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L'étude comparative de la repression de la cybercriminalité en droits congolais et français( Télécharger le fichier original )par Edmond Maitre MBOKOLO ELIMA Université de Mbandaka - Licence en droit privé et judiciaire 2014 |
Ainsi, « le mode opératoire de l'arnaque se déroule en deux étapes.En premier lieu, la victime est contactée par le biais d'un site de rencontre ou de réseaux sociaux. L'escroc se fait passer pour une femme et propose une discussion intime sur une messagerie instantanée (type Skype), puis un déshabillage de webcam à webcam. Pour mettre en confiance son interlocuteur, l'escroc diffuse l'extrait préalablement volé à la place de l'enregistrement de sa propre webcam, faisant ainsi croire que les images vues par la victime montrent ce qui se passe au domicile de l'arnaqueur. Le prétexte d'un problème de son de la webcam est donné pour tromper la victime »279(*). Lorsque la victime montre des parties de son corps ou effectue certains actes, l'escroc sauvegarde ces images, puis met rapidement fin à la conversation. En second lieu, « l'internaute reçoit des menaces, bien souvent par E-mail. L'escroc demande l'envoi d'argent par mandat cash, c'est-à-dire transfert de fonds par le biais des services postaux (Western Union ou Moneygram), sous peine de diffuser les images compromettantes qu'il a enregistré. Or, même si la somme demandée est versée, la vidéo est habituellement publiée sur le Net, et se retrouve référencée sur les moteurs de recherche, dont Google. L'extorsion va de quelques dizaines à plusieurs milliers d'euros »280(*). En outre, « si la victime ne coopère pas, de faux mails et documents de la police ou de la justice peuvent aussi être envoyés (par le biais d'adresses de messagerie en yahoo, gmail ou hotmail), avec demande de paiement d'amende. Afin de pousser la victime à céder au chantage, l'escroc peut mentionner la pédopornographie dans le titre de la vidéo qui sera diffusée. De plus, si les coordonnées Facebook de l'internaute sont connues, menace peut être faite de prévenir les proches »281(*). Enfin, il faut toutefois noter que, « cette escroquerie se fonde sur la peur et la honte. La victime craint souvent de passer aux yeux du monde et de ses proches pour un « pervers ». Du fait du caractère intime de l'extorsion, la situation n'est donc pas dénoncée. Cette inquiétude peut se transformer en angoisse, et entraîner une dépression, voire un suicide. Les conséquences, en cas de diffusion de la vidéo peuvent aussi être professionnelles et sociales, car le référencement sur les moteurs de recherche peut amener n'importe qui à tomber sur ces images »282(*) . * 279Ibidem. * 280C. WAGNER, Op.cit. * 281C. WAGNER, Op.cit. * 282Ibidem. |
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