes susceptibles
d'être présents dans l'eau, étant donné leur
variété et l'irrégularité de leur
présence ; ainsi que la diversité et le coût des
analyses qu'il convient de mettre en oeuvre pour les détecter.
Néanmoins, comme l'origine de la plupart des
microorganismes pathogènes véhiculés par l'eau est
fécale, le principe de contrôle de la qualité de l'eau
repose sur la démonstration que l'eau distribuée ou
consommée ne contient pas de germes provenant de contaminations
fécales. Pour cela, on recherche des indicateurs de contamination
fécale, appelés aussi germes test ou germes témoins de
contamination fécale. On parle également d'indicateurs de
traitement qui permettent d'évaluer l'efficacité des
différents traitements de potabilisation mis en oeuvre vis-à-vis
des différents germes.
Ces indicateurs doivent répondre à des exigences
de nature :
Ø Epidémiologique : il
doit exister une relation entre un indicateur et l'apparition d'infection dans
une population ;
Ø Ecologique : il doit être
spécifique d'une contamination fécale :
systématiquement rencontré lorsqu'il ya présence des
fèces d'animaux à sang chaud et toujours absent dans les milieux
non pollués. Il doit être sensible pour être mis en
évidence dans l'eau lorsque des pathogènes sont présents,
et ce, en grand nombre ;
Ø Bactériologique : il ne
doit pas se multiplier dans l'eau ;
Ø Technique : il doit être
facile et rapide à détecter, et ce, à moindre coût.
[3]
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