CHAPITRE 4 : ANALYSE DES INTERACTIONS AUTOUR DE LA
RADIO KANDI FM .
Dans ce chapitre, j'aborde les différents types de
conflits autour de la gestion de la radio communautaire de Kandi dans une
perspective de l'anthropologie politique. En effet, dans une arène
politique locale, (Cf. Bierschenk 1994, Bierschenk & Olivier de Sardan1997
etc.) , il existe différents acteurs individuels et collectifs qui
poursuivent des stratégies, établissent des réseaux
d'action et font usage de discours et de rhétoriques. Ces acteurs, selon
Bailey (1969) obéissent à des règles formelles
(officielles) et des règles informelles (pragmatiques) locales dans la
résolution des conflits qui les opposent les uns aux autres. Elles
représentent des références discursives, et, dans des cas
concrets, ces règles entrent souvent en compétition ( GRÄTZ,
2006 :156 ) et les enjeux liés à sa gestion.
1- Typologie des conflits
Les conflits les plus fréquents au niveau de la radio
Kandi FM sont : le conflit de paternité et celui de leadership
1-1- Etude de cas n°1 : Conflit de
paternité
Le projet d'installation d'une radio communautaire à
Kandi remontait bien avant même l'ère de la
décentralisation. C'était dans les années 2000-2001.
1-1-1- Les manifestations du conflit
Le conflit opposait l'association de développement
IriBonsè à la mairie qui voulait utiliser la radio à des
fins politiques. En réalité, la divergence d'intérêt
entre le promoteur et le Maire d'alors se manifeste par le contrôle de la
gestion de la radio et le positionnement des agents devant l'animer. Ceci
s'explique par le fait qu'au démarrage des activités, c'est la
mairie qui a procédé au recrutement du personnel en 2004 qu'elle
a mis à la disposition de la station.
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Ces agents émargeaient dans le budget de la Commune
d'où la première autorité communale assurait le
contrôle de la gestion. Cette attitude n'a pas du tout plu au promoteur
de la radio. Puisque selon les textes qui régissent le fonctionnement
d'une radio communautaire, c'est le Conseil d'Administration qui assure le
contrôle de la gestion d'une radio de proximité. Le promoteur de
la radio s'indigne en ces termes :
« [...] il ne va pas au service, il fait des mois sans
aller et il va pour toucher et c'est lui, le directeur, est-ce qu'on peut
diriger comme ça là. Donc, voilà c'est ça ».
Entretien B.S.S, promoteur de la radio, Kandi, 6/3/2010.
« D'ailleurs, c'est ce qui a conduit à la
fermeture unilatérale de la radio le 03 janvier 2007 sous l'égide
du président du conseil d'administration et ceci sans motif. Alors que
selon le contrat de convention qui lie le promoteur à la HAAC aucune
structure n'est autorisée à procéder à la fermeture
de la station sans avis préalable de la HAAC. » (Entretien
B.S.S, promoteur de la radio, Kandi, 6/3/2010).
Du coup, cet acte pouvait conduire au retrait de la licence de
la radio Kandi FM. On assiste à une méconnaissance et au
non-respect des textes régissant la gestion d'une radio communautaire.
Par ailleurs, l'une des raisons du dysfonctionnement est le recrutement du
personnel de la radio sans l'implication du promoteur. En principe, cela ne
saurait se faire selon les textes qui régissent le fonctionnement de la
radio.
1-1-2- Les modes de règlement du
conflit
Les acteurs impliqués dans le règlement du
conflit au niveau de la radio Kandi FM sont : le promoteur, le conseil
d'administration, le directeur de la radio, la mairie, la HAAC et le cabinet
CILCOM.
Dans la gestion de ce conflit chacun des acteurs défend
son point de vue. Ainsi, le promoteur reproche au Conseil Communal une
tentative de vouloir l'exclure de la gestion de la radio. Quant au conseil
d'administration on note à une formation de groupe stratégique
où un camp supporte le président et le directeur
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de la radio tandis que l'autre camp soutient le
rédacteur en chef et son équipe. Par ailleurs, le directeur de la
radio a reçu à gagner la confiance du président, du coup
il a pu avoir le soutien de certains membres du conseil d'administration, du
personnel de la radio voire même au sein du conseil communal. Quant
à la mairie, son intention était d'avoir le contrôle de la
gestion de la radio alors que d'après les textes qui réglementent
le fonctionnement d'une radio communautaire on ne peut en aucun cas attribuer
la fréquence à une collectivité locale. Il a fallu la
descente de la HAAC à Kandi pour que les différents acteurs
impliqués dans la gestion de cette radio soient mieux
éclairés. Parlant du cabinet CILCOM, il n'a fait qu'apporter son
expertise pour le recrutement et la formation du personnel de la radio.
Pour le règlement du conflit, une réunion de
crise a été convoquée par le promoteur qui a réuni
certains acteurs impliqués dans la gestion de la radio. L'une des
décisions prise à l'issue de cette rencontre est le
renouvellement du conseil d'administration. Toutefois, le président
sortant a été maintenu à son poste. Cette décision
n'a pas plu à l'autre camp. Ce qui constitue déjà un
début de frustration. Cette étape de frustration a
été résolue avec l'intervention de la HAAC qui a
éclairé les différents acteurs en conflit sur les textes
qui régissent la création d'une radio communautaire en
République du Bénin.
Depuis lors, malgré les multiples missions de la HAAC
à Kandi et en dépit des séances de travail à
l'Antenne Régionale, la radio continue de traîner les
séquelles de cette crise.
1-2- Etude de cas n°2 : Conflit de leadership 1-2-1-
Les manifestations du conflit
Le conflit qui opposait le promoteur de la radio et la mairie,
a entraîné un désaccord entre les agents de la radio et le
conseil d'administration.
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« La radio Kandi FM a commencé par émettre,
je crois le 22 janvier 2004. Cette radio a pu naître [...] le seul
conseil d'administration qui a fini par écarter tout le monde, mais qui
ne fait rien, ne peut pas relever le défi par rapport au
développement de cette radio-là, voilà ce que je peux
dire.» Entretien avec un ancien directeur de la radio, Kandi
6/3/2010.
« Mais, il faut souligner que le conflit avait pris une
autre allure ; parce que progressivement on a glissé vers un conflit
à relent ethnique comme on le dit couramment à travers les
groupes socioculturels. Cela devient une bataille entre Bariba et
Mokolé. Un Mokolé ne peut pas être directeur d'une radio
et, les Bariba étant majoritaires, il faudrait que cela soit
forcément un Bariba qui commande et celui qui est visé, c'est
SINAYOROU Aboubacar. » (Entretien avec un ancien directeur de la
radio, Kandi 6/3/2010.)
Si au départ, c'était une crise de succession
des membres du Conseil d'Administration. Aujourd'hui, les responsables de la
radio n'ont plus la main mise sur le personnel. Malgré le recrutement
d'un nouveau directeur, le conflit a toujours persisté. J'en ai pour
preuve le conflit à relent ethnique. Je note une reproduction sociale du
conflit ethnique car celui qui est là aujourd'hui, certains membres du
Conseil d'Administration trouvent qu'il est Gando et qu'il est de la même
ethnie que le Président du Conseil d'Administration. Ce qui fait
actuellement qu'au niveau du Conseil d'Administration ou du personnel de la
radio, on note deux camps : l'un soutenant le directeur de la radio et l'autre,
le rédacteur en chef de la radio. Du coup, ces différents groupes
stratégiques aux intérêts divergents ne garantissent pas le
bon fonctionnement de la radio.
1-2-2- Les modes de règlement du
conflit
Les acteurs impliqués dans le règlement du
conflit au niveau de la radio Kandi FM sont : le promoteur, le conseil
d'administration, le directeur de la radio, la mairie, la HAAC et le cabinet
CILCOM.
Je dirai ici que le conflit s'est élargi du promoteur
en passant par le Maire jusqu'au niveau des agents de la radio, voire le
conseil d'administration. Un conseil d'administration
où le président et le vice-président sont tous
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analphabètes, est manipulé et
téléguidé des deux côtés. Je note aussi au
sein des agents de la radio, la formation de groupes stratégiques juste
parce qu'on vise tel ou tel poste même si on n'a pas la compétence
requise. Le mauvais positionnement des différents acteurs autour de la
radio et les logiques qu'ils défendent compromettent le
développement de l'outil de communication qu'est la radio.
« Le conflit actuellement vécu n'est pas ouvert
mais il est alimenté à partir du conseil d'administration et
surtout ethnique parce que le président du CA est Gando, le directeur
est Gando, donc la politique de Kandi est ethnique : Mokolé, Dendi et
Bariba.» (Entretien avec M.S.Y., personnel de la radio, Kandi le
10/10/2014).
Il faut souligner que le recrutement du personnel de la radio
en 2004 par la mairie, a été objet d'une grande polémique.
Au point où :
« la HAAC elle-même s'est opposée pour dire
que la radio ne doit pas être gérée par une structure
politique. Que le conseil communal est hautement politique et qu'une radio
communautaire ne doit pas être gérée par une structure
politique donc la HAAC même il y a eu des tiraillements entre la mairie
et l'association de développement. Bon la mairie voulait garder la radio
sous son contrôle à travers le personnel, l'association trouve que
ce n'est pas normal parce que la mairie peut utiliser la radio à des
fins politiques. » (Entretien avec un ancien ministre, Kandi
le 18/10/2014).
Qu'il s'agisse d'un conflit de paternité ou de
leadership, ou de divergence d'intérêts ou de personnes.
Après toutes analyses je dirai que, ce qui justifie la position de tel
ou tel acteur face au contrôle de la gestion de la radio qui, au
départ, était vue juste comme un outil de communication pour
servir la communauté. Mais avec l'écho qu'émet cette
radio, les différents acteurs impliqués directement ou
indirectement dans la gestion de la radio ont compris que la radio en
elle-même constitue un enjeu. En effet, je note les enjeux financiers,
politiques et même de pouvoir que cache la radio.
2- La radio Kandi FM : un média à enjeux
multiples
Les acteurs sociaux s'organisent et s'affrontent pour
accéder aux ressources productives et aux retombées issues des
fruits de la radio, ou pour défendre leurs
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positions (Winter, 2001). Ainsi, ils le font dans des
configurations variables, plus ou moins formelles, plus ou moins
légitimes, en fonction des enjeux concernés.
Les enjeux liés à la gestion de la radio Kandi FM
sont :
- Enjeu lié à la dénomination de la radio
;
- Enjeu lié au recrutement du personnel dans un contexte
de multiples
redevabilités ;
- Enjeux économiques autour de la gestion de la radio
communautaire ;
- Enjeu lié au renouvellement du Conseil d'Administration
;
- Enjeu lié à la viabilité de la radio.
2-1- Enjeu lié à la dénomination de
la radio
Il faut souligner que lors de l'élaboration de
l'avant-projet pour l'obtention de la fréquence, le nom même
à donner à la radio avait fait objet de longs débats entre
le promoteur de la radio et l'ex Chef de la circonscription urbaine d'alors.
« On en était là, quand, moi et le Chef Cir
on a puisé dans la location de l'ancienne maison de la radio là,
pour pouvoir faire face aux dépenses. Bon on s'est déplacé
pour aller vers Parakou pour contacter certains journalistes qui
maîtrisent la situation pour nous aider à rédiger le
document donc c'était Kimba BA SEGUERE qui nous avait aidé. On a
travaillé toute une nuit, la chose a été
rédigée et mise au propre donc à partir même de cet
instant là il y avait eu des mésententes parce que la politique
s'en mêlait tellement que, on risque de ne pas être accepté
parce que la Haac n'octroie pas de radio à un parti politique. Dans le
débat on cherchait les noms à donner quand je donne le Chef Cir
rejette parce qu'il est en contact directe avec SAKA Kina qui lui dit non de ne
accepté et ce qui a fait que, on n'a pas trouvé le nom
adéquat et c'est Kandi FM qui a été proposé par
Kimba BA SEGUERE. On nous avait dit à la place de Iri Bonsè `'
Guèkadou `' ce qui veut dire en terme clair on a tardé avant de
trouver s'il faut traduire littéralement. Il dit non, on ne va pas faire
ça, il dit IriBonsè j'ai dit non, non il faut que ça soit
clair si on ne donne pas ça on a qu'à donner le nom de
`'Djèna `', Djèna c'est cette partie de la forêt au niveau
d'Angaradébou là qui est reconnu mondialement, il faut que la
radio ait un nom vraiment acceptable et facilement accessible. Il a
refusé on était dans cette discussion quand Kimba a dit bon
donner Kandi FM donc on était obligé d'accepter »
(Entretien avec B.S.S., promoteur de la radio, Kandi
02/03/2010.).
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Je note ici que la dénomination de la radio ne faisait
pas l'unanimité entre le promoteur et l'autorité locale d'alors ;
chacun des acteurs défendait sa position et sa légitimité.
Mais au risque de ne pas perdre l'octroi de la fréquence ils ont fini
par accepter la proposition du technicien.
2-2- Enjeu lié au recrutement du
personnel
Parmi les acteurs impliqués dans la gestion de la radio
chacun voulait à tout prix positionner son affilé. C'est à
ce niveau que commence une autre lutte entraînant la constitution de
groupes stratégiques.
Dans cette perspective de la dynamique de développement
local, dans un contexte de décentralisation puisqu'il s'agit d'une radio
communautaire ; ce qui anime les acteurs ici selon l'expression de
Bako-Arifari, (1995) c'est la logique `'du fils de terroir». Etant
donné que c'est une radio de proximité et à ressources
limitées, utiliser les fils du terroir contribuent à la promotion
du développement local. Lors de mes entretiens, j'ai pu noter que les
acteurs impliqués dans la gestion de la radio ont recruté ces
agents afin de leur trouver du travail. Mais l'autre raison c'est qu'en retour
ces agents doivent rendre compte au quotidien ou de façon hebdomadaire
du fonctionnement de la radio à leur parrain. J'en ai pour preuve
l'entretien réalisé avec le promoteur de la radio qui disait ceci
:
« Après la composition, les consultants sont
allés présenter les résultats au Maire. Il disait que les
`'locaux» doivent avoir de place même si quelqu'un est reçu
» (Entretien avec B.S.S., promoteur de la radio, Kandi
02/03/2010.).
Dans la perspective de l'anthropologie politique, l'analyse
des dynamiques de recrutement et d'avancement des agents de la radio Kandi FM,
renvoie à la notion de la redevabilité sociale (Giorgio Blundo
2012).
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2-3- Enjeux économiques autour de la gestion de
la radio
Dans ce contexte de la décentralisation, le promoteur
de la radio qui était en même temps le président de
l'association de développement Iribonsè de Kandi. Puisque cette
association n'avait pas suffisamment des moyens pour faire face aux
dépenses de la radio, le Maire d'alors leur a assisté en mettant
à leur disposition des personnels à travers un recrutement global
qu'il a fait à la mairie. Ainsi, ce dernier a redéployé
certains agents à la mairie parmi lesquels : le directeur de la radio et
le rédacteur en chef. Il faut souligner que ces deux (02) agents
émargeaient au budget de la Commune. De plus, c'est la mairie qui a mis
les tickets de prestation à la disposition de la radio. Du coup, les
recettes de la radio étaient versées directement à la
recette perception. Par ailleurs, la mairie amenait chaque fois des avis et
communiqués contre zéro franc, ce qui pesait
énormément sur la radio en matière de charge de
prestations. J'en ai pour preuve, cet entretien réalisé avec
l'ancien directeur de la radio :
« Et, il faut dire que, au moment où on avait
commencé par travailler à la radio, bon, ça ne donnait pas
l'impression que c'était quelque chose de sérieux. On
était je dirai à peu près 16 au départ hein
finalement on est arrivée à un chiffre de 20 agents. Bon,
maintenant c'est à partir du mois de février, quand la population
a commencé par prendre goût à l'outil qu'est la radio que
les gens ont commencé par comprendre ce que ça veut dire la
radio, ça commencé par un peu animer la Commune. Parce que la
puissance d'émission, le rayon de couverture était assez
élevée donc c'était un grand écho que ça
faisait donc c'est comme ça que les différents acteurs qui ont
contribués à la naissance de cette radio-là, ont
commencé par voir l'enjeu de la radio. Je dis l'enjeu parce que
ça donnait l'impression au départ comme si c'était bon de
l'amusement bon, on a voulu d'une radio on l'a eu, bon laissez les
gérer. Il a fallu que la population commence par s'intéresser
à cela. A travers les avis et communiqués, concerts des auditeurs
pour que, on sache d'abord qu'il y a un enjeu financier, maintenant qu'on se
dise qu'il y a un enjeu politique et même, disons que les enjeux
même de pouvoir. Donc et c'est de là que les difficultés
ont commencées par naître ; d'abord par rapport à la
signature de la convention il faut dire qu'en son temps tout ce qui concernait
la radio se faisait au niveau de la mairie, bon le Maire d'alors A. S. a
même exigé que les fonds issus des prestations de la radio soient
versés à la perception dans le compte de la mairie alors que la
radio c'est qu'à même une institution privée donc elle ne
saurait être sous la tutelle d'une institution publique, une
administration publique comme la mairie » (Entretien avec B.B.,
ancien directeur de la radio, Kandi 06/03/2010.).
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A partir du moment où le Directeur de la radio avec son
rédacteur en chef, ont refusé d'utiliser les tickets de la
mairie. Et puisqu'il voyait qu'il n'a plus la main mise sur ces deux (02)
agents, il a demandé de les ramener à la mairie et cela sans
attribution à un poste.
2-4- Enjeu lié au renouvellement du Conseil
d'Administration
Après la fermeture de la radio, le 03 Janvier 2007 par
le président du Conseil d'Administration d'alors ; il a
été convoqué une réunion de crise. A cette
réunion l'une des décisions prises était de dissoudre le
Conseil d'Administration et de procéder à son renouvellement. Ce
qui n'était pas de l'avis de l'ancien Conseil d'Administration. Cette
décision a conduit à la formation de deux groupes
stratégiques dont : ceux qui veulent que l'ancien président
revienne et ceux qui luttent pour sa non réélection. J'en ai pour
preuve l'entretien réalisé avec le trésorier
général du Conseil d'Administration.
« La Haac est intervenue un certain nombre de fois pour
comme on le dit remettre les pendules à l'heure et défini les
attributions de chaque organe. Et à partir de cet instant la Haac, leur
a dit de façon claire et nette pour ces gens d'outils, les masses
médias il faut mettre en place les organes de gestion c'est justement
après ces interventions qu'on est allé à une
assemblée générale pour mettre en place le premier conseil
d'administration qui est déjà passé. Puisque moi je suis
membre du second conseil, il y a eu avant nous un autre conseil
d'administration voilà qui nous a précédé. Et
là, c'est après plusieurs situations après des
problèmes après des tentatives je dirai quoi de
récupération, hein la Haac c'était vu obligé de
venir dire un certain nombre de chose, clarifier les trucs pour qu'on en arrive
à la mise sur pied des organes de gestion. Donc aujourd'hui je pense
qu'après l'intervention de la Haac et après un certain nombre de
séance, les différents acteurs connaissent leur rôle et
doivent savoir que, pour ce qui est d'une radio communautaire ce sont les
organes de gestion mise en place à la suite d'une assemblée qui
doivent pouvoir gérer et rendre compte. Bien entendu puisque la radio
est communautaire voici de façon globale ce que je peux dire de la
première préoccupation par rapport à l'historique »
(Entretien avec A.B.Z., trésorier de la radio, Kandi
02/03/2010.).
Etant donné que le conflit est inhérent à
la vie sociale, je note ici d'abord une divergence d'intérêt ; qui
par la suite a pris l'allure d'un conflit de personne au départ latent
et puis ouvert. De même que les enjeux liés à la gestion de
cet outil de communication.
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2-5- Enjeu lié à la viabilité de
la radio
L'Appui Suisse à la Communication Communautaire(ASCCom)
vise à contribuer à la réduction des
déséquilibres (ville/campagne, lettrés/illetrés,
hommes/femmes, pauvres/riches) d'accès à l'information et
à la communication, au renforcement du pluralisme en matière de
média et à faire de l'outil radiophonique un instrument
d'autopromotion local et communautaire (IK, décembre 2013).
Plusieurs phases du programme ont permis de faire des
avancées significatives dans la réalisation de cet objectif
global.
Ainsi la 1ère phase (de juillet 1996
à juin 1998), était une phase pilote de clarification et de
renforcement de la participation communautaire autour des Radios Rurales
Locales (RRL).
Quant à la 2ème phase (de juin 1998
à décembre 2000) a été celle du renforcement
stratégique pour l'émergence d'un modèle de radios
communautaires viables, au service des populations et gérées par
celles-ci, de manière autonome. Elle a permis d'une part, de poursuivre
les efforts en vue de l'amélioration des conditions-cadres au niveau
national, à travers le partenariat avec l'instance de régulation
en occurrence la Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication
(HAAC), et d'autre part, d'accompagner les communautés de cinq (05)
localités à mettre en place des radios communautaires puis
à se mobiliser pour en assurer la viabilité sociale, technique et
financière.
Au cours de la 3ème phase (de 1er
janvier 2001 à juin 2004), la problématique de la
viabilité était au coeur des préoccupations du programme.
En effet, cette 3ème phase s'est consacrée au renforcement de la
viabilité des radios et des organes chargés de les animer et de
les gérer.
La phase 4 (d'août 2004 à mars 2006) a
consisté au renforcement des actions de viabilisation et prendre en
compte quelques préoccupations thématiques. La phase 5 (mars 2006
à décembre 2009) s'est occupée de la résolution
des
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problèmes de l'énergie électrique et de
la consolidation des préoccupations thématiques.
La phase 6 (de janvier 2010 à décembre 2013) est
perçue comme une phase de retrait. Elle vise pour objectif principal
d'assurer l'ancrage institutionnel du programme. Auprès des acteurs
étatiques et nationaux ainsi que leur responsabilisation et celle des
structures intermédiaires fédératrices des radios
communautaires. Comme la FERCAB et le RIF en vue de la pérennisation des
acquis du Programme et assurer la viabilité technique, financière
et sociale des RC à la fin du financement Suisse, restée une
préoccupation permanente au cours de cette phase.
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