3- Loi appliquée à
l'étude :Échanges et proximité : la
première loi de la géographie
La première loi de la géographie
stipule en effet que : « tout interagit avec tout
mais deux choses voisines ont plus de chances d'entrer en interaction que deux
choses lointaines. » Cette loi s'applique à notre recherche
dans la mesure où, comme le stipule la théorie systémique,
on peut considérer les relations entre les hommes et les espaces verts
dans une logique systémique, les hommes crées les espaces verts
et en retour ils reçoivent des services que ces espaces verts
fournissent ; il y a donc interaction ; d'autant plus que les espaces
verts et les hommes « cohabitent » dans l'espace urbain.
L'interaction entre les deux éléments est donc
indéniable.
XIII- CADRE INSTITUTIONNEL
Les espaces verts répartis dans les communes de
Yaoundé 2 et 3 sont régis par un ensemble de textes de lois et/ou
de décrets relativement à la création et à la
gestion de ces espaces verts.
D'après les textes de Lois au Cameroun, deux
principales institutions sont chargées de créer et de
gérer les espaces verts urbains. Il s'agit d'une part du
Ministère du Développement Urbain et de l'Habitat (MINDHU) et la
de la Communauté Urbaine de Yaoundé (CUY). Mais à
côté d'eux, des agents du privé (Organisations Non
Gouvernementales et Associations) contribuent également dans ce
processus dans le cadre des coopérations. En effet, le décret
n°2005/190 du 03 juin 2005 portant organisation du Ministère du
Développement Urbain et de l'Habitat (MINDHU), l'article 25
alinéa 7 charge la direction du développement urbain en liaison
avec les ministères et les Collectivités Territoriales
Décentralisées (CTD) d'embellir les centres urbains.
L'embellissement des espaces urbains est davantage relié aux missions
dédiés aux communes d'après l'article 157 du code
général des CTD et la Loi n°2004/018 du 22 juillet 2004
fixant les règles applications aux communes. En effet, cette Loi permet
aux commune de créer, entretenir et gérer les espaces verts
urbains, parcs et jardins d'intérêt communal. Avec le processus de
décentralisation, les responsabilités liées à la
création et à la gestion des espaces verts urbains, des espaces
publics et des cimetières sont redirigées au niveau de la
Communauté Urbaine de Yaoundé. En effet, d'après le code
général des CTD, La Communauté Urbaine est
compétente pour toute action relevant de l'intercommunalité, des
grands travaux et des projets structurants, et à ce titre, les
Communautés Urbaines ont l'exclusivité de la création,
l'entretien et la gestion des espaces verts, des espaces publics ainsi
que des cimetières publics d'intérêt communautaire.
Constat : la question de la
création et de la gestion des espaces verts urbains, à
Yaoundé 2 et 3 voire dans les autres communes que compte la CUY, met en
exergue plusieurs institutions qui devraient mettre en accord leurs
stratégies liées à la promotion des villes vertes et du
développement urbain afin de donner une image saine des communes sur le
plan esthétique mais aussi d'offrir un cadre de vie attrayant aux
populations urbaines.
Le constat est tout autre sur le terrain. En effet, on observe
une inadéquation entre ce qui est prévu par les textes de Lois et
décrets et les réalisations faites sur le terrain. Ceci est
notamment lié au défaut de coordination des actions des
différentes institutions en charge de la protection ou de la gestion des
espaces verts urbains. L'interprétation et l'analyse faites après
nos entretiens semi directifs au services de la création et de
l'aménagement des espaces verts de la CUY, ont permis d'établir
que cette situation est due au fait que certains espaces verts municipaux
urbains sont privilégiés par rapport aux autres notamment sur le
plan de leurs aménagements et de la fréquence de leurs
entretiens. En effet, pour le cas des espaces verts municipaux de
Yaoundé 2 et 3 qui sont en grande partie localisés au
centre-ville, les entretiens y sont fréquents et les aménagements
sont bien mieux (le cas du Bois Sainte Anastasie, Parcours Vita etc...) par
rapport aux espaces verts éloignés du centre urbains. Toutefois,
quelques insuffisances subsistent toujours au sein même de certains
espaces verts municipaux des deux communes (le cas du Bois Charles Atangana et
ses annexes).
On peut noter par ailleurs la non prise en compte et la
non-application des principes de la gestion de l'environnement telles que
présentées par la Loi n°96/12 du 05 aout 1996 portant
Loi-cadre relative à la protection de l'environnement au Cameroun. En
effet, cette Loi fixe un certain nombre de modalité liées
à la protection de l'environnement en général. Le cas du
principe du Pollueur-payeur n'est pas par exemple appliqué lorsqu'on
sait que les usagers des espaces verts municipaux participent de façon
active à la pollution des espaces verts municipaux des communes de
Yaoundé 2 et 3. Ceci est principalement dû à la
négligence de la surveillance de l'environnement des espaces verts. Et
cette situation tend à encourager un laisser-faire et un laisser-aller
des visiteurs dans les EVMY 2 et 3.
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