I.11.5. La théorie de la tragédie des biens
communs
Le concept de tragédie des biens communs est introduit
en économie et en sciences de l'environnement par Garret Hardin en 1968.
La tragédie des biens communs ou tragédie des
communaux consiste au fait que des usagers, se fondant sur des calculs
individuels, épuisent une ressource ou l'exploitent de manière
excessive parce que rien ne les incite à adopter une attitude de
conservation dont d'autres pourraient bénéficier (Young, 2000).
Quand on parle des biens communs ici on perçoit des ressources, biens ou
services. Cette théorie dit en bref que la préservation de ce qui
appartient à tout le monde ne suscite guère
d'intérêt de la part de chacun. Le texte original de Garrett
Hardin décrit comment l'accès libre à une ressource
limitée pour laquelle la demande est forte mène
inévitablement à la surexploitation de cette

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ressource et finalement à sa disparition. Chaque
individu ayant un intérêt personnel à utiliser la ressource
commune de façon à maximiser son usage individuel, tout en
distribuant entre chaque utilisateur les coûts d'exploitation, est la
cause du problème. La tragédie des biens communs concerne des
ressources, généralement naturelles, qui sont soit en libre
accès (n'importe qui peut contester l'exploitation), soit
propriété d'une communauté d'acteurs. Elles
possèdent deux particularités :
- Il est coûteux et difficile d'attribuer des droits de
propriété individuels sur la ressource. Par exemple, il serait
très délicat de faire respecter un droit de
propriété sur une partie de l'océan.
- La ressource est un bien rival.
Ainsi pour éviter la surexploitation, il a
été proposé trois solutions pour limiter les
intérêts individuels à l'origine de la dégradation
de la ressource : La nationalisation c'est-à-dire que l'Etat devienne
propriétaire de la ressource en règlementant l'accès, ou
bien en l'exploitant directement lui-même ; la privatisation
c'est-à-dire convertir la ressource commune en propriété
privée pour inciter le propriétaire à une gestion
rationnelle de cette ressource., et la gestion par des communautés
locales, c'est-à-dire la gestion des ressources par les acteurs locaux
à travers des normes sociales et des arrangements institutionnels.
I.11.6. La théorie environnementaliste
HENRY DAVID THOREAU est le premier environnementaliste
(1817-1862). Cette théorie considère que l'homme a la
possibilité de poser des actes à ses risques et périls,
même si ces actions vont à l'encontre des directives
imposées par le milieu. Dans le même ordre d'idées, l'homme
peut réorganiser son cadre de vie ou choisir d'aller à l'encontre
des contraintes imposées par le milieu en exploitant son intelligence et
ses moyens.
En implémentant cette théorie dans le cadre de
notre thème nous pouvons dire que la pression des populations locales
sur les rotins peut conduire à des impacts considérables sur
l'environnement. Montrer également que malgré la crise des
années 1980 et les difficultés d'accès au rotin, les
populations de la zone de Yaoundé ont su s'adapter aux contraintes de
l'environnement.
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