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SOMMAIRE
DEDICACE
B
REMERCIEMENTS
C
LISTE DES FIGURES ET DES TABLEAUX
D
RESUME
D
INTRODUCTION GENERALE
I
PREMIERE PARTIE : FONDEMENTS
THEORIQUES SUR LA RELATION BANQUE-CLIENTS COMME ENTITÉ ENRICHIE PAR LES
SERVICES BANCAIRES SUR INTERNET
1
CHAPITRE I STRATEGIE BANCAIRE ET BESOINS DE
LA CLIENTELE : UN PRINCIPE DE VASES COMMUNICANTS
2
Section 1 La relation de
clientèle dans le milieu bancaire
2
Section 2 Les variantes
comportementales du client bancaire : entre satisfaction et
fidélisation
10
Section 3 La
sécurisation des opérations bancaires en ligne : une
réelle inquiétude de la clientèle
29
CHAPITRE II LA BANQUE EN LIGNE COMME
STRATEGIE DE REPONSE AUX BESOINS DE LA CLIENTELE ET VALORISATION
TECHNOLOGIQUE AU SERVICE DE LA PERFORMANCE
44
Section 1 Services bancaires et
services web : « un mariage stratégique »
44
Section 2 Les clés de
succès et les obstacles à l'adoption de la banque en ligne
53
Section 3 Impact de la banque
en ligne sur la performance organisationnelle de la banque
67
CONCLUSION PARTIELLE
75
DEUXIEME PARTIE : LA BANQUE EN LIGNE
ET SES IMPLICATIONS A LA BICEC
76
CHAPITRE I APERÇU DES DETERMINANTS
FONCTIONNELS ET RELATIONNELS DU SERVICE « BICEC.COM »
77
Section 1 Présentation
de la BICEC
77
Section 2 Les
déterminants fonctionnels de « bicec.com »
84
Section 3 Les
déterminants relationnels de « bicec.com »
105
CHAPITRE II ANALYSE DES DONNEES,
INTERPRETATION ET RECOMMANDATIONS
115
Section 1 Etude des
éléments de scoring
115
Section 2 Le degré de
participation de « bicec.com » à la performance
commerciale
130
Section 3 La stratégie
d'optimisation du modèle relationnel banque - clients sur
« bicec.com »
134
CONCLUSION PARTIELLE
156
CONCLUSION GENERALE
156
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
I
ANNEXES
X
TABLE DES MATIERES
A
DEDICACE
Les efforts et sacrifices consentis pour l'élaboration
de ce mémoire ont été stimulés par une
pensée empreinte de gratitude à l'endroit de ceux qui n'ont
reculé devant aucun obstacle pour assurer l'épanouissement et
l'édification de ma personne :
Mes parents.
REMERCIEMENTS
Je remercie le Seigneur pour la
persévérance, le courage, la santé, l'ouverture d'esprit
et l'inspiration dont il m'a gratifié. Aussi, le présent
mémoire n'aurait pas vu le jour sans l'aide bienveillante, la
compréhension et le dévouement d'un certain nombre de personnes
qui, par leur présence et leurs conseils, m'ont apporté leur
soutien. Je les en remercie et m'excuse de ne pouvoir toutes les citer.
J'aimerais témoigner ma gratitude principalement :
- au Dr Etienne EBOLO OBAMA, mon directeur de mémoire,
dont les apports méthodologiques m'ont permis de structurer un
cheminement de pensée ;
- à M. Sébastien OTETA ENONGA et Mme Marie
Thérèse ENONGA dont l'attention et le dévouement ont
été des leviers déterminants de motivation ;
- à Mademoiselle Renette KOUM qui a su se montrer
patiente et compréhensive en supportant mes périodes de doute et
d'enthousiasme ;
- à l'ensemble du corps professoral de l'UCAC /
ICY pour la richesse et la qualité de son enseignement ;
- à M. Jean pierre SCHIANO, directeur
général de la BICEC, pour sa bienveillante attention ;
- à M. Innocent ONDOA NKOU, directeur
général adjoint et directeur central informatique de la BICEC,
pour sa disponibilité et sa compréhension ;
- à M. Jean Claude BAYLE, coordinateur
général informatique, organisation et qualité, pour son
professionnalisme et sa bonne humeur ;
- à M. Emmanuel YOGO, responsable de la division de
production informatique pour les orientations, les contacts et l'aide qu'il a
su m'apporter ;
- à Madame Angèle EJENGELE MOUTOME,
Organisatrice à la BICEC, pour son attention et son soutien
permanent ;
- aux Organisateurs de la BICEC que sont Mme Christine
MBIAKOP, Messieurs YAYA SADOU, Louis DJEUKEUSSI, Désiré MOUANGUE,
Marcel PRISO et Francis NDJOM, de même qu'à Mme Hortense PENDA,
chargé de traitement, pour leur bonne humeur et leurs apports
technico-informationnels.
- à mes camarades de promotion qui, lors de
séances de travail, m'ont permis de m'améliorer.
LISTE
DES FIGURES ET DES TABLEAUX
FIGURES
FIGURE 1 : CADRE THÉORIQUE DE LA
RECHERCHE.
V
FIGURE 2: SCHÉMA COMPORTEMENTAL
GÉNÉRAL DE LA DÉCISION D'ACHAT OU DE TRANSACTION.
24
FIGURE 3: DÉTERMINANTS COMPORTEMENTAUX DU
CLIENT BANCAIRE EN MATIÈRE DE BANQUE EN LIGNE.
26
FIGURE 4: MODÉLISATION DE LA CONFIANCE SUR
LE CANAL INTERNET.
29
FIGURE 5: ILLUSTRATION DU PROCESSUS DE
CRYPTAGE.
41
FIGURE 6: DIAGRAMME CAUSAL RELATIF À
L'USAGE.
55
FIGURE 7: BANQUE EN LIGNE ET PERFORMANCE
ORGANISATIONNELLE.
68
FIGURE 8: SCHÉMA GÉNÉRAL
D'ÉVALUATION DE LA PERFORMANCE.
71
FIGURE 9: BANQUE EN LIGNE ET PERFORMANCE
COMMERCIALE BANCAIRE
72
FIGURE 10: NOMBRE D'ABONNÉS À
INTERNET VIA CAMNET.
85
FIGURE 11: EVOLUTION DU NOMBRE D'UTILISATEURS
D'INTERNET AU CAMEROUN.
85
TABLEAUX
TABLEAU 1: SCHÉMA DESCRIPTIF DU
PROCÉDÉ CRYPTOGRAPHIQUE.
35
TABLEAU 2: SCHÉMA DESCRIPTIF DE LA
CRYPTOGRAPHIE À CLÉS PUBLIQUE/PRIVÉE.
36
RESUME
Ce document présente les travaux et les recherches
réalisés dans le cadre de notre mémoire de fin
d'études en Option quantitative de la filière Economie de
Gestion. Le point central de ces travaux repose sur le concept de banque par
Internet qui est actuellement l'un des principaux axes stratégiques des
établissements bancaires au Cameroun.
Notre principale préoccupation réside dans la
conception et la mise en oeuvre d'un modèle de capture et surtout de
fidélisation de la clientèle par le biais du nouveau canal de
distribution des services bancaires qu'est Internet, afin de permettre une
rationalisation de certains coûts et de contribuer à une meilleure
performance bancaire.
Mots-clés : Banque en ligne (BEL),
banque par Internet, services en ligne, canal de distribution, paradigme,
relation banque-clients, facteur, capture, fidélisation et performance
bancaire.
INTRODUCTION GENERALE
Les innovations dans les technologies de l'information et de
la communication (TIC), adossées à la globalisation de
l'économie mondiale ont induit une accélération de
mouvements de capitaux telle qu'elle requiert des systèmes
transactionnels modernes et efficaces visant à sécuriser et
harmoniser ces importants flux financiers. Le développement des
instruments de paiement par voie électronique qui vient se substituer
progressivement à l'échange physique des moyens de paiement,
constitue une des réponses bancaires à cette logique visant
à plus de sécurité, plus d'efficacité , plus de
fluidité et de rapidité.
L'activité bancaire a effectivement connu une mutation
importante en matière de distribution des services. Aux
développements et perfectionnements des automates bancaires (AB) et
serveurs vocaux (SV) sont venus s'ajouter l'offre de services par Internet.
L'agence n'est plus, comme autrefois le canal de distribution exclusif de la
banque. Ainsi les distributeurs automatiques de billets (DAB), les guichets
automatiques de banque (GAB) et Internet ont fait successivement voler en
éclats l'unité de lieu, de temps et d'action, principe si cher
aux institutions bancaires. L'objectif étant d'ajouter le plus
d'éléments de satisfaction (niveau de confort ressenti par
l'utilisateur) possible en vue de fidéliser une clientèle par
ailleurs « volatile » du fait d'une concurrence farouche
entre établissements.
Le potentiel qui s'ouvre aux banques pour contacter leur
clientèle n'a jamais été aussi vaste ; et les enjeux
sont à la hauteur: forte fidélisation des clients et
réduction significative du coût des prestations à faible
valeur ajoutée. Par ailleurs, Internet réduit significativement
le coût d'entrée d'un nouvel arrivant qui peut viser des
créneaux spécifiques du marché bancaire; des services
nouveaux peuvent être proposés, mais encore convient-il de les
développer le plus tôt possible pour bénéficier d'un
appel d'air significatif au niveau d'une clientèle qui retrouve bien
vite son apathie aussitôt la généralisation de l'innovation
acquise au niveau de tout le système bancaire.
Nous allons vers une dilution de la relation
personnalisée entre la banque et ses clients, conséquence de la
recherche de la satisfaction de la clientèle qui pousse à une
généralisation des technologies les plus pointues comme
l'utilisation des services bancaires en ligne.
Il semble clair que « le comportement des clients
tendra à définir la banque du futur comme celle qui leur
apportera disponibilité, efficacité, sécurité et
fiabilité à travers un ensemble de canaux dont le plus en vue
actuellement est Internet ». La question du paradigme de la relation
banque - client dans le contexte camerounais se révèle donc
porteuse d'un intérêt certain qui mérite une
réflexion dont nous expliciterons la problématique.
I. CONTEXTE D'ETUDE
« Peu de technologies ont affecté les
sociétés modernes autant qu'Internet. La radio, la
télévision et les technologies les plus répandues au
XXème siècle ont pris plusieurs décennies pour
être adoptées alors qu'il a fallu moins de dix ans à
Internet pour s'affirmer chez des milliers d'opérateurs
économiques et des centaines de millions d'individus de part le
monde». Bien que tardive, la conquête des milieux d'affaires au
Cameroun par le médium Internet est désormais certaine ; et
les banques commerciales n'ont pas tardé à capitaliser cet
état des choses.
L'automatisation de la banque dans notre pays s'effectue
actuellement à un rythme soutenu. Par tous les moyens, les clients sont
emmenés à effectuer leurs paiements par cartes bancaires, leurs
retraits d'argent et d'extraits de compte aux automates et leurs virements en
ligne, soit à domicile ou à partir de tout autre point dans le
monde. C'est ainsi que depuis quelques années, les relations banque /
clients se font sur un mode presque impersonnel car les clients ont de plus en
plus des exigences claires : ils souhaitent réaliser leurs
opérations quand ils veulent, où ils veulent et comme ils
veulent. La banque leur a accordé ces facilités et ils entendent
les utiliser.
D'après certains banquiers, les services en ligne
mènent à une réduction du coût de rétention
des clients ; cela parce que le web est souvent le canal le moins
dispendieux pour communiquer et effectuer des transactions avec les clients.
Pour les interactions simples (demander un prix, le solde d'un compte, les
heures d'ouverture, un changement à son dossier, etc.), le web est
clairement profitable. Il est de trois à dix fois moins cher que le
téléphone1(*)
et jusqu'à dix sept fois moins dispendieux que la visite en
succursale2(*).
Cela peut expliquer pourquoi le concept de la banque par
Internet semble trouver un terrain fertile chez nous car le paysage bancaire
national voit la mise sur pied de stratégies de conversion de nombreuses
transactions vers le web. « Internet banking »,
« web banking », « e-banking »,
« banque par Internet » ou « banque en
ligne » : les appellations foisonnent pour un fond qui est,
à quelques exceptions près, le même. Cette dynamique
s'insère dans une approche globale du client tout en s'harmonisant avec
les autres canaux de distribution de services bancaires. Le défi majeur
semble alors résider dans la rentabilisation de ce nouveau canal de
distribution de services bancaires pour lequel l'investissement de la banque
est important
II. PROBLEMATIQUE
L'une des grandes interrogations qui animent le monde bancaire
aujourd'hui est de savoir comment s'adapter aux changements de
« style de vie » des clients de façon à
maximiser leur satisfaction sous la contrainte d'un profit important. La banque
en ligne est une réponse à des clients qui veulent pouvoir
réaliser leurs opérations de routine quand ils le désirent
et sans souci sécuritaire parce qu'ils savent que la banque l'a
levé à l'origine; en même temps, ils ont un besoin
grandissant de conseil car la diversité des placements, la
multiplication des produits et l'évolution erratique des marchés
financiers les déroutent. Il en naît une sorte de
« rupture enrichissante» dans la relation traditionnelle
qui lie le client à sa banque et l'inquiétude essentielle
tourne autour de la capitalisation par la banque de ce nouveau modèle
relationnel.
Rendu à ce stade de l'observation, la
préoccupation de ce mémoire vise à saisir comment
est-ce que le modèle relationnel entre la banque et le client sur le
canal Internet peut être un facteur de capture et de fidélisation
de la clientèle, et donc de performance.
III. CADRE THEORIQUE
Au terme de l'article 1 de la loi française du 13 juin
1941, sont considérés comme banques les entreprises ou
établissements qui font profession habituelle de recevoir du public,
sous forme de dépôts ou autrement, des fonds qu'ils emploient pour
leur propre compte, en opérations d'escompte3(*), de crédit4(*) ou en diverses
opérations financières.
La banque à distance peut être définie
comme toute activité bancaire destinée à un client ou
à un prospect, se déroulant à partir d'un point de service
électronique (téléphone, micro-ordinateur,
téléviseur, distributeur automatique de billets ou guichet
automatique de banque) et utilisant un système de
télécommunication tel que le réseau
téléphonique, la télévision par satellite, le
minitel ou Internet. La banque par Internet est donc une composante de la
banque à distance.
La banque en ligne (BEL) est un système basé sur
le réseau Internet qui permet aux clients d'une banque d'accéder
à leurs comptes et à des informations générales sur
les produits et services bancaires via un ordinateur ou tout autre outil
intelligent (AYADI et al., 2004). Elle ajoute un canal de distribution
supplémentaire aux canaux bancaires existants pour un coût
marginal modéré et permet de segmenter plus finement la
clientèle avec des produits adaptés. Selon l'Association
Française des Banques, la BEL correspond à l'utilisation
d'Internet par une institution financière pour offrir à ses
clients une gamme de services bancaires plus ou moins large, allant de la
simple vitrine commerciale à la gestion à distance de
transactions financières, en passant par la consultation des comptes.
Par paradigme, il faut entendre un modèle ou un
schéma. Dans notre recherche, le paradigme de la relation banque -
clients désigne le modèle ou le schéma relationnel qui
prévaut dans le cadre des services bancaires sur Internet. Ces derniers
sont un ensemble de prestations ou de services soutenus par l'interface
technologique qu'est le site web bancaire et destinés à une
clientèle qui en fait un usage contextuel. Le transport des
données sur le site web se fait avec les protocoles Internet : HTTP
(HyperText Transfert Protocol), HTTPS (HyperText Transfert Protocol
Sécurisé), TCP/IP (Transmission Control Protocol/Internet
Protocol), FTP (File Transfert Protocol) et SMTP (Simple Mail Transfert
Protocol).
Le client bancaire est une personne physique ou morale
agissant à titre privé ou professionnel : on parle alors de
particuliers et d'entreprises. La différence entre le prospect et le
client réside dans le fait que le premier est d'abord capturé par
la banque et ensuite fidélisé par satisfaction progressive ;
le second est déjà capturé par la banque et n'est plus que
sujet à des processus de fidélisation. Mais il peut arriver que
ce dernier soit sujet à un nouveau processus de capture, du fait des
coûts de substitutions sur lesquels nous ne nous attarderons pas. Par
capture, il faut donc entendre un ensemble de procédés
élaborés dans l'optique d'acquérir ou d'attirer une
population de prospects ou de consommateurs, et de bloquer des clients du fait
des coûts de substitutions dus au changement d'enseigne bancaire. Par
contre, la fidélisation est une panoplie de procédés
concourant à rendre une population de clients ou de consommateurs
attachés à un produit ou à un service, et consistant
à gérer et à faire fructifier le capital client.
S'agissant de la performance, la littérature recense,
entre autres, quatre grandes approches théoriques de l'efficacité
ou de la performance : une approche économique, une approche
sociale, une approche systémique et une approche politique. La dimension
économique repose sur la notion d'objectifs à atteindre. La
dimension sociale découle des apports de l'école des relations
humaines et met l'accent sur les dimensions humaines de l'organisation ;
le point central est la morale et la cohésion au sein de l'entité
considérée. La dimension systémique met en exergue les
capacités de l'organisation. La dimension politique consacre le
règne du relativisme où tout individu peut avoir ses propres
critères pour juger l'efficacité d'une organisation. Dans le
cadre de notre mémoire, nous nous attarderons presque entièrement
sur la performance commerciale car nous estimons que notre apport
s'insèrera dans le cadre du marketing bancaire.
Il ressort donc de toutes ces mises en lumières le
schéma suivant qui met en relief de façon illustrée le
cadre théorique de notre recherche sur le paradigme de la relation
banque-clients dans les services bancaires en ligne.

Figure
1 : Cadre théorique de la recherche.
IV. HYPOTHESES DE RECHERCHE ET CADRE OPERATOIRE
Il nous paraît judicieux de mettre en exergue ici un
certain nombre d'hypothèses de travail :
(1) La première dispose qu'en intégrant et
en optimisant les déterminants fonctionnels du site web de la banque,
l'approche relationnelle qui en découle sera un facteur de capture et de
fidélisation de la clientèle.
(2) La seconde expose qu'en intégrant des
déterminants relationnels au site Web de la banque, le sentiment de
confiance et d'assurance de la clientèle en ligne ira croissant et
l'approche relationnelle aura un effet positif sur les stratégies de
capture et de fidélisation.
(3) La dernière hypothèse affirme que
lorsque des déterminants fonctionnels et relationnels sont
intégrés et optimisés dans la plate-forme Internet de la
banque, le service de banque en ligne influence positivement la performance
commerciale de la banque.
|
Hypothèses
|
Variables / Indicateurs
|
Lien avec le modèle relationnel banque - clients en
ligne (+ / -)
|
|
H1.
Déterminants fonctionnels
|
H1.a
Performance du site web
|
Critères d'interactivité
|
+
|
|
Critères de contenu
|
+
|
|
Critères techniques de conception
|
+
|
|
Services d'information
|
+
|
|
Accès à l'e-banking
|
+
|
|
H1.b
Performance de la partie web banking
|
Consultations - Opérations
|
+
|
|
Editions - Affichage - Téléchargements
|
+
|
|
Communication
|
+
|
|
Ordres à exécuter
|
+
|
|
Opérations annexes
|
+
|
|
Sécurité transactionnelle
|
+
|
|
H1.c
Performance webmarketing
|
Page d'accueil
|
+
|
|
Ergonomie
|
+
|
|
Référencement
|
+
|
|
Partie juridique
|
+
|
|
Partie technique
|
+
|
|
H2.
Déterminants relationnels
|
Critères de confiance
|
+
|
|
Communauté virtuelle
|
+
|
|
Informations à valeur ajoutée
|
+
|
|
Degré de personnalisation
|
+
|
|
Qualité de service
|
+
|
|
Communication dite intelligente
|
+
|
|
Interactivité sociale
|
+
|
|
Effet d'apprentissage
|
+
|
|
|
Lien avec la performance de la banque (+ / -)
|
|
Variables / Indicateurs
|
|
Efficience organisationnelle et humaine
|
Elargissement de la gamme des services et des produits
|
Amélioration de la qualité des services et des
produits
|
Réduction des coûts
|
Conquête de nouveaux marchés
|
Renforcement de la relation avec les clients
|
|
H3.
Services bancaires en ligne intégrant les
déterminants fonctionnels et relationnels
|
+
|
+
|
+
|
+
|
+
|
+
|
Le cadre opératoire de notre travail distingue les
différentes variables et indicateurs ci-dessus mis en relief. Il est
important de noter que les données relatives auxdits indicateurs seront
pour la plupart recueillies en Entreprise.
V. METHODOLOGIE DE
RECHERCHE
L'approche hypothético-déductive est le
modèle d'analyse que nous choisissons. Ici, La détermination
d'une théorie de portée générale
précède la vérification dans une situation
particulière qui dans notre cas se réfère au milieu
bancaire, et particulièrement à la BICEC. La première
partie de ce processus d'approche est composée de l'exposé de la
problématique de recherche, de l'élaboration du cadre
théorique et de l'énonciation des hypothèses auquel nous
avons associé la spécification du cadre opératoire.
En privilégiant l'approche
hypothético-déductive, nous estimons faire montre d'un souci
particulier de la mesure. En conséquence, la question de recherche
exprime une relation entre au moins deux variables (capture,
fidélisation et performance) et ces variables peuvent être
mesurables, de manière à ce qu'il soit possible de tester
empiriquement la relation exprimée. Par ailleurs, selon cette même
approche, nous ne faisons pas abstraction des théories et des
résultats des recherches antérieures concernant notre sujet
d'intérêt. Au contraire, les théories et les
résultats empiriques déjà connus forment la base à
partir de laquelle nous avons construit notre projet de recherche.
Par la suite, nous définissons chacune des variables
à étudier, spécifions les relations que nous anticipons
entre celles-ci et expliquons les fondements de notre raisonnement. Pour ce
faire, nous intégrons nos idées personnelles aux connaissances
mises en lumière dans la revue de la littérature. L'étape
de la conception du cadre théorique franchie, nous émettons des
hypothèses sur lesquelles repose notre travail de recherche ; la
formulation des hypothèses de recherche représentant
l'aboutissement de notre réflexion conceptuelle.
Une dernière étape est franchie avant que ne
débute la préparation de la méthodologie elle-même :
il s'agit de l'élaboration du cadre opératoire de la recherche.
Nos hypothèses de recherche précisent les relations qui seront
vérifiées entre les variables d'intérêt. Le cadre
opératoire a pour but de réduire le niveau d'abstraction de ces
variables; il spécifie ce que nous auront à observer pour
procéder à la vérification des hypothèses et
comment nous effectuerons nos observations.
Enfin, la méthodologie de recherche nous permet
d'établir de quelle manière nous nous prendrons pour trouver la
réponse aux questions soulevées dans la problématique de
recherche et ainsi, infirmer ou confirmer les hypothèses de notre
recherche. C'est ainsi que quatre méthodes essentielles nous ont permis
de conduire la démarche scientifique de notre travail de recherche. Il
s'agit des méthodes déductive, interactive, constructive et
descriptive.
L'approche déductive nous a permis de puiser dans la
littérature, les éléments d'analyse de la capture et de la
fidélisation de la clientèle bancaire (en ligne) ; ces
éléments ont été traduits en hypothèses
testables et vérifiables au niveau de la banque qui abrite le creuset
empirique de ce mémoire. Avec la méthode interactive, nous avons
eu des entretiens avec les gestionnaires des projets d'implémentation de
services bancaires en ligne pour recueillir des informations sur la
façon dont les objectifs stratégiques sont couplés aux
attentes de la clientèle pour une optimisation desdits services. Mais
cela est insuffisant pour comprendre le schéma de capture et de
fidélisation de la clientèle bancaire en ligne dans une
visée de performance commerciale. C'est dans cette optique que nous
avons procédé à trois évaluations sur la base de la
méthode des scores : le scoring. Nous avons fait recours aux
méthodes descriptive et constructive dans cette démarche.
En plus des méthodes ci-dessus
présentées, nous avons élaborés trois
enquêtes en ligne (destinées aux cadres et employés de la
banque, aux clients, aux clients-internautes et aux non utilisateurs
connaissant quand même ce type de services bancaires) portant sur
l'appréciation du niveau d'adoption des services bancaires en lignes,
sur l'évaluation de leur utilisation et de leur impact sur la
performance organisationnelle de la banque.
Dans les relations banque - clients, l'aspect psychologique
apparaît d'une importance capitale. C'est pourquoi la première
partie de ce travail s'attachera d'abord à décrire le principe de
vases communicants qui existe entre les stratégies bancaires et les
besoins de la clientèle. En second lieu, nous étudierons la
banque par Internet comme une innovation technologique au service de la
performance bancaire.
Par la suite, nous explorerons
l' « écosystème » qu'est la BICEC pour y
cerner les concepts et les implications de la banque en ligne. Nous observerons
et analyserons les pratiques tant du côté de la banque que du
client. La substance de ce travail de terrain, estimons-nous, permettra de
ressortir les éléments déterminants pour que l'approche
relationnelle avec le client, s'agissant du service en ligne
« bicec.com », soit un facteur réel de capture, de
fidélisation et de performance bancaire.
VI. OBJECTIFS
Nous nous attacherons à préciser
l'appréciation de la clientèle sur les services bancaires en
ligne. Nous mettrons en relief comment la clientèle bancaire souhaite
utiliser ces services et ressortirons dans quelle mesure il y a
corrélation entre les objectifs des banques vis-à-vis des
attentes de leurs clients. Enfin et seulement, pourrons-nous
« prédire » la place que prendra la banque par
Internet dans le paysage bancaire au Cameroun, et principalement dans le cas de
la BICEC et les conditions optimales de son déploiement
stratégique pour une meilleure participation à la performance
bancaire.
VII. INTERÊT
L'intérêt de ce travail est de mettre en
lumière les conditions contextuelles (propres au milieu socioculturel
camerounais) de développement optimal des services de banques en ligne
par les établissements bancaires, en adossant notre observation sur le
cas particulier de la BICEC.
PREMIERE PARTIE
FONDEMENTS THEORIQUES SUR LA RELATION BANQUE -
CLIENTS COMME ENTITE ENRICHIE PAR LES SERVICES BANCAIRES SUR
INTERNET
« Le consommateur choisit généralement
le meilleur complexe dans un ensemble de complexes qui sont à priori
possibles pour lui5(*) » ; cela est encore plus réel en
milieu bancaire où le fait que les offres soient, à une exception
près, semblables incite les clients à choisir sur la base de
subtils détails. Il semble donc clair que la stratégie de la
banque, en matière de création et de distribution de ses
services, doit intégrer ces « subtils
détails » pour enrichir la relation avec la clientèle.
Cette stratégie doit désormais et plus que jamais être en
phase avec les besoins de la clientèle, sinon anticiper sur ceux-ci pour
« modéliser » d'une certaine façon les
habitudes de consommation des services de la banque. D'où la
nécessité du chapitre premier mettant en relief le principe de
vases communicants entre la stratégie bancaire et les besoins de la
clientèle.
Par ailleurs, la banque en ligne, en tant qu'adaptation
à un nouveau modèle de consommation des services et en tant que
réponse à une innovation technologique, apparaît comme un
levier de capture et de fidélisation d'une clientèle dont les
déterminants comportementaux sont décisifs. La technologie
bancaire doit impérativement épouser le principe
précédemment évoqué dans une perspective de
croissance ; d'où le chapitre deuxième présentant la
banque en ligne comme une valorisation technologique au service de la
performance.
CHAPITRE I STRATEGIE BANCAIRE ET BESOINS DE LA
CLIENTELE : UN PRINCIPE DE VASES COMMUNICANTS
Le contexte bancaire a subi de nombreuses transformations
drainées par les multiples changements tant au niveau des habitudes de
consommation que de l'environnement socioéconomique. La relation qui
liait jadis le banquier à son client n'a pas été
épargnée ; d'où la naissance ou la modification des
stratégies bancaires en matière de fidélisation et de
distribution des services.
Dans ce chapitre, la question de la relation de
clientèle dans l'industrie bancaire sera abordée en premier
lieu ; en second lieu, il sera fait mention du statut du client bancaire
entre satisfaction et fidélisation ; en troisième lieu, sera
abordée l'importance de la sécurisation des opérations
bancaires en ligne.
Section 1 La relation de clientèle
dans le milieu bancaire
Une relation de clientèle permet non seulement
d'atténuer l'asymétrie d'information existant entre un client et
sa banque, mais elle procure également au créancier un avantage
comparatif informationnel appréciable sur ses concurrents potentiels
puisqu'il accumule au cours du temps un actif intangible, le
« capital connaissance » (Cf. annexe 1), qui s'ajoute
à ses ressources traditionnelles. Le risque pour le client est alors de
se trouver informationnellement capturée par sa banque (Sharpe, 1990).
Ce risque de capture est renforcé par le problème
d'anti-sélection rendant très difficile la possibilité
pour une banque d'attirer les meilleurs clients d'une banque concurrente sans
récupérer simultanément les clients les moins
désirables.
A. Relation de
clientèle et avantage comparatif informationnel
La théorie bancaire moderne considère
l'émergence des intermédiaires financiers comme une
réponse endogène aux imperfections et asymétries
d'information et à l'incomplétude des marchés financiers.
Elle repose sur une hypothèse plus ou moins implicite disposant que les
banques sont capables de développer des procédures
spécifiques d'acquisition d'informations sur les emprunteurs (clients)
susceptibles de leur procurer un avantage comparatif informationnel sur les
autres types de prêteurs.
1. La dimension informationnelle
Comme le résume Guille (1994), la
supériorité du savoir bancaire se justifie par la capacité
des banques à produire une information privée de nature à
la fois objective et subjective sur chaque emprunteur. La production d'un
savoir bancaire spécifique à chaque emprunteur est rendue
possible par la décentralisation des décisions de prêt,
pouvant aller jusqu'au chargé de clientèle lorsque le montant des
engagements n'est pas trop important. Pour fonder la décision d'octroi
de crédits, le chargé de clientèle collecte des
éléments d'information relatifs à chaque client. Ces
informations proviennent, en partie, des caractéristiques et des
perspectives du projet à financer que l'emprunteur se doit de
dévoiler au chargé de clientèle lors de la constitution de
son dossier bancaire. Cette révélation d'informations
privées se trouve facilitée par les services de
confidentialité et d'intégrité que les banques peuvent
garantir à leurs clients. La divulgation d'une telle information
rencontre, en effet, deux obstacles majeurs. Le premier tient au fait que
l'information privée peut devenir publique et être utilisée
par les concurrents.
Le service de confidentialité est alors important,
notamment lorsque l'information est de nature stratégique. Les
emprunteurs désireux de préserver la confidentialité de
leur information peuvent s'adresser aux banques qui ont tout
intérêt à préserver leur avantage comparatif
informationnel. Par ailleurs, le second problème soulevé par la
révélation d'informations privées réside dans le
risque pour le client de voir le financeur entreprendre lui-même le
projet. Casson (1991, p. 193) résume ce risque de la façon
suivante : « Le client a besoin du prêteur, mais une fois que
le prêteur dispose de l'information, il n'a plus besoin du
client ». Là encore, la banque établit une
réputation d'intégrité en s'engageant à ne pas
exploiter pour son propre compte les informations reçues de ses clients.
Les opérations de prêt sur les nouveaux clients que la banque peut
attirer en honorant ses engagements financiers ont une plus grande valeur
à long terme que les gains pouvant être réalisés
à court terme en ne les respectant pas.
Excepté ces services de confidentialité et
d'intégrité, l'avantage informationnel des banques est
pratiquement nul au moment de l'ouverture d'un dossier de crédit, et ce
d'autant plus que le passé du client en tant qu'emprunteur est
récent. Il est alors pratiquement impossible de tirer une information
fiable sur la capacité et la volonté du client à payer des
intérêts et à rembourser du capital à partir de
l'analyse de l'histoire de sa dette antérieure. La
supériorité du savoir bancaire repose donc presque exclusivement
sur l'information acquise une fois la relation de crédit engagée.
Une dimension importante d'une relation est sa durée. A
partir du moment où une banque monte un dossier de crédit, elle
sera d'autant plus incitée à classer le client dans la
catégorie des « bons » emprunteurs lorsque que le
nombre de crédits que celui-ci aura remboursés sans
problème sera élevé. En effet, Haubrich (1989) montre
comment une banque peut, à partir des relations passées avec ses
clients, construire un test statistique de dépistage des emprunteurs
honnêtes, annonçant le véritable résultat de leurs
investissements. Acquérir une telle réputation importe dans la
mesure où les banques et les autres institutions financières ont
tendance dans le temps à financer davantage des emprunteurs que des
projets (Diamond, 1991). Selon Guille (1994), le facteur temps donne
également la possibilité aux banques de développer une
connaissance plus subjective de leur clientèle. L'existence de relations
personnalisées durables permet au chargé de clientèle de
se forger une opinion sur la qualité des clients. Ce savoir bancaire de
nature subjective joue un rôle essentiel dans l'évaluation du
risque de crédit, dans la mesure où le succès d'un
investissement dépend de la qualité du projet et de celui qui le
met en oeuvre.
La qualité de l'information sur le risque de
crédit d'un emprunteur s'améliore, non seulement avec la
durée de la relation, mais aussi avec le nombre de services financiers
que la banque offre à son client. En outre, comme le souligne Fama
(1985), le rôle des banques ne se limite pas à l'octroi de
crédits ; la multiproduction / distribution est même un attribut
fondamental des banques. Ces services financiers complémentaires
(l'émission et le placement de titres, les études de
marché et notamment la tenue et le suivi des livres de comptes),
apportent des informations supplémentaires. D'autre part, la banque peut
répartir ses coûts de production d'informations concernant
l'emprunteur sur de multiples produits, diminuant le coût
d'intermédiation et contribuant ainsi à augmenter les fonds
prêtés au client (Devinney, 1986). De façon
générale, les relations de clientèle améliorent
l'efficience du rationnement de crédit.
2. La logique stratégique
Nous avons avancé que les banques développent,
par le biais des relations de clientèle, une information
spécifique à chaque emprunteur. Il convient tout de même de
s'interroger sur l'influence de la supériorité du savoir bancaire
quant à l'établissement des relations de clientèle.
Hodgman (1961) ainsi que Kane et Malkiel (1965) ont initialement insisté
sur l'aspect dynamique des relations de clientèle, en remarquant qu'une
banque qui prête à un client en apprend plus sur sa qualité
d'emprunteur que toutes les autres banques. Au lieu de considérer ce
type de relations comme une donnée, il convient de les analyser comme un
processus endogène. L'information internalisée,
générée par la multiplicité des interactions dans
le temps et entre les différents produits, est en effet au coeur des
relations banque - clients.
Dans le modèle de Sharpe, la banque qui octroie un
crédit à un client sait si le projet a réussi ou
échoué en recevant un signal parfait sur le revenu de
l'investissement du client. En revanche, les banques ne contractant pas avec un
client observent avec un risque d'erreur les résultats de son
activité. On retrouve ici l'idée selon laquelle la relation de
clientèle permet à la banque de développer un savoir
interne spécifique à l'emprunteur. La stabilité des
relations de clientèle est alors expliquée par le fait que les
clients de bonne qualité sont informationnellement capturés par
leurs banques.
Ce risque de capture est particulièrement
présent pour les clients de petite taille sans grande qualité
notoire. En effet, il paraît difficile d'envisager que pour les grandes
sociétés, l'information dont disposent la ou les banques
créancières soit substantiellement supérieure à
celle des autres banques. Par contre, il semble raisonnable de
considérer que l'information du marché financier sur la
qualité des petites et moyennes entreprises ne soit pas très
précise ni très fiable, la banque créancière
détenant certainement alors un avantage comparatif informationnel
significatif par rapport aux autres banques. De plus, si les différentes
banques peuvent observer les résultats des activités de
surveillance des autres banques, un aléa de comportement de type
« passager clandestin » peut apparaître car chaque
banque peut se baser sur la surveillance des autres banques pour évaluer
le risque de crédit de l'emprunteur sans avoir à réaliser
elles-mêmes une activité de surveillance. Ce problème
renforce l'incitation des banques à rendre exclusives les relations de
clientèle et, par conséquent, accroît le risque de capture
des clients.
Un courant théorique récent remet toutefois en
cause le caractère de monopole naturel du prêt bancaire, en
mettant l'accent sur le coût du financement bancaire. Au-delà des
coûts inhérents à l'intermédiation
financière, le crédit bancaire a un coût propre provenant
de manière endogène des fonctions de surveillance et de
contrôle exercées par la banque durant la relation de
clientèle. Le savoir privé spécifique à
l'emprunteur permet à la banque d'exproprier une partie des profits de
la clientèle. En effet, comme l'avancent Greenbaum, Kanatas et Venezia
(1989), Sharpe (1990) ou encore Rajan (1992), l'asymétrie d'information
du côté de l'offre de crédits bancaires permet à une
banque d'extraire une rente informationnelle sur ses anciens clients à
faible risque de défaillance dans la mesure où, contrairement aux
autres banques, elle sait que l'emprunteur est moins risqué que la
moyenne.
La rente informationnelle peut être définie comme
la différence entre le taux d'intérêt pratiqué par
la banque et le taux qui annulerait son profit. L'anticipation de rentes
informationnelles ex post provoque des distorsions ex ante dans le montant du
capital investi (Sharpe, 1990) ou de l'effort exercé par le client
(Rajan, 1992). La duplication des coûts de monitoring a alors ses
avantages. Rajan (1992) montre que les choix par le client de
différentes sources de financement et des priorités quant
à leur remboursement, peuvent circonscrire de manière optimale la
rente informationnelle de la banque.
Un autre élément vient renforcer le risque de
capture de la clientèle par la banque créancière. Il
s'agit des coûts de substitution (switching costs en anglais)
supportés par le client en cas de changement de banque. Ces coûts
sont multiples. Ce sont les coûts d'opportunité, en termes de
temps et de transmission d'informations, imputables à
l'établissement et au développement de la relation de
clientèle. Les coûts associés aux transferts de compte,
comme les frais de mise en place de prélèvements automatiques,
doivent également être pris en considération, ainsi que les
coûts inhérents à la rationalité limitée des
agents économiques. Vives (1991) est l'un des rares auteurs à
souligner l'importance de ces coûts de substitution dans la
fidélisation de la clientèle. Selon cet auteur, les coûts
de substitution rendent la demande moins élastique et expliquent
pourquoi les clients ne changent pas de banque aussi souvent que les
différences de prix le justifieraient.
Les relations de clientèle permettent aux banques de
diminuer le coût attendu des fonds prêtés aux clients. Mais
cette réduction de coût du crédit du côté de
la banque ne paraît pas se répercuter dans le taux
d'intérêt pratiqué au client. En effet, Petersen et Rajan
(1994) trouvent, pour un échantillon de clients américains de
petite taille, que les clients entretenant des relations durables avec des
banques n'obtiennent pas dans le temps des taux d'intérêt
significativement moins élevés que les autres. Toutefois, un
client peut tirer certains avantages à maintenir une relation stable et
privilégiée avec une banque. L'un d'eux est l'assurance d'un
financement à long terme.
L'asymétrie d'information que subit le client quant au
comportement de sa banque est rarement analysée dans la
littérature économique. En particulier, le client ne peut
prévoir avec certitude si sa banque renouvellera son crédit et
dans quelles conditions. La banque a bien sûr intérêt
à ne pas dévoiler ses intentions pour éviter tout
comportement opportuniste de la part de son débiteur. Devant ce risque
de rationnement et de taux, un client peut être incité à
s'engager dans une relation de long terme avec une banque. En effet, dans une
série d'articles, Hoshy, Kyashap et Scharfstein (1990) trouvent, pour un
échantillon de clients japonais, que ceux qui entretiennent des liens
étroits et durables avec une banque principale ont des contraintes de
liquidités plus souples que les autres. De plus, les clients du premier
groupe investissent plus en période de difficultés
financières que celles appartenant au second, suggérant là
encore que les relations de long terme avec les banques permettent aux clients
de surmonter, au moins en partie, les difficultés associées
à l'accès aux fonds prêtables.
L'autre avantage que peut retirer un client d'une relation
stable avec une banque est la création d'une réputation de
solvabilité. Comme le montre Diamond (1991), un client peut
développer un phénomène de réputation en
s'endettant auprès des banques dont l'activité de surveillance
permet de produire un savoir spécifique au client. On aboutit ainsi
à une théorie particulière de la demande de prêts
bancaires. Une clientèle sans grande qualité notoire s'adressera
à une banque pour être surveillée et évaluée.
Cette relation permettra au client de se constituer un « dossier
bancaire » et d'accéder à d'autres sources de
financement moins onéreuses, une fois sa réputation de
solvabilité établie.
B. Une relation bancaire
co-pilotée
Rappelons que la relation qui unit la banque à son
client a pour objet la fourniture d'une prestation de services bancaires. Pour
être de qualité, cette prestation suppose la mise en oeuvre d'un
co-pilotage entre le client et le banquier afin de définir objectifs,
moyens d'action et modalités de vérification. Cette collaboration
permet la personnalisation de la prestation délivrée par la
banque. La croissance des exigences de rentabilité et de maîtrise
du risque ont eu pour effet d'accentuer la place de la logique commerciale dans
l'activité des banquiers et de provoquer une « rationalisation
industrielle », depuis l'informatisation de l'aide à la
décision jusqu'au développement de la banque par Internet. La
relation bancaire est plus que jamais une relation de pouvoir dans laquelle
l'indispensable co-pilotage correspond à une négociation entre
deux parties qui entendent toutes deux voir leurs intérêts
satisfaits.
1. Cadre organisationnel de la prestation
La prestation de services bancaires met en présence un
client qui n'a le plus souvent qu'une connaissance sommaire des services que la
banque peut lui offrir, et un banquier, expert en matière bancaire.
Qu'il le soit véritablement ou non importe peu dans la mesure où
généralement le client n'a pas les compétences suffisantes
pour l'évaluer. De cette différence réelle ou
supposée d'expertise découle la première source de
dissymétrie inhérente aux prestations de service. Dans le
même ordre d'idée, la seconde est liée au cadre
organisationnel dans lequel s'inscrit la relation bancaire, dont la
centralisation s'est accentuée, accordant une place primordiale à
la rentabilité des opérations ainsi qu'à la maîtrise
du risque. La standardisation des produits, des techniques de vente, des
modalités d'évaluation du risque et autre segmentation de
clientèle sont autant de limites à l'autonomie des conseillers
bancaires qui menacent la prise en compte personnalisée des besoins et
demandes des clients, mais assurent une plus grande rentabilité aux
organisations.
L'encadrement technique de la relation bancaire ne constitue
pas la seule source de dissymétrie car les enjeux sociaux des
prestations bancaires en créent d'autres. La consommation bancaire des
particuliers est liée aux différentes sphères de leur vie
et ce d'autant plus dans les moments où ils rencontrent leur banquier
(pour le financement d'un projet, la valorisation de leur épargne,
etc.). Leur demande excède le seul univers économique. Ainsi, la
sollicitation d'un crédit immobilier échappe au strict registre
financier pour empiéter sur les questions liées aux enfants, au
statut social de propriétaire, à la retraite, etc. Il en va de
même en matière d'épargne, laquelle est le plus souvent
socialement marquée : ce sont les économies de toute une vie de
labeur, le fruit de la vente de la maison familiale, un héritage,
etc.
Le banquier réalise en revanche aisément cette
distanciation en triant les informations fournies par le client afin de
produire une analyse des projets soumis. L'inégale capacité
à isoler la sphère du calcul économique des autres
sphères liées aux services bancaires constitue une
considérable dissymétrie. Une posture de sociologie critique
consiste à dénoncer ce processus trompeur lors duquel, pour
obtenir les informations nécessaires à une évaluation
préalable à la mise en place d'une relation commerciale, le
banquier crée avec son client une relation de confiance, donnant
l'illusion d'une relation de personne à personne. La confusion entre les
informations personnelles et les informations utiles à la banque
achève de dissimuler au client le véritable déroulement de
l'entretien du point de vue du banquier.
Cependant, même si le banquier dirige le plus souvent le
déroulement de la relation et en a le dernier mot (décidant
d'octroyer ou non les services demandés), il a face à lui des
clients qui ne sont pas sans ressources pour inverser le rapport de force.
2. Diversité
des types de relations bancaires
La domination du banquier, assise sur un différentiel
d'expertise et de compréhension de la logique commerciale de la relation
établie, est progressivement remise en cause par l'acquisition de ces
éléments par une partie croissante de la population.
Détenues majoritairement par les clients ayant un niveau de capital
culturel, social ou économique élevé, ces «
compétences » permettent d'une part de faire jouer la concurrence
entre les enseignes en cas d'insatisfaction ou de difficultés à
se faire entendre et d'autre part, d'inverser potentiellement la
dissymétrie en utilisant la banque uniquement comme un prestataire de
services dépourvu de tout pouvoir de domination psychologique ou
culturel potentiel (par exemple, en couplant multibancarisation et utilisation
quasi-exclusive de la banque en ligne).
Toutefois, pour reprendre l'argumentation d'Hirschman (1982),
l'efficacité de ces prises de parole des clients est dépendante
de la crédibilité de leur menace de « défection
», et de l'importance qu'y accordent les banques car le départ des
clients aux ressources modestes ne provoque qu'un faible impact
économique. Cependant, eux non plus ne sont pas dépourvus de tout
pouvoir de négociation. Le corset organisationnel qui pèse sur
leur action, ainsi que la maîtrise croissante (bien que très
inégale) des nouvelles règles de l'univers bancaire
s'avèrent particulièrement déstabilisante pour les
banquiers.
À l'exception des relations dites de proximité
où les effets de la dissymétrie parviennent à être
maîtrisés, trois types de relations peuvent émerger et
nuire à l'établissement d'un copilotage de qualité : la
sujétion, l'instrumentalisation et le conflit (Guérin, 2000).
Dans le premier cas, le client dominé par le banquier
se soumet à son autorité à la fois parce qu'il ne peut la
contester, mais également par déférence devant une
institution redoutée. L'absence de confiance dans ce type de relation
peut induire des comportements inadaptés. Dans le deuxième cas,
le client renonce à utiliser les services qu'il estime risqués,
par exemple en retirant l'intégralité de ses ressources de son
compte bancaire dès leur versement, maîtrisant mieux la gestion en
espèce. Cette auto-exclusion peut ressembler en partie aux pratiques de
clients autonomes qui cherchent à se soustraire à l'imposition
des normes et autres jugements moraux issus du monde bancaire. Cependant, ces
derniers choisissent ce fonctionnement qu'ils maîtrisent, alors que les
précédents s'auto-excluent pour éviter des risques et
coûts plus grands encore. Enfin, le dernier type de relation
décrit des clients qui veulent se faire entendre par leur banque sans
nécessairement disposer des préalables nécessaires
à la réussite de leur démarche (principalement
l'intérêt commercial). Ces manques se traduiront le plus souvent
par l'inefficacité des démarches et leur transformation en
revendication agressive empêchant, si cela était encore possible,
tout dialogue.
La prestation de services bancaires, qui met en
présence un client et un expert est fondamentalement
dissymétrique. Cependant, la recherche accrue de rentabilité nuit
au copilotage lorsque les clients ont des profils peu recherchés par les
banques. Cela se traduit alors par des types de relation qui nuisent aux
intérêts de l'une ou l'autre des parties (plus souvent le client)
quand ce n'est pas aux deux. Ce sont précisément ces
difficultés qui alimentent le processus d'exclusion bancaire.
Section 2 Les variantes comportementales
du client bancaire : entre satisfaction et fidélisation
Le marketing stratégique bancaire apporte des solutions
dans le but d'éviter que des décisions opérationnelles
soient prises hâtivement sans réflexion préalable
suffisante concernant leur bien-fondé et les conséquences
qu'elles risquent d'avoir à court, moyen et long terme au niveau des
marchés. Il a pour objectif la fidélisation de la
clientèle par satisfaction progressive ; et pour cela, de nombreux
facteurs sont en jeux.
A. Le processus
comportemental du client bancaire
Le consommateur bancaire présente une
particularité : son comportement vis-à-vis de la banque
passe par des étapes importantes.
1. La
décision d'être bancarisé et le choix d'une banque
C'est une étape de préparation de l'acte
d'ouverture d'un compte ; elle obéit le plus souvent à un
besoin qui diffère d'une personne à une autre et du particulier
à l'entreprise. Ce besoin peut prendre plusieurs formes :
- La recherche de la sécurité : C'est le
cas pour un individu qui souhaite sécuriser son argent en le
transformant de l'espèce en monnaie scripturale.
- La recherche de l'estime de soi : En effet ouvrir un
compte bancaire et être détenteur d'une carte représente un
plus dans la perception des gens. C'est donc un besoin d'estime et
d'appartenance à un groupe restreint ; ce besoin peut
également résulter de la pression sociale des proches, de la
famille ou de l'entourage professionnel.
- Une nécessité : C'est un besoin qui
émane d'un stimulus individuel et social. En effet, l'ouverture d'un
compte bancaire est devenue une nécessité pour les citadins
détenteurs et non détenteurs de revenus. Cette
nécessité peut apparaître aussi chez le futur
acquéreur d'un logement, d'une voiture ou d'un simple crédit de
consommation en quête de financement.
- Une exigence : Pour les entreprises, c'est une exigence
d'avoir un compte courant, voir plusieurs, pour la bonne conduite des
opérations commerciales et le financement de l'activité.
L'ouverture d'un compte peut être également une exigence pour les
particuliers ; c'est le cas des demandeurs de visas pour l'étranger
par exemple.
- Un investissement : C'est le cas des clients,
particuliers ou entreprises, qui désirent faire fructifier leur capital
liquide en le déposant dans des comptes bloqués (épargne
ou dépôt à terme) en contrepartie d'un intérêt
après une durée déterminée.
Après la reconnaissance du besoin, le consommateur peut
s'engager dans la recherche d'informations sur les moyens de satisfaire ce
besoin. Cette recherche peut être interne et/ou externe :
- La recherche interne est activée en premier
lieu, juste après la reconnaissance du besoin. Cette recherche porte en
fait sur la mémoire à long terme dans laquelle le consommateur
tend à répertorier toutes les informations pertinentes pour le
sujet traité. Cette recherche de connaissance dépend des
qualités de l'individu et de son expérience. Elle s'articule sur
le cumul d'informations et d'expériences détenues en
matière de services bancaires, d'enseignes, de publicités,
d'image de marque des banques, etc. Cette recherche orientera souvent le
consommateur vers la banque la plus proche dans sa mémoire et vers
laquelle il dégage une sympathie spéciale ; et il
évitera les banques à scandales financiers ou beaucoup trop
prestigieuses ou encore dont l'avenir est incertain à son point de vue.
- La recherche externe est une recherche préalable
à l'achat ; elle résulte d'un désir d'effectuer les
meilleurs choix de consommation. Cette recherche est variable et
conditionnée par la personnalité du consommateur, la nature du
produit désiré, le coût de l'information, l'avantage
procuré et le risque encouru. Le consommateur a tendance à
vouloir profiter de l'expérience de son entourage voire des
spécialistes (des employés de banques). Le consommateur peut
aller même dans une agence pour une collecte d'informations
complémentaires et d'explications.
2. Le choix des
services à souscrire et les attentes
Pour préciser le cadre général de
définition des comportements des clients bancaires, surtout
particuliers, il faut introduire les différentes dimensions tenant
à l'acte d'achat ou aux multiples facettes du client bancaire. Lorsque
les intentions d'achat de services se concrétisent, il en apparaît
diverses formes :
- L'achat totalement programmé qui conduit à
définir à l'avance deux composantes majeures de l'acte : le
type de produit et le lieu d'achat ; par exemple l'ouverture d'un type de
compte défini dans une banque choisie.
- L'achat partiellement programmé qui consiste à
définir la banque ou le service souhaité et à choisir
ensuite l'autre composante. Par exemple, le touriste qui souhaite convertir ses
devises peut choisir une banque au hasard ou un client qui souhaite effectuer
un placement contacte sa banque et choisit avec son interlocuteur le type de
placement.
En effet, toutes les décisions d'achat ne comportent
pas les mêmes degrés de complexité. Leur diversité
peut aller d'une forte à une faible complexité. Et suivant cette
complexité, le client exprimera une période aléatoire
préparatoire de l'acte d'achat. Par exemple, un client accordera plus
d'intérêt et consacrera beaucoup de temps et d'énergie
à la préparation de son achat pour un produit qui présente
un grand risque d'erreur comme un crédit immobilier. Au contraire, il
considérera comme routinier la demande d'un prêt à court
terme comme un crédit de consommation.
Par ailleurs, les attentes du consommateur sont des croyances
relatives à un produit, avant l'achat, qui servent de standards ou de
points de référence auxquels les performances du produit sont
comparées. Le jugement de la qualité du produit résulte
d'une comparaison des attentes de service à la performance actuelle. Les
attentes à l'égard des banques prennent deux formes
essentielles et caractéristiques :
- Les attentes de
lancements de nouveaux produits financiers : Le lancement de tout nouveau
produit bancaire peut résulter de deux approches : technicienne ou
commerciale. Ces deux démarches doivent être associées. Une
conception uniquement commerciale peut conduire à ignorer les
contraintes de faisabilité. A l'inverse, une création
essentiellement technicienne n'aboutit qu'au lancement d'un nouveau produit pas
nécessairement adapté aux attentes du marché. Cette
attente en matière de nouveaux produits est motivée par la
concurrence qui oppose les différentes banques. Par exemple, un client
qui souhaite un crédit immobilier avec un taux d'intérêt
bas (ce qu'il peut trouver dans une autre banque) émettra le souhait que
sa banque lance un nouveau produit qui corresponde à ses attentes.
- Les attentes en
matière d'informations : Confrontés à la
multiplication des offres bancaires, les clients expriment une attente
considérable en matière d'informations économiques et
financières. La banque qui s'attellera à
régulièrement informé ses clients verra une plus grande
activité de ceux-ci et pourra « capitaliser » le
nouvel état des choses.
B. Une relation
combinant des variables comportementales
La banque s'est imposée au cours des siècles
jusqu'à devenir aujourd'hui omniprésente. Mais si ses clients
sont de mieux en mieux informés sur les opérations
financières, ils gardent toutefois une attitude réservée.
La qualité de la relation entre les clients et la banque devra donc
combiner un ensemble d'éléments dont les plus importants à
intégrer sont relatifs aux comportements.
1. Un comportement
dynamique du client
Le comportement d'achat d'un individu peut-être
décomposé selon plusieurs étapes déterminées
par l'individu lui-même, le produit et la situation d'achat. Plus
l'habitude de consommation sera faible, plus le risque perçu sera
fort6(*). Le comportement
d'achat du consommateur se compose de plusieurs étapes qui sont
« le déclenchement, la recherche d'information,
l'évaluation des choix offerts, la décision d'achat et le
comportement post-achat ». Cependant, les étapes et
l'importance accordée à chaque niveau de ce processus
décisionnel varient beaucoup selon un facteur qui est le risque
perçu. Ce dernier influence à des degrés
différents le comportement d'achat, pour chaque transaction et pour
chaque consommateur, selon l'implication personnelle, le type de produits, la
situation d'achat, etc. Le risque perçu est donc présent de part
l'individu lui-même, mais aussi de par l'environnement qui l'entoure (Cf.
glossaire en annexe 2).
Au niveau de l'individu, le risque perçu se crée
de part les facteurs d`attitude, d'habitude, d'innovativité et de
perception. Plus le consommateur sera confus, plus la nécessité
de transferts de connaissances et d'explications sera importante afin de
réduire sa crainte. Ce thème de risque perçu est donc
encore plus présent aujourd'hui, avec la naissance de nouveaux secteurs
et produits bancaires de plus en plus performants mais aussi de plus en plus
complexes.
Le risque peut être définit comme l'état
où le nombre d'événements possibles est supérieur
au nombre d'événements qui vont survenir réellement et
pour lequel quelques mesures de probabilités peuvent y être
rattachées. La performance quant à elle,
peut se voir comme une notion chiffrée liée à
l'efficacité d'un résultat, la qualité d'une production
observée ou d'un rendement. Par conséquent, Le client fait
toujours face au problème de l'adéquation
« risque-performance ». Dès qu'un nouveau produit ou
canal de vente est mis en place, un temps d'adaptation est nécessaire.
En effet, la nouveauté provoque, dans un premier temps plus ou moins
long, une assimilation plus importante à l'image de
risque qu'à l'image de performance. La banque en ligne, avec la
nouveauté qu'elle apporte mais aussi sa relative complexité, fait
face à cette adéquation risque perçu - performance
recherchée. Plusieurs chercheurs ont d'ailleurs montré que
l'utilisation d'Internet comme canal de distribution est perçue par les
consommateurs comme étant plus risquée que les autres canaux de
distribution traditionnels (Van den poel et Leunis, 1999).
Dans le domaine du comportement du
consommateur, l'innovativité est la tendance d'un individu à
l'innovation ou la prédisposition à s'informer sur les nouveaux
produits et à les adopter. L'adoption d'une innovation par un individu
dépend, entre autres, de son degré d'aversion à
l'égard du risque. Les individus adverses aux risques doivent multiplier
les répétitions d'expérience afin de diminuer les
émotions négatives. Ces expériences demandent parfois des
connaissances qui peuvent être difficiles à transférer
selon les secteurs ; le secteur de la banque en ligne fait partie de ces
domaines qui nécessitent un certain savoir. Ainsi, la capacité du
consommateur à maîtriser la technologie est un
élément fondamental qui influence l'adoption d'Internet comme
mode de transaction bancaire.
Les freins perçus par l'individu, à
l'utilisation d'Internet sont de deux types : psychocognitifs et
comportementaux. Les aspects psychocognitifs sont l'innovativité dans le
transactionnel, la confiance en soi dans la transaction, l'implication
vis-à-vis de l'informatique et de l'Internet, le niveau de connaissance
estimé et le niveau de familiarité ressenti. Les aspects
comportementaux sont l'utilisation de l'ordinateur et d'Internet, et
l'expérience dans la banque en ligne.
Nous retiendrons qu'il existe donc bien une différence
de risque perçu entre les niveaux d'implication durable des individus
vis-à-vis de l'informatique et d'Internet : les individus non
familiarisés avec ces outils éprouvent un risque perçu
plus important. Les individus ayant de l'expérience sur Internet ont une
sensibilité de risque perçu moindre. Ainsi, il est courant de
lire, dans les études publiées sur le sujet, que
l'expérience avec le médium « joue un
rôle déterminant dans le passage à l'acte
transactionnel », l'expérience avec l'informatique et Internet
empêcherait certains freins.
Ernest et Young ont défini treize
facteurs qui influencent les services bancaires en ligne. Se basant sur ces
treize facteurs, Paraschiv et Zaharia, en 2000, ont classé les risques
qui influencent le comportement du client bancaire sur Internet en sept
classes : risque de sécurité, risque d'intimité,
risque de perte de temps, risque de marque du site, risque lié au
produit, risque de prix et risque lié au contenu du site. L'étude de Paraschiv et Zaharia montre que le
premier risque perçu par les clients est le risque financier. Il s'agit
d'une des principales dimensions du risque sur Internet, avec un effet
fortement négatif sur la décision transactionnelle. Il
représente la principale crainte des internautes, mais aussi des
banquiers : interception des données, transmission de faux
numéros de cartes bancaires, etc.
Une étude de Jacques Nantel en 2001 présente des
méthodes de réduction du risque sur Internet. Tout d'abord, afin
de diminuer les risque de perte de temps et psychologique, le site doit
développer trois caractéristiques : identification du site
(raison sociale, adresse, etc.), identification de la clientèle
visée (consommateurs, entreprises, etc.) et distinction entre les
usagers (clients, employés, actionnaires, etc.). Il s'agit donc de
faciliter la recherche d'information caractérisant le site et la banque.
Par la suite, la recherche d'information et l'évaluation des
différents choix (moteurs de recherches, catalogue électronique,
interactions entre clients, etc.) permet de réduire le risque de perte
de temps et de performance. Au moment de la transaction, le risque de
sécurité peut être réduit grâce à une
procédure de guichet unique, simple et complète, offrant au
client toute la confidentialité nécessaire. Enfin, le site doit
proposer un service client adéquat (foire aux questions,
répertoire d'aide, etc.) pour aider le client et répondre au
comportement post-transactionnel. Des services annexes doivent être
proposés aux clients, comme la possibilité de configurer certains
aspects du site, afin de faciliter leur processus décisionnel, de
modifier leurs informations personnelles pour des opérations
ultérieures et enfin, de proposer le concept de communauté
permettant aux clients d `échanger sur les produits ou services.
Ces atouts peuvent augmenter l'implication du client et donc sa
fidélité.
Enfin, l'e-customization permet de « cibler la
communication pour aider le client dans ses décisions de transactions en
réduisant la surcharge d'information et rendant l'information hautement
appropriée pour le client » (Ansari et Mela, 2003). La
labellisation des sites permet de renforcer l'aspect sécuritaire
d'Internet, tout en offrant la garantie d'une certaine qualité. Le label
atteste de la conformité d'un site, des services ou produits qu'il
propose à des exigences prédéfinies correspondant aux
attentes des internautes. L'objectif poursuivi est de donner une meilleure
visibilité à un site et aux pratiques que ce dernier applique
dans ses relations avec ses clients.
2. La
nécessité de repenser la relation bancaire
Le client a des attentes nouvelles. Il recherche le gain de
temps et la commodité d'accès aux services de sa banque. Le
client a donc changé car il est devenu plus mûr et plus exigeant.
Il s'informe, compare, est sensible à la performance, au rapport
qualité-prix et est moins fidèle. Au-delà de la
sophistication et de la simplification des produits, l'essentiel est de bien
servir le client et de lui vendre des produits parfaitement adaptés
à ses besoins.
Les changements de comportement des individus et les nouveaux
modes de relation qu'apporte la technologie font évoluer le concept de
la banque. On enregistre une réelle accoutumance du consommateur
à l'utilisation de nouveaux supports et de nouvelles formes de
distribution. L'utilisation des cartes bancaires a déjà
engagé un mouvement de distanciation dans les relations entre les
banques et leurs clients.
La fréquentation des guichets a tendance à
baisser, mais les études et sondages montrent que les clients
considèrent toujours l'agence bancaire comme un point essentiel,
même s'il est occasionnel. La très grande majorité d'entre
eux n'acceptent pas pour le moment l'idée du « tout à
distance », y compris les internautes. En même temps, ils
attendent qu'on mette à leur disposition l'ensemble des moyens
permettant d'accéder à la banque à leur guise, selon le
besoin et le moment. Et les banques ont répondu à cette attente
en développant les divers canaux de banque à distance, moyennant
des investissements coûteux. L'enjeu désormais est de passer de
l'empilage des canaux de distribution à l'optimisation de leur
emploi.
La concurrence, la technologie et l'évolution des modes
de consommation incitent aujourd'hui les professionnels de la banque à
s'interroger sur les modalités de la relation avec le client ; et
beaucoup ont intégré aujourd'hui le canal Internet. Cependant, la
banque par Internet ne devrait pas seulement aider au reengineering7(*) des coûts de distribution
dans un paysage bancaire de plus en plus concentré, mais surtout forcer
l'ensemble des acteurs à contextualiser la relation client - banque et
à un système de distribution efficace.
Le réseau de distribution efficace conjugue un
traitement de masse d'opérations courantes vendues au détail avec
une approche personnalisée, voire sur mesure, des besoins financiers de
chaque client. C'est ainsi qu'on passe d'un marketing de masse à un
marketing « one to one ».
C. Les déploiements en
matière de satisfaction et de fidélisation du client
La satisfaction et la fidélisation des clients sont,
dans toute activité, assurées grâce à une offre bien
adaptée ; mais dans le domaine de la banque et des services en
général, la question de la prise en compte des attentes suscite
une attention spécifique. Il existe une relation entre la satisfaction
et la fidélité du client.
1. La satisfaction
de la clientèle : un véritable levier de
fidélisation
Les études menées par les banques ont
montré que la fidélité du client ne se déclenche
qu'au-delà d'un niveau très élevé de satisfaction.
Ce niveau de satisfaction est doublement intensifié lorsque qu'il
s'agit d'opérations à distance comme la banque en ligne. C'est
dans cette perspective qu'il faut donc capitaliser le nouveau marché
qu'offre Internet, gérer les risques nouveaux qu'il draine, valoriser le
profil de l'internaute et orienter la politique commerciale d'abord vers la
satisfaction, et non directement vers la rentabilité.
a. Internet conditionne un nouveau marché et de
nouveaux risques à considérer
En tant que canal de distribution, Internet conditionne une
offre élargie, complémentaire et personnalisée. Il donne
naissance à une sorte de « banque virtuelle, mais
réelle ». Il en découle un nouveau mode relationnel
(contact dématérialisé, transfrontalier et
automatisé) et un enjeu majeur de la politique CRM de la banque
(marketing one-to-one, etc.). Cependant, les menaces traditionnelles doivent
être couvertes par les exigences en matière de
sécurité des systèmes d'information (disponibilité,
intégrité, confidentialité et preuve).
Par ailleurs, les risques opérationnels
générés par Internet sont nombreux (juridique,
technologique, réputation, etc.) et menacent la sécurité
du client et de la banque ; chose qui dégrade le niveau de
satisfaction et les stratégies de fidélisation de la banque. Il
s'agit des risques de blanchiment (automatisation, éloignement et
identification), stratégiques (instabilité de la
clientèle, investissements et concurrence) et de contrepartie
(solvabilité du client). Les risques d'Internet pour la banque incitent
à assurer les transactions (authentification, confidentialité,
intégrité et non répudiation), la fiabilité des
systèmes (disponibilité, non intrusion et web spoofing), la
réactivité immédiate et proportionnelle, et des audits et
évaluations périodiques. Les éléments comme le
référentiel de sécurité, la labellisation et la
certification sont très importants dans cette perspective de diminution
du risque.
b. Exploiter le profil du client
internaute et affiner la politique commerciale
La structure des données transmises dans le cadre des
services bancaires sur Internet est déterminante dans la connaissance et
la détermination du profil du client internaute. Les fichiers de
données sont les cookies et les Log. Les cookies sont des documents
textes stockés sur le disque dur de l'internaute et sur lesquels se font
les chargements des profils enregistrés ; ils sont utilisables en
temps réels (profiling). Par contre, les Log sont des fichiers texte
stockés sur le serveur de la banque et qui permettent des analyses
statistiques sur la clientèle (webmining).
Il existe plusieurs formes de Log. Les Log CLF (Common Log
Format) contiennent les informations de base (adresse IP, utilisateur, URL,
protocole, méthode, réponse HTTP, taille de l'envoi). Les Log XLF
(Extended Log Format) contiennent les informations sur le support du client (OS
et navigateur). Les Log applicatives sont des applications
dédiées installées sur le serveur et qui permettent
d'inscrire dans la log toutes les variables utilisées par le site
(ordres passés en ligne, montants des virements, textes entrés
dans les champs input, etc.). Remarquons que les Log de sites
sécurisés avec identification permettent de reconnaître un
utilisateur avec la possibilité d'un recoupement des données web
avec des bases Marketing.
Revenons sur le Webmining pour dire qu'il offre des
possibilités croissantes en fonction de la richesse et de la
fiabilité des données (analyse des données, typologie,
profiling, extraction de règles d'association, étude des
transitions entre les pages du site et scoring des internautes). L'analyse des
données prend en compte des techniques classiques, des études de
corrélations entre des indicateurs, des croisements éventuels
avec des données marketing, l'établissement de typologies et des
classements d'internautes si possible, à l'aide de bases marketing. D'un
autre coté, le profiling permet de mieux connaître la demande des
clients en ligne afin de mieux y répondre ; ses objectifs sont de
proposer à l'internaute une ergonomie personnalisée, d'adapter
les liens à ses centres d'intérêt, de cibler la proposition
de produits et services, d'accroître la rentabilité du site via
les bandeaux publicitaires affichés. Le profiling permet la
création d'un vecteur de composantes enrichi à chaque page
visitée et à la connexion de l'individu, il y a chargement du
profil comportemental correspondant au vecteur de préférences de
l'internaute. Cependant, des limites existent car les cookies permettent
d'identifier une machine et non un utilisateur ; ils sont
périssables sauf quand ils sont permanents et il faut remarquer qu'un
utilisateur peut refuser les cookies ou les détruire.
Une politique commerciale menée sur l'accroissement de
la satisfaction du client peut garantir une augmentation, voire une
stabilité, du taux de rétention des clients bancaires. Cette
tendance est d'autant plus importante sur des marchés banalisés
comme celui de la banque car les clients ont à leur disposition une
offre relativement riche en matière de prestataires de services ;
ceux-ci présentant tous à peu près le même profil de
satisfaction. Par contre, il faut noter une caractéristique essentielle
mais décidément regrettable pour le banquier qui se manifeste par
l'enclin du client à raconter son expérience négative.
Ainsi, un client satisfait ne parlera pas ou très peu de son
expérience positive, mais un client mécontent racontera à
qui veut l'entendre les motifs de son insatisfaction. Cette tendance contribue
dès lors à diminuer en permanence l'image de la banque ;
cette dernière a donc intérêt à satisfaire le
maximum de ses clients, voire tous.
Si les banquiers peuvent compter, comme dans la plupart des
entreprises prestataires de services, sur le bouche à oreille pour faire
partager les expériences vécues, ils doivent absolument impliquer
toute la chaîne de prestation du service. Le phénomène du
bouche à oreille est la meilleure des publicités et en
conséquence, un objectif primordial de la politique commerciale est de
faire prendre conscience de l'importance du rôle de chacun dans toute la
chaîne au contact direct ou indirect du client, du guichetier au service
des réclamations, en passant également par les concepteurs de
l'automate bancaire ; tout ceci afin d'accroître la satisfaction des
clients qui si elle n'assure pas une hausse de la fidélité, n'en
permet pas moins de réduire l'envie de changement des clients.
2. La
fidélisation : une escale obligatoire vers la performance
Une des approches de la fidélisation consiste à
accroître la valeur relationnelle entre le client et sa banque, en
multipliant les points de contacts, la qualité de ceux-ci, et à
créer une véritable intimité qui va bien au delà du
simple principe de proximité. La diversification des supports
améliore l'interactivité et jouent un rôle
déterminant dans l'appréhension des avantages intangibles que les
clients associent aux produits et services de l'entreprise. Cela permet
d'intensifier la relation commerciale et in fine d'accroître le chiffre
d'affaire.
La fidélisation du client bancaire est (et a toujours
été) au coeur de la stratégie des banques. Il s'agit non
seulement d'analyser précisément les attentes et les
comportements des clients, mais aussi d'adapter les modes de distribution des
services dans un univers technologique concurrentiel. L'objectif final
étant d'établir des liens durables avec le client et de le rendre
captif par une meilleure exploitation des informations recueillies le
concernant.
Les stratégies marketing mises en oeuvre par les
établissements sont de trois ordres : Perfectionnement du ciblage des
particuliers (micro segments) et développement du marketing
relationnel ; développement et enrichissement d'une gamme de
produits et de services fidélisant; élargissement et
interconnexion en temps réel des canaux de distribution (agences,
centres d'appels, serveurs vocaux, Internet, télévision |