I.1. Evolution de la fécondité de 1992
à 2003
a- Evolution au niveau national
De façon globale, Madagascar a connu une baisse
continuelle de sa fécondité durant la période allant de
1992 à 2003. Cette baisse, bien que continuelle, n'a pas suivi le
même rythme d'évolution dans le temps. La transition de la
fécondité s'est ainsi manifestée par une intensification
de la baisse de la fécondité dans le temps. L'ISF est
passé de 6,13 à 5,97 de 1992 à 1997 soit une baisse de
2,61% puis de 5,97 à 5,20 de 1997 à 2003 avec une baisse de
12,89%. La baisse de la fécondité durant la période
1997-2003 a été alors environ cinq fois plus intense que celle de
la période 1992-1997. La figure 1 ci dessous illustre l'évolution
de l'ISF sur l'ensemble de Madagascar de 1992 à 2003 selon les
résultats des ENDES.
Figure 1 : Evolution globale de l'ISF de 1992 à 2003

Sources : ENDES-1992, ENDES-1997 et ENDES 2003 de Madagascar
b- Evolution par région et type de
résidence
A partir des bases de données des trois ENDS, nous avons
calculé pour chaque enquête, les ISF par région et par type
de résidence (Tableau 1).

Tableau 1 : ISF par région et milieu de
résidence
Région
|
1992
|
1997
|
2003
|
Urbain
|
Rural
|
Total
|
Urbain
|
Rural
|
Total
|
Urbain
|
Rural
|
Total
|
Antananarivo
|
3,31
|
6,68
|
5,69
|
3,36
|
6,52
|
5,37
|
3,37
|
4,57
|
4,2
|
Fianarantsoa
|
4,98
|
6,98
|
6,75
|
6,19
|
7,00
|
6,87
|
4,71
|
6,03
|
5,7
|
Toamasina
|
3,37
|
6,14
|
5,69
|
3,93
|
6,25
|
5,61
|
2,97
|
5,68
|
5
|
Mahajanga
|
3,25
|
7,00
|
6,56
|
4,74
|
7,21
|
6,61
|
4,15
|
6,64
|
6,1
|
Toliary
|
4,87
|
6,27
|
6,09
|
5,15
|
6,55
|
6,18
|
4,17
|
7,04
|
6,3
|
Antsiranana
|
4,71
|
6,80
|
6,16
|
3,58
|
5,85
|
5,21
|
3,14
|
5,42
|
4,8
|
Total
|
3,84
|
6,69
|
6,13
|
4,19
|
6,66
|
5,97
|
3,7
|
5,7
|
5,2
|
Sources : Nos calculs à partir des ENDS de Madagascar
Ces résultats montrent que l'évolution de la
fécondité diffère fondamentalement selon les
régions et les milieux de résidence. Pendant que sur l'ensemble
du pays, la baisse de la fécondité a été
continuelle, on observe dans certaines localités, comme dans les zones
urbaines de Mahajanga, de Fianarantsoa et de Toliary, une augmentation de la
fécondité durant la période 1992-1997 puis une baisse
durant la période 1997-2003. On assiste à une augmentation
continuelle de l'ISF dans la zone urbaine de la région d'Antananarivo et
dans la zone rurale de la région de Toliary. Pour mieux explorer cette
différence d'évolution de l'ISF, nous avons regroupé les
régions et types du milieu de résidence en trois grands types
d'évolution qui sont:
Groupe 1 : Croissance de l'ISF en 1992-1997 puis baisse de l'ISF
en 1997-2003
Bien que ce type d'évolution de l'ISF n'est pas le
même que celui de l'ensemble du pays, il est de loin le plus important
car il caractérise plus de la moitié des régions et type
du milieu de résidence. Il comprend en effet les régions
(urbaines et rurales) de Fianarantsoa, Toamasina et Mahajanga ainsi que la zone
urbaine de la région de Toliary. Il faudra noter que dans ce groupe, les
baisses de la fécondité au niveau de la période 1997-2003
ont été plus importantes que les croissances de l'ISF au niveau
de la période 1992-1997. Ainsi, ces régions et types de
résidence ont connu une baisse de leur fécondité si on
considère directement la période allant de 1992 à 2003.
Pour ces régions, on a enregistré en zone urbaine (le cas de la
zone urbaine de Toliary est particulière car Toliary rural n'appartient
pas au groupe 1) une fluctuation plus dense c'est-à-dire une forte
croissance de l'ISF durant la première période (par exemple dans
les zones urbaines de Mahajanga et de Fianarantsoa la hausse de la
fécondité de 1992 à 1997 a été
respectivement de 45,85% et 24,43% (Voir Annexe A.1)) et une forte baisse de
la

fécondité durant la deuxième
période (par exemple on a une baisse de la fécondité de
24,43% à Toamasina urbain et 23,91% à Fianarantsoa urbaine (Voir
Annexe A.1)). Alors qu'en zone rurale, la fluctuation de la
fécondité a été moins dense. De 1992 à1997,
la croissance la plus importante de l'ISF en zone rurale pour les
régions de ce groupe est celle de Mahajanga qui est de 3% et la baisse
la plus importante de 1997 à 2003 est de 13,86% (la baisse
enregistrée par Fianarantsoa rurale). L'évolution des ISF dans ce
groupe est illustrée graphiquement par la figure 2.
Figure 2 : Evolution de l'ISF des régions et milieux de
résidence dans le groupe 1


Figure 3 : Evolution de l'ISF des régions et milieux de
résidence dans le groupe 2

Source : Nos calculs à partir des ENDES de Madagascar
·:* Groupe 3 : Croissance continuelle de
l'ISF de 1992 à 2003
Ce groupe comprend la zone urbaine de la région
d'Antananarivo et la zone rurale de Toliary. Pour Antananarivo urbain, la
croissance successive de l'ISF a été très faible (voir
figure 4) à tel point qu'on peut l'assimiler à une relative
stabilité de la fécondité. La hausse a été
de 1,51% de 1992 à 1997 et de 0,30% de 1997 à 2003 (Voir annexe
A.1). Vue, le niveau faible de la fécondité de cette zone durant
la période d'étude (l'ISF est de 3,31 en 1992, 3,36 en 1997 et
3,37 en 2003), on peut dire qu'elle est en fin de transition de la
fécondité. Ce qui n'est pas étonnant car Antananarivo
urbain est de loin la zone la plus développée et la plus ouverte
à la culture occidentale du pays.
Quand à la zone rurale de Toliary, la hausse successive
de la fécondité a été aussi faible mais un peu plus
accentuée qu'Antananarivo urbain. Ces deux zones on enregistré
une évolution similaire de leur fécondité mais elles
présentent des réalités tout à fait contraires.
Pendant que la relative stabilité de la fécondité à
Antananarivo urbaine révèle une fin de transition de sa
fécondité, celle de Toliary révèle qu'elle n'est
pas encore entrée en transition de fécondité. Ainsi
Toliary rural avait à peu près le même ISF que la plus part
des ISF des zones rurales en 1992 et en 1997 mais avec l'entrée en
transition de fécondité des autres zones rurales, Toliary rural
s'est retrouvé avec l'ISF le plus élevé dans le pays en
2003.


Figure 4 : Evolution de l'ISF des régions et milieux de
résidence dans le groupe 3
Sources : Nos propres calculs à partir des ENDES de
Madagascar
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