Appréciation des services et intention de switch dans une institution du système financier décentralisé: application aux membres de la COOPEC AKIBA YETUpar Etienne MUMBERE KASUMBA Université Libre des Pays des Grands-Lacs ULPGL/Goma - Licence 2020 |
II.1.1.3. Naissance des Sociétés de Microfinance et règlementation : de 2000 à nos joursAprès la crise politique et économique des années 1990 en RDC, les IMFs autres que les COOPEC, se sont développées124(*). À partir de 2001, alors que tout le système financier congolais était paralysé, apparait un type nouveau d'organisations d'offres des services financiers, qui s'inscrivent distinctement dans l'approche sociale et l'approche économique développée par S. CORNEE125(*), De BRIEY126(*) et A. AYAYI127(*). C'est ainsi que certaines institutions de Microfinance se sont installées en RDC comme FINCA (qui a travaillé d'abord comme ONG et s'est transformée par la suite en banque), HOPE INTERNATIONALE (une ONG qui a pris la forme d'une IMF), PROCREDIT BANK (banque commerciale ouverte au microcrédit), etc. Signalons que ces structures ont contribué énormément au développement du secteur de Microfinance. En effet, la pratique de la Microfinance en RDC a été inspirée de leurs normes et méthodologie de travail. Bon nombre d'institutions de Microfinance créées par la suite, s'en sont appropriés. Au cours de cette période, certaines coopératives d'épargne et de crédit qui étaient en pleine crise ont commencé à reprendre petit à petit leurs activités malgré le climat de méfiance encore manifeste de la population et d'autres coopératives d'épargne et de crédit nouvellement créées128(*). On a donc assisté à une prolifération de ce type d'organisations qui offrent les services de Microfinance. En outre, on a assisté à une demande croissante des services financiers de proximité. Les populations à faibles revenus pouvaient fonder leur espoir sur les petits prêts octroyés par ces institutions afin d'assurer le financement de leurs activités génératrices de revenus (élevage, petits commerces, agriculture, transformation alimentaire, etc.) et ainsi réduire leur vulnérabilité. Cette période a marqué l'émergence du secteur de Microfinance en RDC. II.1.1.4. La BCC, l'autorité de réglementation du secteurLe contrôle du système financier congolais (RDC) relève des compétences de la Banque Centrale du Congo. Cette dernière tire son pouvoir de surveillance de l'article 6 de la Loi n° 005/2002 du 07 mai 2002 relative à la constitution, à l'organisation et au fonctionnement de la Banque Centrale du Congo. De cette place très déterminante au niveau national, la BCC mène des études et mesures de la Microfinance. De celles-ci, elle évalue les résultats d'exploitation des institutions financières de toutes les provinces dans la fin d'analyser le niveau des transactions et son développement dans le temps. * 124 NEKA MBASA, Op.Cit., p.61. * 125 S. CORNEE, Une proposition d'évaluation conjointe des performances sociales et financières en Microfinance, SP13, Document de travail n°3, CERISE, 2007. * 126 V. DE BRIEY, Plein feu sur la Microfinance en 2005, Regards Économiques, n°28/1, 2005, pp.1-14. * 127 A. AYAYI et al., Défis et perspectives de la Recherche en Microfinance, Working paper, 2007. * 128 B. KAMBALE MBAKUL'IRAH, Exclusion financière des pauvres en Afrique, cas de la République Démocratique du Congo, Éditions Universitaires Européennes, 2015, p.38. |
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